L’organisme social

Institut pour une triarticulation sociale
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L’organisme social

Passages tirés de l’œuvre complète de Rudolf Steiner
2e collection
....................................................................................Accès à l'original

 

Rassemblés et commentés par Sylvain Coiplet

Traduit par François Germani pour les passages non encore disponibles en français.
Reproduction des passages déjà édités avec l’aimable autorisation des Éditions anthroposophiques romandes.

 

Introduction

 

Pendant qu’il était encore courant du temps de Steiner de parler d’un organisme social, cela ne se passe encore aujourd’hui que de manière exceptionnelle. A cette exception appartiennent les anthroposophes qui simplement aiment bien parler comme Steiner. Ils ne soupçonnent la plupart du temps pas quels dégâts ils peuvent occasionner avec cela. Il a été compris beaucoup de choses sous « organisme social ». Steiner a encore su cela et à cause de cela il averti de manière répétée des mécompréhensions. On souhaiterait la même précaution de ses successeurs. Au nom de l’organisme social beaucoup d’humains ont été assassinés au nom de « l’organisme social ». Cela n’a naturellement rien à faire avec ce que Steiner entendait sous « organisme social ». Mais c’est seulement compréhensible pour des anthroposophes. Cette attitude positive ne peut être attendue d’autres. Qui voudrait aujourd’hui parler d’un « organisme social », devrait d’abord bien expliquer ce qu’il entend par là. Sinon, il ne doit pas s’étonner s’il est compté au nombre des agents d’une « unité nationale organique ».

L’organisme social dans le sens de Steiner n’a rien à voir avec centralisme et nationalisme. Tout au contraire : il s’agit de rendre leur autonomie aux membres autonomes de l’organisme social. Pour la vie spirituelle, l’autonomie s’appelle la liberté individuelle de l’individu et pour la vie économique mise en réseau de par le large monde. Steiner bataille pour cela. Qui, par exemple comme Kjellén, n’y comprend rien et malgré tout parle d’un organisme social, est fortement récusé par lui.

On se demande seulement, pourquoi Steiner a pris le risque d’être mécompris. N’aurait il pas mieux été de s’engager pour une triarticulation sociale, sans trop parler d’organisme ? En réalité oui. Et Steiner l’a lui-même remarqué. A cause de cela, il a presque complètement rayer la comparaison entre organisme humain et social de son premier et principal écrit sur la triarticulation sociale « Points germinatifs des questions sociales »

Mais justement presque. L’indication de la triarticulation de l’organisme humain, récemment découverte par lui, est demeurée. Sur cette triarticulation sont construits jusqu’a aujourd’hui les résultats de la pédagogie Waldorf et de la médecine anthroposophique. Peut être est-ce quand même rétrospectivement le meilleur argument pour une triarticulation sociale.

Qui s’occupe davantage de comment Steiner compare l’organisme humain avec l’organisme social, peut quand même être surpris. Il ne compare pas la vie spirituelle avec la tête, mais avec le métabolisme humain. Tout comme il n’établi pas d’équivalence entre l’hiver et le sommeil humain mais avec l’éveil. On se demande naturellement immédiatement comment il peut arriver à de tels larges résultats. Cela tient à sa conception de l’organisme humain.

En conséquence, dans le système nerveux, et en cela dans la tête, dominent des processus déconstructifs pendant que les processus constructifs ont leur point de gravité dans le métabolisme. La vie spirituelle, de manière semblable au métabolisme, construit, notamment des facultés. Une manière assez inhabituelle de valoriser la vie spirituelle. Tout comme aussi se tient au centre de la comparaison d’organismes chez Steiner la question au sujet de construction et déconstruction.

Elle est aussi décisive quand il s’agit de ce que Steiner comprend sous « une évolution organique » Pendant que pour chaque conservateur et maints anthroposophes seul une évolution chaperonnante (NDT : à préciser) vaut comme organique, Steiner voit une évolution organique comme une succession  de métamorphoses ou révolutions. Encore à nouveau une claque pour la saine compréhension humaine. Encore plus important est la suggestion de ne pas faire attention seulement dans une évolution organique à la phase de croissance et construction mais sur la déconstruction s’y rattachant.

Lorsque finalement le mouvement pour la triarticulation fut brisé entre autre sous le manque d’intérêt des anthroposophes, Steiner vient encore une fois à en reparler. Seulement il le déguise en une contemplation sur les saisons. La science s’est laissé inspirer dans son besoin d’unité par la construction étourdissante du printemps. Si les anthroposophes veulent quand même apporter quelque chose à la triarticulation sociale, alors ils doivent en contrepoids à la fête de Pâques appeler à la vie une fête d’automne, qui inspire l’humain à regarder la vie sociale non seulement comme unité mais aussi comme différenciée. Peut être est-ce quand même la meilleur méthode d’éducation pour anthroposophes. 

L’organisation humaine comme départ de la comparaison

Steiner  fait référence à ce passage de son livre expressément ou en silence, lorsqu’il parle d’un organisme social.

01 - Les dépendances physiques et spirituelles de l'entité humaine

Avantage et inconvénient de parler d’organisme social

Là où l’organisme social fait sens

 Steiner rend finalement clair les avantages d’une comparaison entre organisme humain et organisme social à l’exemple de sa propre approche. On doit par conséquent apprendre de l’organisme humain que des organismes ne sont pas absolument centralisés, mais se composent de systèmes, qui ont leur centre en eux-mêmes. Ce n’est qu’en cela que des organismes sont capable de vie. Et cette décentralisation nécessaire est celle qui vaut aussi pour l’organisme social. En ce qui concerne l’affectation concrète de systèmes sociaux au système humain correspondant, Steiner est incroyablement retenu. Elle n’est la plupart du temps seulement qu’indiquée. Où elle est quand même développée, se montre, qu’elle ne traduit volontairement pas les attentes spontanées. Cela aurait pu donner beaucoup à réfléchir. Le problème fut cependant, que beaucoup d’auteurs avant Steiner s’étaient essayés à de telles affectations et avaient pêché. Si Steiner voulait sauver l’idée principale de la décentralisation, ainsi devait il ici se retenir lui-même et aussi alerter d’autres d’un usage trop envahissant de ces comparaisons. Les exemples dissuasifs conduisant à des organismes sociaux ratés développés par Steiner seront traités dans le prochain chapitre « Où l’organisme social engendre du non sens ». Il ne dévoile en fait par contre pas d’exemples positifs qui iraient dans son sens.

 Dans l’appel « Au peuple allemand et au monde de la culture » qui précède de quelques mois ses « Points germinatifs des questions sociales », Steiner compare l’organisme social avec l’organisme humain. Une affectation concrète des systèmes respectifs reste esquissée, mais va au moins aussi loin, que chacun qui voudrait ranger spontanément la tête humaine à la vie spirituelle sociale, soit mis en question par sa lecture.

02 - Sozialer Organismus wie natürlicher Organismus gegliedert PB

 Dans la version finale des « Points germinatifs des questions sociales » la comparaison est de nouveau traitée et abordée de plus près. Mais à la question des affectations pratiques entre systèmes humains et sociaux, on reste justement  à l’évocation inconfortable.

03 - Organisme social articulé comme organisme humain

 Qui ne lit pas seulement les « Points germinatifs des questions sociales », mais aussi les descriptions des conférences publiques qui sont à la base du texte, doit être étonné. Steiner est rentré là abondamment dans la question des affectations entre systèmes humains et sociaux. Seulement, il pose tout sur la tête.

04 - Organisme social comme renversement de l'organisme humain

 Steiner avait d’ailleurs déjà auparavant exposé cette inversion entre organisme humain et sociale dans une conférence aux membres de la société anthroposophique.

05 - L'organisme social se tient sur la tête (humaine)

 La comparaison entre organisme humain et social est traitée plus avant en d’autres conférences aux membres de la société anthroposophique.

06 - Organisme social à la place d'homonculus social
07 - Organisme social comme image miroir de l'humain

 Pourquoi Steiner, comme je peux le voir jusqu'à présent, ne parle plus de l’inversion entre organisme humain et social que dans des conférences pour les membres de la société anthroposophique s’explique peut être par les passages suivants.

08 - Comparaison d'organismes éveille méfiance
09 - La comparaison d'organisme seulement rayée dans les "Points germinatifs"

Une réponse de Rudolf Steiner à une question de Roman Boos apporte des éclaircissements supplémentaires à l’inversion entre organisme humain et social.

10 - Sel, mercure et soufre entre humain et société

Pour l’approfondissement des concepts « sel », « mercure » et « soufre » est renvoyé aux passages suivants : GA 54, p.477-512, 26.4.1906, Berlin; GA 175, p.143-158, 20.3.1917, Berlin; GA 186, p.278-284, 20.12.1918, Dornach und GA 194, p.137-138, 6.12.1919, Dornach.  Tout aussi passionnant que le rapport entre l’humain triarticulé et l’organisme social est le rapport entre l’humain quadriarticuler et l’organisme social, qui n’a à ma connaissance été élaborer qu’une fois par Steiner.

11 - Triarticulation sociale comme effet du Je, du corps astral et du corps éthérique
12 - Triarticulation sociale comme répercussion sur corps physique, éthérique et astral

 Où l’organisme social génère du non sens

Ce ne sont pas seulement Meray et Schäffle cités jusqu'à présent qui ont, à côté de Steiner, comparés le social avec un organisme mais aussi d’autre auteurs comme Kjellén, Spencer, Jaffé et Uexküll. Steiner se penche aussi sur ces auteurs. A la différence des passages jusqu’à présent sur Meray et Schäffle il n’en reste pas à une distanciation concise. Steiner va cette fois plus au fond pour son rejet. Attention : mes titres ne sont ici pas toujours pour résumer Steiner, mais en partie pour résumer les auteurs qui sont critiqués par Steiner !

 13 - État comme cellule de la plante monde, humain comme soies pour l'état
14 - Comme organisme, l'État devrait décapiter les humains
15 - Heutige Welt sozial-politisch ein Organismus PB
16 - Spencer: système nerveux et état guerrier le plus accompli
17 - Spencer: système nerveux et militarisme le plus valable
18 - Spencer: système nerveux et militaire comme sommet de l'évolution
19 - Âme libre dépasse (domine, surplombe) l'organisme mondial
20 - L'unité organique ne dit encore rien sur la santé
21 - Les sciences de la nature cherchent causalité à la place de santé
22 - Uexküll: Liberté, Égalité, Fraternité comme cancer social

 L’organisme social est il donné ou à atteindre ?

  23 - École Waldorf pas une organisation, mais un organisme social

De quelle grandeur doit être un organisme social ?

Tout est en quelque sorte un organisme

A l’habitude anthroposophique de vouloir faire de tout un organisme, Steiner a malheureusement concouru avec la sienne.

24 - État comme organisme
25 - Esprit, État et économie comme organismes
26 - Esprit, économie et État comme organismes

 Qu’un tel choix de mot ne convienne pas à d’autres passages (voir en particulier en haut sous le titre « Où l’organisme social génère du non sens » les slogans « Etat cellule de la plante-monde, humains soies de l’Etat » ; « Comme organisme, l’Etat devrait décapiter les humains » et «Le monde socio-politique d’aujoud’hui, un organisme ») est apparu aux éditeurs des cycles. Ils n’ont pas rendu visible leur irritation par les vraisemblables signes d’introduction insérés par eux, mais aussi dans un  commentaire le signalant expressément :

27 - Editeur : organisme d'État comme pseudo organisme

 Ce qui peut être facilement oublié par l’appellation « organisme d’Etat », Steiner l’a évoqué lui-même. Il en va d’un côté de la nécessité d’une vie spirituelle libre. Elle n’est naturellement jamais oubliée par Steiner et est aussi évoquée expressément dans tous les passages où il parle d’organisme d’Etat. La deuxième chose qui peut être oubliée dans une telle description est la nécessité d’une économie fraternelle. Elle est encore une fois faite explicite dans la première conférence du cours « Economie politique ».

 Seule la Terre dans son ensemble est un organisme

28 - Économie mondiale comme organisme économique

 La phrase « Toute la Terre, pensée comme organisme économique, est l’organisme social » prête par sa concision à être mécomprise. Steiner réduit il brusquement le social à l’économie ? La préoccupation véritable de la phrase – le dépassement de l’économie nationale par l’économie mondiale – est bien facilement oubliée en cela. Pour être compris correctement, ce passage doit être pris avec les passages parallèles précédents où Steiner compare cet organisme social mondial avec un organisme-plante (voir en haut sous le titre « Où l’organisme social génère du non sens » le slogan « Etat, cellule de la plante-monde, humains soies de l’Etat » et  « Comme organisme, l’Etat devrait décapiter les têtes humaines ». Là, le mode d’expression (« science de l’Etat ») n’en est malheureusement pas encore, à ce que l’on remarque difficilement, qu’il s’agit pour Steiner de science économique. L’organisme « social – économique » n’est pas seulement comparable à un organisme végétal,  pendant que l’organisme « social d’ensemble » serait comparé par Steiner à un organisme humain. Il y a d’ailleurs déjà en 1919, donc avant le « Cours d’économie nationale » un endroit où Steiner déploie clairement son organisme mondial sur l’économie. Ce semble donc être ainsi, que Steiner se soit adonné à l’usage linguistique bourgeois d’alors – qui ne faisait pas de différence entre Etat et économie (voir par exemple l’historien Fredrich Meinecke) – jusqu’à ce qu’il puisse construire sur sa description de la triarticulation sociale. L’endroit est le suivant :

29 - État et peuple, organismes non fermés

 Voyez aussi la dessus en haut « Où l’organisme social génère du non sens » : GA 174b, p.226-229, 13.5.1917

 A quelle vitesse doit aller une évolution organique ?

Une évolution organique fait un pas après l’autre

30 - Évolution française tumultueuse

 Steiner évite ici de parler d’une évolution inorganique au sujet de la Révolution française. Il l’a pourtant fait deux jours avant en une place parallèle dans une conférence publique

31 - Évolution française inorganique

 Mais dans les conférences publiques, Steiner s’adapte souvent fortement à l’usage linguistique courant. De là peut être provient l’expression « Comme on pourrait dire ». D’autre part la description « inorganique » ne concerne pas ici la tempétueuse avancée de la Révolution française mais le revers de l’évolution par Napoléon ! Inorganique est une évolution qui ne trouve pas d’évolution supplémentaire. Ce que Steiner entend sinon par évolution organique, exprime plutôt ce que l’ « on » appelle révolution.

 Une évolution organique fait un tas de bonds

 Un bon exemple pour écarter ce que d’autres auteurs entendent généralement sous « évolution organique » se trouve quelques pages avant l’endroit, qui a été cité en dernier.

32 -Histoire : sauts à la place d'actions du passé
33 - Nature et histoire font des sauts continuels
34 - L'histoire fait des sauts comme organisme

 Ce ne sont naturellement pas tous les endroits où Steiner s’exprime sur ce thème. Mentionnons maintenant seulement quelques autres endroits :

GA 101, p.209, 1/1987, 27.12.1907; GA 159, p.257, 2/1980, 18.5.1915; GA 167, p.123-124, 2/1962, 13.4.1916; GA 167, p.273-274, 2/1962, 23.5.1916; GA 171, p.73-75, 1/1964, 23.9.1916; GA 328, p.11-12, 1/1977, 3.2.1919; GA 330, p.304-305, 2/1983, 19.6.1919; GA 192, p.190, 2/1991, 15.6.1919; GA 333, p.56-59, 2/1985, 22.7.1919; GA 329, p.273-274, 1/1985, 6.11.1919; GA 196, p.137, 1/1966, 1.2.1920.

Combien vivant doit être un organisme ?

Construction et déconstruction (dépérissement) dans la nature

35 - Mort comme récapitulatif de petits mourrirs

Construction et déconstruction (dépérissement) dans l’organisme social

36 - Auch Abbau beim sozialen wie beim natürlichen Organismus
37 - Progrès de la liberté par régression de l'histoire

Construction et déconstruction (dépérissement) dans l’économie

38 - Déconstruction du capital à la place d'accumulation dans le sol
39 - Déconstruction du capital comme dans chaque vivant.
40 - Déconstruction du capital par le vieillissement de l'argent
41 - Don à la place de l'accumulation de capital

Que comprend la science de l’organisme ?

La science ne voit que la déconstruction

42 - Naturwissenschaft sieht nur die Geschichte des Verfalls

 La science ne voit pas la déconstruction

Voyez en haut sous le titre « Organisme ne signifie pas seulement construction mais aussi dépérissement et sous-titre « Construction et déconstruction dans la nature » le slogan « Mort comme récapitulatif de petits mourrirs », là Weismann remarque le dépérissement seulement quand  il a été conduit à la mort (à un cadavre).

Comment doit être en fait un organisme ?

A la construction se montre l’unité, au dépérissement la différenciation

43 - Unité au printemps, différenciation en automne

 Que comprennent les Allemands de l’unité ?

Les Allemands ne comprennent malheureusement rien de l’unité

44 - Les états (classes) sociales s'opposent dans l'empire allemand.

Les allemands ne comprennent heureusement rien de l’unité

45 - Aux Allemands n'est pas imposé de former l'unité politique