QUESTIONS FONDAMENTALES DE LA TRIARTICULATION SOCIALE

Institut pour une triarticulation sociale
(version française du site allemand)
Conditions d'utilisation.

Accueil

 

Deutsch English Dutch Skandinavisk Français Italiano Español Português (Brasileiro) Russisch
Recherche
 Contact   BLOG  Impressum 

QUESTIONS FONDAMENTALES DE LA TRIARTICULATION SOCIALE

version au 12/11/2019

Passages des œuvres complètes de Rudolf Steiner
1ère collection .......................................................................................................Accès à l' original

Rassemblés et présentés par Sylvain Coiplet ,
traduits et commentés par François Germani pour les inédits en français,
reproduits en mentionnant le traducteur avec l'aimable autorisation des Editions Antroposophiques romandes

Présentation traduite par François Germani et revue par l'auteur.
Les ajouts de la version 2, non encore disponibles en allemand, sont en vert.

Introduction

Dans cette collection "Questions fondamentales de la tri-articulation sociale" il est question de thèmes généraux et fondamentaux, qui sont en partie discutés de manière controversée.

 

Délimitation des trois membres

Une première question est comment les différents domaines de vie se laissent délimités. Y a-t-il un principe, à partir duquel la vie de l'esprit, vie de droit et vie de l'économie, dans le sens de Steiner, se laissent différencier avec certitude? Qu'est ce qui appartient en fait à la vie de l'esprit, à la vie de droit, et à la vie de l'économie ? On arrive bien tout seul à cette question, car Steiner procède de manière passablement non-conventionnelle avec ses classements. Il ne compte pas, par exemple, le capital et le temps de travail dans la vie économique comme on s'y attendrait, mais le capital dans la vie de l'esprit et le temps de travail dans la vie de droit.

On court le danger d'être mal compris si on utilise quand même ces termes au sens de la tri-articulation sociale. Mais peut être y a-t-il d'autres termes, qui rendent plus compréhensibles, ce que Steiner a pensé ? C'est ce qui est recherché ici. Seulement, ces termes apportent souvent de nouveaux problèmes et malentendus avec eux.

Esprit - Âme - Corps

L'équivalence de l'esprit avec la vie de l'esprit, de l'âme avec la vie de droit et du corps avec la vie de l'économie est évident, et est aussi souvent envisagée comme cela par Steiner. Toutefois pas toujours. Il y a aussi chez Steiner des contextes, où l'âme n'est pas absolument mise en relation avec la vie de droit, mais avec la liberté de religion et de penser.
Voir à ce sujet, des passages de l'œuvre complète de Rudolf Steiner, collection 7 : Liberté, Égalité, Fraternité.

 

Capital - Travail - Marchandise

Tant dans ses "Points fondamentaux" (ndt: ou "Points germinatifs", "Kernpunten" contenant le terme "Kern", "noyau", qui avant d'être devenu noyau de la cellule puis de l'atome était bien le germe d'un nouvel arbre !) que dans ses conférences pédagogiques Steiner souligne que la différenciation entre vie spirituelle, vie juridique et vie économique appartient aux savoirs fondamentaux, que chacun doit s'assimiler déjà à l'école, comme le calcul, , la lecture, et les langues étrangères. Dans ce contexte pédagogique, il parle aussi de la différence entre capital, travail et marchandise. Que l'on y réfléchisse un peu, alors on sent que ces trois ne se laissent pas différencier sans exposer les rudiments de la tri-articulation sociale. Sans tri-articulation sociale, le capital et le travail sont de fait des marchandises. On ne parle pas pour rien de marché des capitaux et du travail. Se pose seulement la question, comment cette deuxième façon de différencier - capital, travail, et marchandise - se tient en rapport avec la première - esprit, âme, corps.

  001 - Biens physiques et spirituels

Conseil – Loi – Contrat

La méthode de différenciation peut-être la plus saisissable et plastique entre les trois différents domaines de vie qu’a réussie Steiner en quelques rares endroits, est celle où il parle de la différence entre le conseil, la loi et le contrat. Cela devient particulièrement net dans la deuxième citation. C’est cependant la quatrième citation tirée du « cours d’économie politique » amenée ici qui est la plus détaillée. Là Steiner ne développe cependant pas  la comparaison jusqu’au bout, mais se concentre sur la différence entre commandement et loi, où commandement vaut pour l’ancienne vie spirituelle. Le conseil qui laisse libre est justement un acquis de la vie spirituelle moderne. Pour la vie économique moderne, n’est pas parlé directement de contrat dans la citation du « Cours d’économie politique », mais de la division du travail, mais celle-ci rend nécessaire un nouveau contrat de partage des marchandises entre entrepreneur (directeur du travail) et travailleur (fournisseur du travail) . Cela ne fut pas seulement – comme évoqué ici – empêché par une vie spirituelle restée en arrière, mais aussi par la survivance du droit de propriété romain – comme cela à pleinement été développé dans « Les fondements de la question sociale » - .

002 - Un vrai contrat suppose la création d'un cadre juridique pour le temps de travail
003 - Le contrat comme principe de la vie économique
004 - Connaissance, loi et contrat
005 - Émancipation de la justice et de la division du travail du commandement

006 - Autorité spirituelle modifiable plutôt que loi rigide

Jugement individuel – jugement démocratique – jugement collectif. version au 22/06/2017

Une façon supplémentaire de différencier les trois sphères de vie se trouve dans les conférences où Rudolf Steiner fait la différence entre jugement individuel, démocratique et collectif. Les échos aux idéaux correspondants de la liberté dans la vie de l’esprit, de l’égalité dans la vie de droit et de la fraternité dans la vie de l’économie sont cependant évidents. Mais l’argumentation sonne de quelque façon plus factuelle, plus terre-à-terre que s’il parlait d’idéaux. La citation la plus tardive " Jugement individuel, jugement démocratique et jugement collectif." sera présentée ici parce que dans cette confé-rence publique les façons de juger particulières seront le plus exhaustivement caractérisées et placées en vis-à-vis. Dans la deuxième citation, " Jugement collectif entre connaissance économique et psychologie économique ", qui est prise d’une conférence publique au titre de " Les questions cardinales de la vie économique ", il s’agit pour Rudolf Steiner de montrer que dans les questions économiques le jugement individuel serait-il aussi encore fondé scientifiquement et statistiquement, ne peut jamais être exact. Quelques formulations qui ne sont pas à trouver dans la première citation, peuvent aider à comprendre, pourquoi cela nécessite fondamentalement un jugement collectif. La particularité du jugement collectif pour arriver à des prix corrects. Dans la troisième citation, " La polarité entre jugement individuel et jugement collectif. " Rudolf Steiner place le centre de gravité sur l’insuffisance du jugement individuel dans la vie de l’économie, après qu’il a brièvement évoqué pourquoi ce jugement individuel devrait être le seul donnant la mesure dans la vie de l’esprit : " Car nous apportons nos dispositions du monde spirituel avec nous par la naissance. " Ici résonne un aspect supra sensoriel, qui n’a pas été expliqué dans les deux premières citations — peut-être parce que les deux proviennent de conférences publiques.

Dans la quatrième citation, « L’évolution du jugement individuel et l’actuel jugement collectif. », qui provient d’une conférence aux membres, il y va supra-sensoriellement de manière décidée. Rudolf Steiner explique comment ces deux façons de juger se sont données de l’évolution de l’humanité jusqu’à présent. Le rapport de l’humain aux dieux s’est notablement modifié et par cela aussi la façon dont les jugements sociaux devront être formés. Aussi la cinquième et dernière citation, Le jugement économique ne se laisse pas former à partir de l’individualité, provient d’une conférence aux membres. Rudolf Steiner commence ici sur l’histoire du jugement collectif et accentue qu’il ne doit plus apparaître instinctivement, mais consciemment. Mais particulièrement utile pour celui qui est intéressé philosophiquement est la déclaration suivante : « [Le jugement économique] proviendra naturellement, selon la théorie de la connaissance, de l’individualité, mais il ne sera pas formé de l’individualité. » Jugement collectif économique et jugement individuel proviennent donc tous les deux « selon la théorie de la connaissance »de l’individualité, mais seulement du jugement individuel dans la vie spirituelle on peut encore aussi dire, qu’il sera formé à partir de l’individualité.

007a - Jugement individuel, jugement démocratique et jugement collectif.

007b - Jugement collectif entre connaissance de l'économie et psychologie de l'économie.

007c - La polarité entre jugement individuel et jugement collectif

007d - L'évolution au jugement individuel et l'actuel jugement collectif.

007e - Le jugement économique ne se laisse pas former à partir de l'individualité.

 

[Références de la version antérieure :
007 - Jugement individuel – jugement démocratique – jugement collectif
007b - Sortes de jugements sociaux comme transformation du  Je, du corps astral et corps éthérique

accès à l'ancienne version ]

 

Facultés – Majorité – Besoins


Particulièrement aimée par les « tri-articuleurs » (ndt : vu le peu de militants francophones, le terme reste à inventer par ceux qui voudront bien les caractériser comme tels !) depuis les années soixante dix est la différenciation entre les facultés comme pierre angulaire de la vie spirituelle, majorité (ndt : légale personnelle pas des suffrages) comme point de départ de la vie juridique et besoins comme justification de la vie économique. Steiner utilise lui-même partiellement cette différenciation, pour se distinguer de la dictature du prolétariat, qui tente certes prendre en compte facultés et besoins, mais pour cela nie ou dénature le démocratique. Une question importance, qui se pose en cela de nouveau  est le rapport à d’autre distinction comme Esprit – Ame – Corps et Capital – Travail – Marchandise. Peut-on toujours dire de besoins spirituels, psychiques et physiques, qu’ils doivent être satisfaits par la vie économique ? Ou les besoins psychiques sont ils satisfaits par la vie juridique et les besoins spirituels par la vie spirituelle ? Les besoins n’ont-ils uniquement à faire avec la vie économique, s’ils doivent être satisfaits par des marchandises ?
Ce qui se passe lorsque l’on manipule les concepts faculté, majorité et besoin sans avoir d’abord une fois éclairci ces questions se montre particulièrement clairement à l’exemple de Christof Lindenau. Sa tri-articulation sociale tombe dans une articulation purement spirituelle et agit à cause de cela séductrice sur de nombreux intéressés par l’anthroposophie auxquels la tri-articulation originelle apparaît trop extérieure. Par l’intégration de la différentiation entre conseil, loi et contrat une telle unilatéralisation se laisserait facilement éviter.

008 - A chacun selon ses capacités et ses besoins comme idéal universel
009 - A chacun selon ses capacités et besoins comme impossibilité socialiste
010 - A chacun selon ses capacités, sentiments et besoins

Facultés et vie spirituelle

011 - La vie de l'esprit comme facultés spirituelles et corporelles
012 - La vie spirituelle est dépendante des facultés individuelles
013 - Vie de l'esprit comme mise en oeuvre de facultés individuelles
014 - Capital et facultés individuelles
015 - L'action de l'entrepreneur comme utilisation de facultés individuelles
016 - Là la propriété limite les facultés individuelles à partir du passé
017 - Pas de volonté commune démocratique concernant les facultés individuelles <

Besoins et vie économique

018 - La production doit se régler sur les besoins
019 - L'économie satisfait les besoins humains
020 - Les besoins humains sont internationaux
021 - La vie économique satisfait les besoins humains de produits
022 - Le prix des produits doit couvrir l'ensemble des coûts du producteur
023 - Plus différenciés les besoins, plus difficile la formation de prix
024 - Le principe de marché laisse dépérir les besoins humains
025 - La vie économique doit satisfaire tous les besoins
026 - Prendre en compte les besoins légitimes
027 - Les besoins humains réglés jusqu'à présent par le droit et la concurrence
028 - Pas de jugements sur la satisfaction des besoins
029 - La production doit aussi s'ajuster à des besoins illégitimes
030 - Nationalisme comme besoins humains d'une forme de l'égoïsme
031 - Les besoins humains doivent être estimés plutôt que tyrannisés
032 - Étudier les besoins vivants, satisfaire les besoins possibles
033 - La vie économique doit satisfaire des besoins futurs

Vie économique comme satisfaction de besoins spirituels

034 - Besoins physiques et spirituels après des biens physiques et spirituels
035 - Besoins physiques et spirituel comme mesure de valeur
036 - Besoins physiques et spirituels
037 - Besoins physiques et spirituels propres comme mesure de valeur
038 - Dépenses pour plaisirs ou pour besoins physiques et spirituels

Naissance des besoins à partir de la vie spirituelle

039 - Revendication de l'esprit et de l'âme après satisfaction des besoins matériels
040 - La vie économique doit satisfaire les besoins au lieu de les créer

Satisfaction des besoins par la vie spirituelle

041 - Capacités spirituelles et besoins comme mesure pour la valeur du travail spirituel
042 - La satisfaction des besoins humains est une question de la pensée
043 - Imitation enfantine préparation pour l'ajustement économique aux besoins

Vie spirituelle comme besoin

044 - La vie de l'esprit peut satisfaire les besoins de l'humanité
045 - La vision du monde satisfait les besoins de l'âme
046 - L'humain cherche dans la vie spirituelle la satisfaction des besoins d'âme
048 - La vie de l'esprit doit satisfaire les besoins de l'âme
049 - La manière de penser devrait satisfaire les besoins de la conscience humaine
050 - La vie spirituelle doit satisfaire besoins pratiques et spirituels

Besoins dans le sens d’intérêts

Steiner n’utilise pas toujours l’expression « besoins » dans le sens de quelque chose, qui devrait être satisfait au possible. Ce peut être pensé simplement dans le sens d’intérêt, que ce soit des intérêts économiques, étatiques ou spirituels. Avec de tels « besoins », Steiner va durement au tribunal, sitôt que pour leur satisfaction n’est pas prise en considération la nécessité d’une tri-articulation sociale.

 

051 - Besoins étatiques et économiques dans le sens d'intérêts
052 - Les besoins de l'état sont unilatéraux
053 - La vie spirituelle ne se développe pas à partir de besoins propres (individuels?)
054 - La vie de l'esprit dû s'orienter selon des besoins d'état
055 - Les besoins de la vie juridique tyrannisent la vie spirituelle
056 -Les besoins de la vie économique sont unilatéraux
057 -Pas de droits sortis de besoins économiques
058 - Les besoins de la vie spirituelle sont unilatéraux


Délimitation de la triarticulation

Il s’avère toujours de nouveau nécessaire de distinguer la triarticulation sociale d’autres approches politiques. Ici il doit être question d’approches qui peuvent facilement être confondues avec la triarticulation parce qu’elles partent aussi d’une triade.

 

Tri-articulation ou tripartition

Steiner récuse quand sa tri-articulation est confondue avec une tripartition. Les membres sont bien autonomes, mais agissent les uns sur les autres, ce qui n’est pas forcément le cas avec des tripartitions.

 

059 - Triarticulation à la place de tripartition de Montesquieu
060 - Véritable synergie (coopération) par triarticulation plutôt que tripartition
061 - Tripartition comme traduction fausse pour triarticulation

Par souci de justice doit cependant être dit,  que pas seulement les traducteurs on tapé à côté.  À côté des trois endroits présentés, où Steiner rend attentif expressément sur la différence entre tri-articulation et tripartition, il s’est lui-même autorisé lui-même plus de vingt dérapages. Ce serait oiseux de citer ici tous ces passages. Qui voudrait quand même savoir, où elles se trouvent, celui-là peut se référer au « registre pour la tri-articulation sociale », où elles sont énumérées sous le mot clef « tripartition »

 

Plus important que ces nombreuses gaffes est un passage, où Steiner explique, que ses « Points fondamentaux de la question sociale) ne devraient pas simplement être traduits, mais réécrits pour chaque pays particulier. La raison décisive pour cela tient justement à la question de ce qui doit être mis en avant avec la tri-articulation. L’accent doit-il être mis sur le moment de la partition, ou sur le deuxième moment de la liaison, en fait du “membrement ” ? (ndt : je ne connais pas le mot juste en français, sauf en démembrer ou remembrer)  La dessus, il n’y a évidemment pas de réponse universelle, mais des réponses spécifiques aux différents pays.

062 - En Allemagne insister sur le démêlages des membres, en Angleterre leurs liens

A-t’on lu une fois cette citation, alors l’affirmation de Michael Wolffs se laisse mieux apprécier : « Steiner n’aurait-il lui-même (…) affirmé, qu’il serait mal compris, en ce que la chose annexe -  la décartellisation des domaines sociaux de la culture, du droit et de l’économie – soit faite chose principale et que la chose principale – le membrement de la vie spirituelle, de la vie juridique et de la vie économique – chose annexe ? (Revue Info3, 12/1998, p.47).

Là est généralisée en le tenant sous silence une affirmation que Steiner n’a pas développée expressément pour l’Allemagne d’alors, mais pour l’Angleterre d’alors.  Ce qu’il en est pour l’Allemagne (ou l’Angleterre) d’aujourd’hui, doit d’abord une fois être recherché sans préjugé, avant que l’on puisse s’appuyer sur cette affirmation de Steiner. Pourquoi dans l’Allemagne d’alors en était-on arrivé à un tel enchevêtrement et paralysie réciproques des différents domaines de vie, est exposé en d’autres endroits.

 

063 - La nécessité du tri-membrement est cachée par le caractère étranger des membres

Le romanisme juridique dont il est question ici s’exprime par le concept romain de propriété. Et ce concept de propriété est justement celui qui empêche la circulation devenue nécessaire du capital. En cela le capital n’est pas donné aujourd’hui aux capables, mais légué au hasard. Une raison (ndt : est à prendre en compte que c’est « Grund » que je traduis conventionnellement par « raison » mais il serait plus exact de traduire « fondement », le français à adopté la « catégorie » cartésienne, l’allemand semble se « fonder » sur autre chose quant à la pensée. Ici cela n’a pas une importance fondamentale.) supplémentaire, à côté des conceptions classiques, pourquoi la vie spirituelle, il s’agit ici des facultés individuelles, ne peut jouer à plein dans la vie économique. Il reste avec la séparation des membres, sans qu’une liaison correcte soit établie.

 

Tri-articulation ou ordonnancement en états

Steiner n’aurait-il pas lui-même écarté l’ordonnancement de la société en états ou ordres, ainsi beaucoup d’anthroposophes auraient-ils été séduits par cela. La raison est simple : il est souvent parlé de trois états et les anthroposophes y trouvent une triade, ils tiennent le plus souvent pour inutile de penser plus loin. Mais Steiner a tenu un propos d’autorité contre l’ordonnancement en état, et donc les anthroposophes sont contre l’ordonnancement en état. Donc aussi Christoph Lindenau. Chez lui l’ordonnancement en état chassé, revient par la porte de derrière. Mais commençons par les débuts de l’ordonnancement en états.

Origines de l’ordonnancement en états

Sur la constitution de l’ordonnancement en états, Steiner fait différents apports. Il donne souvent la Grèce comme origine historique de l’ordonnancement en états.

064 - L'ordre des états comme reste de la Grèce antique
065 - Ordre des états comme réalisation de l'Etat platonique

À d’autres endroits, Steiner remonte plus loin, et cherche l’origine en Inde. Sauf que là il ne parle non pas de trois, mais de quatre états.

 

066 - Ordonnance des états comme reste des castes indiennes

Le début de l’ordonnancement en états se laisse cependant aussi placer sur la troisième période post atlantéenne.

067 - L'ordre des états depuis la troisième époque de culture comme extériorisation des humains

Décadence actuelle de l’organisation en états

Quel que soit le moment précis où l’organisation en état s’est constituée, il est sûr qu’elle appartient au passé. Le fait de considérer que notre époque est vouée à développer une structure économique qui, pour la première fois dans l’histoire, se doit de suivre sa propre logique et non celle de la politique ou de la religion, ne doit masquer cette réalité. La surpuissance de l’économique n’est pas un mal nécessaire, mais un malentendu. Et seuls des progrès dans le sens d’une tri-articulation permettront de remettre l’économique à sa place. L’organisation en états a déjà accompli sa mission. Elle continue cependant d’agir. Ce qui n’est pas aboli au bon moment entre alors en décadence.

 

068 - Les avantages des états se retournent en leur contraire,
ordre des états comme méconnaissance, violence et injustice

 

Dépassement de l’organisation en états par la tri-articulation sociale

Comment faire de l’organisation en états un passé révolu ? Steiner voit dans la triarticulation sociale la seule possibilité de surmonter l’organisation en états. Il doit pour cela toujours à nouveau prendre ses distances des socialistes avec leur but d’abolir les différences de classes, il est cependant d’accord, il n’est pas attaché à leurs moyens.

069 - Dépassement de l'ordre des états par tri-articulation plutôt que socialistes
070 - Exterminateurs bolcheviques de la bourgeoisie pensent eux même bourgeoisement
071 - Libération de l'ordre des états par le prolétariat
072 - A la place d'un ordre en états, une démocratie véritable par la tri-articulation

L’individu apporte l’unité dans la tri-articulation sociale

Steiner ne compte donc pas sur le socialisme pour dépasser l’organisation en classe, mais sur la tri-articulation sociale. Seulement, il semble tout d’abord que la tri-articulation sociale — comme l’organisation en états — conduit à une fragmentation de l’humanité. Chaque domaine de vie doit effectivement s’autonomiser, conduire sa propre vie. L’humain n’est cependant plus attaché à un domaine de vie particulier. Par cette mobilité, il obtient la possibilité de devenir conciliateur entre les différents domaines de vie. C’est donc l’individu qui surmonte l’organisation en états et en cela apporte l’unité dans la tri-articulation sociale.

???????????????

073 - Chaque humain est un relais des trois membres

Dans ce passage, qui est la version écrite, retravaillée d’une conférence, Steiner se concentre sur l’essentiel, ce qui a permis à Christoph Lindenau de la mal interpréter facilement plus tard dans « Tri-articulation sociale – le chemin vers une société apprenant », 1983, p.84 ed. allemande- voir pour l'édition française). Dans la conférence d’origine (GA328) ses dires sont par contre sans équivoque :   la formelle affectation d’une institution à un domaine de vie particulier, par exemple l’affectation de l’association à la vie de l' économie, n’a pas besoin d’être un retour à la vieille organisation en états. L’humain ne vit justement pas uniquement dans l’association et par conséquent pas seulement dans la vie économique. Lorsque Christoph Lindenau  prétend le contraire, alors il sous-entend justement l’existence de cette organisation en états, qu’il voudrait en fait surmonter.

 

074 - Les élus peuvent aussi être actifs dans la vie économique
075 - Les agriculteurs ont aussi le droit d'être au parlement

D’autres passages de conférences sont tout aussi formels et parfois plus précis encore, mais ne pouvaient pas être pris en considération par Lindenau pour son livre, car elles n’ont été publiées que plus tard. Un tel passage a déjà été indiqué plus haut « Ordre des états comme méconnaissance, violence et injustice » (GA 329, p.108, ed. allemande 1/1985, 19.3.1919.)

076 - L'homme peut être au parlement et en même temps dans la vie économique et spirituelle

Un de ces passages rend le rapport à la vie spirituelle plus évident. Là est expressément dit, que les écoles appartiennent à l’organisation spirituelle, mais que ce n’est pas le cas des parents qui eux participent aussi de la vie juridique et économique. La même chose peut aussi se dire des professeurs à l’encontre de l’affirmation de Lindenau : leur de l'espritécole appartient à la vie , mais pas eux-mêmes. Ou alors, c’est qu’ils n’appartiennent pas à notre époque.

077 - L'école appartient à la vie de l'esprit, les parents en revanche relient tous les membres
078 - Celui qui a droit de vote peut indépendamment de cela jouir d'un crédit économique

Conséquences pour la vie spirituelle : écoles uniques à la place d’écoles par états.

La victoire sur l’organisation en états ou ordres par la tri-articulation sociale a aussi des conséquences pour la vie spirituelle. Il n’y aura pas d’écoles par états (NDT : ne pas confondre évidemment avec les écoles de l’État en France, ou les écoles dépendant de chaque État fédéré en République fédérale d’Allemagne), mais des écoles unitaires, cela signifie des écoles qui visent non pas un état (social), mais chaque être humains. L’école Waldorf en Allemagne n’a pas été seulement la première école libre, mais aussi la première école unitaire (NDT : et aujourd’hui, non pas : unique). On peut naturellement comprendre sous liberté de la vie spirituelle qu’il peut y avoir toutes sortes d’écoles et donc aussi des écoles d’état (NDT : de classe sociale). Cela montre seulement que l’on sous-estime les conséquences de la liberté. Des écoles d’État comme les actuels Gymnases (lycées), collèges et écoles secondaires perdront de leur sol avec cette liberté, sans que l’on ait à les combattre avec des interdictions ou des handicaps économiques. Les socialistes recherchent cela aussi avec leurs écoles d’État pour tous. Les résultats seront cependant toujours en deçà de leurs attentes, parce qu’ils veulent ordonner de l’extérieur, pour la vie spirituelle, ce qui peut être atteint bien mieux à partir d’elle.

079 - Écoles de classes comme résultat de l'amalgame de la vie spirituelle et juridique
080 - L'obligation de l'état n'est nécessaire pour l'école unique

Tri-articulation ou marxisme

Rudolf Steiner s’explique la force de persuasion du marxisme aussi parce qu’il aborde aussi comme théorie les trois domaines de vie – vie spirituelle, vie juridique et vie économique. Elle se base en effet sur la conception matérialiste de l’histoire, sur la lutte des classes et sur la théorie de la plus value. Avec cela fait malheureusement de la surpuissance de la vie économique sur les deux autres domaines de vie une partie constitutive intégrale de l’ordre social futur, au lieu, comme la triarticulation sociale, de la surmonter.

081 - Marxisme comme succédané de la triarticulation

Tri-articulation ou ordre actuel

Beaucoup de « tri-articuleurs » se réclament malheureusement seulement beaucoup du passage, où Steiner pense de la tri-articulation qu’elle est déjà. Pourquoi devrait-on s’engager pour une tri-articulation, pensent-ils, lorsque l’on doit seulement mieux observer ! Observeraient-ils vraiment aussi bien, alors ils verraient déjà qu’il y a de nombreux besoins d’agir. On peut tout au plus dire, que l’homme naturel est tri-articulé, et qu’à cause de cela, la société réclame une tri-articulation. Que l’humain n’accompagne pas en pensée, et que la société e soit pas données naturellement, mais soit faite par les humains, ainsi la société reste jusqu'à présent derrière l’humain. Se comprend-il lui-même une fois, alors il la tri-articulera enfin aussi .

082 - La tri-articulation n'est pas une utopie


Ordre de grandeur de la tri-articulation

Entre les triarticuleurs qui veulent vraiment s’engager pour une tri-articulation,  et qui ne veulent pas seulement s’installer pour mieux regarder, comment tout est déjà tri-articulé, il y a malheureusement de nombreux praticiens, qui veulent se la faire trop simple.

Sous le prétexte, d’immédiatement commencé par soi même, ils cherchent à tri-articuler chaque institution, bien que la tri-articulation de la société réside justement en ce que chaque institution soit spécialisée sur son domaine de vie respectif. Cette soi-disant tri-articulation, « interne à l’entreprise » est souvent appelée mezzo-tri-articulation ou articulation en neuf sous-systèmes. Mais de telles institutions tri-articulées ne sont que des versions miniatures de nos États à tout faire et ne valent pas mieux qu’eux.

Il reste cependant la question à quelle échelle : la tri-articulation doit commencer. Pour tout dire : la question de l’ordre de grandeur de la tri-articulation est elle-même tri-articulée et doit être résolue, selon qu’il s’agit de vie spirituelle, de vie juridique et de vie économique. Si aucune loi ne s’y oppose, par exemple dans la forme de la Communauté des chrétiens, on peut commencer en petit avec la vie spirituelle. C’est déjà plus difficile avec l’école Waldorf. S’y oppose en effet la loi qui fait du Bac une condition aux études. Pour écarter ce problème, il y a besoin d’une majorité à l’échelle du pays. Avec l’économie, on peut se poser la même question. Là il est question de déterminer, jusqu’où la confiance règne. Ce ne sera pas forcément l’UE ou le monde, mais plutôt entre de peu nombreux entrepreneurs. Mais peut-être justement des entreprises à deux bouts différents du monde, comme avec les tentatives actuelles pour un commerce équitable.

Monde, pays, institution

083 - Communauté des chrétiens comme travail pratique de tri-articulation

084 - En petite mesure rien ne se laisse atteindre

085 - Il ne s'agit pas de l'amélioration de petites institutions

086 - Propagande par initiatives plutôt que par grand nombre

087 - La triarticulation demande autant que possible de nombreuses têtes pour la pratique

088 - "Points fondamentaux" dans l'enseignement scolaire Waldorf


Tri-articulation de l’ordre de grandeur

La question de l’ordre de grandeur ne se laisse pas résoudre en général. Et que c’est toujours à nouveau essayé montre peut être, combien on a du mal à penser « tri-articulairement » (NDT : le mot « tri-articulation » n’existant déjà pas, je me permets d’y appliquer aussi les « déclinaisons » habituelles…). Quand vie spirituelle, vie juridique et vie économique ont des ordres de grandeur propres (voir passages de l’œuvre complète de Rudolf Steiner), 6e collection, Nationalisme et âme des peuples), pourquoi ne devraient-elles pas avoir aussi d’autres grandeurs d’entrées ?

089 - Prévenir les abus de pouvoir au parlement

 

Durée de validité de la tri-articulation

Ce qui fut caractéristique du troisième Reich fut la pensée en solutions finales. Et ce qui dut être éternisé était en plus pleinement vieilli du départ. Le résultat ne fut que destruction. À la différence de cela il ne s’agit pas avec la tri-articulation sociale de sauver dans le futur quoi que ce soit de vieilli comme les courants héréditaires, mais de former quelque chose qui soit capable d’évolution
Une conséquence de cela est que justement la tri-articulation sociale indique hors d’elle-même. Si on réussit à la transposer dans la réalité, il vient par là de soi-même quelque chose, qui ne sera plus tri-articulation sociale, mais une évolution plus avant.
On doit seulement faire très exactement attention de qui parle d'évolution plus avant. Depuis quelques dizaines d’années est devenu la mode de développer la tri-articulation plus avant. Mais qui entreprend des auteurs comme Wilhelm Schmundt ou Dieter Brüll, est vite déçu. Leur prétention : développer plus avant la tri-articulation sociale, il ne l’on pas accomplie. Leur œuvre montre beaucoup plus qu’ils sont reculés devant la tri-articulation, parce qu’eux-mêmes étaient vieillis. Ceux qui après l’échec du mouvement pour la tri-articulation en 1922, la tinrent pour dépassée, se le font encore plus confortable.
En face de cela on doit rendre clair : la tri-articulation n’est pas dépassée. Pour cela elle devrait tout d’abord être une fois réalisée. Mais qui prétend cela malgré tout, devrait prouver une fois lui-même, s’il est vraiment déjà arrivé dans notre temps.
Je construis ici sur les travaux préliminaires de Karl Heyer, qui a rassemblé en 1949 les citations suivantes sur la durée de validité de la tri-articulation sociale et les a commentés d’une manière semblable.

Dizaines d’années pour la tri-articulation

Pour l’instant il s’agit de deux endroits où Rudolf Steiner souligne l’urgence de la triarticulation sociale pour les prochaines décennies. Il met en garde contre des catastrophes supplémentaires qui malheureusement se sont produites.

090 - La tri-articulation veut se réaliser dans les prochaines décennies

091 - Les forces d'évolution aspirent à la tri-articulation dans les prochaines décennies

Siècles pour la tri-articulation

Dans les décennies suivantes la tri-articulation sociale ne s’est pas réalisée comme chacun sait, mais le nationalisme. Mais cela ne signifie pas que la tri-articulation sociale appartient aux vieux fers. Elle reste l’idéal « de notre temps et du prochain avenir ». Même si de nouveaux chemins doivent toujours être à nouveau pris pour rendre attentif à sa nécessité.

092 - L'époque de Michaël est l'époque de la tri-articulation

Mais qu’est notre temps ? Que s’est-il donc passé depuis les années soixante-dix du dix-neuvième siècle ? Et qui est l’esprit de l’époque auquel Rudolf Steiner se réfère ?
Si l’on rassemble le passage précédent avec le suivant, il devient clair qu'il pense à un temps de Michael et en cela un temps cosmopolitique. Donc un temps qui doit surmonter lignée héréditaire et nationalisme. Ce n’est pas gratuitement qu’il avertit fortement dans le dernier chapitre des « Noyaux germinatifs de la question sociale » du nationalisme comme la plus forte opposition contre la tri-articulation sociale. Il en coûte d’autant plus aux humains que les siècles précédents sont justement devenus grands sous le signe de l’hérédité. Mais Gabriel, Jeanne d’Arc et semblables sont maintenant du passé. Cette profonde césure est ce qui rend si dangereux chaque « rester suspendu » au passé si dangereux.

093 - L'époque de Michaël est cosmopolite

094 - Les nationaliste comme les adversaires es plus aigus de la triarticulation

Pendant que Rudolf Steiner évite volontairement des références à un quelconque archange dans les « Points germinatifs des questions sociales », il ne se laisse pas prendre des conclusions de cette hypothèse et déjà jadis expliquer dans des conférences aux membres de la société, anthroposophique, que la tri-articulation sociale restera valable pour les trois à quatre siècles prochains.

095 - La tri-articulation est juste pour quelques siècles

Millènaires pour la tri-articulation

Si Rudolf Steiner n’aborde pas la tri-articulation sociale seule comme structure de l’époque michaélique, mais les idéaux sociaux qui seront en cela réalisés dans la vie de l’esprit, la vie juridique et la vie économique présentent ainsi de grands espaces de temps. Pour la réalisation de la liberté est en effet nécessaire tout la cinquième époque de culture, donc bien plus de mille ans. Pour chaque idéal supplémentaire s’ajoute encore une époque de culture.

096 - La mise en œuvre de la tri-articulation sociale à besoin de trois périodes


Points germinatifs, centraux, fondamentaux de la tri-articulation

Un point supplémentaire de controverse avec la tri-articulation est la question des priorités. Qu’est le plus important, voire le plus urgent quant à la tri-articulation sociale ? Il n’y a là pas de réponse générale valable définitivement.

La réponse du printemps 1919 fut peu de mois plus tard déjà invalide. Cela signifie donc peut être aussi que la réponse de 1922 n’est peut-être plus valable aujourd’hui. Là on doit connaître son époque. Et peut-être que l’éveil de la société civile dans les dernières années est lui la possibilité longtemps espérée de traduire la tri-articulation dans le monde.

On peut dire que c’est dans la nature même de la tri-articulation sociale que tout effort dans un domaine de vie doit être compensé ou complété par un effort dans les deux autres. Il faudra donc aider ses contemporains à aborder de manière adéquate le domaine de vie pour lequel ils veulent s’engager, et dès qu’ils parviennent à de premiers résultats, essayer de relancer la dynamique dans les domaines qu’ils auraient tendance à négliger.

 

Principe ou illustration

Lors de ses descriptions de la tri-articulation sociale, Steiner a prévenu d'emblée de ne pas confondre le principe avec ses illustrations. Mais l’avertissement n’a pas aidé. Steiner du se plaindre plus tard, que beaucoup d’humains se sont accroché aux exemples introduits par lui. Des anthroposophes ont pris à cœur ces critiques rétrospectives de Steiner et essayé de se servir moins servilement de ces « indications particulières » de Steiner. Mais ils ont procédé si fondamentalement, que se pose souvent la question, s’ils ne se sont pas limités à « ne pas laisser une pierre sur l’autre », ou bien s’ils n’ont pas quitté purement et simplement le sol de la tri-articulation sociale. Il est donc indispensable de regarder de plus près les passages concernés, pour en extraire, où pour Steiner commence l’illustration et où s’arrête le principe. Le premier passage appartient au temps du mouvement pour la tri-articulation proprement dit.

097 - Les idées conformes à la vérité laissent la manière de les développer ouverte

Un avertissement supplémentaire se trouve dans les « points germinatifs » même, vers la fin du troisième chapitre, donc tout de suite en raccord au passage, où ils traitent des questions spécifiques de la triarticulation sociale, comme la circulation du capital et de l’âge de l’argent.

 

098 - Les indications particulières sont seulement des exemples, ce qui est fixe avec la tri-articulation est seulement la direction

Cet avertissement n’a pas été particulièrement considéré, peut-être parce qu’il vint d’abord après les « considérations particulières », donc de fait presque trop tard. Lorsqu’en 1920 Steiner écrit une introduction pour la nouvelle édition des « Fondements de l’organisme social, il reprit là l’avertissement, de manière à ce que depuis il se tienne tout au début du livre, au milieu des “considérations générales”.

 

099 - Il est tenu plus aux chemins (principe) qu'aux buts (illustration)

Si les exemples se confondaient si facilement avec le principe, alors on peut se demander, pourquoi Steiner s’aventure malgré tout sur des exemples. Se serait-il limité à la description du principe, aurait il peut être pu éviter les nombreux malentendus. À cette question, Steiner donne, ce dont on peut lui être gré, lui-même une réponse, seulement elle est toute autre chose que flatteuse.

100 - Les gens paresseux quand à la pensée demandent aujourd'hui des illustrations de la tri-articulation

Cette faiblesse pour les exemples n’a pas été seulement le fait que d’humains ordinaires. Elle semble aussi avoir été présente chez les anthroposophes eux-mêmes.

101 - L'illustration est vite faite programme
Abrégé : Steiner se plaint que ce qu’il a dit en illustration d’une chose, soit déjà fait programme le jour suivant. Montre seulement , combien peu les gens (dans ce cas les anthroposophes dirigeants) somme toute réfléchissent.

Il reste cependant la question, où Steiner tire en fait la frontière entre illustrations et principe. Pour la résoudre, il ne suffit pas de faire attention à ce que Steiner compte pour illustration. Plus décisif est encore, d’établir, quel principe doit être illustré en cela. Cela explique pourquoi les extraits suivants sont passablement longs : le principe se livre généralement seulement du contexte, qui est du coup souvent laissé de préférence de côté par les tri-articuleurs contemporains. Assemble t’on tous les passages ensemble, se révèle, que Steiner, sous le principe de la tri-articulation sociale, ne comprend pas seulement le démêlage (ou libération) et la liaison (ou équilibre) des trois domaines de vie, mais aussi les trois idéaux, qui sont poursuivis par les domaines de vie particuliers, aussitôt qu’ils se sont autonomisés. Le principe de la tri-articulation sociale est donc, contrairement à l’affirmation de Dieter Brüll, pas un principe purement formel, qui en soi n’a pas de contenu défini (« L’impulsion sociale anthroposophique », 1984, p 163 ed. allemande). La tri-articulation sociale conduit bien plus d’elle-même vers des contenus tout à fait définis, dans la vie juridique à la démocratie, dans la vie économique au professionnel. Il n’est donc pas nécessaire de chercher ce contenu en dehors de la tri-articulation sociale, comme le fait Dieter Brüll avec son  « impulsion sociale anthroposophique ».

102 - Après l'émancipation des vies économique et spirituelles les questions de détail se posent autrement
103 - Circulation du capital comme illustration du principe "libération de la vie spirituelle"

Est aussi important que Steiner ne compte pas son inhabituel et inconfortable ordonnancement du capital à la vie spirituelle et du travail à la vie juridique parmi les illustrations, mais comme principe de la tri-articulation sociale. Qui met cet ordonnancement à disposition a ce faisant rompu avec la tri-articulation sociale.

104 - Illustration du principe "Le capital appartient à l'esprit -, le travail à la vie juridique"

Avec les exemples suivants est esquissé que les idéaux des domaines de vie sont aussi à compter comme principe de la tri-articulation sociale, notamment le collectivisme pour la vie économique et l’individualisme pour la vie spirituelle. Pour une clarification totale de ce passage, il manque des éléments charnières, dont il n’est question ici : l’ordonnancement du capital et de la consommation à la vie spirituelle (voir sur cela collection 4 : Associations et vie économique / Associations comme institutions de la vie économique / Associations et orientation des besoins / Production comme spirituel, consommation comme question économique et besoins comme question spirituelle libre)
Pour la pleine clarté manquent cependant des composants de liaison, qui ne sont pas abordés ici : l’ordonnancement du capital et de la consommation à la vie spirituelle.

105 - Illustration du principe "Conciliation (compensation?) de collectivisme et individualisme"

À un autre endroit, Steiner place le focus sur la liaison, l’équilibre des différents domaines de vie. Ils se comportent les uns aux autres comme construction et déconstruction. Cette liaison est comptée ici comme significative au principe de la triarticulation sociale

 

106 - Illustration du principe "Tripartition s'équilibrant elle-même plutôt qu'état unitaire"

Maintenant vient un passage, qui est cité in extenso par Dieter Brüll lui-même (« L’impulsion sociale anthroposophique », 1984, p. 72-74 ed. allde), bien qu’il contredise plus nettement que nombre d’autres passages sa théorie, selon laquelle la tri-articulation sociale serait une pure question de forme et laisserait le contenu des domaines de vie particuliers pleinement ouverts. Là est en fait mentionné expressément, que la vie juridique deviendra plus démocratique (Égalité) et que dans la vie économique la formation de prix plus saine (Fraternité) par la tri-articulation sociale. Les passages correspondants manquent dans la citation de Dieter Brüll. Que jadis la conférence n’était pas encore parue dans l’œuvre complète, rend difficile d’établir si ces passages ont été écartés par lui où manquaient déjà dans la pré-édition (non officielle).

 

107 - Illustration du principe " Institution spécialisée aspire d'elle même à idéal propre"

Succession ou simultanéité

Pendant le mouvement pour la tri-articulation, Steiner insiste toujours à nouveau, que doit être veillé à ce que ne se forment pas seulement des conseils économiques, mais en riposte aussi des conseils culturels. Il ne tient en effet pas une autonomisation seule de la vie économique comme un premier pas en direction de la tri-articulation sociale.

108 - La biarticulation est le contraire de la triarticulation

109 - La biarticulation est encore pire que l'état unitaire

Après l’échec du mouvement des conseils Rudolf Steiner n’abandonne pas tout de suite le but d’une transformation de la vie économique. Il s’oriente maintenant sur des institutions modèles, mais qui ont bien sûr l’inconvénient, d’être trop petites, pour pouvoir retenir le déclin économique. Voyez à ce sujet le passage « Propagande par initiatives plutôt que par grand nombre ». Ces institutions modèles n’auraient aidé que si elles avaient assez vite amené des partisans. Elles furent au lieu de cela balayées par la crise économique mondiale peu après.
Après l’échec du mouvement pour la tri-articulation sociale Rudolf Steiner n’abandonne pas le but d’une autonomisation de la vie spirituelle. Il y voit la manifestation d’un premier pas adapté en direction de la tri-articulation sociale.

110 - Après la fin du mouvement pour la triarticulation, priorité à la libération de la vie spirituelle
111 - La vie spirituelle allemande encore à sauver autrement que politique et économie
112 - Travail spirituel possible plus avant malgré l'échec économique