1917 triarticulation 1919

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Dans Contributions aux œuvres complètes de R. Steiner, cahier 24-25  p. 6 à 31 – Pâques 1969. Trad. FG - Retour sommaire historique

L'action publique de Rudolf Steiner pour la tri-articulation de l'organisme social

De l'idée de tri-articulation
de 1917
au mouvement
de tri-articulation de 1919

Une chronique

« Une phrase peut... donner une orientation à la pensée sociale dans l'avenir. Cette seule phrase est celle-ci :

Il suffit de ne pas avoir d'idées en temps de révolutions et de guerres, mais on ne peut pas y suffire sans idées en temps de paix ; car si les idées se font rares en temps de paix, alors des temps de révolutions et de guerres doivent venir. Vous n'avez besoin d'aucunes idées pour la guerre et les révolutions. Pour maintenir la paix, il faut des idées, sinon les guerres et les révolutions arrivent. C'est un contexte spirituel intérieur. Et toutes les déclamations sur la paix ne servent à rien quand ceux qui ont à diriger les destinées des peuples ne s'efforcent d'avoir des idées, tout de suite en temps de paix. Et si elles devaient être des idées sociales, elles devraient même venir d'au-delà du seuil. Si un temps devient pauvre en idées, ainsi la paix s'estompe de ce temps.

On peut dire quelque chose comme ça ; si les gens ne veulent pas le tester, ils ne le croiront simplement pas. Mais le sort terrible du présent dépend de l'incrédulité en de telles choses.

C'est une telle ligne directrice qu'il est extrêmement important d’accueillir pour le présent et le proche avenir. »

Rudolf Steiner

Conférence à Dornach, 24 novembre 1918

 

 

Après la chronique de l'année d'époque 1917 (cf. n° 15 de ces « Informations »), sera tenté dans ce qui suit de montrer l'évolution qui va de l'idée de tri-articulation sociale depuis sa première apparition en 1917 jusqu'au mouvement de tri-articulation de l'année 1919. L'arrière-plan général de ces années est pris en compte.

La croyance régnant, avant 1914, en des conditions de sécurité pour des périodes illimitées avait été consumée sans reste par le cours de la guerre de 1914-1918. Mais c’est le chaos social prédit par Rudolf Steiner avant même le déclenchement de cette guerre qui est apparu. Comme il l'expliquait dans sa conférence (Berne, 11 mars 1919) à l'occasion de la Conférence internationale de la Société des Nations, il avait déjà été contraint de s’exprimer en avril 1914 par sa « conscience intellectuelle » et son « don d'observation » : « En rapport au développement de nos rapports sociaux et internationaux nous sommes dans quelque chose[6] qui se laisse seulement décrire comme un cancer, un cancer dans la vie des peuples, qui doit venir à déclenchement dans le temps le plus court et de manière terrible » 1.


Peu de mois plus tard, la Première Guerre mondiale éclate. Elle a été suivie de révolutions sanglantes, de meurtres politiques, de grèves, de campagnes électorales, de remaniements constants du gouvernement, de difficultés économiques générales et de manque de travail. A l'Est, le danger de l’inondation par le bolchevisme menaçait, à l'Ouest, la paix de Versailles faisait de l'Allemagne un petit pays complètement appauvri. Partout il y avait un appel à la socialisation, de sorte que la solution de la question sociale, surtout celle du prolétariat, devint l’exigence la plus pressante du jour. On vit la panacée dans la socialisation de l'économie. Mais que les humains eux-mêmes dussent aussi être « socialisés » par de nouvelles pensées, parce que la question sociale est en première ligne une question spirituelle, et comment cela peut arriver, seul un petit groupe d’humains a l’a reconnu à travers Rudolf Steiner, qui ont courageusement combattu dans une lutte pour un renouvellement de la vie sociale, qui à cette époque était vaine, mais spirituellement significative.

 

L'année 1918

4-17 janvier

Dornach : Dans les conférences qu'il donne régulièrement aux membres, Rudolf Steiner souligne de plus en plus à quel point les échecs de la société bourgeoise à répondre aux exigences spirituelles et sociales de l'époque doivent conduire à des catastrophes toujours plus grandes.2

 

7 janvier

Karlsruhe : De sa propre initiative, Hans Kühn demande à être reçu en audience par le prince Max von Baden pour lui parler de Rudolf Steiner et de la tri-articulation. « Il a répondu avec une franchise surprenante à ce qui avait été dit et a souhaité rencontrer Rudolf Steiner bientôt. La visite s'est ensuite déroulée en présence de Mme Marie Steiner vers le 21 janvier. » (Hans Kühn, « Les efforts de Rudolf Steiner pour prévenir la catastrophe allemande ». Dans : « Communications du travail anthroposophique en Allemagne », St Jean 1959)

8 janvier

USA : Le Président Woodrow Wilson annonce son programme de paix mondiale en 14 points devant le Congrès.

19 janvier

Lettre à Mme Emma Boos-Jegher (mère du Dr Roman Boos) avec le message : « Nous avons réussi à mettre la somme à la disposition de M. Heise pour l'impression de ses travaux ». (Karl Heise, « La maçonnerie de l'Entente et la guerre mondiale. Une contribution sur l’histoire de la guerre mondiale et la compréhension de la vraie franc maçonnerie » Bâle, 1919).

Selon la description de Heise dans une lettre, son livre a été écrit sur la base des conférences de Rudolf Steiner de 1916/17 « Considération d’histoire du temps »3, et de la déclaration de Steiner venue à lui : « Quelqu'un devrait traiter de ces choses, écrire là-dessus ».

Les chiffres se réfèrent à la référence de la source à la page 31.

[7]

« ... Mme Boos-Jegher à Zurich (avait) en fait le mérite principal en ce que j'avais trouvé un éditeur, elle m'avait aussi conduit au Dr Steiner et avait ainsi absolument réalisé le livre. Car ce qui est la chose principale, le Dr Steiner a financé l'impression avec 3600 CHF, moi-même avec un peu plus de 1000 CHF, la somme  restante l’éditeur. » (voir plus loin sous 10 octobre 1918).

20 ou 21 janvier

Karlsruhe : Rudolf Steiner s’entretien sur la tri-articulation avec le Prince Max von Baden en présence de Marie Steiner :

« Je suis allé à Berlin via Karlsruhe. C'était en janvier. A cette époque, il était bien connu que si cela en arrivait à craquer dans l'ancienne Allemagne, le Prince Max de Baden deviendrait Chancelier du Reich.

Au cours de ce voyage, j'ai déjà parlé au prince Max de Baden de la tri-articulation de l'organisme social en janvier, parce qu'il s'agissait bien sûr de savoir quelle était la puissance des impulsions de la tri-articulation de l’organisme social qui aurait permis d'obtenir des faits concrets et réels immédiatement. (Réponses aux questions, Dornach, 19 juillet 1920)4

« Quand ces idées ont été présentées à un homme d'État il y a quelque temps [qui pourrait bien se référer à Max von Baden], alors qu'il était déjà bien trop tard pour la forme que j'avais alors donnée à ces idées, j'ai dit à ce monsieur : s'il pensait d'une certaine manière à approcher ces idées, je serais bien sûr disposé à les retravailler en conséquence pour le temps qu’était le présent (janvier 1918). Aujourd'hui, bien sûr, elle devraient à nouveau être retravaillées pour les circonstances particulières." (Conférence Dornach, 24 novembre 1918)5


 

« Cette conversation a également conduit cette personnalité à remarquer combien il serait nécessaire d'avoir une psychologie, une doctrine sur l'âme des peuples européens, parce que le grand chaos dans lequel on naviguait exigerait que ceux qui voulaient être les dirigeant dans une certaine mesure s’y connaissent dans l’efficacité, dans les forces des âmes des peuples européens. Et cette personnalité regrettait beaucoup qu'il n'y ait en fait aucune possibilité de pouvoir fonder le traitement des affaires publiques sur quelque chose comme une psychologie des peuples. J'ai répondu que j'avais donné un cycle de conférences sur cette psychologie des peuples européens ici à Kristiania, et j'ai ensuite envoyé à cette personnalité ce cycle de conférences avec une préface écrite sur la situation à ce moment-là - Janvier 1918... Mais ça n'a toutefois servi à rien. » (Conférence Kristiania, 24 novembre 1921)6

 

21 ou 22 janvier

Rudolf Steiner et Marie Steiner se rendent ensuite à Berlin. De fin janvier à mi-août, Steiner fait des exposés principalement à Berlin et travaille à la nouvelle édition de ses écrits : « Philosophie de la liberté », « Façon de Goethe de voir le monde », « Théosophie », « Comment obtient-on des connaissances des mondes supérieurs ? » « Un chemin pour la connaissance de soi », « Le seuil du monde spirituel », « Les énigmes de la philosophie », à l'interprétation du conte de Goethe « Le serpent vert » et du « Faust », à une petite compilation de textes pour prisonniers de guerre allemands et à des essais pour le magazine « Das Reich » publié par Alexander von Bernus (entre autres « Ancienne tenue au secret et publication actuelle de découvertes suprasensibles »).7

 

[8]

Janvier (sans date de jour) :

Berlin : Rudolf Steiner s'entretient avec un haut gradé qui était « le bras droit de Ludendorff à bien des égards » :

« Quand je suis revenu de Suisse à Berlin en janvier 1918, j'ai parlé à un homme qui était très profondément impliqué dans les événements, et qui connaissait mes idées depuis longtemps : que l'idée de la tri-articulation de l'organisme social devait seulement être conçue en Europe centrale et orientale. Je l’avais élaborée à l'époque et je les avais présentées à ceux qui auraient pu y travailler en fonction de la situation à l'époque. (Cf. Chronique 1917 au n° 15 des « Nachrichten/nouvelles/informations »). L'homme le savait aussi. Il lui semblait très plausible qu'il aurait pu s'agir de sortir de la misère sur des chemins spirituels. Cette question avait déjà fait l'objet de discussions depuis un certain temps. Je suis venu, comme je l'ai dit - rappelez-vous ce qui était alors en janvier 1918 ! - Je suis venu à Berlin. L'homme - il était militaire, un militaire supérieur - a dit quand je lui ai parlé de la malheureuse, impossible idée de commencer cette terrible offensive du printemps 1918 au lieu d'une action spirituelle - il a dit : Que voulez-vous, Kühlmann n'a-t-il pas eu la tri-articulation dans sa sacoche... et a pourtant fait Brest-Litovsk ! Nos politiciens ne sont rien, sont des nuls, nous, dans l'armée, nous ne pouvons que nous battre et nous battre, nous ne pouvons rien faire d'autre. » (Réponses aux questions Zurich, 25 octobre 19198 et Dornach, 19 juillet 19204)

8 février

Berlin : Rudolf Steiner écrit la préface du cycle de conférences « Mission des âmes de peuples particuliers... », qu'il commente pour le Prince Max von Baden : « ... On doit soit renoncer à une psychologie de peuple, soit chercher un fondement dans une réalité spirituelle. »9

 

10 février

Trotsky déclare unilatéralement la guerre comme terminée, même sans traité de paix, et rompt les négociations de paix.

11 février

États-Unis : Le Président Wilson annonce 4 points supplémentaires sur le droit des peuples à l'autodétermination.

17 février

Vienne : Arthur Graf Polzer-Hoditz, chef de cabinet de l'empereur Charles d'Autriche, envoie à Sa Majesté le mémorandum sur le programme de tri-articulation de Rudolf Steiner dans une enveloppe scellée « pour l'ouverture la plus haute », le même jour, il a un entretien approfondi avec le Premier ministre autrichien Seidler.

 


« Personnellement, cependant, j'étais d'avis que le temps était réceptif aux grandes pensées de l'époque et qu'il n'aurait pas été désavantageux de jeter une telle pensée au monde, même soudainement. On l'aurait peut-être attaquée, on l’aurait déchiqueté et on l’aurait mise en pièces. Mais elle aurait été là. Le monde aurait dû s'occuper d’elle, et aurait-elle été bonne, elle se serait enfin affirmé. Ça aurait valu le coup d'essayer. Mais moi aussi, je n'ai pu donner mon avis sur une telle tentative que lorsque j'ai eu la certitude que le chemin actuel nous mènerait dans l'abîme, [9] et que seule une transformation complète pourrait apporter le salut. Au programme malhonnête d' « autodétermination et de libération des peuples », projeté révolutionnairement dans le monde par l'Occident et dont les graines avaient déjà levée en Russie, aurait dû être opposé une offensive spirituelle d'une force tout aussi grande. Seule une telle approche aurait permis d'arrêter la catastrophe qui s'approchait visiblement et menaçait de toucher non seulement nous, mais l'Europe entière. Je n'ai plus rien entendu de la chose depuis cette conversation avec Seidler. » (Arthur comte Polzer-Hoditz, « L’Empereur Karl, De la serviette secrète de son chef de cabinet », Zurich-Leipzig-Berlin 1928).

 

24 février

Ultimatum allemand à la Russie pour la  signature du traité de paix.

3 mars

Brest-Litovsk : la Russie signe le traité de paix sous protestation. Rudolf Steiner : "... les peuples de l'Orient russe auraient certainement compris à l'époque que le tsarisme devait être remplacé par de telles impulsions [c'est-à-dire l'organisme social tri-articulé]. Le fait qu'ils auraient eu de la compréhension auraient seulement pu nié ceux qui n'ont aucun sentiment pour la réceptivité de l'intellect encore inutilisé de l'Europe de l'Est pour les idées sociales saines. Au lieu du rassemblement dans le sens de telles idées est venu Brest-Litovsk. » (« Les points clés de la question sociale »)

18 mars

Berlin : Rudolf Steiner envoie à Emil Molt, Stuttgart, son manuscrit du livret pour les prisonniers de guerre allemands « Par l’esprit à la connaissance de la réalité de l‘âme humaine ».

(Emil Molt faisait partie des signataires de l'appel du 1er février 1918 « A messieurs les industriels du Württemberg » lancé par le Württemberg Goethebund pour promouvoir la vie intellectuelle en envoyant également de nombreux livres de « nos héros intellectuels » aux soldats en campagne. Cela a peut-être été la raison pour laquelle le livre ci-dessus et les trois livrets de poèmes de Rudolf Steiner furent également envoyés sur le terrain en 1918 dans la série des livrets colorés de la fabrique de cigarettes Waldorf-Astoria.)

21 mars

Début de l'offensive allemande de printemps, dont Rudolf Steiner avertit en janvier à un endroit décisif ; son objectif stratégique était d’attaquer le front anglais.


Avril (probablement entre le 1er et le 18 avril)

Berlin : Rudolf Steiner écrit la préface de la nouvelle édition de sa « Philosophie de la liberté » et en parle dans ses deux conférences publiques des 18 et 20.

 

15 avril

Stuttgart : Lettre d'Emil Molt à Rudolf Steiner avec la remarque qu'il avait rencontré Hermann Hesse à Locarno ; « il se réjouit du livre de Steiner pour ses prisonniers de guerre. (Un an plus tard, Hesse signait aussi « L’Appel » de Steiner).

[10]

Mai/juillet

Berlin : Rudolf Steiner écrit les préfaces des nouvelles éditions de « Comment obtient-on des connaissances des mondes supérieurs » et « Les énigmes de la Philosophie » et en juillet la préface de la 9ème édition de « Théosophie ».

 

4 juillet

USA : Le Président Wilson proclame 4 points supplémentaires de son programme de paix sur « la domination du droit » et « la démocratie pour tous ».

8 août

Défaite militaire allemande sévère : « le jour noir de l'histoire de l'Allemagne », selon Ludendorff.

17 août

Rudolf Steiner donne de nouveau des cours à Dornach et commence à peindre lui-même la petite coupole de l'édifice pendant ce temps.

2 septembre

Dornach : Avant la conférence du soir de Rudolf Steiner, le Dr. Emil Grosheintz annonce la décision du Bauverein de la veille de nommer le bâtiment « Goetheanum ».

27 septembre

USA : Discours en 5 points du Président Wilson sur « Justice et égalité des droits pour tous ».

 

3 octobre

Berlin : Le prince Max von Baden devient chancelier du Reich et, sur l'insistance de Ludendorff, adresse l'armistice et l'offre de paix allemande au président Wilson, acceptant son programme de paix.

« Après le 8 août Ludendorff fit venir M. von Hintze (ministre des Affaires étrangères), convient avec lui que l'armistice devait être demandée à l'Entente. M. von Hintze a promis d'approcher Wilson. Mais rien ne se passa jusqu'en octobre 1918, malgré qu’il fût certain que devait se passer alors sous le malheureux ministère du Prince Max de Baden ce qui s’est passé après des semaines. Le prince Max von Baden voulait aller à Berlin et faire quelque chose de complètement différent. [En fait proclamer la tri-articulation.] Mais Ludendorff a expliqué que la demande de cessez-le-feu devait être faite dans les 24 heures, sinon le plus grand malheur viendrait. Contre sa décision précédente, le prince Max de Baden l'a fait. Après cinq jours Ludendorff a déclaré : il avait probablement eu tort, cela n'aurait pas été nécessaire du tout ! C'est ainsi un exemple de la façon dont des praticiens, des praticiens vénérés, pour la vénération desquels il n'y avait pas la moindre raison, interviennent dans les événements mondiaux, de quelles convictions et avec quels pouvoirs de pensée ils interviennent. » (Rudolf Steiner, conférence Dornach, 29 novembre 1918) »

D’après Hans Kühn, Rudolf Steiner s’attendait à ce « que le nouveau chancelier du Reich trouverait le mot juste dans le discours d'investiture avant le début de la révolution imminente, c'est-à-dire qu'il aurait le courage de proclamer immédiatement l'idée de la tri-articulation comme preuve d’un revirement profond et de la volonté de paix du peuple allemand. Rudolf Steiner était très curieux du contenu du discours inaugural [11] lorsqu'il a reçu le journal en main. Jamais plus je n'ai vu Rudolf Steiner aussi profondément ébranlé que lors de cette déception, qui signifiait le déclin et la souffrance du peuple allemand. » (Hans Kühn, « Comme cela en vint au mouvement de tri-articulation) »)11

5 octobre

Berlin : discours-programme du chancelier du Reich, le prince Max von Baden, au Reichstag, avec l'annonce de l'offre de paix et de l'engagement en faveur des « pensées orientées vers le bonheur futur des peuples, annoncées par M. Wilson ».

« ... Et en plus de tout cela, la déception aura surgi pour l'homme avec une vue plus profonde, qu'en plus de la capitulation militaire extérieure, la capitulation spirituelle de la part de l'Allemagne a été ajoutée par l'homme que beaucoup de gens considéraient comme un dernier espoir juste en automne de l'an 1918 ». (Rudolf Steiner, Conférence Stuttgart, 21 avril 1919)12


8 - 10 octobre

Zurich : Rudolf Steiner donne deux conférences publiques et une conférence pour les membres à Zurich et écrit le 10, l'avant-propos de « La franc-maçonnerie de l’Entente et la guerre mondiale » de Karl Heise, qui montre comment Rudolf Steiner s’était déjà efforcé avant la Révolution allemande de demander une formation du jugement conforme à la réalité en matière de culpabilité de guerre :

« Préface. Les connaissances nécessaires à compréhension de la grande catastrophe mondiale qui a éclaté en 1914 devront être recherchées dans les domaines les plus divers de la vie des peuples et de la vie humaine. Le domaine considéré comme politique jusqu'à cet instant, ne contient qu'un seul des courants qui se sont réunis pour provoquer cet événement dévastateur. Dans les pensées qui ont plongé juillet 1914 dans le désarroi, se déversèrent de nombreuses autres forces qui divisèrent l'humanité pendant de longues périodes de temps. Dans ce livre, sera seulement décrit aussi un seul des courants en question. A quel degré c’est important d'orienter le regard du chercheur vers ce courant, le lecteur peut lui-même décider, car dans ce qui suit, doit être présenté un certain matériel factuel, qui peut prouver comment certaines sociétés secrètes des pays de l'Entente et leurs loges mettent une cause originale et essentiellement bonne et nécessaire au service de l'égoïsme des peuples et les intérêts de groupes humains particuliers. Une chose qui devrait servir toute l'humanité sans différences raciales et d'intérêt devient, d'une bonne chose, juste une mauvaise si elle est faite la base du pouvoir de groupes humains particuliers. Les sociétés secrètes des pays de l'Entente ont conduit des fondements de certaines connaissances à une mentalité politique préparant la catastrophe mondiale et influençant les événements mondiaux. Conformément à la nature tomberait dans une partialité, qui ne tiendrait pas compte du fait que beaucoup d'autres choses avaient émergées des lieux d'origine de telles attitudes et influences. Le livre présenté ici au public ne veut pas parler de manière exhaustive de la <culpabilité de la guerre mondiale> ; mais il veut orienter le regard vers des choses dans lesquelles celui qui veut trouver cette <culpabilité> doit aussi chercher. Un tel homme devra encore unir beaucoup d'autres choses avec ce qu'il trouve ici. Mais il devrait quand même découler des rapports factuels présentés qu'un point de vue important n'est pas pris en compte par qui, cherchant cette < culpabilité> qu'on devrait mieux appeler une piqûre vers des causes déterminées[12], ne dirige pas l'attention dans la direction indiquée par ce qui suit.

Zurich, le 10 octobre 1918. »

 

18 octobre

Dornach : Début de la série de conférences « Symptomatologie historique ».

26 octobre

Berlin : Renvoi de Ludendorff principalement en raison de son offre hâtive d'un cessez-le-feu.


27 octobre

Dornach : Conférence sur la parution de la nouvelle édition de la « Philosophie de la liberté » et son pendant avec les événements contemporains. La nécessité d'une science de la liberté bien fondée pour le façonnement humain de la vie sociale est fortement caractérisée :

« Celui qui regarde le présent avec tout ce qui s'en vient trouvera que dans ce qui s'en vient est exactement absent ce que la <philosophie de la liberté> veut. La <Philosophie de la Liberté> fonde sur un travail spirituel libre de pensée, une qui d’ailleurs se tient complètement en harmonie avec la science de la nature, mais une science dépassant librement la science de la nature. Cette partie de mon livre rend possible que vraiment des esprits libres pourraient se former dans l'ordre social actuel. Car si la liberté était seulement saisie comme <réalité de la liberté>, sans le fondement solide de <science de la liberté>, ainsi à l'époque où le mal niche comme je l'ai caractérisé hier, la liberté ne devrait pas nécessairement conduire à des esprits libres, mais à des esprits dépourvus de culture/de discipline. Ce n'est que dans la discipline intérieure stricte, qui peut être trouvée dans la pensée qui ne vit pas dans les couloirs des sens, dans la science vraiment pensée est à trouver ce qui est nécessaire pour l'âge actuel, qui doit réaliser la liberté... Le jour qui apportera la perspicacité... pourra apportera une aube nouvelle à l'humanité. "13




1er novembre

Dornach : Conférence sur la publication de la 2e édition de la « Façon de voir le monde de Goethe »".13

3-7 novembre

Kiel : Début de la Révolution allemande à travers la rébellion des marins.

7 novembre

Munich : Déclenchement de la Révolution bavaroise.

Zurich : Lors d'un entretien, déclenché par des conférences de Rudolf Steiner, entre Carl Unger, propriétaire et directeur de l'usine de machines-outils de précision de Stuttgart-Hedelfingen, et un « industriel de renom qui connaissait bien les exigences sociales de Rudolf Steiner », Unger développe l'idée d'une organisation fiduciaire industrielle, afin que « les industriels puissent choisir librement de placer leur entreprise entre capital et travail afin que la transition vers un organisme tri-articulé puisse être engagée du côté de l’économie. (Dr Carl Unger dans « Phénomènes et symptômes », 1er volume, n° 12, mai 1927)

[13]

8 novembre

Munich : Le socialiste Kurt Eisner proclame la République de Bavière et devient Premier ministre bavarois. Le même jour, Otto Graf Lerchenfeld tente en vain d'organiser une conversation entre Rudolf Steiner et Eisner. Par l'intermédiaire de Hans Kühn, cela en vient à cela en février 1919.

9 novembre

Berlin : Début de la Révolution - abdication de l'empereur Guillaume II - Proclamation de la République dans tous les États de l’Union/Fédération - Le dernier chancelier du Reich de l'Empire allemand, le prince Max de Baden, est remplacé par le social-démocrate Friedrich Ebert.

Dornach : Rudolf Steiner commence par la conférence « Considérations épisodiques sur les causes historiques des événements catastrophiques du présent »), le cycle « Supports d’évolution historique pour la formation d’un jugement social » et exprime sur l’ainsi nommée culpabilité de guerre :

« ... et je n’ai peut être pas la permission d’avoir peur de dire que, parmi les nombreuses choses que je me suis efforcé de faire ces dernières années, l'une d'entre elles a été que soit donné, sans jugement, devant le monde un simple compte rendu de ce qui s'est passé à Berlin les 28, 29, 30, 31 juillet et 1er août, une simple description des événements réels. Je ne l'ai pas atteint. Mais beaucoup aurait été atteint si cette simple présentation avait vraiment été faite. »

 

10 novembre

Dornach : Conférence sur « Supports pour le jugement des rapports actuels d’époque - sur le gain de l'entrepreneur, la rente, le salaire » avec encore une fois référence à la « Philosophie de la liberté » :

« . .. La mesure de ce qui peut devenir bon dans les terribles tempêtes qui s'annoncent aujourd'hui dépendra entièrement de ce que l'on commence à comprendre ou non pour des choses comme celles que j'ai inaugurées avec ma <philosophie de la liberté> ou semblable. N'est-ce pas, chacun fait ce qu'il peut faire, ce qui se trouve dans son karma, dans sa direction. Des choses que j'ai faites moi-même, j’aimerais justement tout de suite mettre en avant la production de pensées qui peuvent donner une structurer à la vie sociale, et dont j'espérais au début des années 90, il y a un quart de siècle, qu'elles pourraient déjà trouver un écho à l'époque, après un quart de siècle maintenant, la deuxième édition est parue... non seulement malgré, mais aussi à cause des temps difficiles qui commencent. »


11 novembre

Armistice entre l'Allemagne et les Alliés.

 

15 novembre

Dornach : Conférence sur "Le sens des trois classes : noblesse, bourgeoisie et prolétariat".

16 novembre

Dornach : Conférence sur « La <culpabilité> de la guerre - Karl Marx, personnalité et œuvre – La tâche du Goetheanisme dans le monde ».

[14]

17 novembre

Dornach : Conférence sur « La tri-articulation de l'être humain et l'organisme social - Les trois membres de la doctrine/l’enseignement de Karl Marx : théorie de la valeur ajoutée/plus-value, façon matérialiste de voir l’histoire et lutte des classes - Les trois membres de l'âme de l'humain et leur éducation/formation dans les peuples d'Europe ».

22 novembre

Dornach : Conférence sur « La formation de la doctrine marxiste en façon prolétarienne de voir le monde - La lutte économique de l'Occident contre la vague de sang de l'Orient ».

23 novembre

Munich : Kurt Eisner, en tant que Premier ministre bavarois, publie par le biais de la correspondance semi-officielle munichoise, des rapports de la légation bavaroise à Berlin pour prouver la culpabilité du gouvernement impérial dans la Seconde Guerre mondiale.

Dornach : Conférence sur « La nécessité de la formation du jugement sur la base de faits ».

24 novembre

Dornach : Conférence sur « l'utilisation nécessaire du bon sens/saine raison humaine - La tri-articulation de l'organisme social résultant des secrets du seuil comme nécessité historique ».

Dans ces deux conférences des 23 et 24 novembre 1918, Rudolf Steiner parle également de la signification de la compréhension des âmes de peuple, probablement en rétrospective de la conversation avec le Prince Max de Baden en janvier :

« ... J'ai dit que j'avais eu l'occasion de parler à toutes sortes d’êtres humains. Les êtres humains ont déjà une opinion extérieurement abstraite que l'on doit apprendre à connaître, par exemple, ce qui se passe dans les différents forces de peuple... et les humains ne savent rien du tout à ce sujet si on vient simplement à eux dans le domaine de la vie spirituelle avec le même principe avec lequel on doit venir, par exemple en mathématiques ... Si des ponts ou des chemins de fer seront construit, les gens admettent que pour la  construction, la science de cela est nécessaire. Mais les gens veulent faire l'histoire et faire l'histoire sans n’importe quels principes, et ils ne pourront rien faire avec si on leur dit : Personne ne peut juger les conditions européennes, qui ne sait pas au moins la chose élémentaire, que sur la péninsule italienne l'âme de sentiment est de préférence l'âme à la mesure du peuple, en France l'âme de raison ou d’entendement, dans l’Empire britannique l'âme de la conscience etc., tel que nous en avons pris connaissance. Ces choses sont à la base de ce qui se passe, comme les tables de multiplication sont à la base de l'arithmétique. Et jusqu'à ce que l'on parte de ces choses en se référant à la connaissance des conditions réelles du monde, quelle que soit la position que l'on prend dans la structure de la vie sociale ou politique aujourd'hui, on est un humain incompétent, tout comme on serait un humain incompétent pour construire des ponts si on ne connaissait pas les choses les plus simples des mathématiques. Les gens doivent en venir à cela ; ils doivent apprendre à le voir à travers. Parce que l'avenir de l'humanité en dépend... Il ne s'agit pas d'un règne humain abstrait et général, mais d'un véritable relier des êtres humains sur la base de l'intérêt [15] pour la formation individuelle particulière qu'un être humain reçoit/obtient en étant transposé dans un règne d’âme de peuple particulier. »5

29 novembre

Dornach : Conférence sur « L'Orient et l'Occident dans un éclairage spirituel », première conférence de la série « Dans une situation du temps changée ». Rudolf Steiner revient sur la prétendue culpabilité de guerre des Puissances centrales : « .... Ce que j'ai dit au cours des dernières conférences ici a maintenant été pleinement confirmé cette semaine par les révélations, qui sont en plein accord avec mes remarques, qui viennent du gouvernement bavarois et qui reflètent la correspondance entre le gouvernement bavarois et l'envoyé bavarois à Berlin, au  Comte Lerchenfeld-Köfering. De plus en plus, l'image que j'ai dû vous donner pendant des années, de telle sorte que j'ai toujours tracé les choses jusqu'à leurs questions correctes, sortira de ces choses. C'est un certain mérite - et ces choses peuvent être soulignées maintenant - de Kurt Eisner, qui, d'une manière étrange, est venu de son cachot au fauteuil du Premier ministre, qu'il a commencé à publier ces choses. »10

 

30 novembre

Dornach : Conférence sur « Abstraction et réalité dans le social ».

Novembre :

Stuttgart : Sur la base de l'initiative issue de la discussion du 7 novembre à Zurich, Carl Unger et Emil Molt tentent de créer une grande société fiduciaire industrielle avec un groupe d'industriels, comme une sorte de transition vers une tri-articulation.

« Brièvement, le plan était que l'économie, c'est-à-dire, dans ce cas, l'industrie, devrait immédiatement revenir à la production de la paix via la zone immédiatement accessible, indépendamment de l'absence initiale de commandes. Les crédits nécessaires à cela devaient être réunis par une société fiduciaire qui, en revanche, devait reprendre les biens de paix produits. La chose la plus importante était le début immédiat de la production de la paix. Avec cela aurait été créé un lieu qui aurait pu atteindre centralement la consommation à laquelle s’attendre absolument et réguler la dépendance relative des différents produits les uns par rapport aux autres et par rapport à la consommation elle-même.

Qu’on pense aux valeurs que cela aurait pu créer et aux économies que cela aurait permis de réaliser en termes de destruction de valeur ; qu’on mesure l'efficacité contre l'inflation sans cesse croissante qui, après que des mois aient été négligés, a rongé le début rapide de la haute conjoncture s’installant rapidement. Tout cela pouvait être prouvé conformément aux chiffres, la valeur morale qui aurait été obtenue est inestimable et se serait certainement impacté sur les négociations de Versailles et, comme on peut facilement le constater aujourd'hui, pour tous les participants.

L'idée fut immédiatement évidente pour les économistes de peuple, certains économistes et autorités compétentes (Ministère des Finances et du Travail) ; des travailleurs à qui l'on parlait étaient enthousiastes ; même les objections légales, surtout en matière de droits de gage, pourraient facilement être surmontées. La seule question était seulement comment lever le capital initial ; elle se régla étrangement bien. En deux jours, les résultats suivants ont été obtenus : la Reichsbank (NDT : banque de l’Empire) était prête à mettre à disposition une série de millions (environ 60 % de Mark papier) [16] et le ministère des Finances voulait prendre la garantie ! Il n'y avait qu'une seule condition : l'industrie, pour sa part, devait manifester son intérêt et souscrire la même somme, ce qui n'était pas du tout difficile, car des souscriptions très importantes ont immédiatement été fournies.

Mais alors une erreur a été commise : on a fait appel à une grande banque, et de ce côté-là a été semé de la méfiance, un report a été exigé et un temps précieux perdu. Les banques ont voulu reprendre l'idée elles-mêmes ; toute l'affaire a été mise sur la mauvaise voie de la construction financière pure et simple, retardant ainsi l'aspect économique, technique et social. Puis vint la paresse/l’indolence du cœur…

Finalement, une risible souris est née d'une société fiduciaire du format le plus courant financée par des banques. » (Carl Unger dans « Phénomènes et symptômes », 1er volume, n° 12, mai 1927)

Zurich : Roman Boos, se tenant sous l'impression des conférences de novembre de Rudolf Steiner, qui ont été prononcées « comme de l'urgence, marquée par la nécessité historique mondiale elle-même, de l'obligation de l'esprit allemand envers la conscience du monde », décide de se mettre immédiatement à disposition.

1er décembre

Roman Boos déménage à Stuttgart, « où un groupe d'hommes déterminés - des industriels formaient la troupe centrale - étaient prêts à créer les conditions pour qu’une impulsion spirituelle, comme la représentait Rudolf Steiner, soit crée à l’entrée du chaos, dans lequel les armées des Alliés poussées de l'extérieur et la classe ouvrière révoltée à l'intérieur contraignaient le peuple allemand. Tout d'abord, tous les cercles ont été recherchés pour faire comprendre les commandements les plus urgents de l'heure. » (Boos « Michael contre Michel, Catharsis du germanisme 1914-1925 », p. 51).

A la demande d'Emil Molts, Boos reprend la direction éditoriale des « Nouvelles-Waldorf » de la fabrique de cigarettes Waldorf Astoria, à paraitre en janvier 1919.

Dornach : Conférence sur « Le développement de l'occultisme mécanique, eugénique et hygiénique dans le futur ».

6 décembre

Dornach : Conférence sur « Les conditions de base de la vie sociale ».

7 décembre

Dornach : Conférence sur « Les fantômes de l'Ancien Testament dans le nationalisme du présent ».

8 décembre

Dornach : Conférence sur « Les dispositions des nations ».

12 décembre

Berne : Conférence sur « Les pulsions sociales et antisociales chez l'homme ».

13 décembre

Dornach : Conférence sur « La transformation des impulsions instinctives en conscientes ».

[17]

14 décembre

Dornach : Conférence « Logique de la réalité et logique des concepts ».

15 décembre

Dornach : Conférence « Les métamorphoses de l'intelligence ».

20 décembre

Dornach : Conférence « La nouvelle révélation de l’Esprit ».

 

Ici pour la première fois Rudolf Steiner commence à signaler l'arrivée de nouvelles révélations de la part des esprits de la personnalité (Archai) qui, de nos jours, s'élèvent au rang de créateurs : « Celui qui ne comprend pas dans ce sens la tâche de la science de l’esprit orientée anthroposophiquement, ne la comprend absolument pas. Car cette science de l’esprit à orientation anthroposophique resterait silencieuse si elle n'avait pas quelque chose de nouveau à annoncer du ciel de l'humanité, quelque chose de nouveau, quelque chose d'inédit, si je puis dire. Et ce qui se révèle à travers le voile des manifestations, c’est l'expression d'un nouveau principe créatif qui est fourni par les esprits de la personnalité. C'est pendant à cela que tout de suite notre âge/époque.... a pour particularité caractéristique l'expression de l’impulsion de la personnalité. La personnalité veut.... se placer sur les propres pieds et veut toujours le faire de plus en plus dans le 3e millénaire. »10


21 décembre

Dornach : Conférence sur le christianisme et les exigences sociales de notre temps avec l'indication significative que l'humanité, à travers l'ascension des esprits de la personnalité, pénètre devant une image complètement différente du monde.


24 décembre

Dornach : Lettre de Rudolf Steiner à Johanna Mücke à Berlin concernant la fixation des conférences publiques d'hiver à Berlin : « Le 27 janvier est maintenant prévu comme le premier des jours. Quoi qu'il en soit, le 3 février pourra venir en question. Car, outre le fait que le voyage à Berlin sera de toute façon long et que nous pourrons difficilement partir si tôt en raison d'autres choses que nous pouvons être là le 27, il m'a été demandé si je ne pourrais pas, si cela se laissait faire, donner encore une conférence sur les questions du présent à Zurich et à Bâle en janvier. Sous circonstances, c'est aussi beaucoup plus important pour l'être allemand que les conférences se perdant encore au loin là. L’évolution va faire de ce <maintenant> probablement un contenu différent <futur>, seulement ce temps n'est pas encore là. Mieux dit : leurs impulsions se meuvent encore dans le subconscient des humains. ... vous savez quand même : ce qui est arrivé n'est pas venu si complètement impréparé pour moi. Finalement est quand même aussi à comprendre que les gens voulaient se faire des illusions sur des choses aussi lourdes le plus longtemps possible. Cependant, cela a rendu la réalité actuelle encore plus oppressante. »

28 décembre

Dornach : Dans sa conférence, Rudolf Steiner évoque à nouveau l'ascension des esprits se tenant derrière les événements du temps de la personnalité vers créateurs: « Celui qui peut avoir assez de sensibilité pour ce fait, qui est accessible à la recherche suprasensible innée, que, dans une certaine mesure, les dieux révérés[18] ou Dieu doit être remplacé pour la conscience humaine par d'autres impulsions, dira : Beaucoup de choses ont certainement eu lieu dans l'évolution du genre humain, aussi en des temps historiques. Une telle transformation intérieure de toute la conscience humaine, comme celle dans laquelle nous nous trouvons et qui se montrera de plus en plus, n'était certainement pas encore présente dans les temps historiques. Toute la structure intérieure de la vie spirituelle change.... En particulier dans le domaine de la vie sociale, maint peut avoir le sentiment/la sensation que quelque chose  veut se réaliser.... Ce que je vous ai présenté comme une sorte - mais seulement une sorte, parce que ce n'est pas un programme, mais une réalité - d'impulsions sociales nécessaires, est.... non pas quelque chose de conçu, ni quelque chose formé à partir d'un idéal, mais ce qui veut être réalisé, et qui se réalisera, est seulement conceptualisé. Mais on ne peut le saisir en concepts quand on ne s’élabore pas d'abord la possibilité de venir à des images qui seront ensuite vérifiées, confirmées, endurcies par les esprits de la personnalité qui filent le nouveau plan mondial. »14

 

L'année 1919

3 janvier - 2 février

Dornach : Rudolf Steiner donne la série de conférences « Goetheanisme, une impulsion de transformation et une pensée de résurrection. Sciences des humains et sciences sociale » comme une réponse aux questions les plus importantes de l'époque, car « il se stocke une grave tragédie sur l'humanité contemporaine. »

(31 janvier 1919)15

5-12 janvier

Berlin : Soulèvement spartakiste.

Munich : 5 janvier Fondation du NSDAP avec approbation unanime du programme présenté par Hitler.

15 janvier

Berlin : Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés.

« Je me tenais debout... il y a maintenant plus de 18 ans, à Berlin, à Spandau sur la même estrade des orateurs que Rosa Luxemburg à la fin si tragique. Nous avons tous les deux parlé de la science et des ouvriers devant une assemblée prolétarienne... » (Rudolf Steiner, Conférence Bâle, 2 avril 1919)

18 janvier

Versailles : Ouverture de la Conférence de Paix.

19 janvier

Élections allemandes pour l'Assemblée nationale constituante.

21 janvier

Dornach : Télégramme de Rudolf Steiner à Friedrich Rittelmeyer à Berlin avec la demande d'intervenir avec ses propres conférences pour ses conférences annoncées à Berlin, puisqu'il avait à donner des conférences importantes à Zurich dans la première moitié de février.

[19]

25 janvier

Dornach : Emil Molt, Roman Boos, Hans Kühn rendent visite à Rudolf Steiner en tant que délégués des économistes anthroposophes travaillant à Stuttgart, afin de discuter avec lui de la poursuite de leurs activités commencées dans l'esprit des conférences de novembre et de lui présenter un projet d'organisation fiduciaire (rédigé par Carl Unger d’après Hans Kühn).

Matin : Rudolf Steiner les reçoit dans son atelier avec les mots :

« C'est terrible le manque de compréhension de la politique étrangère en Allemagne. Aujourd'hui, la politique sociale doit également être traitée comme une politique étrangère. Car par politique étrangère mauvaise, tous les fruits d'une bonne politique sociale seraient perdus. - Sous toutes circonstances, il convient d'éviter de nouvelles effusions de sang par une intervention rapide en Allemagne. - Pour moi, la tâche la plus importante en ce moment est de donner les quatre conférences annoncées à Zurich. C'est un public international là-bas. Je donnerai ensuite aussitôt ces conférences à l’impression. "*

Une réunion est convenue pour l'après-midi.

Après-midi : Rudolf Steiner ouvre à nouveau avec les mots :

« Le plus important, c'est la politique étrangère... sans considérer la politique étrangère, en particulier la question de la culpabilité, on ne peut pas aller plus loin. Il est pernicieux qu'il n'y ait aucun intérêt pour la politique étrangère allemande... Il est absolument nécessaire de rendre compte du déclenchement de la guerre à partir d'un endroit approprié... Tout d'abord, les causes de l'ensemble de la catastrophe doivent être discutées d'une manière compréhensible pour l'opinion publique internationale, en particulier du côté allemand. »

Il ressort clairement de l'immense expertise de Rudolf Steiner dans cette discussion, « que nous, qui étions venus pour recevoir des conseils pour notre travail futur, avons compris : Le Dr Steiner doit prendre dans ses propres mains les ficelles que nous avons attachées. » (Roman Boos)

Selon le compte-rendu que fait Boos, « Molt fait la proposition au Dr Steiner d'élaborer quelque chose que nous signons tous. Il suggère la formation d'une fédération où le Dr Steiner pourrait se produire. Dr Steiner : « Il devrait y avoir un certain soutien. »

Il est convenu que le surlendemain, le 27 janvier, d'autres discussions détaillées auront lieu.

Soirée : Conférence de Rudolf Steiner sur la relation entre les sciences humaines et les sciences sociales :

« On ne peut parvenir à la compréhension de la structure sociale si l'on ne s'entraîne pas à la tri-articulation de l'humain et apprend par cela comment on a à façonner la compréhension de la science sociale de la science de l’humain. » 15

26 janvier

Dornach : Conférence de Rudolf Steiner sur la migration des peuples du passé et du présent, la tri-articulation de l'organisme social et sa réalisation. (D’après Roman Boos, cette conférence corrigea à bien des égards le complexe de problèmes que les délégués de Stuttgart avaient apporté à Dornach).

 

Entre autres choses, il sera expliqué que ce serait l'une des erreurs fondamentales de notre époque, qui dans la pratique pourrait conduire au plus grand désastre, que de croire qu'aujourd'hui on pourrait socialiser n'importe quel pays pour lui-même, sans égard.

 

*Serait à prendre du livre "Les points clés de la question sociale." [20], que depuis le milieu du XIXe siècle la terre est un organisme d’ensemble en relation sociale.

 

« Celui qui connaît l'organisme social dans ses conditions de vie intérieures - et c'est quelque chose qui doit sortir de cette tri-articulation - sait comment se mettre dans le rapport correct, s'il a à juger maintenant les rapports sociaux en Russie, en Angleterre, en Allemagne ou ailleurs. »

Sur la question du contrôle des naissances, il s’agit qu'elle n’a jamais la permission de devenir une question sociale, parce que cela signifie la méprise sur le rapport correct entre l'humain et l'économie de peuple....

« Cela signifie qu'à notre époque, on ne connaît pas la différence entre le porc et l'humain... S'il est souhaitable d'augmenter le nombre des humains ou de maintenir la population à un certain niveau de population, cela n’a jamais la permission de dépendre de considérations économiques, mais là d'autres considérations éthiques et spirituelles doivent parler avec. En discutant de cette question, il faut garder à l'esprit en particulier que si l'on travaille artificiellement à travers l'économie vers une augmentation significative de la population, on force alors des âmes qui ne veulent peut-être s'incarner qu'après quatre ou cinq décennies, qu'elles descendent déjà maintenant pour descendre dans un état tellement pire de cette manière. Ainsi qu'une augmentation de la population puisse signifier, sous circonstances, une contrainte, que vous exercez sur les âmes, qui doivent alors entrer dans l'incarnation du corps d’autant pire. Par cela vient, sous circonstances, le niveau moral de marais. La question de la croissance ou de la stabilité démographique, ou même celle du déclin démographique, ne doit jamais être une question économique, mais une question d'éthique, de morale, bref, de la vie de l’esprit et même spirituelle - et de la façon de voir le monde. Toutes ces choses entreront seulement dans une sphère saine lorsqu'elles seront saisies scientifiquement-spirituellement. Vous comprendrez donc la nécessité d'un fondement scientifique-spirituel de toute pensée sociale... »15

27 janvier

Dornach : Matin et après-midi, des discussions approfondies avec la délégation de Stuttgart ont eu lieu, qui ont principalement abouti à une réponse aux questions par Rudolf Steiner sur la base des rapports et projets qui lui ont été soumis pour la création d'une société fiduciaire économique et conduise à un projet de principes pour une manifestation. Par exemple, le Dr. Steiner aborde des questions sur les formes politiques de l'Occident / la surproduction par rapport à la consommation / la propriété privée / le profit entrepreneurial / l'argent / la planification fiscale / la participation des travailleurs à l'entreprise, entre autres. Un compte rendu exhaustif de ces entretiens des 25 et 27. 1. 1919 sur base de notes sténographiques a été publié par Roman Boos dans « Michael contre Michel » (Bâle 1926), dans « Rudolf Steiner pendant la guerre mondiale » (Dornach 1933) et dans sa compilation «  Textes de science sociale » de Rudolf Steiner, cahier 1. édition (1935 et 1961)

Trois actions se dégagent des réunions de cette journée :

L'« Appel »

La fondation de l'école Waldorf

Le plan de publier les mémoires de Moltke comme une présentation nécessaire [21] des causes de la guerre dans la perspective des prochaines négociations de paix.

L'appel : La pensée de l'appel est née d’après Roman Boos, après que Rudolf Steiner, en discutant du projet qui lui avait été soumis, se soit référé au programme factuel de ses mémorandums de 1917, qui aurait dû être opposé au programme de l'Entente et qui devrait encore être amené en action de nos jours. A la question comment cela pourrait se passer, il répond :

« On devrait avoir un certain nombre de personnalités de tout le secteur allemand. Elles devraient organiser un rassemblement du peuple allemand, à travers lequel les pays étrangers apprendraient que c'est ce qu'on veut. Il faudrait qu'il apprenne que c'est la réponse au programme de Wilson. On est rendu attentif qu’on dépend de partisans, , derrière soi, même s’ils sont peu nombreux... qui doit d'abord être créé. Je veux attirer votre attention sur un phénomène : Si vous avez suivi l'ambiance de l'Entente ces dernières années, vous aurez pu constater le rôle énorme joué par le Manifeste des 93 intellectuels. Aujourd'hui, il ne vous faut rien d'autre que d'avoir la signature de 90 humains sous une telle chose. J'aimerais pouvoir dire à Zurich qu'il y a tant et tant derrière moi, par exemple 90 hommes. - En 1916, j'ai dit à l'homme de confiance de Ludendorff qu'il devait « donner la possibilité de travailler pour l'Allemagne officielle en Suisse ». Cela a été cassé au dernier moment par Ludendorff, parce que je ne suis pas un Allemand du Reich. A l'époque, il suffisait de pouvoir dire que l'Allemagne officielle me soutenait. Aujourd'hui, il serait bon de pouvoir dire, ainsi et tant de gens se tiennent derrière moi. On a besoin de 90 signatures de différentes parties de l'empire. Alors, les gens sensées à l'étranger se disent les uns aux autres : maintenant, enfin, il y a des humains qui veulent une fois quelque chose de réel. Car là, on sait que l'on se tient même devant un sursis. Je pourrais vous faire un brouillon d'ici la fin de la semaine... (A une remarque timide) : Vous ne devriez pas vous sentir comme un maladroit, mais comme le premier maître. Aujourd'hui, une telle chose peut faire avancer non pas des individus, mais des centaines de personnes. .»

La suggestion d'une école libre est née d'une phrase qui, selon Roman Boos, « a été prononcée avec une emphase particulière par le Dr Steiner devant M. Molt, qui a alors réalisé la suggestion de son plein gré, sans résulter directement du contexte (le seul dans tout le compte-rendu que j'ai complètement enregistré par écrit entre guillemets) : <Nous devons d'abord utiliser l'argent qu'il nous reste pour créer des écoles gratuites pour amener aux gens ce dont ils ont besoin ! »

 Lors de l'examen de la question de la culpabilité de guerre, le discours fait référence aux archives du général Helmuth von Moltke, « dont nous avions appris l'existence ». Rudolf Steiner a déclaré : « Je ne suis pas justifié à les publier sans plus. Mme von Moltke n'a pas non plus la pleine justification. Il n'est pas certain qu'elle donnera son consentement. Les documents sont testamentaires, avec l'ordre qu'ils sont écrits uniquement pour Mme von Moltke. Mais je peux dire presque tout ce qui est essentiel, parce que Moltke me l'a dit aussi. Une telle publication serait suffisamment couverte par 90 hommes qui devraient être dispersés en Allemagne..."

31 janvier, 1er et 2 février

Dornach : Rudolf Steiner parle de la forme des revendications sociales et de la tri-articulation.15

[22]

2 février

Dornach : Rudolf Steiner présente aux trois Messieurs de Stuttgart son « Appel au peuple allemand et au monde de la culture » :

« ... aujourd'hui, où tout a à partir des grandes masses, aujourd'hui où entre là (les mémorandums 1917) et maintenant reposent les jours d'octobre et novembre de l'année 1918, aujourd'hui le chemin correct est de se tourner avec ces choses aux grandes masses. » (Stuttgart, 21. IV. 1919)12

Rudolf Steiner nomme lui-même un certain nombre de personnalités bien connues dont les signatures devraient être sollicitées.

La campagne est immédiatement lancée en Allemagne, en Suisse et en Autriche ; Roman Boos voyage en Allemagne, Hans Kühn est en Suisse et Molt œuvre de Stuttgart.

A Stuttgart se forme, pour la diffusion de l’appel, un « Comité pour la reconstruction des affaires allemandes » avec Emil Molt, Carl Unger et le Prof. Dr. Wilhelm von Blume, professeur de droit constitutionnel à Tübingen et créateur de l'ancienne Constitution du Wurtemberg, qu'Emil Molt a probablement gagné. Il a été tellement impressionné par l'appel qu'il s'est mis à la disposition du comité pour sa distribution.

Le Comité pour l'Autriche est représenté par Walter Johannes Stein, le comte Ludwig Polzer-Hoditz et le Dr. Thomastik ; pour la Suisse, Roman Boos et Albert Steffen, en ce temps de Munich, ont signé.


3, 5, 10, 12 février

Zurich : Rudolf Steiner commence son activité de conférence publique pour la tri-articulation sociale dans l'auditorium surpeuplé du bâtiment scolaire Hirschgraben sous le titre général : « La question sociale ».

6 février

Weimar : Ouverture de l'Assemblée nationale constituante de la République de Weimar.

6 et 7 février

Berne : Deux conférences publiques sur la question sociale lors d'une conférence internationale des socialistes du 3 au 10 II, à laquelle participera également le Premier ministre bavarois Kurt Eisner.

 

Rudolf Steiner s'entretient en ces jours, par l’entremise de Hans Kühn, avec Kurt Eisner et le pacifiste Prof. Wilhelm Förster, envoyé allemand à Berne:

« Depuis que j'ai assisté à ces réunions, je peux confirmer que Rudolf Steiner, à mon grand étonnement, a toujours parlé en premier de la nécessité de présenter le déclenchement de la guerre parce qu'il cherchait de l'aide pour la publication opportune de ces événements. De la part d'Eisner, il attendait l'annonce de certains documents, qui pouvaient également prouver la volonté de paix de l'Allemagne, ainsi par exemple le fait que peu avant le déclenchement de la guerre, de grosses commandes de munitions avaient été annulées.

(Hans Kühn dans « Informations du travail anthroposphique en Allemagne », St Jean 1959).

Rudolf Steiner écrivit plus tard à propos de sa rencontre avec Eisner pour son collègue de Stuttgart Jürgen von Grone en réponse à sa question : « Le passage d'Eisner à la page 14 de mon cycle <En des temps changés> [cf.[23] du 29 novembre 1918] peut seulement être interprété correctement si on prend les mots avant :

<Je vous ai expliqué, par exemple, qu'on ne peut pas parler de ce que, dans le sens où il est confortable pour beaucoup d’humains, peuvent être recherchées chez les puissances centrales, ce qu'on appelle la <culpabilité> de la guerre mondiale.

Il s'ensuit simplement que je ne voulais pas prouver à partir des documents d'Eisner ce qu'il voulait, mais ce que je voulais, que les gouvernements allemands étaient incapables. J'ai admis un jour, tout à fait contre ma sympathie, que j'avais parlé avec quelques mots à Eisner à Berne. Jamais auparavant. Jamais après. Et jadis - Kühn était là – je me suis efforcé de dissuader Eisner de son opinion en ce que je lui parlais que les mémoires de Moltke prouvaient le contraire de son opinion. Si je me souviens bien de la phrase : <Je n'ai jamais beaucoup obtenu de Eisner>, ainsi cela fait référence à son intellect, je le tenais pour limité. Mais il était <une personne d'une seule fonte>, comme le sont aussi les fanatiques, qui font alors des choses telles que le processus de Fehrenbach mis en lumière. (F. fut président du Reichstag en 1918 et chancelier du Reich en 1920/21). - Les faux sont les publications d'Eisner par omission. Pour ce que j'ai voulu dire, la publication avec l'endroit omis est aussi éprouvante que sans lui. »

(Le 26 novembre 1918, le ministère des Affaires étrangères protesta contre les révélations d'Eisner sur la question de la culpabilité de guerre, publiées le 23 novembre 1918 et le 2 août 1919 dans la « Deutsche Allgemeine Zeitung » Berlin, exposée par le Conseil de la Légation secrète von Schön déclara que les rapports de Eisner avaient été abrégés d'une manière tendancieuse et que les passages qui montraient que le gouvernement impérial s'efforçait de localiser le conflit Autriche - Serbie et avait fait le nécessaire pour prévenir le début d'une guerre européenne avaient été omis du contenu. (« L’Empire allemand de 1918 jusqu’à aujourd‘hui », publié par Cuno Horkenbach, Berlin 1930).

 

En pendant du processus Fehrenbach, la publication Eisner a de nouveau été citée dans la presse).

7 février

Stuttgart : La Commission pour la reconstruction des affaires allemandes envoie l'appel avec un texte signé aussi par le Dr Steiner.

Début février, Berlin : Kurt Walther, Wilhelm Selling et Emil Leinhas sont chargés de rendre visite à des personnalités connues.

 

En reliant Emil Leinhas au référent du ministère des Affaires étrangères, M. von Bülow (futur envoyé allemand à Moscou et secrétaire d'État aux Affaires étrangères, qui devait travailler sur les questions de paix en préparation de Versailles), un télégramme officiel du ministère va à Rudolf Steiner avec l’invitation de venir à Berlin pour soumettre ses propositions au ministère. Leinhas fut très déçu lorsque Rudolf Steiner ne répondit pas au télégramme. Il lui expliqua plus tard à Stuttgart :

« On ne peux plus s'impliquer avec ces gens, ils sont aux abois. » (Leinhas, « Du travail avec Rudolf Steiner », Bâle 1950).

 

10 février

Bâle : Kurt Eisner donne une conférence sur « Le socialisme et la jeunesse » à l'invitation du corps étudiant, qui paraît immédiatement sous forme imprimée. Rudolf Steiner en parle dans sa conférence du 7 mars 1919.16

[24]

11 février

Télégramme de Molt de Stuttgart à Rudolf Steiner à Zurich : « Jusqu'à présent, une centaine de noms - hors Suisse et Vienne - sont réunis. Le Dr Boos sera là demain. »

Télégramme de Vienne : « Actuellement, 11 h, 73 signatures, demain sûrement plus. » (conférence du 15 février 1919)16

12 février

Télégramme de Molt à Rudolf Steiner à Zurich : « Une dizaine d'autres noms reçus, dont Alois Wach. »

Télégramme de Vienne : « Résultat global 93 signatures. » (Conférence du 15 février 1919)

Soirée : A la fin de sa conférence, Rudolf Steiner annonce son appel avec la raison :

 

« qu'aujourd'hui celui qui est lié à la question sociale avec son âme n'a pas seulement la tâche de dire les choses, mais d'utiliser tous les moyens pour les amener à la compréhension du monde autour de lui. »

L'appel est

« en fait déterminé à avoir un effet dans le monde entier », un « appel à l'humanité » à penser autrement, « car c'est seulement à partir de nouvelles pensées que s'épanouira la possibilité de la vie des nouvelles générations .... Dans cela devra exister un morceau de la vie de l'humanité future, que dans chaque génération cette question devra être résolue à nouveau, qu'elle devra être résolue à partir de nouvelles formes, qui a une fois été soulevée, admonestant et choquant toute la structure de la pensée et de la volonté humaine : la question sociale. Tournons-nous vers elle de tout notre cœur, de toute notre âme, sinon elle se tournera vers nous, mais toutefois pas pour notre salut, mais pour notre malheur. »

13 février

Lettre de Molt au Dr. Steiner. Au sujet d'un article de journal joint avec la référence au sociologue bien connu Max Weber, Molt écrit :

« ... il serait peut-être important de prendre position sur cette action qui, d'une certaine manière, croise/recoupe probablement la nôtre ; toutefois, l'absence/la distance de Weber s'explique aussi quelque peu... Nous tous sommes très enthousiastes à l'idée d'entendre le Dr Boos nous parler du cours de la soirée d'hier ; nous pourrons peut-être recevoir la brochure très bientôt pour la distribuer parmi les gens. »

13, 14, 28 février.

Bâle, Casino de la ville : Trois conférences publiques de Rudolf Steiner sur la question sociale.

15 février

Dornach : Rudolf Steiner commence ses conférences « Les arrières plans spirituels de la question sociale » et annonce maintenant l'appel et son origine également à Dornach.

16 février

Dornach : Lettre de Rudolf Steiner à Molt, qui avait demandé la coopération d'Emil Leinhas à la Waldorf-Astoria.

[25]


 

« Je peux donc volontiers dire que vous feriez une bonne acquisition avec lui à tous points de vue, puisque M. Leinhas est aussi un bon candidat pour ce que nous avons mis sous les feux de la rampe... M. Kühn et le Dr Boos vous apporteront tout le reste personnellement. »

Soirée : Le Dr Steiner commence sa conférence par les mots que, dans la situation actuelle de la vie de l'humanité, il est avant tout important pour lui de créer une compréhension sociale correcte chez autant de personnes que possible.

21 février

Munich : Kurt Eisner se fait tirer dessus.

Dornach : Conférence sur les formes de pensée de la pensée socialiste moderne.

 

24 février

Zurich : après sept ans de travail intensif : première représentation publique d'eurythmie avec des paroles d'introduction de Rudolf Steiner.17

25 février

Zurich : Conférence sur les besoins sociaux devant les étudiants zurichois.

26 et 27 février

Winterthour : Conférence sur la question sociale et représentation d’eurythmie.

28 février

Bâle : Troisième des conférences publiques de février sur la question sociale.

1er, 2 et 7 mars

Dornach : Conférences sur « Les arrières plans spirituels de la question sociale ».

1er mars

Stuttgart : Télégramme Molt au Dr. Steiner à Dornach :

« Greiner et Pfeiffer Stuttgart imprimeront la brochure [points clés] à 60 pfennig, l'éditeur contre paiement de 10 %. Accepterai si confirmation. L'éditeur souhaite une brève critique pour Börsenblatt et libraire. Nous vous prions pour la même chose. » (Cf. avril 1919 sous la publication des « Kernpunkte/Points clef »)

Roman Boos a ensuite organisé les échanges avec l'imprimerie et s'est constamment déplacé entre Stuttgart, Dornach et Zurich pendant cette période.

5 mars

L' « Appel au peuple allemand et au monde de la culture » est désormais paru sous forme de tract et dans une grande partie des quotidiens d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse.

8. Mars

Zurich : Conférence devant la compagnie des ouvriers "Quel sens a le travail du prolétariat moderne ? (Voir l’esquisse publié au No. 11 des « Nouvelles »).

Stuttgart : Télégramme de Molt à Boos, Zurich :

[26]

« Les changements ne sont plus possibles parce que l'appel est apparu partout à l’exception de Berlin. Ici se pose le besoin d’une réunion avec Dr. Steiner dans des cercles plus étroits, en particulier en ce qui concerne le professeur Blume, puis éventuellement après. Conférences. S'il vous plaît, informez-vous sans fil des intentions de Steiner et du titre de la brochure. »

9 mars

Zurich : Conférence des membres sur l'aspect intérieur de l'énigme sociale et la question sociale comme point tournant de l’évolution humaine 18.

11 mars

Berne : conférence publique à l'occasion de la « Conférence internationale de la Société des Nations » pour la fondation de la Société des Nations, à laquelle Rudolf Steiner a aussi pris part comme invité. Des personnalités éminentes sont personnellement invitées à sa conférence par lettre des organisateurs : le conseiller national J. Hirter et 0. Weber, le baron F. v. Wrangel, le Dr Hanns Buchli et Roman Boos.

20h00, Mairie de Berne, Großratssaal : Conférence « Les fondements réels d'une Société des Nations », dans laquelle il est discuté comment une Société des Nations vraiment fructueuse doit être fondée non pas sur les anciennes conditions, mais sur de nouvelles pensées et de nouvelles impulsions, qui exigent une tri-articulation de l’organisme social.

13 mars

Dornach : première représentation publique d'eurytmie à Dornach.

15 et 16 mars

Dornach : poursuite des conférences « Les arrières plan spirituels de la question sociale ».

17 et 19 mars

Berne et Winterthur : conférences publiques pour la compagnie des ouvriers.

21, 22, 23, 28-30 mars

Dornach : Poursuite des conférences sur Les arrières plans spirituels de la question sociale.

21 mars

Stuttgart : Première conférence publique du comité. Carl Unger parle du contenu d’idées de l'appel et Prof. W. v. Blume de la « Reconstruction de l'Allemagne ».

M. Blume introduit son exposé par cette remarque :

« Je ne suis pas un anthroposophe ni un théosophe, je ne connais pas le Dr Steiner, je ne lui ai ni parlé ni ne l’ai entendu, je ne l'ai même pas vu. Les pensées se déplacent dans le monde comme des courants électriques et s'illuminent ici et là dans les cerveaux. Comment se fait-il que dans le cerveau d'un professeur de droit constitutionnel et celui du Dr. Steiner grimpent des pensées semblables ? Il dit... »

 

24 mars

Dornach : Télégramme à Molt, Stuttgart :

« Je me prépare pour la première quinzaine d'avril sur Stuttgart. Venir plus tôt rendrait impossible [27] l'achèvement de la brochure. Aujourd'hui, le dernier manuscrit sera certainement terminé, prêt à être imprimé dans 10 jours. 31 mars donc impossible. »

Lettre au Dr. Boos à Stuttgart :

avec « Correction en drapeau 31-35 pour acheminement supplémentaire à M. Molt. Nous allons quand même bientôt finir avec cette brochure. »

26 mars

Zurich : Roman Boos écrit au Dr. Steiner qu'un appel vient d'être envoyé à près de 300 journaux de Suisse alémanique avec l'offre de fournir le même supplément séparé, ce par quoi 100'000, peut-être 500'000 exemplaires iraient au peuple suisse. Il y aurait aussi une référence claire à l'écrit à venir. Son tirage aimerait être fixé à au moins 10 000 exemplaires.

 

28 mars

Dornach : Dans sa conférence, le Dr Steiner souligne que les enfants nés depuis 1912/13 ont un désir de culture spirituelle et ont donc une forte antipathie spirituelle envers la culture et l'éducation traditionnelle :

« Ce flot d'impulsions qui est venu sur terre avec les plus jeunes enfants a contribué puissamment à la tendance à balayer cette culture du temps capitaliste et technique. C'est, pour ainsi dire, le côté lumineux des événements tristes et terribles de ces dernières années... parce qu'il montre que la chose terrible qui a été faite a été voulue du ciel à cause de l’enlisement de l'âge matérialiste et a été envoyée comme message par le subconscient des enfants les plus jeunes... L'expression mélancolique, qui apparaît sur de nombreux plus jeunes enfants, des visages d'enfants depuis 5-6 ans, peu d’humains la remarque aujourd'hui. S'ils la remarquaient, ils en créeraient l'impulsion - déjà de cela - qu'un puissant mouvement social doit prendre/saisir sa place. »19

 

 


 

Mars

Stuttgart : Tract (rattachant à l'appel) : « Propositions de socialisation » avec les lignes directrices de Rudolf Steiner, en réplique aux lignes directrices de la « Commission de socialisation »* nommée par le Conseil des représentants du peuple à la fin novembre 1918.

2 au 19 avril

Rudolf Steiner poursuit les conférences aux membres à Dornach sur les « Arrière-plans spirituels de la question sociale » et prend la parole à côté publiquement à Bâle, Dornach et Münchenstein.

11 avril

Dornach : Télégramme à Emil Molt, Stuttgart :

« Je viens juste de recevoir la relecture finale de l'écrit. Il doit encore être là quelques jours pour terminer le livre, sinon tout le reste n'est pas terminé. A cause de cela, thème pour le 22 avril : Les questions clés de la question sociale en tant que question d’économie, de droit et d’esprit, pour le 23 avril : Les voies et objectifs de la reconstruction sociale, pour le 25 avril : Capital et travail humain. Nous ne pouvons pas encore y être les 15, 16, seulement pour le 22 avril. »

* Plus dans « La révolution allemande 1918-1919 », Fischer Paperback 1968.

[28]

12 avril

Dornach : Télégramme à Molt :

« La correction-drapeau vient de s'achever. Si Boos est là, le livre peut être terminé rapidement...» La préface du livre est signée : « Début avril 1919 ».

13 avril

Dornach : Dans la conférence aux membres, indications sur la question des races :

« Depuis le XVe siècle, les âmes se préoccupent de moins en moins de l'apparence raciale des humains ; elles s’orientent de nouveau plus d’après des conditions géographiques... Et l'harmonie doit de nouveau être recherchée entre une prédestination géographique et un élément racial qui se répand sur la terre. Les tendances internationales de notre temps viennent de ce que les âmes ne se soucient plus de ce qui est racial. »20



14 avril

Dornach : Rudolf Steiner prend congé de Dornach avec sa conférence du soir, parle de

« l’écrit paraissant dans les prochains jours sur la question sociale et nomme son titre « Les points centraux de la question sociale dans les nécessités de la vie présente et future ». Il appelle les membres à ne pas considérer la tri-articulation de l'organisme social comme un courant à côté/secondaire de l’aspiration scientifique-spirituelle et à éviter tout ce qui pousse à l'isolement. La chose la plus importante serait l'éveil social. « Un flux supplémentaire d'informations sur les nécessités sociales devrait sortir de la société ! » 20


vers la mi-avril

Suttgart : Lettre circulaire aux signataires de l'appel indiquant que le texte du Dr Steiner « Die Kernpunkte… » « ne paraîtra malheureusement qu'après Pâques, car la transmission du manuscrit de Suisse a été retardée. »

 

 

Samedi saint, 19 avril

Dornach : Le départ ayant été un peu retardé, Rudolf Steiner s'adresse encore une fois aux Dornachois. « Il vous est donc familier que maintenant reste encore en arrière ici, pour la Suisse, le souci pour l’écrit sur la question sociale, qui vient de s'achever sous forme imprimée, et j'espère  sera publiée très prochainement. Après ce que j'ai dit ici lundi dernier, je pense que je peux encore une fois vous recommander particulièrement /déposer au cœur cet écrit. Je l'ai donc exprimé que j'espère fortement qu'ici, en Suisse, quelque chose puisse être fait dans le sens particulièrement fructueux de ce qui est prévu dans cet écrit, et cela pour la raison qu'en Europe centrale et orientale, ce qui doit d'abord arriver, ce qui est une nécessité urgente, est, dans une certaine mesure, déjà directement remis en question dans un avenir très proche par la contrainte. Ici, en Suisse, encore un temps, demeurent des conditions qui ont été amenées. Ici, on est donc encore en mesure de faire de son plein gré certaines choses que les autres sont obligés de faire. Or, il en est ainsi dans notre évolution actuelle d'humanité que ce qui se produit par libre volonté, par libre initiative des humains, peut seul être particulièrement fécond, vraiment fécond. Si l'on pouvait se rendre en de tels endroits, là où c'est encore possible, sans que la contrainte des faits terriblement parlants ne soit une exigence, si l'on pouvait se rendre en de tels endroits pour faire de son plein gré[29] ce qui ne peut finalement être reconnu que d'une manière spirituelle-scientifique, alors par cette même initiative de pure volonté, quelque chose de très significatif pourrait arriver. C'est pour cette raison que l'on peut encore aujourd'hui dire sur le sol suisse que des espoirs sont particulièrement possibles. » Il vient également à parler de l'appel, qui a donc été lu par des milliers d’humains et qui a fait l'objet de nombreuses discussions et dont certaines personnalités caractéristiques ont déclarées qu'elles ne pouvaient en modifier le contenu :

« Oui, c'est justement l'immense tristesse que des gens qui ont tout cru pendant des années au cours des dernières années difficiles et catastrophiques de l'humanité ont été capables de comprendre tout ce qu'on leur a ordonné de croire, que des gens tout à fait disposés à accepter ce qu'ils n'ont que d'un ordre venant d’en haut, que ceux-ci accueillent ce qui touche à leur liberté, leur libre compréhension, simplement, si elle ne suit pas les voies des habitudes de pensée, qu'ils disent : Oui, là on a besoin d'explications plus détaillées, on ne peut comprendre ça ! - C'est déjà ce qui appartient au plus triste dans le présent, ce se dresser contre recevoir une conviction, cela à partir de la plus terrible incompréhension des exigences d’humanité : cela ne peut être modifié, c'est abstrait, ou quelque chose comme ça. Tout de suite ces humains qui, sous la terrible camisole de force de la censure ou des censures des différents pays, ont tout accepté, qui ont répétés en perroquet chaque mot venu d'en haut, et aussi stupide que cela ait pu être, qui ne peuvent dissimuler ce qui appelle à leur âme tranquille libre (NDT : Gemut), à leur âme libre ! Mais aujourd'hui, nous nous trouvons à un point du temps où sera seul décisif ce que les humains laisseront venir à leur libre compréhension, aura seul du sens que ce que les humains ne se laisseront pas commander de comprendre, mais ce qu'ils veulent comprendre du plus profond d'eux-mêmes. »21

 

Dimanche de Pâques, 20 avril

Rudolf Steiner se rend à Stuttgart. (La déclaration de Leinhas selon laquelle le Dr Steiner est arrivé à Stuttgart le 19 avril n'est pas exacte).

« ... De toutes ses forces, d'une étonnante infatigabilité et d'une compréhension intuitive et alerte des situations au fur et à mesure qu'elles se développaient de semaine en semaine, il était actif pour la représentation de l'idée de tri-articulation. Conférences, réunions, soirées de discussion, conférences et réunions de toutes sortes se sont succédé à une vitesse vertigineuse. Il n'a jamais donné l'impression d'un homme pressé. Il a toujours eu du temps. Cela était peut-être aussi lié à son emploi du temps quotidien, souvent bien rempli, de vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais plus volontiers avec le fait qu'il ne parlait pas seulement sur l'esprit, mais qu'il pouvait créer à chaque instant à partir des sources spirituelles.... » (Herbert Hahn, « Rudolf Steiner, comment je l'ai vu et vécu », Stuttgart 1961.)

L'édition allemande de « Les noyaux germinatifs de la question sociale dans les nécessités de vie du présent et de l‘avenir » sera publiée dans les derniers jours d'avril avec en annexe « Appel au peuple allemand et au monde de la culture ».

Une annonce du livre se trouve dans les archives, dont le texte doit être celui du Dr Steiner (peut-être s'agit-il de la brève critique/recention demandée par Molt le 1er mars pour le Börsenblatt ou les libraires) :

[30]

« Ce livre traite de la question sociale sur la base des exigences de la vie réelle du présent et en tenant compte de la situation historique mondiale révélée dans les faits qui s'expriment haut et fort. Tout caractère utopique est évité et seules les solutions possibles qui se situent dans le domaine immédiat du possible sont discutées. La question sociale est une question d’économie, de droit et d’esprit pour l'auteur ; il cherche à la traiter dans toutes les directions à travers cette tri-articulation. Il est de l’avis que la seule façon de sortir de la confusion du présent est de passer à une perception profonde de ce qu’exige actuellement l’évolution de l'humanité elle-même. La catastrophe mondiale nous enseigne que nous devons aussi trouver le courage et la force de trouver des idées qui rompent avec la tradition au sens le plus large. Celui qui lit le livre et veut seulement y trouver ce à quoi il est habitué depuis longtemps n'arrivera guère ses droits. Celui qui veut lire sur les conditions de vie de l'avenir social humain trouvera maintes choses. »



Hella Wiesberger

(sera poursuivi)


Preuve des citations non utilisées dans le texte

1 – « Les fondements réels d'une Société des Nations dans les forces économiques, juridiques et spirituelles des peuples », Berne 1944 cf. aussi « L'être intérieur de l'homme et la vie entre la mort et la nouvelle naissance », GA Dornach 1959, 6e Conférence)

2 – « Vérités des mystères et impulsions de Noël - Mythes anciens et leur signification », GA Dornach 1965

3 – « Considérations historiques contemporaines », 2 volumes, GA Dornach 1966

4 - réponses aux questions non imprimées

5 – « Soubassements historiques pour la formation d'un jugement social », GA Dornach 1963

6 – « Impulsions spirituelles nordiques et d'Europe centrale », GA Dornach 1968

7 - Les essais publiés dans la revue « Das Reich » sont contenus dans le volume « Philosophie et Anthroposophie », GA Dornach 1965

8 – « Avenir social », Berne 1950, p. 74 et suiv.

9 – « La mission des âmes particulières de peuple en relation avec la mythologie germano-nordique », GA Dornach 1962

10 – « Les exigences sociales fondamentales de notre temps – En des situations changées du temps », GA Dornach 1963

11 - Manuscrit encore non publiés

12 – « Traitement des questions sociales et pédagogiques en science de l’esprit », GA Dornach 1964


13 – « Symptomatologie historique », GA Dornach 1962

14 – « Comment l'humanité peut-elle retrouver le Christ ? - La triple existence d'ombre de notre temps et la nouvelle lumière du Christ », GA Dornach 1968

15 - GA Dornach 1967

16 -  « Les arrières plans spirituels de la question sociale », Vol. I, Bâle 1946

17 – « L'émergence et le développement de l'eurythmie », GA Dornach 1965

18 – « L'aspect intérieur de l'énigme sociale - passé luciférien et avenir ahrimanien », GA Dornach 1968


19 – « La question sociale comme question d'âme. L'expérience intérieure du langage », Dornach 1943

20 – « Les arrière-plans spirituel de la question sociale », Vol. II, Bâle 1947

21 Dans : « Ce qui se passe dans la Société anthroposophique. Nouvelles pour ses membres », 1943, No. 9

[31]



In Beiträge Heft 24-25 Oster 1969


Rudolf Steiners öffentliches Wirken für Dreigliederung des sozialen Organismus


Von der Dreigliederungs-Idee des Jahres 1917 zur Dreigliederungs-Bewegung des Jahres 1919

Eine Chronik

«Ein Satz kann ... Richtkraft für soziales Denken in der Zukunft geben. Dieser eine Satz ist der:

Man reicht aus, ohne daß man Ideen hat, in Zeiten von Revolutionen und Kriegen, man kann aber nicht ausreichen ohne Ideen in Zeiten des Friedens; denn werden die Ideen in Zeiten des Friedens rar, dann müssen Zeiten von Revolutionen und Kriegen kommen. Zum Kriegführen und zu Revolutionen braucht man keine Ideen. Um den Frieden zu halten, braucht man Ideen, sonst kommen Kriege und Revolutionen. Das ist ein innerer spiritueller Zusammenhang. Und alle Deklamationen über den Frieden nützen nichts, wenn nicht diejenigen, die die Geschicke der Völker zu leiten haben, sich bemühen, gerade in Friedenszeiten Ideen zu haben. Und sollen es soziale Ideen sein, so müssen sie sogar von jenseits der Schwelle herrühren. Wird eine Zeit ideenarm, so schwindet aus dieser Zeit der Friede.

Man kann so etwas sagen; wenn die Menschen es nicht prüfen wollen, so werden sie es einfach nicht glauben. Aber an dem Unglauben an solche Dinge hängt das furchtbare Geschick der Gegenwart.

Das ist ein solcher Richtsatz, den aufzunehmen außerordentlich wichtig ist für die Gegenwart und die nächste Zukunft.»

Rudolf Steiner
Vortrag Dornach, 24. November 1918

 

 

Im Anschluß an die Chronik des Epochenjahres 1917 (vgl. Nr. 15 dieser «Nachrichten») wird im folgenden versucht, die weitere Entwicklung seit dem ersten Auftreten der sozialen Dreigliederungs-Idee im Jahre 1917 bis zur Dreigliederungs-Bewegung des Jahres 1919 aufzuzeigen. Dabei ist der allgemeine Zeithintergrund dieser Jahre berücksichtigen.


Der vor 1914 herrschende Glaube an die für unbegrenzte Zeiten sichergefügten Verhältnisse war durch den Verlauf des Krieges 1914-18 restlos verbraucht worden. Was dagegen heraufkam, war das von Rudolf Steiner schon vor Ausbruch dieses Krieges prognostizierte soziale Chaos. Wie er in seinem Vortrag (Bern, 11. März 1919) bei Gelegenheit der internationalen Völkerbundskonferenz ausführte, war er schon im April 1914 durch sein «intellektuelles Gewissen» und seine «Beobachtungsgabe» genötigt worden auszusprechen: «Wir stehen in bezug auf die Entwicklung unserer sozialen und Völkerverhältnisse in etwas [6] darinnen, das sich nur bezeichnen läßt mit einem Karzinom, mit einer Krebskrankheit im Leben der Völker, die in kürzester Zeit in einer furchtbaren Art zum Ausbruch kommen muß.»1

 

 

Wenige Monate später brach der Erste Weltkrieg aus. Ihm folgten blutige Revolutionen, politische Morde, Streiks, Wahlkämpfe, ständige Regierungsumbildungen, allgemeine Wirtschaftsnot und Arbeitsmangel. Vom Osten drohte die Gefahr der Überflutung durch den Bolschewismus, im Westen machte der Versailler Frieden Deutschland zu einem kleinen und völlig verarmten Land. Überall erhob sich der Ruf nach Sozialisierung, so daß die Lösung der sozialen Frage, insbesondere der proletarischen, zur brennendsten Forderung des Tages wurde. Das Allheilmittel sah man in der Sozialisierung der Wirtschaft. Daß aber auch die Menschen selbst «sozialisiert» werden müssen durch neue Gedanken, weil die soziale Frage in erster Linie eine geistige Frage ist, und wie das geschehen kann, erkannte durch Rudolf Steiner nur ein kleines Häuflein Menschen, die mutig einen damals zwar vergeblichen, geistig aber bedeutsamen Kampf für eine Erneuerung des sozialen Lebens gekämpft haben.

 

 

 

 

 

Das Jahr 1918

4.-17. Januar

Dornach: In seinen regelmäßigen Mitgliedervorträgen weist Rudolf Steiner immer eindringlicher darauf hin, wie die Versäumnisse der bürgerlichen Gesellschaft den geistigen und sozialen Zeitforderungen gegenüber immer größere und größere Katastrophen heraufbeschwören müssen.2

 

7. Januar

Karlsruhe: Hans Kühn sucht aus eigener Initiative um eine Audienz beim Prinzen Max von Baden nach, um ihm von Rudolf Steiner und der Dreigliederung zu erzählen. «Er ging erstaunlich freimütig auf das Vorgebrachte ein und wünschte, diesen Rudolf Steiner bald einmal kennenzulernen. Der Besuch fand dann im Beisein von Frau Marie Steiner etwa am 21. Januar statt.» (Hans Kühn, «Rudolf Steiners Bemühungen zur Verhinderung der deutschen Katastrophe». In: «Mitteilungen aus der anthroposophischen Arbeit in Deutschland», Johanni 1959)

 

8. Januar

USA: Präsident Woodrow Wilson verkündet vor dem Kongreß in 14 Punkten sein Programm des Weltfriedens.

19. Januar

Brief an Frau Emma Boos-Jegher (Mutter von Dr. Roman Boos) mit der Mitteilung: «Es ist gelungen, Herrn Heise die Summe zur Drucklegung seiner Arbeiten zur Verfügung zu stellen.» (Karl Heise, «Die Entente-Freimaurerei und der Weltkrieg. Ein Beitrag zur Historie des Weltkrieges und zum Verständnis der wahren Freimaurerei» Basel, 1919.)

 

 

Nach brieflicher Darstellung Heises entstand sein Buch auf Grund der Vorträge Rudolf Steiners 1916/17 «Zeitgeschichtliche Betrachtungen»3, und der ihm zugekommenen Außerung Steiners: «Es sollte jemand diese Dinge behandeln, darüber schreiben».

Die Ziffern verweisen auf den Quellennachweis auf Seite 31.

[7]

« ... Frau Boos-Jegher in Zürich (hatte) eigentlich das Hauptverdienst daran, daß ich einen Verleger gefunden hatte, auch hatte sie mich mit Dr. Steiner zusammengeführt und damit das Buch überhaupt zustande gebracht. Denn: was die Hauptsache ist, Dr. Steiner hat den Druck mit 3600 SFr. finanziert, ich selbst mit etwas über 1000 Fr., den Restbetrag der Verleger.» (siehe ferner unter dem 10. Oktober 1918).

20. oder 21. Januar

Karlsruhe: Unterredung Rudolf Steiners im Beisein Marie Steiners mit dem Prinzen Max von Baden über die Dreigliederung:

«Ich reiste nach Berlin über Karlsruhe. Es war im Januar. Man wußte dazumal ganz gut, daß, wenn es im ehemaligen Deutschland zum Krache kommen werde, würde der Prinz Max von Baden Reichskanzler werden.

Ich sprach auf dieser Reise also dem Prinzen Max von Baden schon im Januar über die Dreigliederung des sozialen Organismus, weil es sich darum gehandelt hätte, daß selbstverständlich in die unmittelbar konkreten, reellen Tatsachen hinein gewirkt hätte, was die Kraft der Impulse des dreigliedrigen sozialen Organismus ist.» (Fragenbeantwortung Dornach, 19. Juli 1920)4

«Als diese Ideen einem Staatsmanne vorgelegt wurden vor einiger Zeit [was sich. auf Max von Baden beziehen dürfte], wo es ohnehin schon ziemlich zu spät war für die damalige Gestalt, die ich diesen Ideen gegeben hatte, da habe ich aber immerhin dem Herrn gesagt: Wenn er irgendwie daran dächte, an diese Ideen heranzutreten, so würde ich natürlich gern bereit sein, auch für die Zeit, die damals die Gegenwart war (Januar 1918), sie in entsprechender Weise umzuarbeiten. Heute müßten sie selbstverständlich wiederum für die besonderen Verhältnisse umgearbeitet werden.» (Vortrag Dornach, 24. November 1918)5

«Dieses Gespräch führte auch darauf, daß von Seiten dieser Persönlichkeit bemerkt wurde, wie notwendig es eigentlich sei, eine Psychologie, eine Seelenkunde der europäischen Völker zu haben, denn das große Chaos, in das man hineinsegelt, werde fordern daß diejenigen, die einigermaßen führend sein wollen, sich auskennen in der Wirksamkeit, in den Kräften der europäischen Völkerseelen. Und es wurde von dieser Persönlichkeit sehr bedauert, daß eigentlich keine Möglichkeit sei, bei der Behandlung der öffentlichen Angelegenheiten so etwas wie eine Seelenkunde der Völker zugrunde legen zu können. Ich erwiderte, daß ich über diese Seelenkunde der europäischen Völker hier in Kristiania einen Vortragszyklus gehalten habe, und ich habe dann dieser Persönlichkeit diesen Vortragszyklus mit einer aus der damaligen Situation Januar 1918 — heraus geschriebenen Vorrede geschickt ... Genützt hat es allerdings nichts.» (Vortrag Kristiania, 24. November 1921)6

 

21. oder 22. Januar

Rudolf Steiner und Marie Steiner reisen nach Berlin weiter. Steiner trägt von Ende Januar bis Mitte August hauptsächlich in Berlin vor und arbeitet an der Neuherausgabe seiner Schriften: «Die Philosophie der Freiheit», «Goethes Weltanschauung», «Theosophie», «Wie erlangt man Erkenntnisse der höheren Welten?», «Ein Weg zur Selbsterkenntnis», «Die Schwelle der geistigen Welt», «Die Rätsel der Philosophie», an der Interpretation von Goethes Märchen «Von der grünen Schlange» und «Faust», an einer kleinen Zusammenstellung von Texten für deutsche Kriegsgefangene und an Aufsätzen für die von Alexander von Bernus herausgegebene Zeitschrift «Das Reich» (u. a. «Frühere Geheimhaltung und jetzige Veröffentlichung übersinnlicher Erkenntnisse»).7

 

 

 

8

Januar (ohne Tagesdatum):

Berlin: Unterredung Rudolf Steiners mit einem hohen Offizier der «in vieler Beziehung Ludendorffs rechte Hand» war:

«Als ich im Januar 1918 aus der Schweiz wiederum nach Berlin kam, da sprach ich mit einem Manne, der in den Ereignissen sehr tief drinnenstand, sehr in sie verstrickt war, und der längst meine Ideen kannte: daß nur in Mittel- und Osteuropa die Idee von der Dreigliederung des sozialen Organismus gefaßt werden müsse. Ich habe sie dazumal ausgearbeitet gehabt und nach der damaligen Zeitlage den Menschen, die daran hätten arbeiten können, vorgelegt. (Vgl. Chronik 1917 in Nr. 15 der «Nachrichten«). Der Mann hatte das auch gewußt. Es schien ihm sehr plausibel, daß es sich hätte handeln können darum, auf geistigem Wege aus der Misere herauszukommen. Darüber war gesprochen gewesen bereits seit längerer Zeit dazumal. Ich kam, wie gesagt — erinnern Sie sich an das, was dazumal im Januar 1918 war! — ich kam nach Berlin. Der Mann — er war Militär, ein höherer Militär — sagte, als ich ihm sprach von der unglückseligen, der unmöglichen Idee, noch einmal diese schreckliche Frühjahrsoffensive vom Jahre 1918 zu beginnen anstatt einer geistigen Aktion —, er sagte: Was wollen Sie denn, hat nicht der Kühlmann 'die Dreigliederung in der Tasche gehabt ... und dennoch hat er Brest-Litowsk gemacht! Unsere Politiker sind nichts, sind Nullen, wir vom Militär können nur kämpfen und kämpfen, wir können nichts anderes.(Fragenbeantwortungen Zürich, 25. Oktober 19198 und Dornach, 19. Juli 19204)

 

 

8. Februar

Berlin: Rudolf Steiner schreibt die Vorrede zu dem von ihm für Prinz Max von Baden durchgesehenen Vortragszyklus «Die Mission einzelner Volksseelen ...»: « ... Man muß entweder auf eine Völkerpsychologie verzichten, oder man muß für sie eine Grundlegung in einer geistigen Wirklichkeit suchen.»9

10. Februar

Trotzki erklärt einseitig den Krieg für beendet, auch ohne Friedensvertrag und bricht die Friedensverhandlungen ab.

11. Februar

USA: Präsident Wilson verkündet weitere 4 Punkte über das Selbstbestimmungsrecht der Völker.

17. Februar

Wien: Arthur Graf Polzer-Hoditz, Kabinettchef Kaiser Karls von Österreich, übersendet in versiegeltem Kuvert «zur allerhöchsten Eröffnung» Seiner Majestät die von ihm in dessen Auftrag ausgearbeitete Denkschrift über Rudolf Steiners Dreigliederungsprogramm und hat am selben Tage eine eingehende Besprechung darüber mit dem österreichischen Ministerpräsidenten Seidler.

«Ich persönlich war allerdings der Meinung, daß die Zeit gerade damals für große Gedanken aufnahmefähig war, und daß es nicht von Nachteil gewesen wäre, einen solchen, wenn auch unvermittelt, in die Welt zu werfen. Man wäre vielleicht über ihn hergefallen und hätte ihn zerzaust und arg zugerichtet. Aber er wäre dagewesen. Die Welt hätte sich mit ihm auseinandersetzen müssen, und war er gut, so hätte er sich schließlich behauptet. Es wäre eines Versuchs wert gewesen. Aber auch ich habe zu einem solchen Versuch erst zu raten vermocht, als ich die Gewißheit hatte, daß der bisherige Weg uns in den Abgrund führe, [9] und daß nur eine vollständige Wandlung Rettung bringen könnte. Dem unehrlichen Programm der «Selbstbestimmung und Völkerbefreiung», welches vom Westen revolutionierend in die Welt geschleudert wurde und dessen Saaten in Rußland bereits aufgegangen waren, hätte eine geistige Offensive von ebenso großer Wucht entgegengesetzt werden müssen. Nur eine solche hätte die sichtbar herankommende Katastrophe, die nicht nur uns, sondern ganz Europa zu erfassen drohte, aufhalten können. Ich hörte seit jener Unterredung mit Seidler nichts mehr von der Sache.» (Arthur Graf Polzer-Hoditz, «Kaiser Karl, Aus der Geheimmappe seines Kabinettchefs», Zürich-Leipzig-Berlin 1928).

 

 

24. Februar

Deutsches Ultimatum an Rußland zur Unterzeichnung des Friedensvertrages.

3. März

Brest-Litowsk: Rußland unterzeichnet unter Protest den Friedensvertrag. Rudolf Steiner: « ... die Völker des russischen Ostens hätten ganz gewiß in jenem Zeitpunkt Verständnis gehabt für eine Ablösung des Zarismus durch solche Impulse [d. h. des dreigliedrigen sozialen Organismus]. Daß sie Verständnis gehabt hätten, kann nur in Abrede stellen, der keine Empfindung hat für die Empfänglichkeit des noch unverbrauchten osteuropäischen Intellekts für gesunde soziale Ideen. Statt der Kundgebung im Sinne solcher Ideen kam Brest-Litowsk.» («Die Kernpunkte der sozialen Frage»)

 

 

18. März

Berlin: Rudolf Steiner übersendet Emil Molt, Stuttgart, sein Manuskript des Büchleins für die deutschen Kriegsgefangenen «Durch den Geist zur Wirklichkeits Erkenntnis der Menschenrätsel».

(Emil Molt gehörte zu den Unterzeichnern eines Aufrufes vom 1. Februar 1918 «An die Herren Württembergischen Industriellen» vom Württembergischen Goethebund, das Geistesleben auch dadurch zu fördern, daß den Soldaten zahlreiche Bücher «unserer Geisteshelden» ins Feld geschickt werden. Dies dürfte die Veranlassung zu dem obigen Buch und den ebenfalls 1918 ins Feld verschickten drei Heftchen mit Dichtungen Rudolf Steiners in der Serie der farbigen Heftchen der Waldorf-Astoria-Zigarettenfabrik gewesen sein.) 

21. März

Beginn der deutschen Frühjahrsoffensive, vor der Rudolf Steiner noch im Januar an maßgeblicher Stelle warnte; ihr strategisches Ziel war, die englische Front aufzurollen.

 

April (vermutlich zwischen 1. und 18.)

Berlin: Rudolf Steiner schreibt das Vorwort zur Neuauflage seiner «Philosophie der Freiheit» und kommt in seinen beiden öffentlichen Vorträgen vom 18. und 20. darauf zu sprechen.

15. April

Stuttgart: Brief Emil Molts an Rudolf Steiner mit der Bemerkung, daß er in Locarno mit Hermann Hesse zusammengetroffen sei; «er freut sich auf das Steinerbuch für seine Kriegsgefangenen.» (Hesse unterzeichnete auch ein Jahr später Steiners «Aufruf».)

10

Mai/Juli

Berlin: Rudolf Steiner schreibt die Vorworte zu den Neuausgaben von «Wie erlangt man Erkenntnisse der höheren Welten?» und «Die Rätsel der Philosophie» und im Juli das Vorwort zur 9. Auflage der «Theosophie».

 

 

4. Juli

USA: Präsident Wilson proklamiert weitere 4 Punkte seines Friedensprogrammes über «Herrschaft des Rechts» und «Demokratie für alle».

8. August

Schwere militärische deutsche Niederlage: «der schwarze Tag in Deutschlands Geschichte» nach Ludendorff.

17. August

Rudolf Steiner trägt wieder in Dornach vor und beginnt in dieser Zeit selbst mit der Ausmalung der Kleinen Kuppel des Baues.

 

2. September

Dornach: Vor dem Abendvortrag Rudolf Steiners gibt Dr. Emil Grosheintz den Beschluß des Bauvereins vom vorigen Tage bekannt, wonach der Bau künftig «Goetheanum» heißen soll.

27. September

USA: Rede Präsident Wilsons mit 5 Punkten über «Gerechtigkeit und Gleichberechtigung für alle».

 

3. Oktober

Berlin: Prinz Max von Baden wird Reichskanzler und richtet auf Drängen Ludendorffs das deutsche Waffenstillstands- und Friedensangebot an Präsident Wilson unter Annahme von dessen Friedensprogramm.

«Es war gleich nach dem 8. August 1918. Ludendorff ließ Herrn von Hintze (Minister des Auswärtigen) kommen, machte mit dem aus, daß Waffenstillstand von der Entente erbeten werden sollte. Herr von Hintze versprach, an Wilson heranzutreten. Aber es geschah nichts, bis gegen den Oktober des Jahres 1918 hin, trotzdem feststand, daß dasjenige geschehen mußte, was dann unter dem unglückseligen Ministerium des Prinzen Max von Baden nach Wochen geschehen ist. Der Prinz Max von Baden wollte nach Berlin gehen und etwas ganz anderes tun. [Nämlich die Dreigliederung proklamieren.] Aber Ludendorff erklärte, es müßte innerhalb 24 Stunden die Waffenstillstandsbitte vorgetragen werden, sonst käme das größte Unglück. Gegen seinen früheren Entschluß tat das Prinz Max von Baden. Nach fünf Tagen erklärte Ludendorff: er habe sich wohl geirrt, es sei gar nicht notwendig gewesen! Das ist so ein Beispiel, wie Praktiker, verehrte Praktiker, zu deren Verehrung aber nicht der geringste Grund vorlag, in die Weltereignisse eingreifen, von welcher Gesinnung aus und mit welchen Denkkräften sie eingreifen.» (Rudolf Steiner, Vortrag Dornach, 29. November 1918)"

  

 

Nach Hans Kühn erwartete Rudolf Steiner, «daß der neue Reichskanzler vor dem Beginn der sich ankündigenden Revolution schon bei der Antrittsrede das richtige Wort fände, d. h. den Mut habe, die Idee der Dreigliederung als Beweis eines tiefgreifenden Umschwungs und Friedenswillens des deutschen Volkes sofort zu proklamieren. Rudolf Steiner war sehr gespannt auf den Inhalt der [11] Antrittsrede, als er die Zeitung in die Hand bekam. So tief erschüttert sah ich Rudolf Steiner niemals wieder als bei dieser Enttäuschung, die den Niedergang und Leidensweg des deutschen Volkes bedeutete.» (Hans Kühn, «Wie es zur Dreigliederungsbewegung vor 50 Jahren kam»)11

 

 

 

5. Oktober

Berlin: Programmrede des Reichskanzlers Prinz Max von Baden im Reichstag mit Bekanntgabe des Friedensangebotes und dem Bekenntnis zu den «auf das künftige Glück der Völker gerichteten Gedanken, die Herr Wilson verkündete».

 

« ... Und zu alledem wird ja für den tiefer blickenden Menschen die Enttäuschung getreten sein, daß zu der äußeren militärischen Kapitulation auch die geistige Kapitulation von Seiten Deutschlands durch den Mann hinzugefügt worden ist, auf den wie auf eine letzte Hoffnung viele Menschen gerade in den Herbsttagen des Jahres 1918 hingeschaut haben.» (Rudolf Steiner, Vortrag Stuttgart, 21. April 1919)12

8.-10. Oktober

Zürich: Rudolf Steiner hält in Zürich zwei öffentliche und einen Mitglieder-Vortrag und schreibt am 10. für die Schrift von Karl Heise «Die Entente-Freimaurerei und der Weltkrieg» das Vorwort, welches zeigt, wie Rudolf Steiner schon vor der deutschen Revolution bemüht war, zu einer wirklichkeitsgemäßen Urteilsbildung über die Kriegsschuldfrage aufzufordern:

 

 

«Vorrede. Die zu einem Verständnis der großen, 1914 hereingebrochenen Weltkatastrophe führenden Erkenntnisse müssen auf den verschiedensten Gebieten des Völker- und Menschenlebens gesucht werden. Das Gebiet, das bis zu diesem Zeitpunkte als das eigentlich politische galt, enthält nur eine der Strömungen, die zusammengeflossen sind, um das verheerende Ereignis herbeizuführen. In den Gedanken, die Juli 1914 in die Verwirrung getrieben haben, ergoß durch lange Zeiten hindurch vieles andere seine die Menschheit zerspaltenden Kräfte hinein. In diesem Buche wird auch nur eine der ein Frage kommenden Strömungen geschildert werden. In welchem Grade es wichtig ist, auf diese Strömung den forschenden Blick zu lenken, das möge der Leser selbst entscheiden, dem in dem Folgenden so manches Tatsachenmaterial vorgelegt werden soll, das belegen kann, wie gewisse Geheimgesellschaften der Ententeländer und deren Logen eine ursprünglich und im Kern gute und notwendige Sache in den Dienst des Völker-Egoismus und der eigensüchtigen Interessen einzelner Menschengruppen stellten. Eine Sache, die der ganzen Menschheit ohne Rassen- und Interessen-Unterschiede dienen sollte, wird aus einer guten eben eine schlechte, wenn sie zur Machtgrundlage einzelner Menschengruppen gemacht wird. Die Grundlagen gewisser Erkenntnisse wurden durch Geheimgesellschaften der Ententeländer zu Antrieben einer die Weltkatastrophe vorbereitenden politischen Gesinnung und Beeinflussung der Weltereignisse. Naturgemäß würde in Einseitigkeit verfallen, wer nicht berücksichtigte, daß aus den Ursprungsstätten solcher Gesinnung und Beeinflussung noch manches andere hervorgegangen ist. Das Buch, das hiermit der Öffentlichkeit vorgelegt wird, will nicht umfassend sprechen von der <Schuld am Welt kriege>; aber es will den Blick auf Dinge lenken, in denen derjenige auch suchen muß, der diese '<Schuld> finden will. Ein solcher wird mit dem, was er hier findet, manches andere noch vereinigen müssen. Aber aus den vorgelegten Tatsachenberichten dürfte doch folgen, daß einen wichtigen Gesichtspunkt unbeachtet läßt, wer beim Suchen nach dieser <Schuld>, das man besser ein Stichen nach bedingenden [12] Ursachen nennen sollte, die Aufmerksamkeit nicht in die durch das Folgende angegebene Richtung lenkt.

Zürich, am 10. Oktober 1918.»

 

 

 

 

18. Oktober

Dornach: Beginn der Vortragsreihe «Geschichtliche Symptomatologie».

26 Oktober

Berlin: Entlassung Ludendorffs hauptsächlich aufgrund des durch ihn überhastet gestellten Waffenstillstandsangebotes.

27. Oktober

Dornach: Vortrag zum Erscheinen der Neuauflage der «Philosophie der Freiheit» und deren Zusammenhang mit dem Zeitgeschehen. Eindringlich wird die Notwendigkeit einer begründeten Wissenschaft der Freiheit zur menschenwürdigen Gestaltung des sozialen Lebens charakterisiert:

«Wer die heutige Zeit betrachtet mit alledem, was heraufzieht, der wird finden, daß in dem, was heraufzieht, gerade das fehlt, was die <Philosophie der Freiheit> will. Die <Philosophie der Freiheit> begründet in einer freien geistigen Denkerarbeit eine zwar mit der Naturwissenschaft völlig im Einklang stehende, aber über die Naturwissenschaft eben frei hinausgehende Wissenschaft von der Freiheit. Dieser Teil in meinem Buche macht es möglich, daß wirklich freie Geister sich innerhalb der heutigen sozialen Ordnung ausbilden könnten. Denn würde die Freiheit nur als <Wirklichkeit der Freiheit> ergriffen, ohne die solide Grundlage der <Wissenschaft der Freiheit>, so würde im Zeitalter, in dem sich das Böse so einnistet, wie ich es gestern charakterisiert habe, die Freiheit notwendigerweise nicht zu freien Geistern, sondern zu zuchtlosen Geistern führen müssen. Einzig und allein in der strengen inneren Zucht, welche in dem nicht am Gängelbande der Sinne lebenden Denken gefunden werden kann, in wirklich denkerischer Wissenschaft ist zu finden, was für das gegenwärtige Zeitalter, das die Freiheit realisieren muß, eben notwendig ist ... Der Tag der die Einsicht bringen wird ... wird eine neue Morgenröte über die Menschheit heraufbringen können.»13


1. November

Dornach: Vortrag zum Erscheinen der 2. Auflage von «Goethes Weltanschauung».13


3.-7. November

Kiel: Beginn der deutschen Revolution durch Matrosenerhebung.  

7 November

München: Ausbruch der bayerischen Revolution.

Zürich: In einem durch die Vorträge Rudolf Steiners veranlaßten Gespräch zwischen Carl Unger, Inhaber und Leiter der Präzisions-Werkzeugmaschinenfabrik in Stuttgart-Hedelfingen, und einem «bekannten Industriellen, dem die sozialen Forderungen Rudolf Steiners vertraut waren», entwickelte Unger die Idee einer Industrie-Treuhandorganisation, damit «Industrielle im freien Entschluß ihre Betriebe sogleich in einer solchen Weise zwischen Kapital und Arbeit stellen könnten, daß dadurch ein Übergang zur Dreigliederung des sozialen Organismus von der Seite der Wirtschaft her angebahnt werden könnte». (Dr. Carl Unger in «Phänomene und Symptome», 1. Jg. Nr. 12, Mai 1927)

[13]

8. November

München: Der Sozialist Kurt Eisner proklamiert die bayerische Republik und wird bayrischer Ministerpräsident. Otto Graf Lerchenfeld versucht noch am selben Tag vergeblich ein Gespräch zwischen Rudolf Steiner und Eisner zu vermitteln. Durch Hans Kühn kommt es im Februar 1919 dazu.

 

9. November

Berlin: Ausbruch der Revolution — Abdankung Kaiser Wilhelms II. — Proklamierung der Republik in allen Bundesstaaten — Der letzte Reichskanzler des deutschen Kaiserreiches, Prinz Max von Baden, wird durch den Sozialdemokraten Friedrich Ebert abgelöst.

Dornach: Rudolf Steiner beginnt mit dem Vortrag «Episodische Betrachtungen über die geschichtlichen Ursachen der katastrophalen Ereignisse der Gegenwart» die Vortragsreihe «Entwicklungsgeschichtliche Unterlagen zur Bildung eines sozialen Urteils» und äußert zur sogenannten Kriegsschuldfrage:

 

« ... und ich darf mich vielleicht nicht davor scheuen, zu sagen, daß unter den vielen Dingen, um die ich mich bemüht habe in den letzten Jahren, dieses mit darunter war, daß vor der Welt eine schlichte Darstellung desjenigen, was am 28., 29., 30., 31. Juli und 1. August in Berlin geschehen ist, ohne Urteil, eine schlichte Darstellung der wirklichen Ereignisse gegeben werde. Ich habe es nicht erreicht. Aber es wäre viel erreicht worden, wenn diese schlichte Darstellung wirklich gegeben worden wäre.»

 

10 November

Dornach: Vortrag über «Unterlagen zur Beurteilung der gegenwärtigen Zeitverhältnisse — über Unternehmergewinn, Rente, Lohn» mit nochmaligem Hinweis auf die «Philosophie der Freiheit»:

« . .. Das Maß desjenigen, was gut werden kann an den furchtbaren Stürmen, die heute vor der Tür stehen, das wird sich ganz danach richten, ob man anfangen wird, für solche Dinge, wie ich sie z. B. inauguriert habe mit meiner <Philosophie der Freiheit> oder dergleichen Verständnis zu gewinnen oder nicht. Nicht wahr, jeder tut dasjenige, was er tun kann, was in seinem Karma, in seiner Richtung liegt. Von den Dingen, die ich selber getan habe, möchte ich eben gerade hervorheben die Produktion von Gedanken, die dem sozialen Leben eine Struktur geben können, und von denen ich im Anfange der neunziger Jahre, vor einem Vierteljahrhundert eben hoffte, daß sie schon dazumal einen Resonanzboden finden könnten, nachdem nach einem Vierteljahrhundert nun die zweite Auflage erschienen ist, . . . nicht nur trotz, sondern wegen der schwierigen Zeiten, die jetzt beginnen.»

11. November

Waffenstillstand zwischen Deutschland und den Alliierten.

15. November

Dornach: Vortrag über «Die Bedeutung der drei Klassen: des Adels, des Bürgertums und des Proletariats».

16. November

Dornach: Vortrag über «Die <Schuld> am Kriege — Karl Marx, Persönlichkeit und Werk — Die Aufgabe des Goetheanismus in der Welt».

[14]

 

17. November

Dornach: Vortrag über «Die Dreigliederung des Menschen und des sozialen Organismus — Die drei Glieder der Lehre von Karl Marx: Mehrwertstheorie, materialistische Geschichtsauffassung und Klassenkampf — Die drei Seelenglieder des Menschen und ihre Ausbildung in den Völkern Europas».

 

 

22. November

Dornach: Vortrag über «Die Ausbildung der marxistischen Lehre zur proletarischen Weltanschauung — Der wirtschaftliche Kampf des Westens gegen die Welle des Blutes von Osten».

23. November

München: Kurt Eisner als bayrischer Ministerpräsident veröffentlicht durch die Münchner halbamtliche Korrespondenz bayrische Gesandtschaftsberichte aus Berlin, um die Schuld der kaiserlichen Regierung am Weltkrieg zu belegen.

Dornach: Vortrag über «Die Notwendigkeit einer Urteilsbildung aufgrund von Tatsachen».

 

24. November

Dornach: Vortrag über den «notwendigen Gebrauch des gesunden Menschenverstandes — Die aus den Geheimnissen der Schwelle folgende Dreigliederung des sozialen Organismus als geschichtliche Notwendigkeit».

In diesen beiden Vorträgen vom 23. und 24. November 1918 kommt Rudolf Steiner auch auf die Bedeutung des Volksseelenverständnisses zu sprechen, wohl im Rückblick auf das mit Prinz Max von Baden geführte Gespräch im Januar:

 

 

« . .. Ich sagte, ich habe Gelegenheit gehabt, mit den verschiedensten Menschen zu sprechen. Die Menschen haben schon einmal äußerlich abstrakt die Meinung, man müsse kennenlernen, was z. B. in den verschiedenen Volkskräften spielt ... und die Menschen wissen gar nichts damit anzufangen, wenn man ihnen einfach auch auf dem Gebiete des geistigen Lebens mit demselben Prinzip kommt, mit dem man kommen muß z. B. in der Mathematik ... Müssen Brücken gebaut werden oder Eisenbahnen, da geben die Menschen zu, daß zum Aufbau die Wissenschaft davon nötig ist . . Aber Geschichte treiben, Geschichte machen wollen die Leute ohne irgendwelche Prinzipien, und sie werden gar nichts damit machen können, wenn man ihnen sagt: Niemand kann die europäischen Verhältnisse beurteilen, der nicht wenigstens das Elementare weiß, daß auf der italienischen Halbinsel die Empfindungsseele das vorzugsweise volksmäßig Wirksame ist, in Frankreich die Verstandes- oder Gemütsseele, im Britischen Reiche die Bewußtseinsseele usw., wie wir das kennengelernt haben. Diese Dinge liegen zugrunde demjenigen, was geschieht, wie das Einmaleins zugrunde liegt dem Rechnen. Und bevor man nicht mit Bezug auf Kenntnis der realen Verhältnisse in der Welt von diesen Dingen ausgeht, ist man, welche Stelle man auch einnimmt im Gefüge des sozialen oder politischen Lebens der heutigen Zeit, ein unfähiger Mensch, geradeso wie man ein unfähiger Mensch beim Brückenbau wäre, wenn man nicht die einfachsten Dinge der Mathematik kennen würde. Die Menschen müssen dazu kommen, dieses einzusehen; sie müssen das durchschauen lernen. Denn davon hängt die Zukunft der Menschheit ab ... Das ist es, worum es sich handelt: nicht um ein abstraktes, allgemeines Menschentum, sondern um ein wirkliches Verbinden der Menschen auf Grundlage des Interesses [15] für die besondere individuelle Gestaltung, die ein Mensch dadurch erhält daß er in ein bestimmtes Volksseelentum hineinversetzt ist.»5


29 November

Dornach: Vortrag über den «Osten und den Westen in geistiger Beleuchtung., erster Vortrag der Reihe «In geänderter Zeitlage». Rudolf Steiner kommt wieder auf die sogenannte Kriegsschuld der Mittelmächte zu sprechen: « ... Was ich noch in den letzten Vorträgen hier ausgeführt habe, ist mittlerweile in dieser Woche voll bestätigt worden durch die mit meinen Ausführungen in voller Übereinstimmung stehenden Enthüllungen, die von der bayrischen Regierung ausgegangen sind und welche den Briefwechsel wiedergeben zwischen der bayrischen Regierung und dem bayrischen Gesandten in Berlin, dem Grafen Lerchenfeld-Köfering. Durch solche Dinge wird immer mehr das Bild herauskommen, welches ich Ihnen seit Jahren allerdings so geben mußte, daß ich immer die Dinge auf ihre richtige Fragenstellungen zurückführte. Es ist ein gewisses Verdienst — und auch diese Dinge darf man ja jetzt hervorheben — des auf eine merkwürdige Weise aus dein Kerker zum Ministerpräsidentenstuhl gekommenen Kurt Eisner, daß er mit der Veröffentlichung dieser Dinge angefangen hat.»10

30. November

Dornach: Vortrag über «Abstraktion und Wirklichkeit im Sozialen».

November:

Stuttgart: Aufgrund der aus dem Gespräch am 7. November in Zürich entsprungenen Initiative wird von Dr. Carl Unger und Emil Molt versucht, mit einer Gruppe von Industriellen eine großangelegte Industrie-Treuhandgesellschaft zu bilden als eine Art Übergang zur Dreigliederung.

«Der Plan war kurz der, daß die Wirtschaft, d. h. in diesem Falle die Industrie, über das unmittelbar erreichbare Gebiet hin unverzüglich zur Friedensproduktion zurückkehren sollte, unbekümmert um die zunächst fehlenden Aufträge. Die dazu nötigen Kredite sollten durch eine Treuhand-Gesellschaft aufgebracht werden, die dagegen die hergestellten Friedenswaren übernehmen sollte. Das Wichtigste war die sofortige Aufnahme der Friedensproduktion. Damit wäre eine Stelle geschaffen gewesen, die zentral an den unbedingt zu erwartenden Konsum herankommen und die relative Abhängigkeit der verschiedenen Produkte voneinander und vom Konsum selbst regeln konnte. 

Man bedenke, welche Werte dadurch geschaffen werden konnten und welche Ersparnis an Wertvernichtung erzielt worden wäre; man ermesse die Wirksamkeit gegen die immer mehr fortschreitende Inflation, die dann, nachdem Monate versäumt waren, die rasch einsetzende Hochkonjunktur auffraß. Das alles konnte zahlenmäßig belegt werden, unabschätzbar ist der moralische Wert, der errungen worden wäre, und der sich gewiß bei den Verhandlungen in Versailles ausgewirkt hätte, und zwar, wie heute leicht durchschaubar ist, für alle Beteiligten. 

 

Die Idee leuchtete sofort ein den Volkswirten, einigen Wirtschaftern und maßgebenden Behörden (Finanz- und Arbeitsministerium); Arbeiter, mit denen man sprach, waren begeistert; sogar die juristischen Einwände insbesondere in Fragen des Pfandrechtes konnten leicht überwunden werden. Die Frage war nur, wie das Anfangskapital zu beschaffen sei; sie regelte sich merkwürdig glatt. Binnen zwei Tagen war folgendes erreicht: Die Reichsbank war bereit, eine Reihe von Millionen (etwa 60prozentiger Papiermark) zur Verfügung zu stellen, [16] und das Finanzministerium wollte die Garantie dafür übernehmen! Nur eine Bedingung war dabei: Die Industrie sollte ihrerseits ihr Interesse praktisch bekunden und dieselbe Summe zeichnen, was gar nicht schwer war, denn ganz erhebliche Zeichnungen wurden sofort geleistet.

 

 

 

Dann aber wurde ein Fehler begangen: es wurde eine Großbank herangezogen, und von dieser Seite her wurde Mißtrauen gesät, ein Aufschub gefordert und kostbare Zeit vertan. Die Banken wollten die Idee selbst aufgreifen; es wurde die ganze Angelegenheit auf das falsche Geleise reiner Finanzkonstruktion geschoben und damit die volkswirtschaftlich-technische und soziale Seite abgewürgt. Dann kam die Trägheit des Herzens ...

Zuletzt wurde ein lächerliches Mäuschen einer von Banken gespeisten Treuhandgesellschaft gewöhnlichsten Formats geboren.» (Carl Unger in «Phänomene und Symptome», 1. Jg. Nr. 12, Mai 1927)

Zürich: Dr. Roman Boos, unter dem Eindruck der Novembervorträge Rudolf Steiners stehend, die in «wie von der weltgeschichtlichen Notwendigkeit selbst geprägter Eindringlichkeit von der Verpflichtung des deutschen Geistes dem Weltgewissen gegenüber» gesprochen waren, beschließt, sich sofort zur Verfügung zu stellen.

1. Dezember

Roman Boos siedelt nach Stuttgart über, «wo eine Gruppe entschlossener Männer — den Kerntrupp bildeten Industrielle — bereit waren, die Voraussetzungen zu schaffen, daß ein Geistimpuls, wie Rudolf Steiner ihn vertrat, Eingang ins Chaos geschaffen werde, in das von außen her die Heere der Alliierten und im Innern die revoltierende Arbeiterschaft das deutsche Volk drängten. Zunächst wurde nach allen Kreisen hin Verständnis für die dringendsten Gebote der Stunde zu schaffen gesucht.» (Boos «Michael gegen Michel, Katharsis des Deutschtums 1914-1925», S. 51).

 

 

 

Boos übernimmt auf Bitte Emil Molts die Schriftleitung der mit Januar 1919 erscheinenden «Waldorf-Nachrichten» der Waldorf Astoria-Zigarettenfabrik. 

Dornach: Vortrag über «Die Entwicklung des mechanischen, eugenetischen und hygienischen Okkultismus in der Zukunft». 

6. Dezember

Dornach: Vortrag über «Die Grundbedingungen des sozialen Lebens».

7. Dezember

Dornach: Vortrag über «Gespenster des Alten Testamentes im Nationalismus der Gegenwart».

8. Dezember

Dornach: Vortrag über «Die Veranlagungen der Nationen».

12. Dezember

Bern: Vortrag über «Soziale und antisoziale Triebe im Menschen».

13. Dezember

Dornach: Vortrag über «Die Umwandlung instinktiver in bewußte Impulse».

 

[17]

14. Dezember

Dornach: Vortrag «Wirklichkeitslogik und Begriffslogik».

15. Dezember

Dornach: Vortrag «Die Metamorphosen der Intelligenz».

20. Dezember

Dornach: Vortrag «Die neue Geistesoffenbarung».

 

Hier beginnt Rudolf Steiner zum erstemal auf das Hereinbrechen neuer Offenbarungen durch die Geister der Persönlichkeit (Archai), die in unserer Zeit zum Range von Schöpfern aufsteigen, hinzuweisen: «Wer nicht in diesem Sinne die Aufgabe der anthroposophisch orientierten Geisteswissenschaft versteht, der versteht sie überhaupt nicht. Denn diese anthroposophisch orientierte Geisteswissenschaft würde schweigen, wenn sie nicht Neues, eben erst Hereinbrechendes, wenn ich den Ausdruck gebrauchen darf, von den Himmeln der Menschheit sich Offenbarendes zu verkünden hätte. Und was sich offenbart durch den Schleier der Erscheinungen, das ist der Ausdruck eines neuen schöpferischen Prinzips, das besorgt wird durch die Geister der Persönlichkeit. Damit hängt es zusammen, daß gerade dieses unser Zeitalter... als seine charakteristische Eigenschaft die Ausprägung der Impulse der Persönlichkeit hat. Die Persönlichkeit will sich... auf die eigenen Füße stellen und wird das immer mehr und mehr wollen in das 3. Jahrtausend hinein.»10

21. Dezember

Dornach: Vortrag über das Christentum und die sozialen Forderungen unserer Zeit mit dem bedeutungsvollen Hinweis, daß die Menschheit durch den Aufstieg der Geister der Persönlichkeit vor ein völlig verändertes Weltbild trete.

 

24. Dezember

Dornach: Brief Rudolf Steiners an Johanna Mücke in Berlin hinsichtlich der Festsetzung der öffentlichen Berliner Wintervorträge: «Als erster der Tage ist nun .der 27. Januar in Aussicht genommen. Auf alle Fälle wird erst der 3. Februar in Frage kommen können. Denn abgesehen davon, daß die Reise nach Berlin ohnedies schon lange dauern wird und wir wegen anderem kaum so früh werden abreisen können, daß wir am 27. dort sein können, ist bei mir angefragt worden, ob ich nicht, falls es sich machen läßt, noch im Januar in Zürich und Basel über die Fragen der Gegenwart vortragen könnte. Unter Umständen ist das sehr viel wichtiger auch gerade für das deutsche Wesen als die ja wohl auch jetzt noch verhallenden Vorträge dort. Die Entwicklung wird dieses <jetzt> wohl zu einem andersinhaltlichen <künftig> machen, allein diese Zeit ist noch nicht da. Besser gesagt: deren Impulse bewegen sich noch in den Unterbewußseinen der Menschen. Doch Sie wissen: für mich ist, was gekommen ist, nicht so ganz unvorbereitet gekommen. Doch schließlich: auch das ist zu begreifen, daß sich die Menschen über so Schweres so lange als möglich Illusionen machen wollten. Allerdings ist dadurch die jetzige Wirklichkeit noch drückender geworden.»

 

 

28. Dezember

Dornach: Rudolf Steiner weist in seinem Vortrag wiederum hin auf das hinter den Zeitereignissen stehende Aufsteigen der Geister der Persönlichkeit zu Schöpfern: «Wer genügend Empfindung haben kann für diese der übersinnlichen Forschung zugängliche Tatsache, daß gewissermaßen die altverehrten [18] Götter oder der Gott abgelöst werden müssen für das menschliche Bewußtsein durch andere Impulse, der wird sich sagen: Mancherlei hat sich gewiß zugetragen innerhalb der Menschheitsentwicklung auch in historischen Zeiten. Eine solche innere Umwandlung des ganzen menschlichen Bewußtseins, wie die ist, in der wir stehen und die sich immer mehr und mehr zeigen wird, die war in historischen Zeiten gewiß noch nicht da . Das ganze innere Gefüge des geistigen Lebens ändert sich... Insbesondere auf dem Gebiet des sozialen Lebens kann mancher das Gefühl haben, es will sich etwas realisieren... Was ich Ihnen als eine Art aber nur eine Art, weil es nicht Programm, sondern Wirklichkeit ist — notwendiger sozialer Impulse vorgetragen habe, ist... nicht etwas Ausgedachtes, auch nicht etwas aus irgendeinem Ideal heraus Gebildetes, sondern es ist dasjenige, was sich verwirklichen will und sich auch verwirklichen wird, nur in Begriffe gefaßt. Aber man kann es nicht in Begriffe fassen, wenn man sich nicht die Möglichkeit zuerst erarbeitet, zu Bildern zu kommen, die dann verifiziert werden, bewahrheitet, erhärtet werden von den Geistern der Persönlichkeit, die den neuen Weltenplan spinnen.»14

 

 

 

Das Jahr 1919

3. Januar-2. Februar

Dornach: Rudolf Steiner hält die Vortragsreihe «Der Goetheanismus, ein Umwandlungsimpuls und Auferstehungsgedanke. Menschenwissenschaft und Sozialwissenschaft» als eine Antwort auf die wichtigsten Fragen der Zeit, denn «es lagert eine ernste Tragik über der gegenwärtigen Menschheit».

(31. Januar 1919)15

 

5.-12. Januar

Berlin: Spartakusaufstand.

München: 5. Januar Gründung der NSDAP mit einstimmiger Annahme des von Hitler vorlegten Programms.

15. Januar

Berlin: Rosa Luxemburg und Karl Liebknecht werden ermordet.

«Ich stand... vor jetzt mehr als 18 Jahren, in Berlin, in Spandau auf der gleichen Rednerbühne mit der so tragisch geendeten Rosa Luxemburg. Wir sprachen beide vor einer Proletarierversammlung über die Wissenschaft und die Arbeiter...» (Rudolf Steiner, Vortrag Basel, 2. April 1919)

 

18. Januar

Versailles: Eröffnung der Friedenskonferenz.

19. Januar

Deutsche Wahlen zur verfassunggebenden Nationalversammlung.

21. Januar

Dornach: Telegramm Rudolf Steiners an Friedrich Rittelmeyer in Berlin mit der Bitte, für seine in Berlin angekündigten Vorträge mit eigenen Vorträgen einzuspringen, da er in der 1. Februarhälfte wichtige Vorträge in Zürich zu halten habe.

 

[19]

25. Januar

Dornach: Emil Molt, Dr. Roman Boos, Hans Kühn suchen als Delegierte der in Stuttgart tätigen anthroposophischen Wirtschafter Rudolf Steiner auf, um mit ihm über die Weiterführung ihrer im Sinne der November-Vorträge begonnenen Tätigkeit zu sprechen und ihm einen (nach Hans Kühn von Carl Unger verfaßten) Entwurf zu der Treuhandorganisation vorzulegen.


 

Vormittags: Rudolf Steiner empfängt sie in seinem Atelier mit den Worten:

«Es ist ganz schrecklich, wie wenig in Deutschland Verständnis für Außenpolitik besteht. Auch die Sozialpolitik muß heute als Außenpolitik behandelt werden. Denn bei schlechter Außenpolitik würden alle Früchte einer guten Sozialpolitik doch verloren gehen. — Unter allen Umständen sollte durch rasches Eingreifen in Deutschland weiteres Blutvergießen vermieden werden. — Für mich besteht gegenwärtig die wichtigste Aufgabe darin, in Zürich die angekündigten vier Vorträge zu halten. Es ist dort ein internationales Publikum. Ich werde diese Vorträge nachher sofort in Druck geben.»*

Es wird eine Besprechung auf den Nachmittag vereinbart.

 

Nachmittags: Rudolf Steiner eröffnet wiederum mit den Worten:

«Das Wichtigste ist die auswärtige Politik ..., ohne die auswärtige Politik, speziell die Schuldfrage ins Auge zu fassen, kommt man nicht weiter. Es ist verderblich, daß in Deutschland kein Interesse für die auswärtige Politik da ist ... Es ist unbedingt nötig, von einem geeigneten Ort aus eine Darstellung des Kriegsausbruches zu geben ... Es müßte zunächst auf eine dem internationalen Publikum verständliche Art gerade von deutscher Seite von den Ursachen der ganzen Katastrophe geredet werden.»

 

 

Aus der sich in dieser Besprechung erweisenden ungeheuren Sachkenntnis Rudolf Steiners ergibt sich, «daß uns, die wir gekommen waren, um Rat für unser Weiterwirken zu empfangen, die Einsicht kam: Dr. Steiner muß selber die von uns angeknüpften Fäden in die Hand nehmen.» (Roman Boos)

Laut Protokoll Boos macht «Molt Dr. Steiner den Vorschlag, etwas auszuarbeiten, das wir alle unterschreiben. Er regt die Gründung eines Bundes an, wo Dr. Steiner auftreten könnte. Dr. Steiner: (Ein Rückhalt müßte schon da sein.'»

Es wird vereinbart, am übernächsten Tag, den 27. Januar, sich eingehend weiter zu besprechen.


Abends: Vortrag Rudolf Steiners über das Verhältnis der Menschenwissenschaft zur Sozialwissenschaft:

«Zu dem Verständnis der sozialen Struktur kann man nicht kommen, wenn man nicht sich schult an der Dreigliederung des Menschen und dadurch lernt, wie man das Verständnis der Menschenwissenschaft zur Sozialwissenschaft gestalten muß.»15

26. Januar

Dornach: Vortrag Rudolf Steiners über die Völkerwanderung von einst und jetzt, die Dreigliederung des sozialen Organismus und ihre Realisierung. (Nach Roman Boos rückte dieser Vortrag den von den Stuttgarter Delegierten nach Dornach getragenen Problemkomplex in mancher Beziehung zurecht).

      

Unter anderem wird ausgeführt, daß es einer der Grundirrtümer unserer Zeit sei, der in der Praxis nur zu dem allergrößten Unheil führen könne, zu glauben, daß man heute irgendein Land für sich sozialisieren könne, ohne Rücksicht dar

 

 

* Wurden zu dem Buch «Die Kernpunkte der sozialen Frage». [20] auf zu nehmen, daß seit der Mitte des 19. Jahrhunderts die Erde ein Gesamtorganismus in sozialer Beziehung ist.


«Wer den sozialen Organismus in seinen inneren Lebensbedingungen — und das ist etwas, was ausgehen muß von dieser Dreigliederung — kennt, der weiß sich in die richtigen Verhältnisse zu setzen, ob er nun die sozialen Verhältnisse in Rußland oder England oder in Deutschland oder irgendwo sonst zu beurteilen hat.»

Über die Frage der Geburtenregelung heißt es, daß sie niemals eine soziale Frage werden darf, denn das bedeute die Verkennung des richtigen Verhältnisses zwischen Mensch und Volkswirtschaft...

«Das bedeutet, daß man in unserer Zeit nicht weiß den Unterschied zwischen Schwein und Mensch ... Ob wünschenswert ist eine starke Vermehrung der Menschen oder ein Erhalten der Bevölkerung auf einem bestimmten Niveau der Bevölkerungszahl, das darf niemals von volkswirtschaftlichen Erwägungen abhängen, sondern da müssen andere, ethische, spirituelle Erwägungen mitsprechen. Bei Erörterung dieser Frage muß ganz besonders bedacht werden, daß, wenn man künstlich durch Volkswirtschaft hinarbeitet auf eine bedeutende Vermehrung der Bevölkerung, daß man dann Seelen, die vielleicht sich erst nach vier oder fünf Jahrzehnten haben verkörpern wollen, zwingt, daß sie jetzt schon herunterkommen, um in um so schlechterem Zustande auf diese Weise herunterzukommen. So daß eine Bevölkerungszunahme unter Umständen einen Zwang bedeutet, den Sie auf die Seelen ausüben, die dann in um so schlechterer Verfassung in die Körperinkarnation hinein müssen. Dadurch kommt dann das moralische Sumpfniveau unter Umständen. Die Frage der Bevölkerungszunahme oder Stabilität oder selbst die der Bevölkerungsabnahme, die darf niemals eine volkswirtschaftliche Frage, sondern muß eine Frage der ethischen, der moralischen, kurz, überhaupt der geistigen und sogar der spirituellen Lebens- und Weltanschauung sein. Alle diese Dinge kommen nur in eine gesunde Sphäre hinein, wenn sie geisteswissenschaftlich erfaßt werden. Daher werden Sie begreifen die Notwendigkeit einer geisteswissenschaftlichen Fundierung alles sozialen Denkens ...»15

 

27. Januar

Dornach: Vor- und nachmittags ausführliche Besprechungen mit der Abordnung aus Stuttgart, welche hauptsächlich zu einer Beantwortung von Fragen durch Rudolf Steiner anhand der ihm vorgelegten Berichte und Pläne zur Schaffung einer Wirtschaftstreuhandgesellschaft, und zu einem Entwurf von Grundsätzen für eine Kundgebung führen. Dr. Steiner geht z. B. auf Fragen ein über die politischen Formen des Westens / überwuchern der Produktion gegenüber dem Konsum / Privateigentum / Unternehmergewinn / Geld / Steuergestaltung / Beteiligung der Arbeiterschaft am Betrieb u. a. Ein ausführliches Protokoll dieser Besprechungen vom 25. und 27. 1. 1919 aufgrund seiner stenographischen Notizen wurde von Roman Boos veröffentlicht in «Michael gegen Michel» (Basel 1926), in «Rudolf Steiner während des Weltkrieges» (Dornach 1933) und in seiner Zusammenstellung «Sozialwissenschaftliche Texte» von Rudolf Steiner, 1. Heft (1935 und 1961)

  

Aus den Besprechungen dieses Tages gehen drei Aktionen hervor:

Der «Aufruf»

Die Gründung der Waldorfschule

Der Plan zur Veröffentlichung der Moltke-Erinnerungen als notwendige [21] Darstellung der Kriegsursachen         Hinblick auf die kommenden Friedensverhandlungen.

Der Aufruf: Der Gedanke zum Aufruf entstand nach Roman Boos, nachdem Rudolf Steiner bei der Besprechung des ihm vorgelegten Entwurfes auf das Tatsachenprogramm seiner Memoranden von 1917 zu sprechen kommt, das dem Ententeprogramm hätte entgegengestellt werden müssen und das auch jetzt noch zum Einsatz gebracht werden müßte. Auf die Frage, wie das geschehen könne, antwortet er:

«Man müßte eine Anzahl Persönlichkeiten aus dem ganzen deutschen Gebiet haben. Diese müßten eine Kundgebung des deutschen Volkes erlassen, durch die das Ausland erfährt, daß man das will. Es müßte erfahren, daß das die Antwort auf Wilsons Programm ist. Man ist darauf angewiesen, daß man einen Anhang, wenn auch einen kleinen, hinter sich hat, ... der erst geschaffen werden muß. Ich -will Sie auf eine Erscheinung aufmerksam machen: Wenn Sie in den letzten Jahren die Stimmung in der Entente verfolgt haben, so werden Sie gesehen haben, welch ungeheure Rolle das Manifest der 93 Intellektuellen gespielt hat. Heute braucht man auch nichts anderes, als unter einer solchen Sache etliche 90 Menschen unterschrieben zu haben. Ich möchte in Zürich sagen können, es stehen so und so viele hinter mir, zum Beispiel 90 Männer. — 1916 sagte ich dem Vertrauensmann von Ludendorff, er solle die 'Möglichkeit geben, für das offizielle Deutschland in der Schweiz zu wirken. Das wurde im letzten Augenblick durch Ludendorff kaputt gemacht, weil ich kein Reichsdeutscher bin. Damals war es genügend, sagen zu können, das offizielle Deutschland steht hinter mir. Heute wäre es gut, sagen zu können, so und so viele Leute stehen hinter mir. Man braucht 90 Unterschriften aus verschiedenen Teilen des Reiches. Dann sagen sich die vernünftigen Leute im Ausland: jetzt sind endlich einmal einige Menschen da, die etwas Wirkliches wollen. Denn dort weiß man, daß man selbst auch nur vor einer Galgenfrist steht. Ich könnte Ihnen eine Art Entwurf machen bis Ende der Woche ... (Auf eine zaghafte Bemerkung): Sie sollen sich nicht als Stümper fühlen, sondern als erste Meister. Vorwärtsbringen können heute eine solche Sache nicht einzelne Personen, wohl aber hundert . .»

 

 

 

 

Die Anregung zu einer freien Schule ergab sich aus einem Satz, der nach Roman Boos, ohne sich unmittelbar aus dem Zusammenhang zu ergeben, «vor Herrn Molt, der dann aus freiem Entschluß die Anregung verwirklichte, von Dr. Steiner mit ganz besonderem Nachdruck gesprochen wurde (der einzige im ganzen Protokoll, den ich vollständig in gesperrter Schrift protokolliert habe): <Wir müssen zuerst aus dem Geld, das wir noch haben, freie Schulen gründen, um den Leuten das beizubringen, was sie brauchen

Bei der Besprechung der Kriegsschuldfrage kommt die Rede auf die Aufzeichnungen des Generalobersten Hehnuth von Moltke, «von deren Existenz wir Kenntnis bekommen hatten». Rudolf Steiner sagte: «Ich bin nicht berechtigt, sie ohne weiteres zu publizieren. Frau von Moltke hat auch nicht die volle Berechtigung. Es ist nicht sicher, daß sie die Zustimmung geben wird. Die Aufzeichnungen sind testamentarisch, mit der Verfügung, daß sie nur für Frau von Moltke geschrieben sind. Ich kann aber fast alles erzählen, was wesentlich ist, weil Moltke es mir auch erzählt hat. Eine solche Publikation wäre durch 90 Mann genügend gedeckt, die über Deutschland zerstreut sein müßten...» 

31. Januar, 1. und 2. Februar

Dornach: Rudolf Steiner spricht über die Gestalt der sozialen Forderungen und die Dreigliederung.15

[22]

2. Februar

Dornach: Rudolf Steiner überreicht den drei Herren aus Stuttgart seinen «Aufruf an das deutsche Volk und die Kulturwelt»:

 

« . .. heute, wo alles auszugehen hat von der breiten Masse, heute wo zwischen dort (Memoranden 1917) und jetzt die Oktober- und Novembertage des Jahres 1918 liegen, heute ist der richtige Weg der, sich mit diesen Dingen an die breite Masse zu wenden.» (Stuttgart, 21. IV. 1919)12

 

Rudolf Steiner nennt selbst eine ganze Anzahl namhafter Persönlichkeiten, um deren Unterschrift geworben werden sollte.

 

Die Aktion wird sofort in Deutschland, in der Schweiz und in Österreich in Angriff genommen; Roman Boos reist in Deutschland, Hans Kühn in der Schweiz und Molt wirkt von Stuttgart aus.

In Stuttgart bildet sich zur Verbreitung des Aufrufs ein «Komitee zum Wiederaufbau der deutschen Angelegenheiten» mit Emil Molt, Dr. Carl Unger und Prof. Dr. Wilhelm von Blume, Dozent in Tübingen für Staatsrecht und Schöpfer der früheren Württembergischen Verfassung, der vermutlich durch Emil Molt gewonnen war. Er war vom Aufruf so beeindruckt, daß er sich für dessen Verbreitung dem Komitee zur Verfügung stellte.

Das Komitee für Österreich vertreten Dr. Walter Johannes Stein, Graf Ludwig Polzer-Hoditz und Dr. Thomastik; für die Schweiz zeichneten Dr. Roman Boos und Albert Steffen, z. Zt. München. 

3., 5., 10., 12. Februar

Zürich: Rudolf Steiner beginnt in der überfüllten Aula des HirschgrabenSchulhauses seine öffentliche Vortragstätigkeit für die soziale Dreigliederung unter dem Gesamttitel: «Die soziale Frage».

6. Februar

Weimar: Eröffnung der verfassunggebenden Nationalversammlung der Weimarer Republik.

6., 7. Februar

Bern: Zwei öffentliche Vorträge über die soziale Frage während einer vom 3.-10. II. tagenden internationalen Sozialistenkonferenz, an der auch der bayrische Ministerpräsident Kurt Eisner teilnimmt.


In diesen Tagen Unterredung Rudolf Steiners durch Vermittlung von Hans Kühn mit Kurt Eisner und dem Pazifisten Prof. Wilhelm Förster, deutscher Gesandter in Bern:

«Da ich diesen Besprechungen beiwohnte, kann ich bestätigen, daß Rudolf Steiner zu meinem Erstaunen zuerst immer über die Notwendigkeit einer Darstellung des Kriegsausbruches sprach, weil er Hilfe suchte für eine rechtzeitige Veröffentlichung dieser Vorgänge. Von Eisner erwartete er die Bekanntgabe mancher Dokumente, die ebenfalls den Friedenswillen Deutschlands belegen konnten, so z. B. der Tatsache, daß kurz vor Ausbruch des Krieges große .Munitionsbestellungen annulliert worden waren.»

 

(Hans Kühn in «Mitteilungen aus der anthroposophischen Arbeit in Deutschland», Johanni 1959).

Rudolf Steiner schrieb später für den Stuttgarter Mitarbeiter Jürgen von Grone auf dessen Frage folgendes über seine Begegnung mit Eisner nieder: «Die Eisnerstelle auf Seite 14 meines Zyklus <In geänderter Zeitlage> [vgl. [23] unter dem 29. Nov. 1918] kann nur richtig gedeutet werden, wenn man die Worte vorher nimmt:


<Ich habe Ihnen z. B. ausgeführt, daß man nicht davon sprechen kann, daß in dem Sinne, wie es vielen Menschen bequem ist, bei den Mittelmächten gesucht werden kann, was man die <Schuld> an dem Weltkriege nennt.

Einfach daraus folgt, daß ich nicht habe das beweisen wollen aus den Dokumenten Eisners, was er wollte, sondern was ich wollte, daß die deutschen Regierungen unfähig waren. Es ist von mir, recht gegen meine Sympathie, einmal zugegeben worden, daß ich in Bern einige Worte mit Eisner sprach. Nie vorher. Nie nachher. Und damals — Kühn war dabei — habe ich mich bemüht, Eisner von seiner Meinung abzubringen, indem ich ihm davon sprach, daß Moltkes Memoiren das Gegenteil von seiner Meinung beweisen. Wenn ich den Satz richtig erinnere: <ich habe von Eisner nie viel gehalten>, so bezieht sich das auf seinen Intellekt, ich hielt ihn für beschränkt. Aber er war <ein Mensch aus einem Guß>, wie es auch Fanatiker sind, die dann solche Sachen machen, wie sie der Fehrenbach-Prozeß zu Tage gefördert hat. (F. war 1918 Reichstagspräsident, 1920/21 Reichskanzler). — Fälschungen sind Eisners Publikationen durch Auslassungen. Für das, was ich habe sagen wollen, ist die Publikation mit der ausgelassenen Stelle so beweisend wie ohne sie.»

 

(Gegen die unterm 23. November 1918 veröffentlichten Enthüllungen Eisners zur Kriegsschuldfrage protestierte am 26. November 1918 das Auswärtige Amt und am 2. August 1919 wurde in der «Deutschen Allgemeinen Zeitung» Berlin durch Geheimen Legationsrat von Schön dargelegt, daß die Berichte von Eisner in tendenziöser Weise verkürzt und aus ihnen jene Stellen ausgelassen worden seien, die ergeben, daß die kaiserliche Regierung auf eine Lokalisierung des Konfliktes zwischen Österreich und Serbien hinarbeitete und bemüht war, den Ausbruch eines europäischen Krieges hintanzuhalten. («Das Deutsche Reich von 1918 bis heute», herausgegeben von Cuno Horkenbach, Berlin 1930).

 

 

Im Zusammenhang mit dem Fehrenbach-Prozeß wurde die Eisner-Veröffentlichung in der Presse wieder angeführt).

7. Februar

Stuttgart: Vom Komitee zum Wiederaufbau der deutschen Angelegenheiten wird der Aufruf mit einem auch von Dr. Steiner unterzeichneten Wortlaut verschickt.

Anfangs Februar, Berlin: Kurt Walther, Wilhelm Selling und Emil Leinhas werden beauftragt, ihnen namhaft gemachte Persönlichkeiten aufzusuchen.

Durch Verbindung von Emil Leinhas zu dem Referenten im Auswärtigen Amt, Herrn von Bülow (später deutscher Gesandter in Moskau und Staatssekretär des Auswärtigen, der in Vorbereitung auf Versailles Friedensfragen zu bearbeiten hatte), geht ein Diensttelegramm des Auswärtigen Amtes an Rudolf Steiner, mit der Einladung nach Berlin zu kommen, um dem Auswärtigen Amt seine Vorschläge zu unterbreiten. Leinhas war sehr enttäuscht, als Rudolf Steiner das Telegramm nicht beantwortete. Er erklärte ihm später in Stuttgart:

«Man kann sich mit diesen Leuten jetzt nicht mehr einlassen; die haben abgewirtschaftet.» (Leinhas, «Aus der Arbeit mit Rudolf Steiner», Basel 1950).


10. Februar

Basel: Kurt Eisner hält auf Einladung der Studentenschaft einen Vortrag «Der Sozialismus und die Jugend», der sofort im Druck erscheint. Rudolf Steiner kommt im Vortrag vom 7. März 1919 darauf zu sprechen.16 

[24]

11. Februar

Telegramm Molts aus Stuttgart an Rudolf Steiner in Zürich: «Bis jetzt ungefähr 100 Namen — exklusive Schweiz und Wien — beisammen. Dr. Boos ist morgen dort.»

Telegramm aus Wien: «Haben derzeit, 11. mittags, 73 Unterschriften, morgen sicher mehr.» (It. Vortrag 15. Februar 1919)16

12. Februar

Telegramm Molts an Rudolf Steiner in Zürich: «Weitere ca. 10 Namen erhalten, darunter Alois Wach.»

Telegramm aus Wien: «Gesamtresultat 93 Unterschriften.» (Lt. Vortrag 15. Februar 1919)

Abends: Am Schlusse seines Vortrages gibt Rudolf Steiner seinen Aufruf bekannt mit der Begründung:

«daß heute derjenige, der mit der sozialen Frage mit seiner Seele verknüpft ist, nicht nur die Aufgabe hat, die Dinge auszusprechen, sondern alle Mittel anzuwenden, um sie zum Verständnis der Mitwelt zu bringen.»



 

Der Aufruft ist

«eigentlich bestimmt zur Wirkung in alle Welt», «ein Aufruf an die Menschheit», umzudenken, «denn aus neuen Gedanken wird allein erblühen die Lebensmöglichkeit von neuen Generationen ... Darin wird ein Stück des Lebens der zukünftigen Menschheit bestehen müssen, daß in jeder Generation aufs Neue diejenige Frage gelöst werden muß, aus neuen Formen gelöst werden muß, die einmal heraufgezogen ist, mahnend und erschütternd das ganze Gefüge des menschlichen Denkens und Wollens: die soziale Frage. Wenden wir uns ihr zu mit unserem ganzen Herzen, mit unserer ganzen Seele, sonst wird sie sich uns zuwenden, dann aber allerdings nicht zu unserem Heil, sondern zu unserem Unheil.»

 

13. Februar

Brief Molts an Dr. Steiner. über einen beigelegten Zeitungsartikel mit Bezug auf dem bekannten Soziologen Max Weber schreibt Molt:

« ... es wäre vielleicht wichtig, zu dieser Aktion Stellung zu nehmen, die sich ja in gewisser Beziehung wohl mit der unsrigen kreuzt; allerding wird demnach auch das Fernbleiben Webers etwas erklärlich ... Wir alle sind recht gespannt, von Herrn Dr. Boos über den Verlauf des gestrigen Abends etwas zu hören; vielleicht können wir die Broschüre recht bald bekommen, um sie unter die Leute zu bringen.»

 

13., 14., 28. Februar

Basel, Stadtkasino: Drei öffentliche Vorträge Rudolf Steiners über die soziale Frage.

15. Februar

Dornach: Rudolf Steiner beginnt seine Vorträge « Die geistigen Hintergründe der sozialen Frage» und gibt nun den Aufruf und seine Entstehung auch in Dornach bekannt.

 

16. Februar

Dornach: Brief Rudolf Steiners an Molt, der wegen der von ihn in Aussicht genommenen Mitarbeit von Emil Leinhas in der Waldorf-Astoria angefragt hatte.

[25]

«Ich kann also wohl sagen, daß Sie mit ihm eine gute Akquisition machen würden in jeder Beziehung, da Herr Leinhas für die jetzt von uns in Szene gesetzte Sache auch stark in Betracht kommt ... Alles andere überbringen Ihnen die Herren Kühn und Dr. Boos persönlich.»


Abends: Seinen Vortrag beginnt Dr. Steiner mit den Worten, daß es ihm in der heutigen Lebenslage der Menschheit vor allem darauf ankommt, in möglichst vielen Menschen ein richtiges soziales Verständnis hervorzurufen.


21. Februar

München: Kurt Eisner wird erschossen.

Dornach: Vortrag über die Gedankenformen des modernen sozialistischen Denkens.

24. Februar

Zürich: nach siebenjähriger intensiver Arbeit: erste öffentliche Eurythmie-Aufführung mit einleitenden Worten Rudolf Steiners.17

 

25. Februar

Zürich: Vortrag über Soziales Wollen vor der Zürcher Studentenschaft.

26., 27. Februar

Winterthur: Vortrag über die soziale Frage und Eurythmie-Aufführung.

28. Februar

Basel: Dritter der öffentlichen Februarvorträge über die soziale Frage.

1., 2., 7. März

Dornach: Vorträge über «Die geistigen Hintergründe der sozialen Frage».

1. März

Stuttgart: Telegramm Molts an Dr. Steiner in Dornach:

«Greiner und Pfeiffer Stuttgart übernehmen Druck der Broschüre [Kernpunkte] zu 60 Pfg., den Verlag gegen Vergütung von 100/0. Werde falls einverstanden zusagen. Verlag wünscht kurze Besprechung für Börsenblatt und Buchhändler. Wir bitten Sie um dieselbe.» (Vgl. April 1919 unter Erscheinen der «Kernpunkte»)


Roman Boos besorgt daraufhin den Verkehr mit der Druckerei und reist in dieser Zeit ständig zwischen Stuttgart, Dornach und Zürich hin und her.

5. März

Der «Aufruf an das deutsche Volk und die Kulturwelt» erscheint von nun an als Flugblatt und in einem großen Teil der Tageszeitungen Deutschlands, Österreichs und der Schweiz.

8. März

Zürich: Vortrag vor der Arbeiterschaft «Welchen Sinn hat die Arbeit des modernen Proletariats?» (Siehe den in Nr. 11 der «Nachrichten» veröffentlichten Entwurf.)

Stuttgart: Telegramm Molts an Boos, Zürich:

[26]



«Anderungen nicht mehr möglich, weil Aufruf überall erschienen mit Ausnahme Berlin. Hier stellt sich das Bedürfnis einer Besprechung mit Dr. Steiner im engeren Kreise, besonders mit Rücksicht auf Prof. Blume heraus, dann anschließend event. Vorträge. Berichtet bitte drahtlich über Steiners Absichten und wie der Titel der Broschüre lauten soll.»

 

9. März

Zürich: Mitgliedervortrag über den inneren Aspekt des sozialen Rätsels und die soziale Frage als Wendepunkt der Menschheitsentwickelung.18

11. März

Bern: öffentlicher Vortrag bei Gelegenheit der «Internationalen Völkerbundskonferenz» zur Gründung des Völkerbundes, an der Rudolf Steiner auch als Gast teilnimmt. Zu seinem Vortrag werden prominente Persönlichkeiten persönlich eingeladen durch Brief der Veranstalter: Nationalrat J. Hirter und 0. Weber, Baron F. v. Wrangel, Dr. Hanns Buchli und Roman Boos.


 

20 Uhr, Berner Rathaus, Großratssaal: Vortrag «Die wirklichen Grundlagen eines Völkerbundes»,' in dem auseinandergesetzt wird, wie ein wirklich fruchtbar wirkender Völkerbund gegründet sein muß nicht auf die alten Verhältnisse, sondern auf neue Gedanken und neue Impulse, die einen dreigegliederten sozialen Organismus erfordern.

 

13. März

Dornach: erste öffentliche Eurytmie-Aufführung in Dornach.

15., 16. März

Dornach: Fortführung der Vorträge «Die geistigen Hindergründe der sozialen Frage».

 

17., 19. März

Bern und Winterthur: öffentliche Vorträge für die Arbeiterschaft.

21., 22., 23., 28.-30. März

Dornach: Weiterführung der Vorträge über die geistigen Hintergründe der sozialen Frage.


21. März

Stuttgart: Erste öffentliche Vortragsveranstaltung des Komitees. Dr. Carl Unger spricht über den Ideengehalt des Aufrufes und Prof. W. v. Blume über den «Neuaufbau Deutschlands».

Prof. Blume leitet seine Ausführungen ein mit der Bemerkung:

«Ich bin kein Anthroposoph und kein Theosoph, ich kenne Dr. Steiner nicht, ich habe ihn weder gesprochen noch gehört, ja nicht einmal gesehen. Es ziehen Gedanken durch die Welt wie elektrische Ströme und leuchten auf da und dort in den Gehirnen. Wie kam es, daß in dem Gehirn eines Professors des Staatsrechts ähnliche Gedanken aufsteigen wie in dem Gehirn Dr. Steiners? Er sagt ...»


24. März

Dornach: Telegramm an Molt, Stuttgart:

«Bereite mich auf erste Hälfte April für Stuttgart. Früheres Komm würde [27] Fertigstellung der Broschüre unmöglich machen. Heute wird gewiß letztes Manuskript fertig, in 10 Tagen druckfertig. 31. März also unmöglich.»

 

Brief an Dr. Boos in Stuttgart:

mit «Fahnenkorrektur 31-35 zur Weiterbeförderung an Herrn Molt. Wir werden jetzt bald doch zu Ende kommen mit der Broschüre.»

26. März

Zürich: Roman Boos schreibt an Dr. Steiner, daß soeben an fast 300 Zeitungen der deutschen Schweiz der Aufruf geschickt wurde mit dem Angebot, denselben als Separatbeilage zu liefern, wodurch er in 100 000, vielleicht 500 000 Exemplaren ins Schweizer Volk gehe. Es werde auch deutlich auf die kommende Schrift hingewiesen. Deren Auflage möchte mindestens auf 10 000 festgelegt werden.


28. März

Dornach: Im Vortrag weist Dr. Steiner darauf hin, daß die seit 1912/13 geborenen Kinder eine Begierde nach spiritueller Kultur haben und deshalb eine starke geistige Antipathie gegen die hergebrachte Kultur und Bildung mitbringen:

«Dieser Strom von Impulsen, der da mit den jüngstgeborenen Kindern auf die Erde hereinkam, hat mächtig dazu beigetragen, die Neigung hervorzurufen, diese Kultur der kapitalistischen und technischen Zeit wegzufegen. Das ist gewissermaßen die Lichtseite der traurigen, fürchterlichen Ereignisse der letzten Jahre . . . weil es zeigt, daß das Furchtbare, das angerichtet worden ist, wegen der Versumpfung des materialistischen Zeitalters vom Himmel gewollt worden ist und als Botschaften heruntergeschickt worden ist durch das Unterbewußte der jüngstgeborenen Kinder . . . Den melancholischen Ausdruck, der sich auf zahlreichen jüngsten Kindern, Kinderantlitzen zeigt seit 5-6 Jahren, den bemerken heute die Menschen wenig. Würden sie ihn bemerken, so würden sie daraus den Impuls schöpfen — schon daraus —, daß eine mächtige soziale Bewegung Platz greifen muß.»19


März

Stuttgart: Flugblatt (an den Aufruf anknüpfend): «Vorschläge zur Sozialisierung» mit Leitsätzen von Rudolf Steiner, als Entgegnung auf die Leitsätze der vom Rat des Volksbeauftragten Ende November 1918 berufenen «Sozialisierungskommission».*

 

2.-19. April

Rudolf Steiner führt die Mitgliedervorträge in Dornach über die geistigen Hintergründe der sozialen Frage weiter" und spricht daneben öffentlich in Basel, Dornach und Münchenstein.


11. April

Dornach: Telegramm an Emil Molt, Stuttgart:

«Eben erst letzte Fahnenkorrektur der Schrift erhalten. Muß zur Fertigstellung des Buches noch einige Tage hier sein, sonst alles unvollendet. Daher Thema für 22. April: Die Kernpunkte der sozialen Frage als Wirtschafts-, Rechts- und Geistesfrage, für 23. April: Wege und Ziele des sozialen Neuaufbaues, 25. April: Kapital und Menschenarbeit. Können 15., 16 noch nicht dort sein, erst für 22. April.»

* Nähres in «Die deutsche Revolution 1918-1919», Fischer-Taschenbuch 1968.

 

 


[28]

12. April

Dornach: Telegramm an Molt:

«Fahnenkorrektur eben fertig. Wenn Boos da, kann Buch rasch geendet...» Das Vorwort zum Buch ist gezeichnet: «Anfang April 1919».

13. April

Dornach: Im Mitgliedervortrag Hinweis auf die Rassenfrage:

«Die Seelen kümmern sich seit dem 15. Jahrhundert immer weniger darum, wie die Menschen rassenmäßig aussehen; sie richten sich wieder mehr nach geographischen Verhältnissen ... Und Harmonie muß wiederum gesucht werden zwischen einer geographischen Prädestination und einem Rassenelemente, das sich über die Erde hinbreitet. Die internationalen Neigungen in unserer Zeit kommen daher, daß die Seelen sich um das Rassenmäßige nicht mehr kümmern.»20

 

14. April

Dornach: Rudolf Steiner verabschiedet sich mit seinem Abendvortrag von Dornach, spricht über die

«in den nächsten Tagen erscheinende Schrift über die soziale Frage» und nennt deren Titel «Die Kernpunkte der sozialen Frage in den Lebensnotwendigkeiten der Gegenwart und Zukunft». Er fordert die Mitglieder auf, die Dreigliederung des sozialen Organismus nicht als Nebenströmung des geisteswissenschaftlichen Strebens aufzufassen und alles zu vermeiden, was nach Isolierung hindrängt. Das Wichtigste sei die soziale Aufklärung. Von der Gesellschaft solle «ausströmen ein weiter Strom von Aufklärung über soziale Notwendigkeiten ! 20

 

ca. Mitte April

Suttgart: Rundschreiben an die Unterzeichner des Aufrufs mit der Mitteilung, daß die Schrift Dr. Steiners «Die Kernpunkte ...» leider erst nach Ostern erscheint, weil sich die Übersendung des Manuskripts aus der Schweiz verzögert hat.

 

Karsamstag, 19. April

Dornach: Da sich die Abreise noch etwas verzögert hat, spricht Rudolf Steiner nochmals zu den Dornachern. «Es ist Ihnen ja bekannt, daß jetzt noch zurückbleibt hier für die Schweiz die Sorge für die eben auch im Druck beendete, und ich hoffe, recht bald erscheinende Schrift über die soziale Frage. Ich darf Ihnen wohl noch einmal — nach dem, was ich letzten Montag hier gesprochen habe — diese Schrift besonders ans Herz legen. Ich habe es ja ausgesprochen, daß ich stark erhoffe, daß hier in der Schweiz einiges in dem Sinne getan werden kann, in besonders fruchtbarer Art, was mit dieser Schrift intendiert ist, und zwar aus dem Grunde, weil in Ost- und Mitteleuropa dasjenige, was zunächst zu geschehen hat, was dringende Notwendigkeit ist, gewissermaßen schon durch den Zwang unmittelbar herausgefordert ist für die allernächste Zeit. Hier in der Schweiz dauern noch eine Weile Verhältnisse, die hergebracht sind. Hier ist man daher noch in der Lage, manches, wozu die andern gezwungen sind, aus freiem Willen zu tun. Nun ist es einmal so in unserer gegenwärtigen Menschheitsentwicklung, daß dasjenige nur besonders fruchtbar, wirklich fruchtbar sein kann, was aus dem freien Willen, aus der freien Initiative der Menschen heraus geschieht. Könnte man sich an solchem Orte, wo es noch möglich ist, ohne daß der Zwang furchtbar sprechender Tatsachen dazu auffordert, könnte man sich an solchem Orte aufraffen, um aus freiem Willen [29] zu tun, was schließlich nur erkannt werden kann in Geisteswissenschaftlicher Weise, so würde dadurch, eben durch diese Initiative des reinen Willens etwas ungeheuer Bedeutsames geschehen können. Aus diesem Grunde darf jetzt noch auf schweizerischem Boden ausgesprochen werden, daß hier ganz besonders Hoffnungen möglich sind.» Er kommt auch auf den Aufruf zu sprechen, der ja von Tausenden von Menschen hat gelesen werden können und der viel besprochen wurde und dem gegenüber von manchen charakteristischen Persönlichkeiten gesagt wurde, sie könnten den Inhalt nicht verstellen:

«Ja, das ist eben gerade das ungeheuer Traurige, daß Leute, die Jahre hindurch in den letzten schweren, katastrophalen Jahren der Menschheit alles geglaubt haben, alles haben verstehen können, was ihnen zu glauben befohlen worden ist, daß Menschen, die ganz bereit sind, dasjenige anzunehmen, worüber sie nichts anderes haben als einen Befehl von oben, daß diese dasjenige, was an ihre Freiheit appelliert, an ihr freies Verständnis, einfach, wenn es nicht in den denkgewohnten Geleisen läuft, so begrüßen, daß sie sagen: Ja, da braucht man nähere Erläuterungen, das kann man nicht verstehen! — Das ist schon, was zum Traurigsten in der Gegenwart gehört, dieses Sich-Stemmen gegen eine überzeugungbekommen, dieses aus dem furchtbarsten Unverständnis gegenüber den Menscheitsforderungen hervorgehende brutale Entgegnen: das kann man nicht verstellen, das ist abstrakt, oder dergleichen. Gerade jene Menschen, die unter der furchtbaren Zwangsjacke der Zensur oder der Zensuren der verschiedenen Länder alles hingenommen haben, die jedes Wort, das von oben gekommen ist, nachgeplappert haben und wenn es noch so blödsinnig war, die können dasjenige nicht verstellen, was an ihr freies Gemüt, an ihre freie Seele appelliert! Aber heute stehen wir einmal in einem Zeitpunkte, wo nur das entscheidend sein wird, was die Menschen an ihr freies Verständnis herankommen lassen, nur dasjenige Bedeutung haben ,wird, was die Menschen sich nicht gebieten lassen zu verstehen, sondern was die Menschen aus ihrem Innersten heraus verstehen wollen.»21


 

 

 

Ostersonntag, 20. April

Rudolf Steiner reist nach Stuttgart. (Die Angabe von Leinhas a. a. 0., daß Dr. Steiner am 19. April in Stuttgart eintraf, ist nicht zutreffend.)

« ... Mit all seiner Kraft, mit einer staunenerregenden Unermüdlichkeit und mit wachem intuitiven Ergreifen der Situationen, wie sie sich von Woche zu Woche entwickelten, war er für die Vertretung der Dreigliederungsidee tätig. Vorträge, Versammlungen, Diskussionsabende, Konferenzen und Besprechungen aller Art folgtest in atemberaubender Schnelligkeit aufeinander. Dabei machte er nie den Eindruck eines gehetzten oder andere zur Eile treibenden Mannes. Er hatte facktisch immer Zeit. Vielleicht hing dieses auch mit seiner oft volle vierundzwanzig Stunden umfassenden Tageseinteilung zusammen. Mehr aber wohl noch mit der Tatsache, daß er nicht nur über den Geist sprach, sondern jeden Augenblick aus den geistigen Quellen schöpfen konnte ... » (Herbert Hahn, «Rudolf Steiner, wie ich ihn sah und erlebte», Stuttgart 1961.)

In den letzten Apriltagen erscheint die deutsche Ausgabe von «Die Kernpunkte der sozialen Frage in den Lebensnotwendigkeiten der Gegenwart und Zukunft» mit dem «Aufruf an das deutsche Volk und die Kulturwelt» als Anhang.

Eine Ankündigung des Buches befindet sich im Archiv, deren Text von Dr. Steiner sein muß (eventuell handelt es sich um die von Molt am 1. März erbetene kurze Besprechung für das Börsenblatt oder die Buchhändler.):

[30]


«In diesem Buche wird die soziale Frage auf dem Grunde der wirklichen Lebensforderungen der Gegenwart und im Hinblicke auf die in den laut sprechenden Tatsachen sich offenbarende geschichtliche Weltlage behandelt. Jeder utopistische Charakter wird vermieden und nur von Lösungsmöglichkeiten gesprochen, die im Bereiche des unmittelbar Möglichen liegen. Dem Verfasser ist die soziale Frage eine Wirtschafts-, Rechts- und Geistes f rage; er sucht ihr durch diese Dreigliederung allseitig beizukommen. Er ist der Ansicht, daß aus den Wirren der Gegenwart nur herauszukommen ist durch den Übergang zu einer einschneidenden Wahrnehmung dessen, was gegenwärtig von der Entwicklung der Menschheit selbst gefordert wird. Die Weltkatastrophe lehrt: man solle auch den Mut und die Kraft finden, zu Ideen zu kommen, die mit Hergebrachtem im weitesten Sinne brechen. Wer das Buch liest und nur längst Gewohntes drinnen wird finden wollen, der wird kaum zu seinem Rechte kommen. Wer lesen will über die Lebensbedingungen der sozialen Menschenzukunft, wird manches finden.»

Hella Wiesberger

(wird fortgesetzt)


Nachweis der im Text nicht belegten Zitate

1 «Die wirklichen Grundlagen eines Völkerbundes in den wirtschaftlichen, rechtlichen und geistigen Kräften der Völker», Bern 1944Vgl. hierzu auch «Inneres Wesen des Menschen' und Leben zwischen Tod und neuer Geburt», GA Dornach 1959, 6. Vortrag)

2 «Mysterienwahrheiten und Weihnachtsimpulse — Alte Mythen und ihre Bedeutung», GA Dornach 1965


3.«Zeitgeschichtliche Betrachtungen», 2 Bände, GA Dornach 1966

4 ungedruckte Fragenbeantwortung

5. «Entwicklungsgeschichtliche Unterlagen zur Bildung eines sozialen Urteils», GA Dornach 1963

6.«Nordische und mitteleuropäische Geistimpulse», GA Dornach 1968

7. Die in der Zeitschrift «Das Reich» erschienenen Aufsätze sind enthalten in dem Band «Philosophie und Anthroposophie», GA Dornach 1965

8. «Soziale Zukunft », Bern 1950, S. 74 f.


9. «Die Mission einzelner Volksseelen im Zusammenhange mit der germanisch-nordischen Mythologie, GA Dornach 1962


10 «Die soziale Grundforderung unserer Zeit — In geänderter Zeitlage», GA Dornach 1963

11 Noch unveröffentlichtes Manuskript


12 «Geisteswissenschaftliche Behandlung sozialer und pädagogischer Fragen», GA Dornach 1964

13. «Geschichtliche Symptomatologie», GA Dornach 1962

14 «Wie kann die Menschheit den Christus wiederfinden? — Das dreifache Schattendasein unserer Zeit und das neue Christuslicht», GA Dornach 1968

15 GA Dornach 1967

16.«Die geistigen Hintergründe der sozialen Frage», Bd. I, Basel 1946

17. «Die Entstehung und Entwicklung der Eurythmie», GA Dornach 1965

18. «Der innere Aspekt des sozialen Rätsels — Luziferische Vergangenheit und ahrimanische Zukunft», GA Dornach 1968

19 «Die soziale Frage als Seelenfrage. Das innerliche Erleben der Sprache», Dornach 1943

20. «Die geistigen Hintergrunde der sozialen Frage», Bd. II, Basel 1947

21. In: «Was in der Anthroposophischen Gesellschaft vorgeht. Nachrichten für deren Mitglieder», 1943, Nr. 9

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