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Collection ga191  :

Compréhension sociale à partir des connaissances de science de l’esprit.




ONZIEME CONFERENCE
Dornach, 1er novembre 1919
 ELFTER VORTRAG
Dornach, 1. November 1919

 


 

Les références Rudolf Steiner Œuvres complètes ga 191 194-210 (1989) 01/11/1919

Original





Traducteur: Henriette Waddington Éditeur: SITE

Quand on envisage la question sociale du point de vue de la science spirituelle, on ne s’appuie pas - Je vous l’ai dit maintes fois - sur de quelconques maximes ou une impulsion purement subjective; on étudie l'évolution de l'humanité, on observe les forces qui sont à l’origine de cette évolution à notre époque et ce qu'elles exigent de nous.



Il faut bien le dire : dévoiler les impulsions profondes qui entrent en ligne de compte pour l'évolution actuelle de l'humanité est assez difficile car on n'est guère disposé de nos jours à aller au fond des choses, à les étudier avec sérieux. Pourtant notre époque exige précisément d'être étudiée avec le plus grand sérieux ; elle exige qu'on se libère de certains préjugés et notamment de tout de qui est pressenti ment. Je voudrais aujourd'hui vous donner quelques indications qui vous mettront à même de considérer d'un point de vue plus profond les choses dont nous avons souvent parlé. Nous allons devoir porter souvent le regard sur une assez longue période de l'évolution humaine ; vous savez que nous distinguons très nettement l'époque où nous vivons de celles qui l'ont précédée, que nous la faisons commencer au milieu du XVème siècle et que nous l'appelons la 5ème époque post-atlantéenne. La précédente, celle qui s'est alors terminée, avait commencé au VIIIème siècle avant JC et nous l'appelons époque gréco-latine d'après les principaux peuples qui portaient alors la civilisation. Enfin l'époque encore plus ancienne nous la qualifions d'égypto-chaldéenne.






A considérer cette époque égypto-chaldéenne avec le regard de l'âme, on s'aperçoit tout de suite que l'histoire ordinaire se montre très insuffisante à son sujet ; même si l'on tient compte des anciennes traditions chaldéennes et égyptiennes, on ne remonte pas bien haut dans l'histoire humaine. Or on ne peut vraiment comprendre ce qui est important pour l'époque actuelle que si justement on comprend cette troisième époque post-atlantéenne et ce qu'elle a de caractéristique.




Vous savez tout d'abord que l'histoire appelle "paganisme" tout ce qui constituait la culture, la civilisation du monde alors connu. Puis, telle une oasis dans cette civilisation païenne, il y a celle du peuple hébreu qu'il faut considérer comme une préparation au christianisme. Mais si l'on fait abstraction de ce qui est ainsi tout différent du reste de Ia civilisation, de ce judaïsme pré-chrétien, c'est le paganisme qui domine alors. Quelle est donc la caractéristique de cette antique civilisation païenne ? C'est qu'elle était avant tout une civilisation de la sagesse, de la contemplation des choses et des phénomènes du monde. Bien que chez le païen la connaissance du monde lui soit venue des mystères antiques et que le monde "intelligent" d'aujourd'hui la considère comme mythique, imagée, il faut pourtant dire que ces "images" qui sont passées à la posterité provenaient d'une connaissance profonde de la nature des choses et des phénomènes.





Qu'on se rappelle les connaissances supra-sensibles que possédait l'antiquité dans différents domaines et que nous cherchons à dévoiler pour l'époque actuelle et l'on verra qu'il s'agissait là d'une sagesse originelle qui était à la base de la manière de penser, de sentir, chez les peuples anciens. Un certain écho de cette sagesse originelle, la tradition qui y était incluse, se sont perpétués dans quelques sociétés occultes jusqu'à la fin du XVIIIème et même le début du XIXème siècle. Tout cela a plus ou moins disparu au cours du XIXème siècle et ce qu'il en est resté a été mis au service de groupes particuliers, notamment de certaines nations. On ne peut pas dire que ce qu'il en subsiste aujourd'hui dans les sociétés occultes ordinaires soit vraiment l'antique et féconde sagesse païenne transmise authentiquement par la tradition.


Cette antique sagesse avait une certaine particularité qu'il ne faut pas perdre de vue si l'on veut comprendre ce dont il s'agit en réalité, une particularité à laquelle devait justement s'opposer le courant moins important du judaïsme qui a préparé le christianisme.
Lorsqu'on voit bien ce qu'était l'antique civilisation païenne, on constate toujours, que si elle possédait de grandes, de sublimes conceptions qui allaient très profondément au cœur même des choses, elle ne contenait en somme pas d'impulsions morales pouvant agir sur la conduite des hommes. On n'avait pour ainsi dire pas besoin de ces impulsions morales car, différente en cela de ce qu'est aujourd'hui la connaissance, l'antique sagesse donnait réellement à l'homme l'impression d'être partie intégrante du Cosmos tout entier. L'homme, ici- bas sur la terre, ne se sentait pas seulement fait des substances et des forces qu'il retrouvait autour de lui dans les minéraux, les végétaux et les animaux. Il avait aussi le sentiment d'être le champ d'action des forces qui existent dans le soleil et les étoiles. Il se ressentait comme faisant partie du Cosmos et cela d'une manière qui n'avait rien d'abstrait, car les mystères lui donnaient comme des points de repère sur la façon dont il devait agir et se comporter conformément au cours des astres. Cette antique connaissance des astres n'avait rien de commun avec l'astrologie basée sur le calcul que certains tiennent pour importante aujourd'hui. Elle était conçue de telle façon par les Guides des anciens mystères païens qu'il en émanait de véritables inspirations pour les activités et la conduite des individus. L'homme se sentait comme intégré au Cosmos. Non seulement pour ce qui était de ses connaissances générales, mais pour ce qu'il avait à faire du matin au soir au cours de l'année, des directives lui étaient données par ceux qu'il reconnaissait comme des initiés. Pourtant à l'époque égypto-chaldéenne ce que ces Initiés déduisaient des mystères n'était pas vraiment une morale. La véritable impulsion morale, ce fut le judaïsme qui la prépara et le christianisme la développa par la suite.

La question se pose donc : d'où vient que cette magnifique et antique sagesse païenne qui a porté de si belles fleurs dans l'art et la philosophie helléniques n'ait contenu aucune impulsion de moralité ?
En effet si nous remontions jusqu'au 3ème millénaire avant le Christ, nous trouverions qu'une impulsion morale accompagnait alors celle de la sagesse, c'est à dire que celle-ci contenait ce dont les hommes de l'époque avaient besoin en tant que morale, qu'éthique. Mais il ne s'agissait pas, dans le paganisme, d'une impulsion morale particulière, individuelle telle que celle qui est venue par le christianisme. Pourquoi cela ? Parce que, pendant les millénaires immédiatement antérieurs au christianisme, la sagesse païenne a tiré son inspiration d'un Être très extraordinaire, Lucifer, qui était alors incarné très loin vers l’Orient, en Asie.









A ce que nous avons déjà appris sur l'évolution humaine, il faut donc ajouter ce fait que - tout comme le Christ s'est incarné dans la personne de Jésus de Nazareth - une véritable incarnation de Lucifer a eu lieu en Asie durant le 3ème millénaire avant J. C. Ainsi une grande part de la civilisation antique a été inspirée par ce qu'il faut bien appeller une incarnation de Lucifer dans un homme de chair et de sang. Et le christianisme lui-même, le Mystère du Golgotha, fut tout d'abord compris comme il pouvait l'être par l'ancienne sagesse luciférienne. Ce qu'il y a d'insuffisant dans la Gnose - par ailleurs si extraordinairement profonde - provient de ce que cette incarnation de Lucifer avait exercé son influence sur tout le monde antique. On ne comprend pas bien la pleine signification du Mystère du Golgotha si l'on ignore qu'il a été précédé, il n'y a pas tout à fait 3000 ans - par une incarnation de Lucifer.



C'est pour ajouter ce qui manquait à l'inspiration luciférienne que s'est produite l'incarnation du Christ avec ce qu'elle a apporté d'impulsions éducatrices en vue du développement de la civilisation euro­péenne et de son annexe américaine. Mais depuis le milieu de XVème siècle, depuis que prédomine dans l'humanité une tendance au développement de l'individualité, de la personnalité, il y a dans le monde des forces qui préparent à nouveau l'incarnation d'un Être supra-sensible. De même qu'il y a eu une incarnation physique de Lucifer, de même qu'il y a eu une incarnation du Christ, il y aura en Occident, avant même que soit écoulée me partie du 3ème millénaire, une véritable incarnation d'Ahrimane, Ahrimane en chair et en os. Cette incarnation d'Ahrimane, l'humanité terrestre ne peut pas 1'empêcher. Elle va venir. Il faut seulement que l'humanité sache adopter une attitude juste à l'égard de cette incarnation ahrimanienne sur terre.


Lorsque se préparent de semblables incarnations, il faut voir ce qui y mène peu à peu dans l'évolution humaine. Un Être tel qu'Ahrimane qui va, quelque temps après notre époque, s'incarner sur la terre dans le monde occidental, prépare son incarnation. Il oriente dans l'évolution certaines forces de telle façon qu'elles jouent tout spécialement en sa faveur. Aussi serait-il très grave que les hommes aillent en dormant vers cet événement, qu'ils ne sachent par reconnaître dans certains faits qui se produisent dans le monde, une préparation à l'incarnation d'Ahrimane. Les hommes ne sauront se conduire comme il se doit à l'égard de celle-ci que s'ils savent voir dans tel ou tel événement comment Ahrimane prépare sa future existence terrestre. Aujourd'hui il est temps que quelques hommes au moins sachent reconnaître, parmi les faits dont ils sont témoins, ceux qui sont des machinations d'Ahrimane, ceux qui préparent à son avantage sa future incarnation terrestre. Ce qui lui serait sans aucun doute le plus favorable, c'est qu'il réussisse à ce que le plus grand nombre possible d'hommes n'ait aucun pressentiment de ce qui peut faciliter son existence, à ce qu'ils vivent de telle façon qu'ils prennent ses préparatifs pour un progrès, pour quelque chose de favorable à l'évolution humaine. Si Ahrimane pouvait s'insinuer dans une humanité endormie, ce serait excellent pour lui. C'est pourquoi il faut signaler les événements au moyen desquels il travaille en vue de sa future incarnation.








Or voyez-vous, l'une des choses où se révèle le plus nettement l'impulsion d'Ahrimane, c'est la diffusion dans l'humanité de l'idée selon laquelle la conception mécanique et mathématique de l'Univers - à laquelle on est arrivé à la suite des travaux de Galilée et de Copernic entr'autres - permet de vraiment comprendre ce qui se passe dans le Cosmos. C'est pourquoi, dans la science spirituelle d'orientation an­throposophique, nous insistons sans cesse sur le fait qu'il faut chercher de l'esprit et de l'âme dans le Cosmos et pas seulement ce qui est mécanique et mathématique, comme si l'univers n'était qu'une grande machine. Ce serait succomber à la séduction d'Ahrimane que se borner à calculer le temps de révolution des astres, à étudier l'astrophysique avec pour but de connaître la composition matérielle des corps célestes - ce à quoi les hommes d'aujourd'hui mettent toute leur fierté. Ce serait grave si, à cette conception du monde due à Galilée et Copernic, on n'opposait pas ce que l'on peut savoir de l'âme et de l'esprit du Cosmos. Car voilà justement ce qu'Ahrimane voudrait tout spécialement éviter en vue de sa prochaine incarnation terrestre. Il voudrait que les hommes restent pour ainsi dire dans un état de torpeur tel qu'ils ne saisissent que l'aspect mathématique de l'astronomie. C'est pourquoi il entraîne tant de gens à nourrir une aversion bien connue pour toute connaissance de l'esprit et de l'âme du Cosmos. Mais ce n'est là qu'une des forces tentatrices qu'Ahrimane introduit dans l'âme humaine.








Il en est une autre par laquelle il collabore d'ailleurs avec Lucifer : c'est celle qui maintient les gens dans l'idée - aujourd'hui très répandue dans le monde officiel - qu'il suffit de veiller à ce que les hommes soient contents de leur sort au point de vue économique. On touche ici à un point qu'on n'admet pas volontiers de nos jours. La science officielle, voyez-vous, n'a vraiment plus rien à offrir pour une véritable connaissance dè l'esprit et de l'âme ; car les méthodes qu'on y applique ne peuvent servir qu'à comprendre la nature extérieure ainsi que cette nature extérieure chez l'homme. Pensez au mépris avec lequel le bourgeois moyen d'aujourd'hui considère tout ce qu'on lui offre comme idéal et comme pouvant le mener vers le spirituel. Il demande toujours : à quoi cela sert-il ? En quoi cela contribue-t-il à la vie d’ici-bas ? Il fait élever ses enfants au lycée comme il l'a sans doute été lui-même ; il leur fait donner une formation universitaire ou autre. Et tout cela ne sert en somme qu'à leur assurer les bases d'une profession, c'est-à-dire le moyen d'acquérir des biens matériels, de gagner leur vie.




 Vous voyez tout ce qui est en cause quand on aborde cette question. Qu'ils sont donc peu nombreux ceux qui accordent du prix à l'esprit pour lui-même, à l'âme pour elle- même On ne cherche à acquérir que des connaissances considérées comme utiles. Il faut prendre conscience de ce fait important et mystérieux dans l'humanité actuelle. Le bon bourgeois d'aujourd'hui qui, du matin au soir, est assidu à son bureau et qui, avant de se coucher remplit quelques formalités habituelles ne condescend pas à s'occuper•de choses comme celles dont il est question dans notre science spirituelle anthroposophique.



Cela lui parait tout à fait inutile, car il se dit que cela, on ne peut pas le manger. Et, bien qu'on ne se l'avoue pas toujours, on ne considère comme utiles que les connaissances pouvant servir à l'acquisition de facilités matérielles.



 C'est là une énorme erreur dans laquelle tombent les hommes de notre époque. Ils croient que l'esprit n'est pas nourrissant. Mais voyez‑vous ceux qui disent cela sont justement ceux qui mangent l'esprit. En effet dans la mesure où l'on se refuse à prendre en soi quelque chose de spirituel, à le prendre en tant qu'esprit, on consomme, à chaque bouchée que l'on fait passer matériellement de sa bouche dans son estomac, quelque chose de spirituel qu'on pousse ainsi sur une autre voie que celle qui serait profitable à l'humanité.

Beaucoup d'Européens, je le crois, se figurent faire l'éloge de leur civilisation en disant : nous ne sommes pas des anthropophages. Pourtant les Européens - et les Américains aussi - sont bien des mangeurs d'âme et d’esprit. Qu’une substance matérielle soit absorbée sans l'esprit, cela signifie que l'esprit, est entraîné sur une fausse route. Il est difficile aujourd'hui de dire ces choses. Pensez donc de quelle façon on est amené à considérer beaucoup de choses dans la civilisation actuelle lorsqu'on connaît ce fait.
Or, maintenir l'homme dans cet état de mangeur d'âme ou d'esprit, c'est une des impulsions d'Ahrimane, en vue de préparer son incarnation. Mieux on réussirait à secouer les hommes afin qu'ils ne vivent pas seulement d'une façon matérielle, mais qu'outre la vie économique, ils développent une vie spirituelle, individuelle et libre, une véritable spiritualité qui puisse faire partie de la vie sociale, mieux ils attendraient l'incarnation d'Ahrimane en adoptant une attitude digne de l'Humanité.


Un autre courant qu'Ahrimane favorise dans notre monde actuel afin de préparer sa propre incarnation, c'est celui qui se révèle aujourd'hui si nettement dans ce qu'on appelle le principe des nationalités. Tout ce qui divise l'humanité en groupes, tout ce qui empêche les hommes de se comprendre sur toute la terre, tout ce qui les sépare, tout cela favorise également l'impulsion d'Ahrimane. On devrait savoir discerner la voix d'Ahrimane dans ce qu'on propose si souvent comme un nouvel idéal ; la libération des peuples, même les plus petits, etc.... Les temps sont passés où c'était le sang qui divisait. Conserver ce passé c'est favoriser les desseins d'Ahrimane.


On fait aussi ce qu'il désire lorsqu'on ne repousse pas énergiquement ce dont j'ai souvent parlé, c'est-à-dire l'esprit de parti. Dans tout parti il y a des conceptions, des opinions aussi défendables les unes que les autres. On peut tout aussi bien prouver, et avec les mêmes bonnes raisons, ce que dit le parti socialiste et ce que prétend tel parti anti-socialiste.




Si l'on ne voit pas que cette façon de raisonner reste si bien à la surface des choses qu'on peut aussi bien défendre le pour et le contre avec notre intelligence actuelle qui, très efficace en matière de science, est inutilisable pour une autre sorte de connaissance - si en ne voit pas cela, on voudra appliquer cette intelligence à la vie sociale ainsi qu'à celle de l'esprit. Alors l'un cherchera à prouver ceci, l'autre le contraire; tel groupe dira ceci, tel autre cela et comme on peut tout prouver, les hommes seront livrés à la haine, à 1'irritation, telles que nous les voyons si répandues de nos jours. Et Ahrimane y pousse en vu de faciliter sa propre incarnation terrestre.





Ce qui peut lui être particulièrement utile, c'est aussi une compréhension bornée des Évangiles. Vous savez combien il est devenu nécessaire à notre époque d'approfondir les Évangiles dans le sens de la science spirituelle. Mais vous savez aussi combien l'opinion est répandue aujourd'hui qu'il n'y a pas lieu de les approfondir de ce point de vue, qu'il ne faut pas se permettre de commenter les Évangiles avec une véritable connaissance de l'esprit du Cosmos. Il faudrait les prendre "tout simplement" tels qu'ils se présentent à l'humanité actuelle. Je ne m'étendrai pas aujourd'hui sur le fait que nous ne possédons pas les véritables Évangiles, car les traductions usuelles des textes originels ne sont pas vraiment les Évangiles. Je n'aborderai pas ce point, mais je vous expose seulement ce fait important : on ne peut pas arriver à une véritable compréhension du Christ tant qu'on ne fait que lire les Évangiles "tout simplement" c'est à dire paresseusement, comme le conseille aujourd'hui la plupart des sectes et des confessions religieuses. A l'époque du Mystère du Golgotha et pendant les deux siècles suivants on arrivait à concevoir le véritable Christ parce qu'on pouvait comprendre les enseignements traditionnels à l'aide de la sagesse païenne, luciférienne.

Cette sagesse a disparu et désormais ce que les membres des différentes confessions religieuses et des sectes trouvent dans les Évangiles ne les mène plus jusqu'au véritable Christ réel que nous cherchons dans notre science spirituelle, mais seulement à une illusion ou tout au plus à une hallucination, psychique ou spiritualisée, du vrai Christ.

Il est impossible de parvenir au véritable Christ par les Évangiles tant qu'on ne les approfondit pas au moyen de la science spirituelle. Par les Évangiles on ne parvient qu'à une hallucination se rapportant à l'apparition du Christ dans l'histoire du monde. C'est évident lorsqu'on voit ce qu'est la théologie la plus récente, pourquoi cette théologie parle-t-elle si volontiers de "l'homme simple de Nazareth" et ne voit- elle dans le Christ que ce Jésus de Nazareth qui s'élève un peu au-dessus des autres grands hommes de l'histoire ? Parce qu'on a perdu la possibilité d'atteindre la réalité du Christ et que ce qu'on tire des Évangiles ne peut éventuellement mener qu'à une illusion, une hallucination. Certains s'en sont rendu compte. Certains théologiens prétendent - figurez-vous - que St. Paul n'a eu qu'une "vision" devant Damas. Ils touchent du doigt le fait que leur façon de considérer les Évangiles ne mène qu'à une hallucination, une "vision". Ce n'est pas qu'il s'agisse là de quelque chose de faux, mais ce n'est justement qu'une expérience intérieure qui n’a guère de rapport avec la réalité de l'entité christique. Je ne qualifie pas cette expérience d'hallucinatoire avec l'arrière-pensée qu'elle est inexistante ; je veux simplement dire qu'on saisit de la sorte l’Être du Christ sous la forme de cette expérience intérieure qu'est une hallucination. Si donc les hommes pouvaient en rester à cela, c'est-à-dire à ne pas atteindre le véritable Christ, et n'avoir de Lui qu'une hallucination ce serait pour Ahrimane le meilleur moyen de parvenir à son but.






Les Évangiles mènent surtout à des hallucinations lorsqu'on ne tiens compte que d'un seul d'entre eux. C'est pour lutter contre cela qu'on a écrit quatre Évangiles qui se placent à quatre points de vue différents. Nous l'avons souvent dit : il ne faut pas prendre isolément et littéralement ces Évangiles qui se contredisent en apparence. Il y a grand danger à prendre à la lettre un Évangile isolé. Ce qu'on voit dans certaines sectes qui ne jurent que par l’Évangile de Jean ou par celui de Luc? en les étudiant mot à mot, c'est une sorte d'idée fixe illusoire qui tend à obscurcir la conscience. Or si chez certains la conscience s'enténébrait sous l’effet des Évangiles qu'ils n'auraient pas approfondi d'une façon spirituelle, ces hommes serviraient au mieux Ahrimane dans la préparation de son incarnation ; ils auraient exactement à son égard l'attitude qu'il désire.




Voilà encore une vérité qui n'a rien d'agréable pour nos contemporains On appartient à une Église et on dit : nous n'avons nul besoin-d'une anthroposophie, car nous nous en tenons simplement aux Écritures. "Par humilité" dit-on. En réalité, c'est par présomption et la pire qu'on puisse imaginer. Cette présomption consiste en ceci qu'on ne prend les Évangiles à la lettre qu'en apparence, qu ' on ne juge ce qui est connaissance que d'après ce qu'on a apporté en naissant, d'après des idées toutes faites. Les hommes les plus " humbles" sont en général les plus orgueilleux, surtout sur le terrain religieux, dans le domaine de la connaissance. En tout cas ce sont ceux qui prêchent sans cesse : " Il suffit de lire l’Évangile " qui préparent le mieux l'incarnation d'Ahrimane.



Or chose curieuse, quoiqu'ils soient très différents l'un de l'autre, ces deux partis travaillent la main dans la main : ceux que j'ai appelés les mangeurs d'âme et d'esprit et ceux qui facilitent l’incarnation d'Ahrimane en s'adonnant exclusivement à l'étude littérale des Écritures. Tous deux collaborent au même but. Car si d'une part les conceptions des "mangeurs d'âme et d'esprit" devaient se répandre et si d'autre part celles des membres des confessions religieuses qui ne veulent pas approfondir les Évangiles devaient prévaloir, Ahrimane pourrait transformer en "ahrimaniens" tous les habitants de la terre. Ce qui est répandu aujourd'hui dans le monde par le christianisme officiel, c'est une préparation à l'incarnation d'Ahrimane. Et dans ce qui prétend avec présomption représenter la véritable Église, il faudrait voir en fait une préparation aux œuvres d'Ahrimane.



Car aujourd'hui les choses ne sont pas telles qu'on les dit. La vie actuelle, je l'ai souvent montré, s'écoule beaucoup trop en paroles. Il serait très nécessaire qu'on laisse de côté les mots pour pénétrer dans les choses. Il en est vraiment ainsi qu'aujourd'hui le mot sépare l'homme de la véritable nature des choses. C'est surtout vrai lorsque l'on applique à d'anciens documents - tels que les Écritures - la "simple compréhension" dont il est si souvent question. Il serait beaucoup plus "simple" d'entrer dans l'esprit des choses et de chercher à comprendre les Écritures elles-mêmes du point de vue de l'esprit.


Je vous ai dit qu'Ahrimane et Lucifer collaborent toujours. Mais c'est à savoir lequel des deux, à une époque donnée, a la haute main sur la conscience humaine. Elle était fortement luciférienne la civilisation qui s'est répandue depuis l'incarnation de Lucifer dans la Chine du 3ème millénaire avant J.C. jusqu'au Mystère du Golgotha. C'est d'elle qu'ont rayonné les puissantes influences qui ont agi jusque dans les premiers siècles de l'ère chrétienne et même parfois jusqu'à nos jours.



Mais à notre époque, les traces de Lucifer deviennent moins visibles, car ce qui est en vue, c'est l'incarnation d'Ahrimane au cours du 3ème millénaire et l'intervention de celui-ci est déjà très perceptible dans les faits dont je viens de vous parler. Ahrimane et Lucifer ont, en quelque sorte, conclu un pacte qu'on pourrait résumer ainsi ? moi, Ahrimane, je préfère les boîtes de conserve ; à toi Lucifer, je laisse les estomacs à condition que tu me permettes de les bercer jusqu'à l’inconscience, de rendre les hommes inconscients de leurs estomacs.



Comprenez bien ma pensée : sont dans l'obscurité à l'égard de leur estomac les hommes que j'ai appelés "Mangeurs d'âme et d'esprit", car ils entraînent directement vers le courant luciférien ce qu'ils apportent à leur estomac quand ils n'ont en eux rien de spirituel. C'est par l'estomac qu’arrive à Lucifer tout ce qui été mangé et bu sans spiritualité.
Quand aux " boîtes de conserve " j'entends par là les bibliothèques et autres lieux du même genre où sont conservée ces connaissances qu'on cultive sans y mettre un véritable intérêt, ces connaissances qui ne s’intègrent pas à la vie humaine, mais restent dans les livres, dans les bibliothèques. Voyez en quoi consiste cette connaissance qui n'a aucun rapport avec l'homme. Les bibliothèques en sont pleines. Tout étudiant qui veut faire son doctorat doit mener à bien tout un travail d'érudition qu'on conserve dans le plus grand nombre possible de bibliothèques. Puis s'il veut occuper une situation quelconque il devra faire un nouveau travail. D'une façon générale on écrit de nos jours, on écrit sans arrêt, alors qu'une infime partie de ce qui est écrit est lu. C'est seulement en vue de préparer à tel ou tel poste que quelqu'un lit et cite ce qui est ainsi conservé et qui pourrit dans les bibliothèques. Ces "boites de conserve" de la connaissance sont pour Ahrimane un des meilleurs moyens d'atteindre son but.



Cette façon d'agir - c'est-à-dire qu'on ne sait pas s'intéresser à certaines choses qui n'ont de sens que si l'on s'y intéresse - se retrouve dans de nombreux domaines.



Prenons par exemple un procès : on prend un avocat, on s'entend avec lui, les papiers s'accumulent dans sa serviette, mais lui-même n'est pas en jeu et ne s'y intéresse pas ? Il y a vraiment de quoi désespérer lorsqu'on a ainsi affaire à des gens de métier.



Ils n'ont pas le moindre contact avec ce dont il s'agit, ils n'en savent rien ; tout est dans leurs dossiers. Ceux-ci sont les petites boites de conserves, les bibliothèques étant les grandes "boites de conserves" de l'esprit et de l'âme. On y conserve tout, mais les gens ne veulent pas s'intéresser à ce qu'elles contiennent et de là provient la mentalité si répandue de nos jours qui fait qu'on refuse de considérer une conception du monde qui demande, pour être comprise, un petit effort d'intelligence. Car il faut un peu de "tête" pour comprendre quelque chose. On aimerait fonder sa foi, sa conception du monde sur son cœur exclusivement.





Certes le cœur doit y avoir sa part, mais la façon dont on comprend aujourd'hui la foi me rappelle un dicton du pays où j'ai passé ma jeunesse: "L'amour est chose curieuse : lorsqu'on l'achète, on n'acquiert pas seulement le cœur, la tête vous est donnée en plus."




Voilà à peu près comment on voudrait aujourd'hui assimiler les données d'une conception du monde, c'est-à-dire par le cœur ( ce qui signifie en réalité par l'estomac ). Puis on voudrait que ce qui dans l'humanité doit être fait par la tête soit donné gratuitement en plus, même lorsqu'il s'agit des choses les plus importantes de la vie.




Tout cela il est essentiel d'en tenir compte. On voit alors avec quel sérieux il faut considérer la vie actuelle et combien il est nécessaire de voir, à propos des illusions qui peuvent naître même des Évangiles - que les hommes d'aujourd'hui aiment à s'illusionner. Avec la sorte de connaissance à laquelle on aspire de nos jours, on ne peut pas atteindre la vérité. On ne considère comme sûr que ce qui est fondé sur des chiffres, sur des statistiques. Or avec tout ce qui est nombre, statistique, Ahrimane a la tâche facile ; il est tout content quand un de nos érudits explique que les choses se passent de telle ou telle façon dans les Balkans par exemple, parce qu'il y a en Macédoine tant de Grecs, tant de Serbes, tant de Bulgares.


On ne peut rien dire contre les chiffres, car les gens y croient. Or avec ces chiffres auxquels on fait confiance, Ahrimane fait ses comptes comme je vous l'ai expliqué.

Seulement on s'aperçoit ensuite que ces chiffres n'étaient guère "sûrs". Certes les chiffres peuvent prouver quelque chose ; cependant si l'on ne s'en tient pas à ce que disent les ouvrages où ces chiffres sont consignés, mais qu'on y regarde de plus près, on s'aperçoit souvent que dans ces statistiques se rapportant à la Macédoine, par exemple, le père est compté parmi les Grecs, un fils parmi les Serbes, un autre fils parmi les Bulgares. Ce qui serait intéressant, ce qui mènerait vraiment à la vérité, ce serait de savoir comment il se fait que dans la même famille l'un soit Grec, un autre Serbe, un troisième Bulgare et comment cela se traduit en chiffres ; au lieu de se borner à accumuler les chiffres comme on se plaît à le faire aujourd'hui. Si le père est Grec, ses fils le sont aussi, naturellement. Ce sont les chiffres qui entraînent les hommes dans une direction à laquelle Ahrimane trouve le mieux son compte en vue de sa future incarnation terrestre, au 3ème millénaire.

Wenn jetzt in dieser Zeit gerade von geisteswissenschaftlicher Seite her auch über soziale Fragen gesprochen wird, so beruht das ja, wie ich Ihnen übrigens von den verschiedensten Gesichtspunkten aus schon dargestellt habe, wahrhaftig nicht auf irgendeiner subjektiven Maxime, auf irgendeinem subjektiven Antriebe, sondern es beruht auf der Beobachtung der Entwickelung der Menschheit, auf der Beobachtung desjenigen, was die Entwickelungskräfte der Menschheit gerade für unsere Zeit enthalten, wozu sie uns in der Gegenwart und für die nächste Zukunft besonders auffordern.
Es muß schon gesagt werden, daß die tieferen Impulse desjenigen zu enthüllen, was eigentlich für die gegenwärtige Menschheitsent- wickelung in Betracht kommt, eine etwas unbequeme Sache ist; denn man ist in der Gegenwart nicht allzu geneigt, auf die Dinge, auf die es ankommt, einzugehen, sie mit wirklichstem, tiefstem Ernste zu betrachten. Aber unsere Zeit erfordert gegenüber den Angelegenhei- ten der Menschheit einen wirklichen, gründlichen Ernst. Sie erfordert namentlich das Sich-Freimachen von ganz bestimmten Vorurteilen und namentlich von Vorempfindungen. Ich möchte Ihnen nun heute einige Gesichtspunkte angeben, die Sie in die Lage versetzen, die Dinge, über die wir oft gesprochen haben, von einem tieferen Ge- sichtspunkte aus zu betrachten. Da werden wir schon wieder eben den Blick richten müssen über einen etwas größeren Menschheits- zusammenhang.
Wir unterscheiden ja denjenigen Zeitraum, in dem wir als in unse- rer kosmischen Gegenwart leben, so von den anderen Zeiträumen, daß wir ihn in der Mitte des 15. Jahrhunderts beginnen lassen, und wir nennen diesen Zeitraum, wie Sie wissen, den fünften nach- atlantischen Zeitraum. Wir trennen ihn ab von demjenigen Zeit- raume, der damals sein Ende gefunden hat und begonnen hat im 8. vorchristlichen Jahrhunderte, den wir den griechisch-lateinischen Zeitraum nennen, nach den Bevölkerungen, die seine Kultur getragen haben. Und dann, was voranging, das bezeichnen wir als den ägyptisch-chaldäischen Zeitraum.
Wenn man nun den ägyptisch-chaldäischen Zeitraum ins Auge faßt, ins Seelenauge selbstverständlich, dann findet man schon, daß die gewöhnliche Geschichtsbetrachtung gar sehr versagt. Man kommt, selbst wenn man die erschlossenen chaldäischen und ägyptischen Cberlieferungen ins Auge faßt, mit der äußerlichen Geschichte nicht sehr weit zurück in der Entwickelungsgeschichte der Menschheit. Aber verstehen kann man dasjenige, was für die Gegenwart bedeut- sam ist, doch auch nur, wenn man gerade diesen dritten nachatlanti- schen Zeitraum aus seinen besonderen Eigentümlichkeiten heraus richtig versteht.
Nun wissen Sie ja vor allen Dingen eines. In der gewöhnlichen Geschichte wird dasjenige, was als Kultur, als Zivilisation unter den Menschen war über die damals bekannte Welt hin, als das Heidnische bezeichnet. Wie eine Oase setzt sich in diese heidnische Kultur hin- ein, was das Jüdisch-Hebräische ist, das als Vorbereitung des Christen- tums aufgefaßt werden muß. Aber wenn wir absehen von dem, was von ganz anderer Natur als die übrige damalige Kultur als Judentum sich hineinsetzt in das Vorchristliche, so können wir den Blick richten auf das über die Zivilisation hingehende Heidentum. Was ist das Eigentümliche dieser alten heidnischen Kultur? Das Eigentümliche dieser alten heidnischen Kultur ist, daß sie vorzugsweise eine Kultur der Weisheit ist, eine Kultur des Hineinschauens in die Dinge und Vorgänge der Welt. Wenn auch dasjenige, was der alte Heide wieder- gab von seinem Wissen über die Welt, herausgeströmt war aus den alten Mysterien, für die heutige «gescheite» Welt einen mythischen Charakter, einen Bildcharakter hat, so muß doch gesagt werden, daß alles dasjenige, was an solchen Bildern auf die Nachwelt gekommen ist, entstammt tiefen Einblicken in das Wesen der Dinge und Vor- gänge.
Man braucht nur sich zu erinnern übersinnlicher Weistümer, die wir versuchten aus den verschiedenen Gebieten dieser alten Zeit für die Gegenwart bloßzulegen, und man wird schon sehen, daß man es zu tun hat mit einer Urweisheit, die den Grund alles Denkens, alles Empfindens, alles Fühlens der alten Völker bildet. Ein gewisser Nach- klang dieser Urweisheit, eine Tradition, die diese Urweisheit in sich schloß, war ja für gewisse Geheimgesellschaften auch in einer gedeih- lichen Form bis zum Ende des 18. Jahrhunderts, auch noch bis zum Anfang des 19. Jahrhunderts vorhanden. Im 19. Jahrhundert ist das mehr oder weniger versiegt, und dasjenige, was geblieben ist, ist in den Dienst einzelner Gruppen, namentlich einzelner Nationalitäten gestellt worden. Und es kann heute dasjenige, was in den gewöhnlichen Geheimgesellschaften vorhanden ist, nicht mehr ein ersprießliches, mit Echtheit überliefertes altes heidnisches Weisheitsgut genannt werden.
Dieses heidnische Weisheitsgut, es hat eine bestimmte Eigenschaft, die man nie aus dem Auge verlieren darf, wenn man verstehen will, um was es sich eigentlich handelt. Es hat eine Eigenschaft, derent- wegen gerade sich hineinstellen mußte wie eine Oase in diesen Strom der alten heidnischen Weisheit die kleinere Strömung, das Judentum, das dann das Christentum vorbereitete.
Wenn man die alte heidnische Kultur richtig erkennt, so findet man überall, daß sie hehre, große Weistiimer, ungeheuer tief in das Wesen der Dinge Hineinschürfendes enthält; aber diese heidnischen Weis- tümer, sie enthalten keinen eigentlich sittlichen Antrieb für das menschliche Handeln. Man brauchte gewissermaßen diese sittlichen Antriebe für das menschliche Handeln nicht; denn ungleich dem- jenigen, was heute als Wissen, als Erkenntnis unter den Menschen figuriert, war diese alte heidnische Weisheit etwas, was dem Men- schen wirklich das Gefühl und die Empfindung gab, daß er drinnen- steht im ganzen Kosmos. Der Mensch, der hier auf der Erde stand und herumwandelte, fühlte sich nicht nur zusammengesetzt aus den Stof- fen und Kräften, die außer ihm im irdischen Leben, die im minerali- schen, im tierischen, im pflanzlichen Reiche vorhanden sind. Der Mensch fühlte, wie die Kräfte in ibn hereinspielten, die in den Sternen und in den Sonnen kreisten und so weiter. Der Mensch fühlte sich als ein Glied des ganzen Kosmos und er fühlte nicht etwa nur ab- strakt, wie er ein Glied des ganzen Kosmos sei, sondern er bekam Anhaltspunkte aus seinen Mysterien heraus, wie er zum Handeln, zu seinem ganzen Verhalten vorzuschreiten habe im Sinne des Sternen- laufes. Was alte Sternenweisheit war, war ja keineswegs jene rech- nerische Astrologie, welche heute die Menschen für etwas Bedeut- sames halten, sondern es war jene alte Sternenweisheit etwas, was von den Leitern der alten heidnischen Mysterien so gefaßt wurde, daß da von diesen Mysterien herauskommen konnten wirkliche Antriebe für das Handeln, für das Verhalten des einzelnen Menschen. Der Mensch wußte sich gewissermaßen geborgen im Kosmos, nicht nur durch eine allgemeine Weisheit, sondern was er vom Morgen bis zum Abend an einem Tag des Jahres zu tun hatte, das lasen ihm ab und gaben ihm als Direktiven diejenigen, die er anerkannte als die Initi- ierten in den Mysterien. Aber es war aus alldem, was da die Initiierten aus den Mysterien ablasen, für die chaldäische, für die ägyptische Weisheit nicht zu gewinnen irgendein moralischer Antrieb für die Menschheit. Der eigentlich moralische Antrieb für die Menschheit wurde erst durch das Judentum vorbereitet, dann durch das Christen- tum weiter ausgebildet.
Und die Frage muß entstehen: Woher kommt es denn, daß die gloriose alte heidnische Weisheit, die zum Beispiel ja noch in dem Griechentum eine künstlerische und eine philosophische Blüte schönster Art trug, keinen moralischen Impuls in sich hatte?
Würden wir allerdings weiter zurückgehen hinter das 3. Jahrtausend der vorchristlichen Zeit, so warden wir finden, daß mit dem Weisheitsimpuls zugleich ein moralischer Impuls kommt, und daß das durchaus so ist, wie ich es hier schon auseinandergesetzt habe: daß in dem Weisheitsimpuls zugleich dasjenige enthalten war, was die alten Menschen als ihre Moral, als ihr Ethos brauchten. Aber ein besonderes Ethos, ein besonderer moralischer Impuls, wie er dann mit dem Christentum kam, war der heidnischen Weisheit als solcher nicht eigen. Warum? Aus dem Grunde, weil für die Jahrtausende, die un- mittelbar dem Christentum vorangingen, diese heidnische Weisheit von einer Stelle weit in Asien drüben inspiriert war, aber inspiriert von einer sehr merkwürdigen Wesenheit, von der im 3. vorchrist- lichen Jahrtausend wirklich in Asien drüben, weit im Osten inkarnier- ten Wesenheit des Luzifer.
Und zu dem mancherlei, das wir kennengelernt haben über die Menschheitsentwickelung, ist es notwendig, daß wir auch die Erkenntnis hinzufügen, daß es ebenso, wie es gegeben hat die Inkarnation von Golgatha, die Inkarnation des Christus in dem Menschen Jesus von Nazareth, auch gegeben hat eine wirkliche Inkarnation des Luzifer im 3. vorchristlichen Jahrtausend in Asien. Und ein großer Teil der alten Kultur ist eben inspiriert von der Seite her, die nur bezeichnet werden kann als eine irdische Inkarnation Luzifers in einem Menschen, der in Fleisch und Blut gelebt hat. Es wurde ja sogar das Christentum, das Mysterium von Golgatha, als es unter den Menschen sich abspielte, zuerst so gefaßt, wie die Menschen es fassen konnten durch dasjenige, was sie aus der alten luziferischen Weisheit bekommen konnten. Auch die Einseitigkeit der aber sonst außerordentlich tiefsin- nigen Gnosis rührt davon her, daß eben über die alte Welt diese Luzi- ferinkarnation ging. Man versteht nicht richtig die volle Bedeutung des Mysteriums von Golgatha, wenn man nicht weiß, daß ihm — nicht ganz dreitausend Jahre — vorangegangen ist eine Luziferin.karnation.
Um zu dieser Luziferinspiration dasjenige hinzuzufügen, was diese Luziferinspiration aus der Einseitigkeit herausholt, kam die Christus- Inkarnation. Und damit kam dasjenige, was nun den menschheitlichen Erziehungsimpuls bildet für die Entwickelung der europäischen Zivi- lisation und ihres amerikanischen Anhanges. Aber seit der Mitte des 15. Jahrhunderts, seit in der Menschheitsentwickelung entstanden ist der Antrieb vorzugsweise zur Individualitäts-, zur Persönlichkeits- entwickelung, liegen in dieser Entwickelung auch die Kräfte, die eine neue Inkarnation eines übersinnlichen Wesens wiederum vorbereiten. Und ebenso wie es gegeben hat eine fleischliche Inkarnation Luzifers, wie es gegeben hat eine fleischliche Inkarnation des Christus, so wird es, ehe auch nur ein Teil des dritten Jahrtausends der nachchristlichen Zeit abgelaufen sein wird, geben im Westen eine wirkliche Inkarnation Ahrimans : Ahriman im Fleische. Dieser Inkarnation Ahrimans im Fleische kann nicht etwa die Erdenmenschheit entgehen. Die wird kommen. Es handelt sich nur darum, daß die Erdenmenschheit ihre richtige Stellung finden muß zu dieser ahrimanischen Erdeninkarna- tion.
In alledem, was auf diese Art vorgeht, wenn sich solche Inkarna- tionen vorbereiten, muß hingesehen werden auf dasjenige, was nach und nach in der Menschheitsentwickelung hinführt zu solchen Inkar- nationen. Solch eine Wesenheit wie Ahriman, die sich eine gewisse Zeit nach der unsrigen hier auf der Erde in der westlichen Welt inkar- nieren will, bereitet ihre Inkarnation vor. Eine solche Wesenheit wie Ahriman, der auf der Erde inkarniert werden will, lenkt gewisse Kräfte in der menschlichen Entwickelung so, daß sie dieser Wesen- heit zu ihrem ganz besonderen Vorteil gereichen. Und schlimm wäre es, wenn die Menschen schlafend dahinleben warden und gewisse Erscheinungen, die im Menschenleben vor sich gehen, nicht so neh- men warden, daß sie in ihnen erkennen können eine Vorbereitung für die fleischliche Inkarnation des Ahriman. Nur dadurch werden die Menschen die rechte Stellung finden, daß sie erkennen: In dieser oder jener Tatsachenreihe, die der menschheitlichen Entwickelung angehört, muß man erkennen, wie Ahriman vorbereitet sein irdisches Dasein. Und heute ist es an der Zeit, daß einzelne Menschen wissen, welche von den Vorgängen, die um sie herum sich abspielen, Machi- nationen Ahrimans sind, die — ihm zum Vorteil — seine demnächstige irdische Inkarnation womöglich vorbereiten. Am günstigsten würde es ja zweifellos für Ahriman sein, wenn er es dahin brächte, daß die weitaus größte Anzahl der Menschen keine Ahnung hätte von dem, was eigentlich zur Begünstigung seines Da- seins hinführen könnte; wenn die weitaus größte Anzahl von Men- schen so dahinleben würde, daß diese Vorbereitungen für die Ahri- maninkarnation abliefen, aber die Menschen sie für etwas Fortschritt- liches, Gutes, der Menschheitsentwickelung Angemessenes hielten. Wenn sich gewissermaßen Ahriman in eine schlafende Menschheit hereinschleichen könnte, dann würde ihm das am allerangenehmsten sein. Deshalb müssen diejenigen Ereignisse aufgezeigt werden, in denen Ahriman arbeitet für seine künftige Inkarnation.
Sehen Sie, eine derjenigen Entwickelungstatsachen, in denen, ich möchte sagen, deutlich zu vernehmen ist der Impuls des Ahriman, das ist die Verbreitung des Glaubens unter der Menschheit, daß man durch jene mechanisch-mathematische Erfassung des Weltenalls, welhe durch den Galileismus, Kopernikanismus und so weiter gekommen ist, wirklich verstehen könne dasjenige, was da draußen im Kosmos sich abspielt. Deshalb muß ja so streng von anthroposophisch orientierter Geisteswissenschaft betont werden, daß man Geist und Seele suchen muß im Kosmos, nicht bloß dasjenige, was der Galileismus, der Kopernikanismus suchen als Mathematik, Mechanik, wie wenn die Welt eine große Maschine wäre. Es würde eine Verführung durch Ahriman sein, wenn die Menschen stehenbleiben dabei, nur die Umlaufzeiten der Gestirne zu berechnen, nur Astrophysik zu studieren, um hinter die stofflichen Zusammensetzungen der Himmels- körper zu kommen, worauf die Menschen heute so stolz sind. Aber es würde schlimm sein, wenn nicht entgegengehalten würde diesem Galileismus, diesem Kopernikanismus dasjenige, was man wissen kann über die Durchseelung des Kosmos, über die Durchgeistigung des Kosmos. Das ist es, was Ahriman aber zugunsten seiner irdischen Inkarnation ganz besonders vermeiden möchte. Er möchte gewissermaßen die Menschen so stark in der Dumpfheit erhalten, daß sie nur das Mathematische der Astronomie begreifen. Daher verführt er viele Menschen dazu, ihre bekannte Abneigung gegen das Wissen vom Geist und der Seele des Weltenalls geltend zu machen. Aber das ist nur eine von den verführerischen Kräften, die gewissermaßen Ahriman in die Seele der Menschen hineingießt.
Eine andere von diesen verführerischen Kräften des Ahriman — er arbeitet, möchte ich sagen, in entsprechender Weise mit den Luziferkräften zusammen — hängt ja natürlich für seine Inkarnation zusammen mit dem Bestreben, unter den Menschen nach Möglichkeit die bereits sehr verbreitete Stimmung zu erhalten, daß es für das öffentliche Leben genügt, wenn dafür gesorgt wird, daß die Menschen wirtschaftlich zufriedengestellt werden. Man berührt dabei einen Punkt, den der moderne Mensch oftmals nicht gern zugibt. Sehen Sie, für eine wirkliche Erkenntnis des Geistes und der Seele bietet ja eigentlich die heutige offizielle Wissenschaft gar nichts mehr; denn die Methoden, welche man in den heutigen öffentlichen Wissenschaften hat, taugen nur dazu, die äußere Natur, auch vom Menschen nur die äußere Natur aufzufassen. Aber denken Sie sich nur, wie verächtlich eigentlich so ein Durchschnittsbürger der Gegenwart hinblickt auf alles dasjenige, was ihm idealistisch vorkommt, was ihm wie ein Weg, auf irgendeine Art wie ein Weg ins Geistige hinein vorkommt! Er fragt doch im Grunde genommen immer wiederum: Ja, was bringt das ein? Was trägt das für irdische Güter? — Er läßt seine Söhne im Gymnasium ausbilden, ist vielleicht selber im Gymnasium oder in einer anderen Anstalt aus- gebildet, er läßt sie an einer Universität oder an einer anderen Hoch- schule ausbilden. Allein, all das dient eigentlich nur dazu, um die Grundlagen für einen Beruf abzugeben, das heißt, um im Leben die materiellen Güter zu schaffen, die sie ernähren.
Überblicken Sie einmal das, was berührt wird, wenn man gerade diese Frage ins Auge faßt. Wie viele Menschen bewerten heute eigentlich gar nicht mehr den Geist um des Geistes willen, die Seele um der Seele willen! Solche Menschen nehmen nur das auf, was ihnen vom öffentlichen Erkenntnisleben als nützlich gepriesen wird. Da muß man sich eine sehr wichtige, geheimnisvolle Tatsache der heutigen Mensch- heit schon eigentlich zum Bewußtsein bringen. So ein richtiger Durchschnittsbürger der Gegenwart, der von morgens bis abends vielleicht ganz fleißig in seinem Kontor ist, dann die bekannten «Abendformalitäten» durchmacht, der will sich durchaus nicht herbeilassen, solche «Allotria» mitzumachen, wie sie etwa in der anthroposophisch orientierten Geisteswissenschaft vorgebracht werden. Es erscheint ihm als etwas Unnötiges; denn er denkt: Das kann man doch nicht essen. — Und schließlich: alles dasjenige, was wirklich nützlich ist an Erkenntnis, das soll doch — wenn auch die Menschen es sich nicht immer gestehen, aber es ist im öffentlichen Leben so — eine Vorbereitung dazu sein, um die Essensmöglichkeiten herbeizuführen.


Ja, es ist ein merkwürdiger Irrtum, dem sich eben gerade auf die- sem Gebiet die Menschen der Gegenwart hingeben. Sie glauben, den Geist könne man doch nicht essen. Aber sehen Sie, die Menschen, die dies sagen, sind gerade diejenigen, die den Geist essen! Denn in demselben Maße, in dem man es ablehnt, irgend etwas Geistiges in sich aufzunehmen, das als Geistiges aufgenommen werden würde, in demselben Maße verzehrt man mit jedem Bissen, den man materiell durch den Mund in den Magen führt, das Geistige und befördert es auf einen anderen Weg, als es gehen sollte zum Heile der Menschheit.
Ich glaube, daß viele Europäer sich etwas auf ihre Zivilisation zu- gute tun werden dann, wenn sie sagen können: Wir sind doch keine Menschenfresser! — Aber Seelenfresser und Geistesfresser, das sind die Europäer mit ihrem amerikanischen Anhang! Das geistlos verzehrte Materielle bedeutet ein Hingeleiten des Geistes auf einen Abweg. Es ist schwierig, diese Dinge heute der Menschheit zu sagen. Denn erfassen Sie nur einmal richtig, in welcher Weise eigentlich vieles von der heutigen Kultur charakterisiert werden muß, wenn man diese Tatsache weiß. Und den Menschen in einem solchen seelen- und geistes- fresserischen Zustande zu erhalten, das ist einer der Impulse des Ahriman, um seine Inkarnation zu befördern. Je mehr es gelingen würde, die Menschen aufzurütteln, daß sie nicht bloß wirtschaften im materiellen Sinne, sondern ebenso wie das Wirtschaftsleben auch das selbständige freie Geistesleben, das den wirklichen Geist hat, als ein Glied des sozialen Organismus betrachten, in demselben Maße wür- den die Menschen die Inkarnation Ahrimans so erwarten, daß sie eine menschheitsgemäße Stellung zu dieser Inkarnation würden einnehmen können.
Eine andere Strömung in unserem jetzigen Leben, die Ahriman benötigt, um seine eigene Inkarnation zu befördern, das ist diejenige, die heute so deutlich hervortritt in dem sogenannten nationalen Prinzip. Alles dasjenige, was die Menschen spalten kann in Menschengruppen, was sie entfernt von dem gegenseitigen Verständnis über die Erde hin, was sie auseinanderbringt, das fördert zu gleicher Zeit Ahrimans Impulse. Und man sollte eigentlich Ahrimans Stimme entnehmen aus dem, was heute so vielfach als ein neues Ideal über die Erde hin gesprochen wird: Befreiung der Völker, selbst der kleinsten, und so weiter. Die Zeiten sind vorüber, in denen das Blut entscheidet. Und konserviert man ein solches Altes, dann fördert man dasjenige, was Ahriman gefördert haben will.
Ebenso fördert man dasjenige, was Ahriman gefördert haben will, wenn man dasjenige nicht energisch zurückweist, was ich ja hier schon öfter charakterisiert habe, indem ich Ihnen gezeigt habe: Heute gibt es Menschen mit den verschiedensten Parteimeinungen und Parteilebens- auffassungen. Man kann davon die eine so gut beweisen wie die andere. Sie können ebensogut beweisen dasjenige, was irgendeine sozialistische Partei vertritt, wie das, was eine antisozialistische Partei vertritt, mit gleich guten Gründen, die dann die Menschen in Anspruch nehmen. Werden die Menschen nicht einsehen, daß diese Beweisart so weit an der Oberfläche des Daseins liegt, daß man eben das Nein und das Ja zugleich beweisen kann mit unserer gegenwärtigen Intelligenz, die für die Naturwissenschaft sehr brauchbar ist, die aber für eine andere Erkenntnis unbrauchbar ist, werden die Menschen nicht einsehen, daß diese Intelligenz, die unserer Wissenschaft so große Dienste leistet, an der Oberfläche liegt, dann werden sie diese Intelligenz anwenden auf dasjenige, was soziales Leben ist, auf dasjenige, was geistiges Leben ist. Dann werden sie das Entgegengesetzte beweisen, der eine dieses, der andere jenes, die eine Gruppe dieses, die andere Gruppe jenes; und da man beides beweisen kann, so werden die Menschen übergehen zu Haß und Erbitterung, die wir ja genügend in unserer Zeit finden. Das alles sind wiederum Dinge, die Ahriman fördern will zur Förderung seiner eigenen Erdeninkarnation.
Und was ganz besonders Ahriman dienen wird zur Förderung seiner Erdeninkarnation, das ist die einseitige Auffassung des Evangeliums selbst. Sie wissen ja, wie nötig geworden ist in unserer Zeit die Vertiefung der Evangelien im geisteswissenschaftlichen Sinne. Sie wissen aber auch, wie sehr heute noch die Gesinnung über die Erde hin verbreitet ist, man solle die Evangelien nicht geistig vertiefen, man solle sich nicht darauf einlassen, dies oder jenes aus einer wirklichen Erkenntnis des Geistes, des Kosmos über die Evangelien zu sagen. «Schlicht hinnehmen» solle man die Evangelien, so sie hinnehmen, wie sie sich heute den Menschen darbieten. Ich will gar nicht davon sprechen, daß sich die wahren Evangelien gar nicht darbieten; denn das, was heute die Menschen aus den Ursprachen als Übersetzungen der Evangelien haben, sind nicht die Evangelien. Aber darauf will ich gar nicht eingehen; sondern ich will nur die tieferliegende Tatsache vor Sie hinstellen, die darin besteht, daß man nicht zu einer wirklichen Christus-Auffassung kommen kann, wenn man sich nur, wie es die meisten Bekenntnisse und Sekten heute wollen, schlicht, das heißt bequem, in die Evangelien hineinfinden will. Man ist in der Zeit, als das Mysterium von Golgatha sich abgespielt hat, und einige Jahrhunderte nachher, zu einer Auffassung des realen Christus gekommen, weil man dasjenige, was überliefert war, fassen konnte mit Hilfe der heidnisch-luziferischen Weisheit. Diese heidnisch-luziferische Weisheit ist zurückgegangen, und dasjenige, was heute die Menschen aus Bekenntnissen und Sekten heraus in den Evangelien finden, das führt sie nicht zum realen Christi's, den wir suchen durch unsere Geisteswissenschaft, sondern das führt sie nur zu einer Illusion oder höchstens zu einer Halluzination, zu einer seelischen oder vergeistigten Halluzination von dem Christus.
Man kann nicht durch die Evangelien zu dem wirklichen Christus kommen, wenn man diese Evangelien nicht geisteswissenschaftlich durchdringt. Man kann durch die Evangelien nur bis zu einer Halluzination der weltgeschichtlichen Erscheinung des Christus kommen. Das hat sich übrigens gründlich auch gezeigt in der Theologie der neuesten Zeit. Warum liebt es denn diese Theologie der neuesten Zeit so sehr, von dem « schlichten Mann aus Nazareth» zu sprechen und den Christus eigentlich nur als den Jesus von Nazareth aufzufassen, der etwas hinausragt über die anderen geschichtlichen Größen? Weil man verloren hat die Möglichkeit, zum realen Christus zu kommen, und weil dasjenige, was die Menschen aus den Evangelien gewonnen haben, lediglich bis zu einer Halluzination, bis zu etwas Illusionsartigem kommt; sie können nicht wirklich ergreifen die Realität des Christus durch die Evangelien, sondern nur eine halluzinatorische oder illusorische Vorstellung. Das haben die Menschen auch erfaßt. Denken Sie, wie viele Theologen davon reden, daß Paulus vor Damas- kus «nur eine Vision» gehabt habe. Sie kommen darauf, daß eigent- lich durch ihre Betrachtung der Evangelien nur eine Halluzination, eine Vision zu gewinnen ist. Das ist nicht etwas Falsches, aber eben eigentlich nur ein inneres Erleben, das in keinem Zusammenhang steht mit der Realität des Christus-Wesens. Ich nenne das nicht halluzinatorisch mit dem Nebengeschmack, daß es unwahr ist, sondern ich will nur charakterisieren, daß die Christus-Wesenheit in derselben Art erfaßt wird, wie eine Halluzination innerlich erfaßt wird. Wenn nun die Menschen dabei stehenbleiben würden, nicht zu dem wirklichen Christus vorzudringen, sondern nur vorzudringen zu der Halluzina- tion des Christus, dann würde Ahriman am meisten seine Zwecke gefördert finden.
(Zu Halluzinationen läuft das Wirken der Evangelien auch aus, wenn nur ein Evangelium auf die Menschen wirkt.) Man hat gegen dieses Prinzip, die Evangelien einzeln zu nehmen, gearbeitet, indem man vier Evangelien von vier verschiedenen Gesichtspunkten aus hingestellt hat, und da geht es doch nicht an, diese vier Evangelien, die, wie wir ja oft gesehen haben, sich äußerlich widersprechen, nun einzeln wörtlich, wortwörtlich zu nehmen. Aber es ist eine große Gefahr, ein einzelnes Evangelium wortwörtlich zu nehmen. Was Sie bei den Sekten erleben, die auf das Johannes- oder auf das Lukas-Evangelium schwören als auf seinen wortwörtlichen Inhalt, ist eine Art Wahnidee- Bildung, eine Art Dämmerung, Umdämmerung des Bewußtseins. Bei umdämmerten Bewußtseinen, die sich gerade durch die Evangelien, die man nicht geistig vertieft, herausbilden würden, würden sich Menschen ergeben, die am besten dazu dienen würden, daß Ahri- man seine Inkarnation vorbereiten könnte, so daß die Menschen ganz in seinem Sinn zu ihm einstmals stehen würden.
Sehen Sie, wiederum eine unbequeme Wahrheit für die Menschen der Gegenwart! Da leben die Menschen in ihren Konfessionen und sagen: Wir brauchen nicht irgend etwas wie eine Anthroposophie, denn wir bleiben bei dem schlichten Evangelium. — Aus Bescheiden- heit — sagen die Leute — bleiben sie bei dem schlichten Evangelium. — In Wahrheit ist es die furchtbarste Anmaßung, die nur zu denken ist. Und diese Anmaßung besteht darin, daß man scheinbar das Evange- lium wortwörtlich nimmt, aber sich hermacht über das, was erarbeitet ist als Weisheitsgut, um es zu beurteilen mit dem, was man durch die Geburt mitbekommen hat und was aus dem Blute herauswirbelt an Ideen. Die « schlichtesten» Menschen sind meistens die hochmütig- sten, gerade auf religiösen Gebieten, auf Bekenntnisgebieten. Aber was dabei in Betracht kommt, das ist, daß diejenigen am meisten die Inkarnation des Ahriman vorbereiten, die vor den Menschen immer wiederum predigen: Ihr braucht nichts weiter, als im Evangelium zu lesen!
Und merkwürdig, die zwei Parteien, wenn sie auch sehr, sehr ver- schieden voneinander sind, arbeiten sich in die Hände: diejenigen, die ich früher bezeichnet habe als Seelenfresser, Geistfresser, und die- jenigen, welche in der letztcharakterisierten Weise durch das bloße Aufgehen im Wörtlichen der Evangelien die Inkarnation des Ahriman fördern. Die beiden arbeiten sich furchtbar in die Hände. Denn würde nichts sich geltend machen als die Weltanschauung der Seelen- und Geistfresser auf der einen Seite, der Bekenntnischristen, die nicht auf die Tiefen des Evangeliums eingehen wollen, auf der ande- ren Seite, dann würde Ahriman alle Menschen zu «Ahrimanianern» machen können auf der Erde! Dasjenige, was heute vielfach im positiven Christentum der äußeren Welt verbreitet wird, das ist eine Vorbereitung für die Inkarnation des Ahriman. Und aus gar manchem, was mit der Anmaßung auftritt, die Vertretung der rechtgläubigen Kirche zu sein, sollte man heute eigentlich hören eine Vorbereitung des Werkes des Ahriman.
Denn die Dinge sind heute nicht so, wie die Menschen sie wort- wörtlich sagen. Die Menschen leben heute, wie ich oftmals auseinander- gesetzt habe, eben viel zu sehr in Worten. Wir haben gar sehr nötig, von den Worten weg in die Dinge einzudringen. Heute ist es wirklich so, daß das Wort gewissermaßen die Menschen von dem wirklichen Wesen der Dinge trennt. Und am meisten trennen sich die Menschen von dem wirklichen Wesen, wenn sie die alten Urkunden, zu denen auch die Evangelien gehören, so nehmen wollen, wie es heute oft- mals angedeutet wird im sogenannten « schlichten Verständnis». Viel schlichter ist dasjenige, was wirklich in den Geist der Dinge hinein- dringen und auch die Evangelien selber vom Gesichtspunkte des Geistes aus verstehen will.
Ich habe gesagt: Zusammenwirken werden Ahriman und Luzifer ja immer. Es handelt sich nur darum, welcher von beiden gewisser- maßen für das Bewußtsein der Menschen die Übermacht in einem bestimmten Zeitalter erhält. Es war eine stark luziferische Kultur, die der Zeit nach bis über das Mysterium von Golgatha hinüberreichte, von der Inkarnation des Luzifer in China im 3. vorchristlichen Jahr- tausend ab. Von da strahlte vieles aus, was besonders stark wirkte bis in die ersten christlichen Jahrhunderte herein, was aber auch noch in unserer Zeit wirkt.
Nun ist es aber in unserer Zeit jetzt so, daß gewissermaßen Luzifers Spuren mehr unsichtbar werden, weil bevorsteht eine Inkarnation des Ahriman im 3. Jahrtausend, und Ahrimans Wirken in solchen Dingen, wie ich sie Ihnen heute angeführt habe, besonders deutlich seinen Spuren nach wahrnehmbar ist. Ahriman hat gewissermaßen mit Luzi- fer einen Vertrag geschlossen, den ich so bezeichnen möchte: Ich, Ahriman, finde es für mich besonders günstig — so sagte Ahriman zu Luzifer —, die Konservenbüchsen in Anspruch zu nehmen; dir über- lasse ich den Magen, wenn du es mir nur überläßt, die Mägen in Däm- merung zu wiegen, respektive die Bewußtseine der Menschen in bezug auf den Magen in Dämmerung zu wiegen.
Sie müssen nur richtig verstehen, was ich damit meine. In Dämmerung über den Magen sind diejenigen Menschen, die ich eben als Seelenfresser und als Geistesfresser bezeichnet habe; denn sie führen direkt der luziferischen Strömung dasjenige zu, was sie ihrem Magen zuführen, wenn sie nicht in ihrer Menschheit Spirituelles tragen. Durch den Magen geht das ungeistig Gegessene und Getrunkene zu Luzifer hin!
Und mit den Konservenbüchsen, was meine ich denn eigentlich damit? Mit den Konservenbüchsen meine ich die Bibliotheken und ähnliches, wo diejenigen Wissenschaften aufbewahrt sind, die man zwar treibt, die man aber nicht eigentlich mit seinem wirklichen Interesse verfolgt, die nicht bei den Menschen leben, sondern in den Büchern, die in den Bibliotheken stehen. Sehen Sie sich diese Wissen- schaft an, die abseits von den Menschen getrieben wird! Viele Bücher stehen überall in den Bibliotheken. Jeder Student muß schon anfan- gen, wenn er das Doktorat macht, eine gelehrte Abhandlung zu machen; dann werden diese in möglichst viele Bibliotheken hinein- gestellt. Dann kommt wiederum eine gelehrte Abhandlung, wenn der Betreffende in irgendeine Stellung hineinrücken will. Aber auch sonst schreiben und schreiben und schreiben die Menschen heute. Aber gelesen wird das wenigste von dem, was heute geschrieben wird. Nur dann, wenn die Menschen sich vorbereiten müssen far dieses oder jenes, dann zitieren sie das, was da in den Bibliotheken drinnen modert, konserviert ist. Diese «Konservenbüchsen der Weisheit», das ist dasjenige, was besonders ein gutes Förderungsmittel für Ahriman ist.
Die Art, wie das getrieben wird, aber auch vieles andere, was ähnlich ist, was eigentlich nur in die Welt gesetzt wird, aber einen Sinn nur hätte, wenn sich die Menschen dafür interessieren würden, für das sie sich aber eigentlich nicht interessieren, sondern das eigentlich nur in einer von den Menschen getrennten Weise vorhanden ist, findet sich auf allen Gebieten. Bedenken Sie doch nur einmal, man könnte ja, wenn man dazu veranlagt wäre, verzweifeln! Da hat man zum Beispiel einen Prozeß, da muß man sich einen Advokaten nehmen. Dieser Advokat führt den Prozeß. Dann kommen die Zeiten, wo man mit dem Advokaten verhandeln muß, es häufen sich immer mehr und mehr die Papiere. Die hat er in einer Mappe. Aber wenn man dann mit ihm redet, so hat er keine Ahnung von dem Zusammenhang, er weiß nichts, er schlägt auf und auf und es kommt nichts dabei heraus. Er hat keinen Zusammenhang mit seinen Akten. Da ist eine Aktenmappe, da ist die nächste Aktenmappe. Die Akten wachsen. Aber das Interesse ist ganz und gar nicht vorhanden. Es ist zum Verzweifeln, wenn man mit den Fachleuten, die so irgendwie die Dinge machen, wirklich zu tun hat. Sie sind ganz und gar außer Verbindung mit dem, worum es sich handelt, wissen nichts davon in Wirklichkeit, denn alles steht in den Akten. Das sind die kleinen Konservenbüchsen, die Bibliotheken sind die großen Konservenbüchsen von Geist und Seele. Da wird alles konserviert. Aber die Menschen wollen es nicht mit sich vereinigen, wollen es nicht mit ihrem Interesse durchdringen. Und schließlich entsteht gerade daraus ja auch jene Stimmung in der neueren Zeit, welche gar nicht hineinlassen möchte in das Weltanschauungsbekenntnis dasjenige, ja, wozu schon etwas Kopf notwendig ist. Es ist ja etwas Kopf notwendig, um etwas zu verstehen. Die Menschen möchten das Bekenntnis, die Weltanschauung bloß auf das Herz zurückführen. Gewiß muß es auf das Herz zurückgeführt werden; aber die Art, wie die Menschen gegenwärtig oftmals über das religiöse Bekenntnis sprechen, kommt mir vor wie dasjenige, was mit einem Sprichwort getroffen werden soll, das viel in der Gegend angewendet wurde, wo ich meine Jugend verlebt habe. Da wurde gesagt: «Des mit der Liab, des is a ganz besundere Sach. Wama sie kaft, so kaft ma eigentli nur das Heaz, und in Kobf griag ma umasunst drauf.» Also mit der Liebe sei es eine ganz besondere Sache: Wenn man sie kaufe, so kaufe man nur das Herz, und den Kopf bekomme man umsonst als Zugabe dazu! — So ungefähr, sehen Sie, soll ja auch die Stimmung sein für dasjenige, was die Menschen heute gern als Inhalt ihrer Weltanschauung aufnehmen. Sie möchten alles ohne Anstrengung des Kopfes aufnehmen, durch das Herz, wie sie sagen, das allerdings ohne den Kopf nicht schlägt, aber durch das man gut aufnehmen kann, wenn man eigentlich den Magen meint. Und dann soll dasjenige, was eigentlich in der Menschheit geleistet werden soll durch den Kopf, das soll umsonst drauf sein, das soll insbesondere in den allerwichtigsten Dingen des Lebens umsonst drauf sein.
Alle diese Dinge, sie sind sehr wichtig zu beachten, und es ist sehr wichtig, sie zu beachten. Denn man sieht, wenn man sie beachtet, wie großen Ernst man aufwenden muß gegenüber dem gegenwärtigen Menschenleben und wie es notwendig ist, zu lernen selbst von den Illusionen, die von den Evangelien ausgehen können, zu lernen von der Art, wie die Menschen gegenwärtig die Illusionen lieben. Mit der Art von Wissen, das die Menschen heute oftmals anstreben, ist nicht Wahrheit zu erreichen. Die Menschen finden es heute sehr sicher, wenn sie mit Zahlen rechnen, statistisch die Dinge der Welt zu beweisen. Mit der Statistik und mit den Zahlen hat Ahriman ein ganz besonders leichtes Spiel; denn er ist ganz besonders froh, wenn ein Gelehrter heute der Menschheit klarmacht, auf dem Balkan muß es so und so aussehen, denn da leben zum Beispiel in Mazedonien so und so viele Griechen, so und so viele Serben, so und so viele Bulgaren. Gegen Zahlen läßt sich nichts machen, denn die Menschen glauben an Zahlen. Und Ahriman macht mit den Zahlen, an die die Menschen glauben, seine Rechnung in dem Sinne, wie ich es Ihnen heute erklärt habe.
Nur kommt man nachher dahinter, wie «sicher» diese Zahlen sind. Zahlen beweisen ganz bestimmt etwas für den Menschen; aber wenn man nicht stehenbleibt bei dem, was in den Büchern steht, wo mit Zahlen bewiesen wird, sondern genauer nachsieht, so merkt man oft mals: ja, in diesen Statistiken, sagen wir zum Beispiel den mazedonischen, da ist angeführt ein Vater, der ist Grieche, ein Sohn, der ist Serbe und ein anderer Sohn, der ist Bulgare; also steht der Vater bei den Griechen, der eine Sohn bei den Bulgaren, der andere bei den Serben. Wie das zugeht, daß in derselben Familie der eine ein Grieche ist, der andere ein Serbe, der andere ein Bulgare, und wie das in die Zahlen hineingeht, das zu durchschauen wäre dasjenige, was wirklich zur Wahrheit führt, nicht das Aufnehmen der Zahlen, womit sich die Menschen heute so befriedigen. Die Zahlen sind es, durch welche die Menschen in einer Richtung verführt werden, durch die Ahriman am besten seine Rechnung findet für seine künftige Inkarnation im 3. Jahrtausend.
Davon wollen wir dann morgen weitersprechen.