triarticulation

Institut pour une triarticulation sociale
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Vidéos de Stephan Eisenhut sur le site du D.N. Dunlop Institut  (original allemand)


L'idée de la tri-articulation de l'organisme social

d'une perspective économique


traduction F. Germani v.01 - 31/10/2020

I    - L'objectif des vidéos sur cette page de site
II   - Un bref historique de l'évolution de la tri-articulation
III  - Vidéos
1- Introduction
2 - La domination des images 
3 - Contrôle et pouvoir
4 - La question de la liberté



I - L'objectif des vidéos sur cette page de site

Dans les années 1917 à 1922, Rudolf Steiner a planté le germe d'une idée totalement nouvelle de coexistence sociale dans l'âme des humains qui pouvaient se tourner vers cette idée. Cette idée a jaillie de la vie spirituelle de l'Europe centrale qui, dans son orientation, est universellement humaine et avec cela accessible aux humains de tous les groupes ethniques de par le monde entier et dont la situation de vie peut être marquée conformément. Cependant, cette idée peut seulement devenir efficace lorsqu'un certain nombre d’humains sont en situation de développer la faculté de former d'autres formes de pensée à côté de la pensée basée sur l'ordre de raison analytique des observations sensorielles. Au début du XXe siècle, seules quelques personnes avaient développé cette capacité. Trop peu, comme le montre l'histoire de la triarticulation. Les vidéos n’éclairent pas seulement l'idée de la triarticulation, mais tentent en même temps de reconstruire le chemin de pensée que Rudolf Steiner a fondé épistémologiquement et considéré comme nécessaire à la découverte de forces sociales du renouveau.

Une personnalité qui avait déjà largement développé cette forme de pensée était l'Écossais Daniel Nicol Dunlop. Non seulement il a su réfléchir à l'idée, mais il a également réussi à façonner ses actions de telle sorte qu'elles deviennent effectives jusqu'à la formation d’institutions communautaires économiques interentreprises. Il a travaillé à partir de ces forces, avant même que Rudolf Steiner ne mette en forme l'idée de la triarticulation. C'est ainsi qu'il fonde dès 1911 la British Electrical and Allied Manufacturers Association. En 1924, il a réussi à créer la Conférence mondiale de l'énergie, qui existe encore aujourd'hui sous une forme modifiée sous le nom de Conseil mondial de l'énergie. Dunlop disposait dans une haute mesure cette pensée sans la fonder épistémologiquement. Il a donc pu agir de l'esprit de cette triarticulation. Il représente une vie occidentale anoblie de l’esprit qui a su entrer dans un dialogue fructueux avec la vie centre européenne de de l’esprit.

La tâche de la vie spirituelle d'Europe centrale est la vitalisation de la pensée, qui conduit à sa spiritualisation. Porter à la vie une idée telle que celle de la triarticulation de l'organisme social, sans faire d'effort pour parvenir à une telle spiritualisation, doit nécessairement échouer. L'évolution de 1917 à 1922 le montre bien : de nombreux humains, bien qu'ils se soient efforcés de lui rendre justice, ont échoué en raison de l'ampleur de la tâche. Néanmoins, parce que l'idée a été portée dans le monde avec une grande force à l'époque, il existe aujourd'hui des points de départ pour continuer à y travailler.

L'objectif de l'approche choisie ici est de montrer comment une spiritualisation de la pensée peut apporter de nouvelles forces créatives dans la vie sociale. L'organisme social se différencie alors en trois membres indépendants. Ce qui est possible dans la vie peut cependant être pensé à l'avance. C'est en même temps un chemin d’exercice pour la vitalisation de la pensée à l'objet de l'organisme social.

En même temps, devrait être tenter d'utiliser l'instrument de la vidéo pour transmettre ces pensées. Il reste à voir si cela réussira. Mais les vidéos sont devenues si répandues qu'elles peuvent peut être quand même donner accès à ces idées à l’une ou à l’autre.

Il serait important de travailler continuellement à la formation des pensées en échange avec d’autres. Car seul un tel échange peut permettre une revitalisation. C'est très difficile à réaliser en un seul endroit aujourd'hui. Même si la coopération dans le cadre de rencontres directes est la forme la plus appropriée, un travail continu sous forme de webinaires devrait être proposé ici en complément. C'est aussi une expérience que j'attends avec impatience.

II - Un bref historique de l'évolution de la tri-articulation
L'idée a été développée par Rudolf Steiner entre 1917 et 1922. La première phase peut être qualifiée de politique, dans laquelle Rudolf Steiner s'est tourné vers les forces dirigeantes de l'Empire allemand et des Habsbourg pendant la Première Guerre mondiale qui faisait de plus en plus désespérément rage. La première préoccupation de Steiner était que les États d'Europe centrale combinent une mission de paix avec une impulsion spirituelle de renouveau. C'est la seule façon de créer une base morale suffisamment solide pour maintenir une position indépendante dans les négociations de paix. L'occasion s'est présentée lorsqu'à la fin du mois de mai 1917, Otto Graf Lerchenfeld a demandé à Rudolf Steiner ce que l'Allemagne, dont le gouvernement lui semblait de plus en plus décapité et désorienté, pouvait faire pour sortir de la terrible misère de la guerre. En réponse à cette question, Rudolf Steiner a développé l'idée d'une triarticulation sociale au cours d'une conversation de trois heures. Steiner avait travaillé sur ces questions pendant trente ans, mais ce n'est que maintenant que la question du comte lui a donné l'occasion de formuler cette idée. Otto Graf Lerchenfeld a été tellement impressionné par cette idée qu'il a demandé à Rudolf Steiner d'en résumer les grandes lignes dans un mémorandum, avec lequel il pourrait approcher des personnalités influentes à Berlin et servir de médiateur dans les pourparlers. Rudolf Steiner a ensuite rédigé deux mémorandums : le première a été adaptée à la situation de l'Empire germanique, le second à celle de l'Empire des Habsbourg. Une conversation avec l'ami d'école de Lerchenfeld, Richard von Kühlmann, qui occupait dans l'Empire allemand une position qui correspond aujourd'hui à celle de ministre des affaires étrangères, a été organisée. Le comte Ludwig Polzer Hoditz a remis le 2e mémorandum à son frère Arthur Polzer Hoditz, chef de cabinet du jeune empereur Karl Ier d'Autriche. Au début de 1918, une conversation avec le prince Max de Bade a été rendue possible, il est devenu le dernier chancelier de l'empire le 3 octobre. Max von Baden a dû être très impressionné par cette conversation, car il a rendu visite à Rudolf Steiner pour une nouvelle consultation peu avant son entrée en fonction.


Steiner a essayé de faire comprendre aux dirigeants politiques que le programme en 14 points de Woodrow Wilson représentait une menace énorme pour les États d'Europe centrale et que, s'il était accepté, il conduirait à l'abandon de leur indépendance. Bien que toutes ces personnalités aient montré un certain intérêt pour les idées de Steiner, leur force n'était pas suffisante pour les promouvoir activement. La pression extérieure dans leur environnement politique était tout simplement trop forte pour qu'ils puissent défendre courageusement ces idées.

Dans une seconde phase, immédiatement après la fin de la guerre, Rudolf Steiner se tourne vers la bourgeoisie. Au départ, il a donné ses premières conférences publiques en Suisse sur la question sociale. Ces conférences exotériques étaient accompagnées de conférences destinées aux membres de la Société anthroposophique, dans lesquelles le côté spirituel de l'idée de triarticulation était démontré. Sans une spiritualisation de la pensée, l'idée de la triarticulation ne se laisse pas réaliser. Rudolf Steiner espérait ici qu'il y aurait suffisamment d’humains parmi les membres de la Société anthroposophique qui seraient prêts à suivre cette voie. Il espérait que le grand public bourgeois aurait une compréhension instinctive de cette idée si elle était présentée de manière appropriée. Les deux ne se sont pas produits de la manière souhaitée. Par écrit, Rudolf Steiner s'est adressé au public avec un "Appel au peuple allemand et au monde culturel" et avec le livre "Les points clés de la question sociale", ainsi que dans de nombreux articles de magazines.
Dans une troisième phase, qui recoupe absolument la deuxième, Rudolf Steiner s'est adressé à la classe ouvrière. Fin avril 1919, il se rend à Stuttgart et donne des conférences aux ouvriers de l'usine de cigarettes Waldorf-Astoria, aux employés des usines Daimler et Bosch, puis aux comités d'entreprise et aux comités ouvriers des grandes usines de Stuttgart. Les travailleurs ont montré un vif intérêt pour ses idées. L'objectif est d'œuvrer à la coordination interentreprises dans les organes autonomes de la vie économique. Tant les dirigeants socialistes des travailleurs qu’aussi les représentants du  grand capital étaient hostiles à son initiative. Pour les premiers, c'est un capitaliste, pour les seconds, un socialiste.

En plus de ses efforts dans le domaine économique, l'école libre Waldorf de Stuttgart a été fondée en septembre 1919 sur le champ spirituel. Vers la fin de 1919, les efforts autour d’une coordination interentreprises ont dû être de plus en plus retirés. On en vient à la fondation d’institutions économiques, comme Der Kommende Tag AG (Le jour qui vient SA) en Allemagne ou Futurum AG en Suisse.

Dans les années 1920 à 1922, les efforts extérieurs pour la tri-articulation sont progressivement réduits. Les problèmes causés par ces initiatives extérieures deviennent trop massifs. La tentative en Haute-Silésie, qui devait être tomber en 1921 par référendum soit à la Pologne soit à l'Allemagne, de ne pas la déchirer en réalisant le principe national et de la façonner au contraire dans l'esprit de la triarticulation, a provoqué la colère des forces nationalistes allemandes. Pour ces forces, les triarticuleurs sont des "traîtres à la patrie". Aussi une initiative avec 50 intervenants dans plus de 200 conférences pour promouvoir l'idée de la triarticulation conduit simplement à une hostilité renforcée. Rudolf Steiner s'est exprimé de manière très radicale en 1923 :
"Il y a eu ce cours aux conférenciers que j'ai donné avant qu'a été lachée une horde sur le public allemand. Regardez l'écho de ce qui a été fait par ce train de horde ! Ce qui a été exploité là-bas a parfois été plus grotesque qu'autre chose". (GA259, P. 296)

En 1922, le mouvement de triarticulation s'ensable toujours plus ; il échoue avant tout à cause de problèmes internes. Le Congrès Est-Ouest offre une exception, qui trouve aussi un bon accueil dans la presse. Il se montre quand même qu'il doit d'abord être travailler à la consolidation interne de la Société anthroposophique. Du 24 juillet au 6 août, Rudolf Steiner a tenu l’ainsi nommé "Cours d'économie nationale" (GA340) avec une réponse aux questions (Séminaire d'économie nationale, GA341) dans un petit cercle d'économistes et d'étudiants. Ce cours peut être considéré comme une sorte d'héritage de Rudolf Steiner à son idée de triarticulation. Il développe cette idée de la perspective économique. La transformation de la vie économique est étroitement liée à la transformation des forces de tête. Dans la mesure où cela réussit, les organes communautaires de la vie de l’esprit et de la vie économique indépendants de l'État politique pourront se développer.

Il est symptomatique que Rudolf Steiner ait donné ses dernières conférences sur la question sociale à Oxford, peu après le Cours d’économie nationale. Le mouvement spirituel pour le renouvellement de la question sociale, qui a commencé en Europe centrale, s'achève d'abord à l'Ouest, qui, par la nature de sa pensée, est le plus fortement orienté vers la vie économique. Les germes ont été semés. La question est de savoir s'ils peuvent être amenés à fleurir après cent ans.