1918 - L'année de Rudolf Steiner

Institut pour une triarticulation sociale
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1917 < .......1918....... > 1919

Replacer dans son contexte

 

 L'année 1918 marqua la fin de la seconde guerre mondiale et le début des crises sociales dévastatrices en Europe. Quand on regarde l'œuvre de Rudolf Steiner en cette année, qui révéla son propre visage en premier à la fin de l'année, on trouve une orientation presque prophétique de son activité sur les événements reposant encore au sein du futur, mais s'approchant inexorablement. Ce travail est en même temps pris entre deux polarités, au début de l'année la rétrospective du passé dans les métamorphoses de la conscience qui ont conduit au stade actuel de l'évolution selon une loi d'airain, convergeant à la fin de l'année dans l'aperçu sur les obligations sociales et les actes de l'avenir.

 La première conférence du cycle dornachois du 4 au 13 janvier 1918 « Les mythes anciens et leur signification », qui porte le sous-titre « Les forces de rajeunissement dans la nature humaine », est parti rétrospectivement de la nature de la pensée mythique, de la conscience de l'union de l'humain comme microcosme avec le macrocosme comme cela trouva son apogée avant tout dans l'époque égyptienne et grecque. Rudolf Steiner a donné en introduction une image du mythe d'Osiris-Isis comme un élément originel du lien entre l'humain et le cosmos. Qu'il serait aussi rappelé ici aux relations rythmiques déjà mentionnés à la page 126 entre notre époque et l'époque égyptienne. Il a ensuite qualifié les changements des rapports humains au monde des dieux dans les trois « générations de dieux » de la Grèce. Car aussi dans ces domaines, il y a des successions générationnelles dans les sphères des esprits régnants et serviteurs, des générations successives de dirigeants, de la chute et de l'élévation, de la victoire et de la défaite, du crépuscule des dieux et de la renaissance spirituelle. Parallèlement à eux se déroule la transformation des états de l’âme de l'humain, de sa proximité ou de sa distance avec Dieu. Avec la mort d'Osiris est aussi caractérisé le changement de la conscience humaine, le monde de l'imagination créatrice se perd. En conséquence, l'écriture picturale des Égyptiens cède la place à l'écriture alphabétique abstraite, la vision intellectuelle et les expériences mythiques cèdent la place à l'intellect. La conception sociale de la vie terrestre change dans le même rythme. Autrefois, la structure sociale était déterminée selon les lois cosmiques, selon les instructions divines et les constellations stellaires, comme une œuvre d'art organique née du synopsis des mondes spirituels et terrestres. Après la cécité spirituelle de l'humanité, elle devient seulement travail humain, fécondée d'abord par les mystères, puis formée de la volonté solitaire d’ un souverain humain placé sur soi, finalement un produit de l'intellect discutant étranger à l’esprit. Des générations de dieux ne guident plus le destin, mais des générations humaines ; la succession héréditaire des successeurs des familles individuelles, qui font toujours appel à une grâce divine floue, ouvrent la voie aux théories ossifiées d'une doctrine matérialiste de l'héritage, qui rejette l'origine des mondes spirituels par la moquerie et cherche à chiffrer les lois de la création à partir des spécimens microscopiques des plus petites unités corporelles.

Un tel
tournant de conscience a absolument son sens dans le plan du monde. L'être humain placé sur lui-même, abandonné par Dieu est une phase de développement aussi importante que tout autre qui précéda et qui suivra. L'erreur dans la pensée repose seulement dans ce qu'on considère tout cela comme un point culminant, comme un définitivement atteint, pendant que ce n'est qu'une phase passagère, très temporisée, très unilatérale, très nécessiteuse de salut : une expérience d'évolution. Les dieux oubliés attendent, tandis que les substances dans la cornue, comme les homoncules, agissent comme des fins en soi, comme des auto-créateurs, comme des auto-préservateurs. Ce qui trouvait autrefois son expression dans le mythe d'Osiris est seulement mort pour la conscience humaine. Les générations de dieux ne sont pas éteintes parce que l’humain ne les pense plus, que la force de l'imagination, de l'inspiration et de l'intuition sommeille dans l’humain, attendant sa renaissance sur une nouvelle étape de l’évolution. L'horloge mondiale ne reste pas immobile, même si l’humain ne regarde pas par là. Dès que la mission intérieure de notre époque d'éduquer une « humanité spirituellement libre » approche de sa phase décisive, les forces dormantes, liées à l'esprit et au cosmos, se réveillent et veulent répondre à la question : « Comment obtient-on la connaissance des mondes supérieurs ? »

 Dans le même temps, Rudolf Steiner a découvert l'idée fausse/l’erreur selon laquelle l'humanité dans son ensemble « vieillit » seulement. Les « forces rajeunissantes dans la nature humaine » sont d'abord actives silencieuses, mystérieuses, non reconnues, mais maintenant éveillées, grondantes, rebelles jusqu'à ce qu'elles soient reconnues, maîtrisées et consciemment arrangées dans la vie humaine individuelle et dans la structure sociale. Pendant un certain temps l'humain est devenu pour ainsi dire seulement un humain-tête, il considère les pouvoirs de son intelligence et les substances de son corps comme les éléments primordiaux de son existence. Mais tout de suite, c'est la chose mourante en lui, il voit seulement cela, il s'accroche à cela, il vieillit, il tombe malade avec cela, seulement les connaissances de ce qui se décompose lui viennent, et quand il en tire ses propres impulsions sociales ainsi l'ordre social doit être par nature en décomposition, en train de mourir, un phénomène de vieillissement. Le « savoir de la tête » a supplanté la « sagesse du cœur », l'être humain vit dans une « sagesse-tête tamisée » qui a filtré et rejeté les forces rajeunissantes. Les lunettes épaissies, le microscope, montrent seulement des unités de substance matérielle qui se désintègrent et rendent aveugle pour les pouvoirs rajeunissants dans l'organisme de l’humain et du monde qui veulent être trouvé avec d'autres et de nouveaux moyens de regarder. En ces temps, Rudolf Steiner devient de plus en plus conscient des forces formatrices dans l’humain, car seulement quand celles-ci feront l'objet de recherches scientifiques exactes, l’humain peut considérer qu'il n’a pas besoin de vieillir, mais qu'il cache en soi des forces rajeunissantes, constructives et d’avenir. qui veulent être élevées dans la conscience, appelées à la coopération. Ici seul repose la possibilité du retour de l'analyse à la synthèse, de la pensée atomiste à la pensée organique, de l'isolement/du morcellement à la plénitude/la totalité.

Goethe avait mis en discussion la pensée d'une « respiration de la terre » et, dans ces conférences, Rudolf Steiner a franchit de nombreuses étapes sur ce chemin de la connaissance, parlant des forces qui entraient et sortaient, s’inspirait et s’expiraient de la Terre, et montra comment l'organisation des forces formatrices humaine, sa structure supra-sensorielle, dans la vie, dans la naissance et la mort, dans toutes les fonctions du devenir, est intégrée dans ce monde de respiration des forces formatrices de la Terre. Ce qui ici tout d’abord a été accentué en quelques grandes lignes, des rythmes de respiration de la terre, il l’a donc placé, recherché et développé systématiquement plus tard diversement au centre de ses considérations biologiques, anthropologiques et cosmologiques et finalement aussi appliqué à des domaines pratiques tels que l'agriculture. Nous reviendrons là-dessus dans ce qui suit.

Il est très attrayant de trouver, dans une petite remarque annexe dans la conférence du 13 janvier 1918, comment Rudolf Steiner s’approchait de tels avis par l'observation des phénomènes par les plus différents aspects. Il a dit entre autres cette fois-là :
« Dans ce cas, je veux vous raconter comment je suis arrivé pour la première fois sur ces faits il y a des années. Ces forces qui jouent là, les forces d’inspiration et d’expiration de la respiration de la terre ont non seulement à faire avec la vie humaine, mais avec toutes les conditions terrestres possibles. Maintenant, c'était une énigme particulière pour moi comment la chose s’effectue par exemple avec les hannetons - pardonnez - avec les hannetons. Les hannetons sont en fait extrêmement intéressants parce que - vous savez donc peut-être cela - quand un bon nombre de coléoptères sont là dans une année, donc pas mal de vers blancs sont là (ce sont les larves des hannetons) dans 3-5 ans et ces vers blancs affectent par exemple aussi la récolte de pommes de terre; on obtient de mauvaises récoltes quand beaucoup de larves sont là. Et l'humain qui a par exemple, quelque chose à faire avec la culture de la pomme de terre, il sait que dans 4-5 ans, la récolte sera mauvaise, quand dans une année il y a beaucoup de hannetons. Maintenant, j’avais considéré cela comme un fait intéressant et j’ai trouvé alors que la vie du hanneton est pendante aux substances et forces entrantes de la terre, celles sortantes avec la vie des vers blancs. Je veux juste mentionner cela comme une chose à partir de laquelle vous pouvez voir comment on peut aller à de telles choses de tous autres côtés. On arrive le plus sûrement sur de telles choses, quand on ne les regarde pas immédiatement à l’objet recherché, mais quand on les regarde à un objet relativement indifférent auquel on peut se comporter plus facilement neutre ».

Nous ne pouvons pas entrer plus dans les détails sur ce sujet; que soit montré seulement comment à côté de l'étude des grandes évolutions et rythmes, il accordait aussi une attention soutenue et constante aux moindres détails des processus naturels et pouvait ainsi appliquer les grandes lois du devenir[348]. pour favoriser des détails pratiques, quand l'exigeait la situation spécifique des questions de ses étudiants.

De telles déclarations de Rudolf Steiner découvertes dans des conférences ou dans leur post-scriptum étaient toujours extrêmement stimulantes pour ses élèves. Ainsi, peut-être en dépit de la note personnelle, je pourrais peut-être mentionner comme exemple que tout de suite de telles premières indications du processus respiratoire de la terre m'ont amenées à étudier de plus près ces phénomènes et à les suivre jusque dans leurs effets météorologiques et biologiques. Quand plusieurs années plus tard je tins une première conférence récapitulative sur ces observations, Rudolf Steiner encouragea cela à nouveau de sa bonne nature dans l'une de ses conférences en ce qu’il expliqua entre autre lors de la description des forces formatrices éthériques, leur travail sur les éléments de l'eau et le monde animal vivant dedans :
« Et c'est précisément la particularité du poisson: en ce qu'il remplit l’enveloppe pour l’aqueux, et que l'eau reste liée avec l’élément aqueux restant, par cela il sent l'éther comme ce dans quoi il vit en fait. Le poisson est l'animal particulier qui est tout à fait animal d’éther…

Ainsi, le poisson ressent sa vie comme la vie de la terre, et à cause de cela il prend une part intime à tout ce qui, au cours de l'année, sera parcouru par la terre : cette sortie des forces éthériques en été, ce retrait des forces éthériques. Ainsi que le poisson sent quelque chose qui respire dans toute la terre. Le poisson sent l'éther comme le respirant de la Terre.

Le Dr. Wachsmuth a une fois parlé ici de la respiration de la terre. C'était une très belle explication. De sa propre expérience, un poisson aurait pu parler ici s'il avait appris l'art de la conférence; car le poisson perçoit tout ce qui a été dit là, du suivi des phénomènes appartenant à cela. Le poisson est un animal qui participe à la vie de respiration de la terre au cours de l'année d'une manière très extraordinaire, parce que pour le poisson ce qui compte pour lui est juste l'élément éther de vie qui se balance dehors et dedans, et emporte seulement l'autre respirant ».

Cette indication et en même temps l'encouragement humoristique amical sont devenus maintenant une incitation pour la poursuite des recherches scientifiques sur les phénomènes sous-jacents, ainsi que leur découverte dans les autres domaines de la nature, et ils m'ont donné le courage d'élaborer le livre sur « Les forces de formation éthérique ». D'autre part, Rudolf Steiner, nous a aidé, étape par étape, comme nous allons le décrire ci-dessous, de sorte qu'une indication occasionnelle qu'il donnait, donnait souvent à ses collaborateurs une impulsion importante au travail. Revenons maintenant aux plus grands pendants.

Les cours d'introduction de l'année 1918 mentionnés ci-dessus, qui conduisaient de la conscience mythique à intellectuelle, de la sagesse des étoiles de l'antiquité à l'agitation sociale de notre temps, des fondations historiques à la situation initiale
* Dr. G. Wachsmuth: « Les forces formatrices éthérique dans le cosmos, la terre et l'homme » (avec des images graphiques de ce processus de respiration de la terre le jour et l'exécution de l'année), est aussi le Dr F. :. Husemann: « L'image de l'homme »; Dr. O.J. Hartmann: "Terre et Cosmos".
[349] de l'époque à venir, contenaient en même temps de nombreuses caractéristiques des événements alors aigus de l'époque, ainsi par exemple, les négociations de Brest-Litovsk au début de 1918, qui, comme nous l'avons déjà mentionné, ont mené les rapports entre le Milieu et l'Est à une impasse tragique. Mais après que les responsables aient d'abord retirés les propositions données l’année précédente pour guérir et ordonner ces processus à temps et qu'à cause de cela la prochaine étape devait être attendue pour un stade de maturité pour un travail vers l'extérieur, Rudolf Steiner se concentra maintenant dans un premier temps à construire systématiquement les connaissances scientifiques qui doivent précéder chaque opération conforme, et le donner aux auditeurs qui y étaient réceptifs. Le malade à opérer était donc à cette époque l'organisme de l'histoire du monde. Le médecin et guérisseur exposa maintenant dans l'auditorium tout d’abord la structure et les lois de cet organisme à la première génération de ses assistants et aides afin que l'opération puisse être reconnue comme étant nécessaire, comprise et poursuivie. Ce que Rudolf Steiner a signalé au cours de ces mois était, pour ainsi dire, l'anatomie et la physiologie de cet organisme de l'histoire du monde, sur lequel le diagnostic et thérapie devaient s'accumuler. Mais les membres et les processus à étudier de cet organisme étaient dans ce cas, non pas d'os et de tissus, mais de nations et d'époques, les métamorphoses de leur penser et leur vouloir, leurs phénomènes de cécité dans le processus spirituel de devenir. Une telle vision ne concerne pas seulement la polarité de la tête et des membres chez les humains particuliers, mais aussi la polarité de l'Ouest et de l'Est dans l’organisme-Terre, les symptômes de maladie des nations et des continents et les forces saines, rajeunissantes qui sont à leur disposition, les rythmes et les processus de circulation dans l'organisme d’ensemble de l'humanité terrestre, qui aspirent à un équilibre sain. Pendant que les membres particuliers de cette unité à la suite de la pensée analytique de l'époque matérialiste se croyait indépendamment des autres comme mentionné, et traitaient maintenant réciproquement pour dominer ou détruire, comme une étape préliminaire du processus de guérison apparu ici l'image de la plénitude dans sa construction, remplie de sagesse créée des puissances spirituelles divines et guidé/conduite un bout de chemin, oublié par l'humanité, abusée, disséqué et porté au seuil de la mort et de la destruction. De ce seuil de mort et de déclin, il l'a conduite au seuil opposé, qui s’ouvre au domaine de l'origine spirituelle. La tragédie du temps reposait précisément dans le fait que le malade ne savait pas lui-même le fait et l’essence de la maladie, se trompait hâtif, confus et instable entre les deux portes éternellement ouvertes de la mort et de la renaissance et empêchait le médecin à l’œuvre.

L'année 1918 avait la grande tâche historico-mondiale de démontrer en toute fin la futilité complète de ses actions à l'humanité, Rudolf Steiner s'est consacré à la tâche de restaurer la conscience de la signification primordiale de l'organisme mondial, qui doit s'accomplir dans l’humain. Ses remarques historiques dans ces années étaient des prestations de diagnostics, [350] comme elles ont rarement été données par les connaisseurs et guérisseurs au cours de l'histoire de l’humanité. Quand il a décrit pour la première fois la conscience clairvoyante et mythique de l'humanité primitive, il l'a fait comme le médecin, qui doit aussi s'orienter à travers la cellule germinale s'il veut comprendre et guérir l'organisme adulte. Quand par exemple il parla du fait que Thomas d'Aquin a vu dans chaque planète une intelligence angélique efficace et comprenait encore par cela l'unité de l'univers, pendant que l'astronomie d'aujourd'hui croit à l’œuvre un mécanisme du monde, qui roule à sa fin dans la mort de la chaleur, ainsi il n’a pas mentionné cela simplement pour transférer le thomisme dans notre temps, comme on y aspire parfois aujourd'hui, mais comme le symptôme d'un âge de l’humanité qui s’était conservé des forces rajeunissantes des temps précédents, pendant que l'astronomie actuelle jaillit d'une pensée devenue vieille qui a remplacé les êtres et les forces de l'ancienne vision du monde spirituel par la mécanique morte. Quand notre temps veut de nouveau comprendre l'organisme mondial d’après la substance, la force et l'essence, ainsi cette connaissance ne peut pas venir d'un laisser vivre à nouveau de la pensée mythique ou de la scolastique passée comme s'efforcent aujourd'hui des chercheurs fatigués, mais elle doit être cette croissance propre à notre temps, un résultat de la recherche d'une science de l'esprit du 20ème siècle. Nous devons regarder l'organisme de l'univers et de l'humanité ainsi qu'il est et œuvre aujourd'hui, devons de nouveau y ramener les êtres et les forces rajeunissantes dans la conscience et l'action.

Dans ces conférences, il y a aussi déjà beaucoup d'indications sur la nécessité, une fois que la pensée de l’adulte a été transformée et renouvelée, de dessiner un nouveau genre qui permettra de mieux résoudre les problèmes de temps à partir d'un autre penser. Car il a indiqué sur ce que les erreurs éducatives du 19ᵉ siècle ont été combattues sur les champs de bataille actuels. La pensée analytique, morte, mécanique doit donc être remplacée avant tout dans la conscience de la génération à venir par une pensée organique-vivante de par le monde comme ensemble :
• « Voyez-vous, la science de l'esprit connaît déjà maintes choses, que l’astronomie extérieure ne connaît pas encore. Mais il est important que ce soit précisément ces choses, que la science de l'esprit sait, que l'astronomie extérieure ne connaît pas encore, qui passent dans la conscience générale de l'humanité. Et quand aussi ils semblent aujourd'hui difficiles, ces concepts, ils deviendront tels qu'on peut déjà les enseigner aux enfants; ils seront un bien important pour les enfants, pour garder l'âme en vie. Cependant, nous devons encore discuter de ces choses en concepts difficiles. Car tant que la science de l’esprit est prise du monde extérieur telle qu'elle est prise maintenant, elle n'a pas l'occasion de verser des choses dans ces concepts, dans les idées qui sont nécessaires si elles devaient devenir l’objet de l'éducation des enfants ».

 Il avait travaillé à cette nouvelle image du monde pendant des décennies. Dans l’année qui venait, le destin lui a donné l'occasion de tester sa santé et sa vitalité jusque dans la pratique pédagogique et de réaliser ses exigences pour une nouvelle éducation.[351]

À la fin de ces conférences de Dornach, il donna aussi, le 15 janvier, la suite des conférences d'art de l'année précédente, où il laissa cette fois s'exprimer l'art illustratif d'aujourd'hui *. Que soient mentionnées également deux autres conférences sur des questions artistiques qu'il a tenues le 15 février et le 6 mai 1918 à Munich à la Kunsthaus « Das Reich » et qui sont disponibles depuis en version imprimée : « Le sensoriel et supra-sensoriel dans sa réalisation par l'art » et « Les sources de l'imagination artistique et les sources de la connaissance supra-sensorielle ».

À la fin du mois de janvier, il s'est rendu en Allemagne afin de stimuler et de poursuivre dans les villes là-bas le travail spirituel qui, aussi pendant la guerre, ne cesse de progresser. Dans les mois qui ont suivi, il a également tenu, en plus d’une grande activité de conférences publiques qui l'ont amené à Berlin, Nuremberg, Munich, Stuttgart, Heidenheim, Ulm, Leipzig, Hambourg, ainsi qu’en Autriche, Vienne et Prague, aussi en continu trois cycles de conférences pour les membres qui portait les titres caractéristiques: « Mort terrestre et vie des mondes », « Cadeaux de vie anthroposophiques » et « Regard sain pour aujourd'hui et espoir courageux pour demain ».

Dans le premier cycle de sept conférences « Mort terrestre et vie des mondes », il a d'abord donné une contribution supplémentaire à la connaissance de la nature humaine, en ce qu’il présenta de nouveaux résultats de recherche sur les métamorphoses à travers lesquelles la nature physique de l’humain passe au cours des incarnations successives, comment par ex. chef/tête et membres se comportent les uns aux autres au cours de ces processus de changement, et de quelle manière ils sont exposés aux forces cosmiques et terrestres. Il a également accentué quelles influences le respect ou le non-respect de telles métamorphoses de l'esprit, de l'âme et du corps a sur les processus sociaux et formant l'histoire :

« Dans le futur viendra une considération de l'histoire qui comptera avec les forces de ceux qui ont passé les portes de la mort et vivent avec leurs âmes dans le monde entre la mort et une nouvelle naissance. Une conscience de l'humanité totale, aussi avec l'humanité dite « morte », devra donner à la culture humaine une coloration complètement nouvelle ».

Il a décrit le changement rythmique de l'existence de l’humain dans le domaine du vivant et du mort, et les possibilités qui se présentent pour un attachement intense aux morts à travers de telles connaissances. Il a également donné des instructions sur la façon d’exercer l'âme pour promouvoir le pendant avec ces domaines spirituels, et a cité le développement de telles particularités comme : sentiment d’unité/d’être ensemble et sentiment de gratitude, confiance dans la vie et le rajeunissement de l’âme « un pont vers les morts ». Nous ne pouvons pas entrer ici dans les détails de la grande quantité d’impulsions nouvelles qui se donnent par cela pour le façonnement de la vie de chaque humain. C’était des idées que cette période des combattants et des armées de morts appelait de toute urgence. Ce que Rudolf Steiner avait en vue comme nécessaire n’était pas seulement un hommage
* voir Rudolf Steiner: "Nature et signification de l'art illustratif".[352] aux morts, qui provient soit du motif de l'attachement subjectif ou de l’honneur général aux héros, les deux sont évident, mais une conscience basée sur la connaissance concrète des pendants de leur présence réelle et de leur participation active dans le processus formant l'histoire du présent.

Dans la prochaine série de conférences « Cadeaux anthroposophiques de la vie », du 30 mars au 21 mai, il est allé maintenant sur l’action concrète des êtres spirituels supérieurs dans les processus de la Terre, sur l’activité des « âmes de peuple » comme des êtres réels qui, par la médiation des forces terrestres différenciées dans l'Est et l'Ouest, collaborent aux processus d'évolution, dans l’Est plus par des forces cosmiques, lumineuses, éthériques, au Milieu plus par la médiation des processus rythmiques, l'organisation de chaleur sensible -suprasensible, animique-physique de l’humain, dans l’Ouest plus par des forces terrestres modelant au processus de devenir de l'humain corporel et de l'organisation sociale. Tous ces processus différenciés sont cependant dominés, renforcés et libérés de leur unilatéralité par les forces entrelacées par le Christ sur la terre et amenées à l'humanité d’ensemble. La différence des vues de Rudolf Steiner à toutes les autres vues de son temps reposait justement dans le fait que si les autres ont parlé du Christ ou d'âme de peuple, ils se mouvaient soit dans la sphère purement religieuse de la foi, les doctrines, la sensation, ou les passions liées au niveau régional, les slogans émotionnels, les concepts théorisés, alors que Rudolf Steiner a investigué et rendu visible le travail de l'esprit, aussi des âmes de peuple jusque dans des processus réels de devenir des organismes des peuples et des humains jusque dans des faits concrets anthropologiques, biologiques, géologiques et historiques.

Dans la deuxième conférence de ce cycle, il a dit, résumant ces considérations :

« Mes chers amis! Quand j'essayais avant-hier d'expliquer comment l’humain est influencé par la partie de la terre sur laquelle il s'est développé comme être physique, là j'avais de préférence en vue de rendre une fois particulièrement clairement attentif, comment l’ensemble de la terre est un organisme, un organisme doté d’âme, trans-spiritualisé. Car comme un organisme a ses différents membres différenciés, dont chacun a sa tâche particulière - les bras n’ont pas la tâche des jambes, le cœur pas la tâche du cerveau, etc. - ainsi quand on considère la terre dans son ensemble, comme un organisme spirituel doté d’âme, chaque partie de la terre a sa propre tâche particulière. La tâche particulière des membres organiques humains individuels est évidente dans la forme de ces membres individuels. Les bras sont formés différemment que les jambes, le cœur est différent du cerveau. Dans le cas de la terre, ce n'est pas si clair en ce qui concerne le physique. Qui regarde les aspects énumérés seulement comme un géographe matérialiste externe, les différents continents, ou sinon n’importe comment des parties du monde ordonnés d’après tels ou tels point de vue, il ne lui vient pas dès le début que ces différents membres de la terre ont différents modes d'action ; cela vient en premier à celui qui peut saisir des yeux ce qui est, dans une certaine mesure, l’âme et le spirituel de la terre. Mais reconnaître cela, signifie en fait se hisser dans le concret à la façon de voir
23 [353], que la terre est un organisme doté d’âme, trans-spiritualisé, et que l’humain, comme il vit en homme physique sur la terre, est un membre à l’intérieur de cet organisme.

Car là, en tenant compte de cela, toutes sortes de questions apparaissent, et qui considère la vie de l’humain ainsi qu’elle se déroulerait seulement une seule fois entre la naissance et la mort sera incapable de faire face raisonnablement à ces questions. Car l’humain, comme il est une fois en tant qu’humain physique, peut donc seulement s'intégrer/s’en articuler dans une certaine partie de la terre. Il serait donc condamné à se spécialiser tout à fait, se laisser entièrement différencier par cette partie particulière du monde, pour ainsi dire, ne pas pouvoir être en quelque sorte un tout, mais seulement un membre dans l'organisme-Terre. Mais de l'autre côté, se donne tout de suite de cette vue dans le doté d’âme, le trans-spiritualisé de la Terre, une connaissance importante : la connaissance que le simple être plus profond, de l'humain, auquel l'humain dit simplement « je » dans le sens objectif, peut être pendant pas immédiatement, mais seulement indirectement avec cette différenciation de l'humain, que le noyau psychique-spirituel de l’être de l’humain habite seulement dans une certaine mesure dans ce qui sera spécifié par la particularité de la terre. Donc tout de suite, l’humain peut ainsi seulement atteindre progressivement la connaissance que dans ce qui nous vient tout d’abord en vis-à-vis de l'humain, son noyau spirituel-psychique, ne peut exister/subsister - que dans une certaine mesure ce qui en l’humain vient en vis-à-vis, peut seulement être « maison », ce qui peut être déterminé habitat de l’humain par les circonstances/rapports particulières/particuliers de la Terre ».

L'humain devrait vouer à cette corporéité différenciée, modelée par la structure de la terre et de l'héritage, sa « maison » dans cette vie terrestre, son attention et son soin intense jusque dans les détails les plus concrets, mais il devrait être conscient que son être plus élevé prend souche d'autres mondes et y retourne, que sa maison conditionnée au temps au cours des différentes vies sur Terre change et se transforme. Que la sphère, qui se sur-ordonne à toutes ces différences spatiales et temporelles, la terre, l'univers, est un « organisme doté d’âme, trans-spiritualisé », et qu’il se comprend seulement lui-même quand il reconnaît également les autres membres de cet organisme dans leurs fonctions importantes pour la vie, quand il saisit la totalité de laquelle les tâches changeantes des époques lui seront assignées. Seulement dans la langue qui est acquise d'une telle vue, l’humain peut communiquer/s’entendre avec le monde spirituel, tenir des dialogues avec lui, et recevoir par cela les inspirations correctes, œuvrer dans l'esprit de la Providence, dans le plan de l'univers.

Les conférences de Rudolf Steiner étaient un tel dialogue animé avec deux mondes, une explication avec les pensées et les actes des humains qui avaient formé la situation actuelle des forces du siècle passé, avec ses aspects scientifiques et sociaux, mais en même temps avec le monde des générations à venir en train de descendre pour changer, pour guérir, et pour fertiliser de nouvelles choses qui sont vivantes dans un être-là terrestre renouvelé.

Il a également indiqué dans ces conférences sur le travail sinistre de ces cercles qui se braquent de par la terre contre rendre l'humanité d’ensemble familière avec ces faits, qui veulent continuer de garder caché ce savoir [354], mais par lequel l'évolution sera entraînée dans la stagnation, le durcissement, dans la formation du carcinome spirituel :

« Quand on parle avec les humains aujourd'hui, c’est ainsi qu’ils disent la même chose qu'ils auraient aussi pu dire en juillet 1914. Mais en fait, aucun ne peut être un humain éveillé aujourd'hui, pour qui chaque concept n'a pas reçu une autre empreinte, une autre valence. Et pour cette raison devra être posée la question - mais cette question chacun devrait se poser comme une très sérieuse et, j’aimerais dire, une question de conscience chrétienne : où sont à trouver les humains aujourd'hui qui en Juillet 1914, se sont conduit devant les yeux la possibilité que pourrait venir ce qui est maintenant arrivé à ce jour ? Je pourrais - et vous savez, je ne le dis pas par niaiserie - formuler aussi la question différemment. Dans la série de conférences que j'ai tenues avant la guerre à Vienne, se trouve, entre autres, une expression qui résonne là : La vie humaine sociétale porte maintenant quelque chose qu’on peut comparer avec un carcinome ; une maladie cancéreuse est dans la vie de l'humanité. Cela devait être considéré à l'époque. Mais ce sont beaucoup d’humains ceux qui n'ont pas encore considéré cela. Je demande : dans quel sens profond a été-compris qu'à cette époque avait été parlé de « carcinome » dans l'évolution humaine ? »

Dissoudre ce durcissement, guérir la maladie de cancer dans la pensée, assainir l'organisme-esprit, cela reposait en ces temps à la base de tout le travail méthodique de Rudolf Steiner et à travers d'innombrables résistances il alla imperturbablement vers l'avant sur ce chemin.

Le prochain cycle de conférences du 25 juillet au 6 août porte donc aussi, vis-à-vis la lourdeur pleine de peur et la résignation de l'environnement, le titre réveillant : « Coup d’œil sain pour aujourd'hui et espoir courageux pour demain ». Alors que les cycles de conférences précédents avaient plus expliqué la situation des faits de l'environnement, des âmes de peuple, du cosmos, et la polarité est-ouest des forces de la terre, Rudolf Steiner est parti maintenant à nouveau du microcosme de l'humain lui-même, du changement de ses états de conscience, qui sont disposés dans sa structure de corps sensible-supra-sensible. Mais les forces rajeunissantes ne sont maintenant justement pas à chercher dans l’organisme physique, mais dans son organisation de forces formatrices. Sans leur investigation systématique, l'humain ne dépasse pas les représentations atomistiques, il ne peut pas vivifier sa pensée, ne peut pas saisir l'unité et la plénitude de son être. Dans la conférence d’introduction il dit à cause de cela :

« Nous avons, si nous ne saisissons pas de l'œil purement le côté extérieur humain, pas seulement à faire avec le corps physique visible de l’humain, mais nous portons également en nous un organisme fin, éthérique, suprasensible, qu'afin qu'aucun malentendu n’apparaisse, j’ai appelé « corps de forces formatrices » dans des exposés récents dans le magazine « Das Reich ». Cet organisme suprasensible est moins différencié par rapport à l'organisme physique externe : il est en fait plus une unité; et c'est seulement par une observation grossière que nous attribuons une unité à la forme extérieure de l’humain. L'unité réelle de l'humain repose dans son corps éthérique ».

Cette organisation de la matière, modelante, soutenante, vivifiante, est la source de la vie, le médiateur entre le corps et la conscience. Elle a été regardée par l’humain clairvoyant du passé, seulement expérimentée/vécue par de grands chercheurs synthétiques, tels que Paracelse entre autres au temps de l'intellect naissant, puis oubliée à l'ère de l'atomisme. Mais elle est aussi reconnaissable aujourd’hui à l'observation exercée selon la science de l’esprit, en effet un objet de recherche future, sans lequel l’inclusion de ce qui est, dans la science de la nature, une justification réelle de la totalité des organismes, n'est pas possible. Comme nous le verrons, Rudolf Steiner a continuellement contribué et astreint ses étudiants, dans les années à venir, à leur recherche méthodologique. Oui, il disait au sujet de la future éducation des scientifiques de la nature et des pédagogues :

« Avec une pensée qui vit dans les façons de voir ordinaires des lois de la nature, on ne peut, par ex., pas arriver au corps éthérique. Par conséquent, ces méthodes qui permettent à l’humain d'observer simplement le corps physique et de l'observer avec une raison qui est liée au cerveau physique, ne devraient pas seulement être incluses dans l'éducation de séminaire et d'université ; mais une tout autre sorte de séminaire et d'éducation universitaire devrait être là afin qu’apparaisse une certaine faculté à vraiment regarder sur l’art et la manière dont par exemple, le corps éthérique se montre dans l'humain. Ce serait nécessaire aussi bien pour l'enseignant dans tous les domaines, ainsi que notamment pour le médecin ».

 L'esprit, la structure des forces, l'organisation suprasensible et physique de l'humain doivent, comme ensemble, devenir l'objet de la connaissance et de l'expérimentation de science de la nature.

Beaucoup d'autres indications concrètes supplémentaires ont caractérisé les inhibitions et les obstacles, qui empêchent une saine connaissance de ces phénomènes dans le temps présent. Et il a placé en vis-à-vis de toutes ces tendances un « Goethéanisme » moderne a qui rendra possible en premier de reconnaître exactement l’humain dans toutes ses métamorphoses corporelles et spirituelles :

« À toutes ces choses, le Goethéanisme se tient en face. Encore une fois, je ne pense pas à quelque chose de dogmatiquement fixé, mais on doit utiliser des noms pour quelque chose qui va bien au-delà du nom. Je ne comprends pas sous Goethéanisme ce que Goethe a pensé jusqu'en 1832, mais bien quelque chose qui pourra être pensé au sens de Goethe en premier dans le prochain millénaire : qui pourra être de la conception de Goethe, de la représentation et ressenti de Goethe. Ceci est à reconduire sur ce que tout de suite dans ce qui se tient dans un quelque pendant avec le Goethéanisme, tout desséchant voit son véritable ennemi ». GA181 - Seite 423


Le contenu d'un tel cycle de conférences était pour caractériser le « desséchant/s’étiolant », appeler le rajeunissement, , qui devrait donner « un regard sain pour aujourd'hui et un espoir courageux pour demain ».

 Nous avons d'abord mentionné ces trois séries de conférences dans leur contexte, car elles sont liées les unes aux autres dans leur sujet, mais nous devons maintenant aller aux autres domaines d'activité de Rudolf Steiner durant ces mois. Il faut toujours être conscient de la diversité et des nombreuses obligations dont était rempli un tel jour de vie de Rudolf Steiner. Car à côté de l’activité de conférences, qui par la richesse du contenu aurait pleinement occupé un autre humain par la préparation, la recherche et la rédaction, [356], il recevait du matin au soir, une chaîne sans fin de personnes à la recherche de conseils qui le consultait avec leurs problèmes personnel et humain ou scientifiques ; parfois, son environnement immédiat était pleinement occupé avec l'organisation et le calendrier de ce flux de visiteurs. Là avec chaque visiteur, une suite ininterrompue des questions venaient à lui de tous les domaines de la vie et de la connaissance, qui souvent concernaient le sort d'une personne, le déroulement d'un projet de recherche, l'inauguration de mesures d'envergure. Mais il a toujours trouvé le temps et la compréhension concentrée pour le conseil personnel de ses étudiants dans la poursuite de la formation ésotérique. Nous y reviendrons plus tard. À cela s'ajoutent les travaux écrits, scientifiques et littéraires à ses publications, qui sont parues année après année. Et Rudolf Steiner a trouvé ce qui été souvent incompréhensible a ceux qui partageaient sa vie, encore le temps et la force de s’orienter de façon continue par un grand nombre de livres sur tous les domaines de la science, de l'art, de l'histoire, de la littérature, etc., sur des phénomènes actuels ou passés ainsi que toujours de nouveau bluffé, on pouvait s'étonner, quand on mentionnait un livre dans la conversation, comme presque toujours immédiatement il allait avec compétence sur le contenu concret de la même chose. Je suis conscient que quiconque ne l'a pas expérimenté lui-même ne croira probablement pas à de telles déclarations, parce que justement le très extraordinaire de ce phénomène ne va pas avec l'image des expériences moyennes d'aujourd'hui. Mais tant de gens ont établit cette incroyable polyvalence des connaissances de Rudolf Steiner à partir de leur propre expérience et ont par la suite exprimé le même étonnement, ont quand même justement confirmé le fait, qu'il y a suffisamment de preuves pour cela. Une source que je peux voir moi-même, était d'abord le simple fait que Rudolf Steiner a saisi, à l'occasion de ses voyages, de libres minutes pour visiter les librairies et là, souvent emporter des tas de livres, ouvrages rares anciens et aussi de nouvelles publications. Quand j’ai eu la permission de l'accompagner sur un grand nombre de ses voyages dans les années après la guerre, il est arrivé plus d'une fois que lorsque le flux de visiteurs s’est calmé, il m’a invité à une promenade, qui a ensuite conduit la plupart du temps assez rapidement et avec précision, d'une manière ou d'une autre dans une librairie. Et il appartenait à ces humains qui n'avaient pas besoin de chercher longtemps, mais trouvait avec la précision la chose importante très rapidement dans l'abondance du non-essentiel. Il était toujours évident que les libraires le respectaient et l'aimaient, l'inconnu, parce qu'ils sentaient immédiatement que quelqu'un était entré ici dans leur sphère, qui était un timonier sûr dans l'océan des livres. Ce n'était pas seulement le cas pour les nouveautés, mais aussi du pays inexploré des antiquaires. Je me souviens encore d'une telle promenade à Prague. Une démarche sûre dans les rues et les ruelles étroites et nous avions atterri dans certaines de ces boutiques d'antiquités, qui dans leur fouillis inutile sont en même temps pour les connaisseurs une fosse à découvertes de trésors précieux. Au bout de peu de temps, Rudolf Steiner avait édifié devant lui une telle pile d’ouvrages si intéressant, précieux et souvent uniques que je devais aller chercher un taxi dont tout le sol était maintenant recouvert de ces trésors et avec lequel il retournait à l'hôtel. Quand il lisait ces livres entre des voyages, des conférences, des visites et des travaux littéraires, sauf peut-être la nuit, quand sa lumière brûlait si souvent jusqu'au petit matin, je ne pouvais pas le comprendre. Car il n'a pas ramené tous les livres à sa demeure, mais les a donnés à d’autres. Tout de suite par des observations plus exactes et longues, je dois dire que cette source, non appréciable pour moi, n'est absolument pas suffisante pour expliquer le phénomène de son orientation étonnante dans la littérature mondiale de tous les domaines du savoir. Son énorme connaissance de livres englobait une sphère incomparablement plus large que sa bibliothèque, et quand l'on croyait avoir trouvé quelque chose de rare et d'inconnu, on éprouvait presque toujours la déception qu'il savait déjà. Et beaucoup de gens étaient tellement préoccupés qu'ils ne cessaient de se poser des questions, que ce soit dans le domaine des mathématiques, de l'histoire, de la théologie, de la chimie, de l'art ou de la biologie, etc. : « d’où sait-il cela ? » Combien de fois a-t-on, justement aussi entendu cette question de spécialistes. Sur la base de ces observations multiples, je dois être moi-même en danger d’être tiré au mysticisme d'exprimer quand même la conviction qu’à cause de ses exceptionnelles capacités de clairvoyances des possibilités d'orientation à cet égard lui étaient aussi ouvertes, qui se voient refusées aux humains ordinaires. Les faits restent, chacun aime se faire sa propre explication ; à celui qui a été témoin lui-même du phénomène, c'était rendu plus difficile parce que pour l'instant, était là l’extraordinaire, la richesse énigmatique de la connaissance dans le concret. Mais revenons à la charge de travail quotidienne de Rudolf Steiner, dont le sujet nous a conduit à cette intervention.

Nous avons déjà dit que, quand aussi les lignes directrices propres toujours poursuivies de manière cohérente, était quand même ouvertes aussi à toutes les questions qui venaient à lui de l'extérieur, oui qu'il accueillait avec gratitude, tout de suite par des réponses à des questions concrètes, d'introduire tout un chacun au spirituel sur son chemin. Ainsi, il alla aussi à toutes les suggestions fructueuses pour représenter ses résultats de recherche dans d'autres que ses propres cercles d’ouvrage, quand était donné la condition préalable d'une recherche spirituelle sincère. Une telle demande s’était présentée à lui en février 1918 des cercles qui se sont ralliés alors à Munich autour de la revue « Das Reich » et un vif intérêt pour les forces saines que les spiritualités antiques, médiévales et modernes ont exprimées. Par conséquent, Rudolf Steiner a donné sur invitation de ces cercles, dans la période du 15 au 19 février au Kunsthaus « Das Reich » de Munich, quelques conférences sur « Le sensoriel-suprasensoriel dans sa réalisation à travers l'art », et sur sa propre création d’art « L’eurythmie », le 6 mai sur « Les sources de l'imagination artistique et les sources de la connaissance suprasensible ».

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Cela faisait maintenant tout de suite trois décennies que Rudolf Steiner avait tenu sa conférence sur « Goethe en tant que père d'une nouvelle esthétique » en 1888 à l'Association Goethe de Vienne (voir aussi page 172) Il pouvait maintenant à Munich sur la demande d'un grand nombre d'artistes - ces conférences ont dû être tenues deux fois à cause des nombreux participants - relier l'impulsion inaugurée il y a 30 ans pour la refonte spirituelle d'une esthétique artistique avec la science de l'esprit déployée depuis devant le monde, ce en quoi, le développement du travail de jeunesse de Rudolf Steiner s’avéra à la pleine maturité de l’image du monde de science de l’esprit maintenant présentée.

Il a également écrit à cette époque quelques contributions à la revue éponyme, « Das Reich », qui paru au Hans-Sachs-Verlag, Munich, et fut publié par Freiherr von Bernus. Dans les numéros d'octobre 1917, janvier et avril 1918 il donna une introduction scientifique spirituelle à une œuvre du XVIIe siècle, Johann Valentin Andreae : « Les noces chymique de Christian Rosenkreutz ». Rudolf Steiner souligne que « la présentation du livre se réfère à de vraies expériences spirituelles » et doit être comprise comme « une communication sur un courant spirituel véritablement existant » que Johann Valentin Andreae reçut dans sa jeunesse comme une révélation, une intuition, pendant que dans sa vie ultérieure il a perdu le contact avec ces forces spirituelles. Rudolf Steiner a également donné un compte rendu détaillé du contenu spirituel de cet écrit unique, qui décrit certaines expériences d'initiation à cette époque. *

Rattaché aux conférences au Kunsthaus de Munich, il a parlé du 23 au26 février à Stuttgart, en public sur « L'humain comme être d’esprit et d’âme », dans des conférences aux membres sur les batailles décisives de l'époque de 1841-1879, qui se tenaient dans l'esprit de Michael. Dans des conférences supplémentaires de Stuttgart du 23 au 26 avril ces considérations historiques ont été appliquées aux phénomènes du temps d'aujourd'hui et a été montré que ces prestations d’aide venant des mondes spirituels ont été niées dans les siècles passés. Le 29 avril, il en a aussi parlé à Heidenheim, où un groupe de travail actif a existé grâce à l'initiative fructueuse d'Alfred Meebold.

Du 27 mai au 5 juin, il séjourna à Vienne, où il traita la conférence publique « La vie historique de l'humanité à la lumière de la recherche sur la réalité suprasensible ». Les deux conférences de branche traitèrent entre autres des relations de l'anthroposophie avec les sciences, des contradictions à examiner dans le domaine des mathématiques, physique, physiologie et économie nationale, etc. Ici aussi, comme à Stuttgart, a eu lieu une présentation d'eurythmie, car ce travail artistique s'est poursuivi pendant la guerre comme un élément de guérison dans les graves soucis de l'époque.

 * voir année 1917 « Das Reich » Nr 3ss; voir aussi:. .. Dr G. Wachsmuth: "Mystères et histoire intellectuelle", Chap. IX; Dr. Karl Heyer: « Impulsions d’histoire de la Rose-Croix", entre autres.

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Du 7 au 10 Juin, M. et Mme Dr. Steiner séjournèrent en tant qu'invités du comte Ludwig Polzer-Hoditz et de sa femme sur leur domaine de Tannbach en Autriche. Le comte Lerchenfeld y était également venu en visite, et les trois jours de silence rural ont été consacrés à des discussions de questions spirituelles et aux événements concrets de l'époque. Entre temps, des excursions ont été entreprises dans la campagne environnante.

De là, le voyage conduisit à Prague, où il a parlé les 12 et 14. juin dans des conférences publiques sur « Relation personnelle de Goethe à son Faust » et sur l’actuel goethéanisme, la connaissance des mondes supra sensibles. De Prague le 17 juin, a été visité le château de Karlstejn historiquement si important, construit par Charles IV. Dans sa conférence se rattachant au troisième cycle de conférences mentionné ci-dessus Rudolf Steiner est venu à parler sur le point tournant historique au 15e siècle, qui se reflète aussi d’une certaine façon dans l’ouvrage « La noce chimique de Christian Rose-croix », et parle des impressions qu’il a eues de l'atmosphère spirituelle lors d’une visite récente au château de Karlstein :
« J'étais récemment dans un château en Europe centrale, où il y a une chapelle dans laquelle les pensées du tournant de cette nouvelle ère sont symbolisées. Dans la cage d'escalier, il y a des peintures assez primitives; mais à travers tout l'escalier - qu'est-ce qui y est peint, même si les peintures sont primitives ? Le mariage chymique de Christian Rose-croix ! Vous passez par ce « mariage chymique », en ce qu’on arrive après dans une chapelle du Graal ».

1917 < .......1918....... > 1919

Replacer dans son contexte