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Au sujet de la composition du cours « d’économie nationale » ( 1 )..........> retour au menu de la série

Structures sociales et pouvoir des religions

Stephan Eisenhut

trad. Daniel Kmiècik, revue F.G. au 19/04/2016 - ( 0 )

Dans l’Europe sécularisée, les confessions chrétiennes ont aussi un rôle essentiellement plus grand sur la structure sociale, qu’il n’est généralement admis. L’auteur couvre leur rôle dans la création de l’union monétaire européenne et montre ensuite la manière dont cette idée de la péréquation des intérêts économiques est corrompue par des structures économiques. Parce que l’origine de ces structures économiques est fondée sur des attitudes d'esprit, celles-ci seront éclairées, dans une dernier paragraphe, et confrontée avec le chemin de la science de l’esprit anthroposophique.

La crise de l’Euro a-t-elle quelque chose à faire avec la religion ? Non, si l’on regarde superficiellement, pourtant, comme l’expose Chris Bowlby, dans une contribution pour la BBC anglaise, on dirait que les politiciens protestants et catholiques eussent des instincts profondément enfouis, lesquels tirent la crise actuelle dans diverses directions, jusqu’à ce que l’Euro s'en brise. ( 2 ) Bowlby parle d’une ligne de fracture religieuse, qui parcourt la zone Euro entre « les pays latins » restés catholiques, qui montrèrent toujours un rapport essentiellement libre à l’égard de faire des dettes, et les pays dans lesquels, à partir du 16ème siècle, le protestantisme se renforça. La fille d’un pasteur protestant, Angela Merkel, devient par conséquent pour lui une sorte de synonyme de parcimonie protestante [protestantische Sparsamkeit].
Même si la formule protestantisme = parcimonie / catholicisme = prodigalité semble un peut outrageuse, Bowlby renvoie pourtant intentionnellement à un vrai noyau de la question de l’Euro. Il n’y a pas seulement différentes mentalités à la base de l’actuelle crise d’endettement entre les pays du Sud et ceux du Nord de l’Europe. Elle peut être vue aussi comme résultant de diverses structures du penser, qui se sont formées avec la vision protestante et celle catholique du monde et qui fondent une éthique différente. Derrière la façon dont sera répondu aux questions économiques importantes, se profilent — le plus souvent dissimulées — de telles représentations éthiques.
Le modèle de l’économie sociale de marché, qui s’est formé en étant couronné de succès après la seconde Guerre mondiale, se laisse comprendre à partir de l’action concertée du courant de penser catholique et protestant.
Dès la fin du 19ème siècle, l’Église catholique avait élaboré une doctrine sociale consistante sous la responsabilité jésuite ( 3 ) . À l’intérieur des courants de penser du protestantisme, se formant d’une manière essentiellement plus individuelle, c’est seulement pendant l’effroyable période du national-socialisme qu’une direction se dessina plus clairement laquelle, par la suite, fut caractérisée, à l’appui du nom de l’annuaire dans lequel ce concept fut théoriquement élaboré, comme Ordolibéralisme ( 4 ) . Les deux courants reconnurent des points de communauté dans leurs conceptions éthiques fondamentales. La sobre estimation des facteurs économiques extérieurs et de leur efficacité, qui était propre à l’ordolibéralisme, se lia au conservatisme de valeur de la doctrine sociale catholique. Les idées centrales de l’ordolibéralisme pouvaient s'imposer, en particulier lors de la conception de la Bundesbank tandis qu’elles étaient certes théoriquement posées avec l’idée de la banque centrale européenne, mais en étant pourtant de plus en plus niées en pratique par l’influence des pays latins.

Affrontement des cultures
En 1991, le président de la Bundesbank d’alors, Karl Otto Pöhl fut violemment pris à parti du fait qu’il caractérisait comme « dévastatrice » les répercussions de l’union monétaire germano-allemande [entre les deux ex-Allemagnes, la RFA & la RDA ndtDK] — anticipée pour des raisons de tactique électorale —   et qu’il mettait en particulier en garde de ne pas répéter cette erreur avec une union monétaire européenne ( 5 ). Particulièrement cinglante fut en réponse la critique de l’économiste français Michel Albert, qui, à la fin de son ouvrage très considéré Capitalisme contre capitalisme, lui dédia un chapitre particulier portant le titre « L’absurdité destructrice de Karl Otto Pöhl( 6 ) ».
Qu’est-ce qui avait irrité si fort le poil de Michel Albert ? ( 7 ) En tant que responsable de la plus importante banque centrale européenne, Pöhl avait pour ainsi dire discrédité par l’adjectif « destructeur », les efforts autour d’une union monétaire européenne. Albert défendait la conception que l’union monétaire européenne était un pas essentiel en direction de l’union politique. C’est pourquoi si l’on voulait attendre d’abord une convergence de politique et de situation économique des pays du Sud de l’Europe avec les pays du Nord, comme l’exigeait Pöhl, cela signifiait que l’on ne voulût pas « intégrer le Portugal, la Grèce, ni non plus l’Espagne et l’Italie, dans l’union économique et monétaire européenne à venir( 8 ). »

Pour le catholique Albert, la création d’une union monétaire était un projet politique, pour l’ordo-libéral Pöhl elle n’était pas une tâche économique facile à réaliser, à laquelle de nombreuses conditions doivent être prises en compte. L’objectif d’Albert c’était de créer, à partir de l’idée de la doctrine sociale catholique, un « capitalisme européen », et d’opposer ainsi au capitalisme-casino anglo-saxon, renforcé sous Margaret Thatcher et Ronald Reagan, une alternative essentiellement plus productive. Pour un tel capitalisme conduit de manière corporative, le modèle de l’économie sociale de marché représentait pour lui un exemple de la façon dont il s’était développé dans la République de Bonn [RFA, ndtDK] après le seconde Guerre mondiale.
De la perspective d'Albert, est de là absolument compréhensible l'irritation sur la critique de Pöhl. Par l’effondrement du régime communiste à l’Est, et par la réunification allemande avait soudain surgi une situation ouverte en Europe dans laquelle les espaces libérés politiquement devaient être rapidement repris en mains par une « action intrépide ». A partir de l’Ouest le danger menaçait, que le « capitalisme néo-américain » gagne de plus en plus de terrain aussi en Europe continentale ; à l’Est, devait être empêché que surgissent de nouvelles variantes du penser socialiste. Si l’Allemagne de l’Est avait été d’abord transformée en 1990, en une sorte de zone économique à part, avec pour objectif une assimilation progressive aux circonstances économiques de l’Allemagne de l’Ouest( 9 ) , alors, un espace eût été crée là pour des élans d’organisations économiques autonomes. Le coup [aux échecs, ndtDK] du catholique Helmut Kohl, d’introduire le D-Mark en RDA encore avant la réunification, n’était pas, pour cette raison, dans ces circonstances, simplement une tactique de nature électorale. Pour le moins, sa répercussion fut telle qu’elle ne servit( 10 ) pas que les «élites économiques ouest-allemandes », mais au contraire et avant tout, les défenseurs de la doctrine sociale catholique. Puisqu’à présent devait être payés en D-Marks forts, les entreprises est-allemandes n’étaient plus en situation, d’écouler leurs marchandises vers les anciens pays frères du Bloc de l’Est. Des relations économiques qui avaient grandies sur plus de quarante ans, furent  coupées ainsi en un coup. Par cela les entreprises est-allemandes tombèrent pleinement sous la dépendance économique de l'Ouest. En même temps fut retiré avec cela le terrain nourricier du bien d’idées non-désirées, à savoir celui inspiré par le socialisme, qui se développe volontiers dans les cercles bourgeois et intellectuels. L’action intrépide de Kohl vint donc très au-devant du besoin de Michel Albert de faire valoir le plus possible dans les institutions européennes la forcestructurante de la doctrine sociale catholique.

Le but de ce « capitalisme européen » autonome, c’est d’amener l’effort d’entrepreneuriat nécessairement libre à une saine relation avec les tâches qui ne peuvent être résolues que dans la communauté. Pour Albert, il ne s’agissait justement pas à ce sujet d’une forme de gouvernement central des processus économiques, mais au contraire d’une sorte de jeu du libéralisme qui reconnaît que l’État doit percevoir la fonction de compensation sociale( 11 ). Il lui importait  avec ce modèle, de faire passer en priorité les intérêts de la communauté devant ceux de l’individu. La « communauté dans laquelle l’individu s’insère est d’une importance particulière: l’entreprise, l’État, les associations et le syndicats sont des facteurs qui protègent et stabilisent( 12 ). » Les intérêts de la communauté ne sont donc pas régulés de manière primaire par un organe central, mais subsidiairement aux divers niveaux par des associations, institutions communales et autres.

Entre-temps son ouvrage, traduit en 19 langues et particulièrement populaire, se donnait avant tout pour tâche, de rendre appétissant le modèle rhénan de capitalisme aux pays latins d'Europe. Dans le même temps, il était censé agir à l’encontre des séductions du capitalisme anglo-saxon. Finalement, considéré dans l’ensemble de l’économie, ce dernier n’est certes pas si productif que le modèle rhénan, mais il possède pour les individus un attrait essentiellement plus grand : « Le capitalisme rhénan inspire plutôt les idées d’un bon père de famille respectueux des lois, alors que le capitalisme américain rappelle plutôt le glamour du Crazy Horse( 13 ). » Pourtant Albert vit le danger, que le modèle rhénan agissant en brave ne pût pas tenir dans la durée, face à celui néo-américain. Cela ne reposait pas, bien sûr, dans la mauvaise mise en marché d’un point de départ, en soi plus capable de prestations, mais à cela que « les idées et valeurs fondamentales, qui le précèdent, … étaient largement ignorées ou combattues. » Était ignoré « le rôle de la doctrine sociale de l’Église dans la mise au point de l’économie sociale de marché qui unifiait avant tout l’influence des Catholiques dans la CDU et celle des Protestants dans le SPD( 14 ). »

La figure de base de son argumentation était donc : le capitalisme est davantage capable de prestation, lorsque l’individu est en situation, de placer les intérêts de la communauté au-dessus de ses intérêts personnels. Il est vrai qu’il y avait besoin pour cela d’une orientation de valeur chrétienne, comme elle était encore existante lors de la création du modèle rhénan. Les raisons réelles pour son succès reposaient en conséquence dans la foi chrétienne, donc, comme l’enseignait avant tout l’Église catholique.
La doctrine sociale catholique n’en appelle pas au penser, au contraire elle en appelle au sentiment de l’être humain. C’est précisément les intentions d’organisation dans la création de l’Euro qui sont déterminées à la mesure de l’arrière-plan de tels sentiments. La raison plus profonde du pourquoi ces arguments très rationnellement amenés sur le terrain avancé des penseurs ordolibéraux furent simplement balayés de la table de discussion, reposa dans le désir de créer le plus vite possible une nouvelle Europe unie en tant que représentant de l’Occident chrétien. Là des pays comme la Grèce et le Portugal n'avaient pas la permission de manquer, et encore moins l’Espagne et l’Italie.
Les théoriciens libéraux pouvaient par contre en être tout à fait certains : l’ensemble des individus traitant dans l’économie  — donc le marché — ne soumettra jamais volontairement son intérêt à la communauté. Les « marchés » sonderont beaucoup plus sans pitié les faiblesses de telles ou telles institutions, qui ne sont qu’à demi pensées. Ces institutions soi-disant créées pour le salut de la communauté, mènent par conséquent, raison de plus, à ce que la position des faiblesses économiques continue à se détériorer toujours plus. C’est pourquoi des professeurs avant tout ( 15 ) ordo-libéraux se précipitent actuellement contre la pratiques d’institutionnalisation sans cesse croissante de sauvegarde de l’UE avec l’impétuosité fondée qu’on ne seront par cela servis que les intérêts du capital. Karl Otto Pöhl, dans une interview de 2010, au sujet du paquet de sauvetage pour les États du Sud de l’Europe, caractérisa comme inéluctable, une remise de dette pour la Grèce. L’ex-directeur de la Banque Fédérale s’exprima très clairement sur ce qui se tient en réalités derrière les ainsi nommés sauvetages : « Il s’agissait de préserver l’amortissement des banques allemandes, et avant tout des banques françaises. Les actions bancaires françaises montèrent, au jour ou fut décidé le paquet de mesures, jusqu’à 24%. On voit en cela ce dont il s’agit réellement, à savoir, du sauvetage des banques et des riches Grecs ( 16 ). »

Quatre questions
Devant cette arrière-plan tournons-nous à présent de nouveau vers la troisième conférence, dans laquelle Rudolf Steiner traite quatre questions dont les réponses sont déterminantes pour la formation de structure sociale :
l Comment l’économie politique peut-elle devenir une science pratique, à savoir, ne pas rester simplement descriptive, ni théorique ?
l Comment le travail doit-il être organisé et intégré dans l’organisme social ?
l Comment l’égoïsme peut-il être extirpé en relation avec la vie économique ?
l Comment les intérêts des divers producteurs peuvent-il trouver un accommodement  conforme ?

Dans notre première considération sur cette conférence, la question de la science pratique a été remontée jusqu’à son origine aristotélicienne ( 17 ). Pour la réponse à la deuxième question, l’émancipation du travail et du droit doit être plus précisément considérée ; cela requiert une compréhension de l’évolution de la conscience de l’ancienne structure sociale théocratique jusqu’au mouvement de démocratisation moderne. En tant que condition la plus importante d’une insertion du travail qui soit conforme à l’époque, on a montré que la détermination du temps de travail ne doit pas résulter des forces du marché, mais de la vie de droit démocratique ( 18 ). Outre le rapport d’âme à âme, qui agit en structurant au sein du processus démocratique de jugement, un rapport de l’âme et de l’esprit est cependant aussi nécessaire.
L’égoïsme devenant trop puissant peut être conçu comme la conséquence d’une perte d’orientation spirituelle. Les Églises veulent donner une orientation au travers la vie des valeurs chrétiennes. Elles y parviennent toujours moins, puisque l’être humain de l’époque moderne ne trouve plus dans son penser la réalité de l’esprit. L'être humain d’aujourd’hui peut-il adopter dans un cheminement individuel une relation nouvelle, active et libre à l’esprit ? A l'intérieur de l’organisation d’entreprise ceci concerne le comportement de la direction d’entreprise et la compagnie des collaborateurs. Si le prix de la prestation de travail est déterminé par les points de vue du marché, alors les fondements d’âme du travail mené en commun sont détruits. Le collaborateur  met sa prestation à la disposition de l’entrepreneur, alors en tout cas seulement encore sous des points de vue d’utilité, et ne développe par dessus cela aucun intérêt  supplémentaire au contexte humain dans lequel il s’insère. Si la direction transmet le sentiment qu’elle a en vue l’être humain en entier, et que le collaborateur remarque que son revenu est considéré comme une condition afin qu’il puisse travailler, alors les points de vue utilitaires reculent et il peut développer un autre intérêt. La direction d’entreprise reçoit une autre qualité en ce qu'elle ne se limite plus simplement à ce qui concerne la stratégie et l’organisationnel extérieurs, mais au contraire se bat aussi pour une compréhension spirituelle de la question économique et sociale. Elle est donc responsable de manière déterminante pour qu’un milieu naisse à l’intérieur de l’entreprise dans lequel un "esprit de la communauté", qu'une force communautaire devienne expérimentable. ( 19 ) 
Une entreprise économique est, eu égard à son organisation interne, une institution de la vie de l’esprit, car ici des êtres humains entrent en relation les uns avec les autres, avec leurs facultés individuelles, et doivent veiller ensemble à une prestation d'ensemble la meilleure possible. Le seuil du domaine de la vie économique est seulement franchi, lorsque l’entrepreneur met sur le marché cette prestation d'ensemble. Cela conduit à une quatrième question, que Rudolf Steiner a soulevée : Qu’est-ce qui provoque la compensation des intérêts des différents producteurs ?

L’importance du commerce intermédiaire ( a )
Dans la deuxième conférence du CEN, Rudolf Steiner distingue deux pôles de la création de valeur productive : il y a des branches de capital intensif, qui organisent le travail matériel très fortement à partir de l’esprit — ce qui agit ici c’est avant tout valeur 2 — et celles dans lesquelles c’est le travail matériel — et donc valeur 1 — qui est prépondérant. Dans l’échange d'économie de marché se heurtent des marchandises qui sont déterminées par des formations de valeur totalement différentes. De ce fait, des intérêts opposés se manifestent. Les branches à capitaux intensifs veulent que les produits industriels finis soient dévalués( 20 ). L’entrepreneur qui, au moyen de son énergie d’organisation spirituelle conduit plus efficacement et avec plus de richesse d’idées que les autres, désirerait aussi obtenir un plus grand gain matériel. Il ne reportera pas intégralement, pour cette raison, les baisses de coût qu’il a atteintes dans le prix de vente. Le gain plus élevé mène à de la formation de capital qui permet une extension de l’activité entrepreneuriale. Elle se répercute  aussi dans l’augmentation des revenus de l’entrepreneur et des collaborateurs. Dans un sain processus d’économie politique, cet avantage ne peut pourtant pas être maintenu sur de longues périodes. Cela veut dire qu’il doit finalement être transmis à la communauté sous la forme de baisses de prix. Ceci est un intérêt justifié avant tout pour ceux-là qui fabriquent des produits proches de la nature, car ils ne disposent pas dans la même mesure de la possibilité de baisser leurs coûts par la rationalisation — à moins qu’ensuite ils acceptent un préjudice massif des bases naturelles ( 21 ).

Lorsque l’entrepreneur commercialise ses produits, il a une fonction de commerçant( 22 ). Mais comme accessoirement, il produit aussi ses propres marchandises, il voudrait d’une manière compréhensible obtenir précisément le meilleur prix possible des produits qu’il fait fabriquer. Dans un marché « sauvage », dans lequel les offrants échangent leurs marchandises sans possibilité de perception réciproque, la chose aboutit à ce que ceux qui l’emportent, sont ceux qui disposent des  meilleures positions du marché. Il s’agit de les construire le mieux possible et de les assurer. Dans la mesure où la grande industrie fabrique des produits finis, elle veillera pour cela à ce que naisse un réseau de vente le plus étendu possible, avec lequel les clients sont directement atteints. Le fermier tentera peut-être de rehausser son gain par une vente directe à la ferme. Tout commerce intermédiaire sera considéré comme faisant monter le coût et devra être écarté le plus possible pour cette raison ( 23 ).
Au plan de la gestion économique, le commerce semble donc rendre les produits plus chers. Maintenant Steiner décrit à la fin de la 3ème conférence justement la fonction du commerce intermédiaire comme celle qui veille à une accommodement des intérêts de manière toute naturelle: « Le prix moyen a tendance à naître là où des intermédiaires vont et viennent en achetant et en vendant( 24 ). » Il se rattache avec cela au fil conducteur qu’il a posé avec l’exemple du tailleur au milieu de la 3ème conférence. Dans la dernière considération, il fonda en détail la raison pour laquelle le commerce — en fait plus précisément le commerce intermédiaire —,agit en rendant moins coûteux( 25 ) dans une perspective d’économie politique.
Que vise ici Rudolf Steiner ? Cela peut devenir clair par une considération du commerce au tout début des temps modernes. À l’époque, la division du travail n’était pas encore aussi avancée et les régions étaient moins reliées entre elles économiquement. En outre, l’argent avait encore une valeur substantielle, qui était moins manipulable. Les échanges de productions entre les régions se mouvaient donc autour d’un point d’équilibre. Lorsque, par exemple, plus de marchandises étaient vendues vers l’Angleterre, lorsque les commerçants anglais importaient de l’étranger, alors l’or s’amassait chez les représentations commerciales étrangères. Mais comme cela coûtait plus cher et que c’était dangereux de faire parvenir de l’or en Angleterre, les commerçants étrangers n’avaient en général aucun intérêt à retirer leur or d’Angleterre. Avec cet or, ils acquerraient de préférence sur place des marchandises anglaises, avec lesquelles ils pouvaient activer le commerce dans leur pays au retour. Si les étrangers gardaient leur or ou bien même s’ils avaient transporté leur or à l’étranger, cela aurait eu pour effet que la quantité d’or qui se trouvait à la disposition du commerce intérieur, se raréfiât. À moyen terme, cela provoquait une baisse des niveaux de prix intérieurs. C’était donc plus intéressant à nouveau pour les commerçants étrangers d’acquérir plus de marchandises anglaises, alors que les commerçants anglais se retenaient d’acheter les marchandises étrangères plus chères( 26 ).
Steiner défend la conception qu’entre la production proche de la nature et celle industrielle doit entrer d’une façon analogue un équilibre, comme dans l’exemple précédent, à supposer que les conditions correspondantes soient créées( 27 ). Contre cela se tournent aujourd’hui de puissants intérêts de groupes. Ceux-ci veulent précisément organiser les conditions de manière telle que l’avantage des capitaux intensifs vis-à-vis de la production du travail intensif ne puisse justement pas s’équilibrer dans le processus d’économie politique. Le levier principal c’est l’influence sur le pilotage de la masse d’argent( 28 ).

La fonction du marché dans l’économie associative
La 3ème conférence commence et s’achève sur le motif du « l’interaction des valeurs fluctuantes dans la formation du prix ». Le prix pour une marchandise qui arrive sur le marché a, pour Rudolf Steiner, la même fonction que celle d’un thermomètre. De la même façon que celui-ci sert à constater la chaleur d’un espace, l’autre à la tâche d’indiquer la modification des besoins de consommation en proportion des possibilités de production. On réchauffe, cela va de soi, un espace qui est ressenti par beaucoup comme trop froid. Personne n’en viendra à l’idée, au lieu de cela, de réchauffer purement et simplement le thermomètre. Cela n’a également pas plus de sens de modifier arbitrairement un prix qui s’est formé sur le marché, simplement parce qu’il a été faussement estimé. Des tentatives de ce genre-là économiquement planifiées dans le passé, pour le faire, ont impitoyablement échouées. Il s’agit pour Steiner de rechercher les conditions qui règnent derrière la formation du prix, et d’abord les facteurs mouvants de la formation de valeur. Mais on ne doit justement pas non plus en rester là. On doit donc prendre en compte aussi les conditions diverses de la formation de valeur. À l’exemple des actions heureuses sur les matières premières, Steiner explique : dans une région, on peut favoriser facilement les conditions de fabrication de fer, dans d’autres ces conditions sont plus difficiles. Ces conditions différentes mènent à des prix différents pour le produit naturel modifié par le travail( 29 ). Les associations ont donc pour tâche d’élever dans la conscience les facteurs qui jouent à l’intérieur de la formation du prix.

 C’est un chemin du prix que Steiner caractérise comme « fluctuant au carré », par dessus les facteurs formant la valeur qui fluctuent moins, jusqu’aux « rapports plus constants, sur lesquelles on peut avoir immédiatement une influence( 30 ) »

Le schéma de structure met ici en évidence la structure des sept premières conférences du CEP. La correspondance des conférences 1 & 7 indique un plan purement terrestre, dans lequel les choses s’apaisent. Celle des conférences 2 & 6 indique un plan de processus en mouvement qui se trouve au centre. Avec les conférences 3 & 5, ce sont les questions de la convoitise humaine qui sont au premier plan. Dans la 4ème conférence, il s’agit centralement de l’effet des forces spirituelles de l’être humain.
Légende : Associations –Bildepunt : Point de formation d’associations ; Menschlicher Geist beobachtet : l’esprit humain observe ; Preisbildung : formation du prix ; Wert : valeur : Bewegungsfaktoren facteurs de mouvement ; Natur und Recht : nature et droit ; Konstante Factoren : facteurs constants.

Dans la structure de la composition des sept premières conférences, comme le montre le graphique ci-dessus, se trouvent ces quatre niveaux qualitatifs, à l’occasion de quoi le point de formation imaginatif des associations repose dans la quatrième conférence. Ce point de renversement/retroussement est pendant de la question : les êtres humains trouvent-ils une relation libre et individuelle avec l’esprit ou pas ? Sans l’arrière-plan d’une possible efficacité réelle-spirituelle, la comparaison avec le thermomètre de la 3ème conférence ne ferait absolument aucun sens. Car cette comparaison part de ce que les êtres humains peuvent se mettre d’accord sur la hauteur correcte du prix de marché pour une marchandise et qu’après constatation d’une fausse évolution des prix, des mesures peuvent être introduites afin de le laisser osciller à la hauteur correcte.
La formation des associations commence d’une manière nécessaire dans des régions particulières, lorsque là les représentants des producteurs régionaux, commerçants et consommateurs se réunissent. Ceux-ci fixent les prix, qui se donnent pour leurs produits en relation avec leurs intérêts. Que la vie de l'économie moderne ne se laisse pas circonscrire aux régions, les prix des marchandises et productions, qui résultent des conditions des autres régions du monde jouent aussi un rôle central. Toujours  de nouveau apparaîtra, que pour tous, il peut s’avérer plus avantageux que dans une région certains produits n’y soient plus du tout fabriqués. Cela vaut en particulier pour la production industrielle dominée par la valeur-2, qui ne compte qu’avec la production de quantités plus importantes. Pour la production restée proche de la nature, cela vaut aussi loin que pour des produits déterminés les conditions naturelles sont essentiellement plus favorables. Toutefois, sous certaines circonstances, il peut aussi être sensé de maintenir la production, lorsque, comme c'est le cas dans l’agriculture écologique, qu’avec cela sont associés en même temps l’entretien et la conservation des espaces de vie naturels. Dans ce cas, des moyens doivent alors être trouvés pour harmoniser le prix plus élevé, nécessaire pour que la production de ces marchandises puisse être équilibrée avec celles produites plus favorablement. Cela aussi peut être atteint au moyen du commerce intermédiaire raisonnable suprarégional. En tant que prix libres de marché, ne peuvent être pris en compte que les prix aux consommateurs finals. Car seuls ceux-ci peuvent avoir une fonction de mesure de ce qui sera consommé. Les prix des producteurs doivent par contre rendre justice aux conditions concrètes de la vie des êtres humains. Entre les deux pôles se trouve le commerce conciliant et lissant. Celui qui doit produire pour d’autres, doit pouvoir le faire dans des conditions de travail suffisamment protégées par le droit avec un revenu et selon une manière convenables, qui représentent de plus une charge soutenable pour l’environnement. Le consommateur isolé n’a aucune possibilité de percevoir si ces conditions ont été remplies. Les associations pourraient nonobstant dompter le marché sur ce point( 31 ).

L’origine spirituelle des forces structurantes

Aussi aujourd’hui encore, des arrières-plans religieux jouent encore un rôle puissant dans la configuration des structures sociales. Angela Merkel l’aurait assurément eu plus facile, lorsqu’au début des années 1990, au moment de la conception de l’union monétaire européenne, c’eussent été, non pas les catholiques avec leur « théorie locomotive ( 32 )  », mais au contraire les représentants protestants plus sensés de la « théorie du couronnement( 33 ) » qui l’eussent emporté. À l’intérieur des structures désormais existantes, elle ne peut que contribuer à la détérioration des circonstances au moyen de sa politique d’épargne protestante.
Le point de départ des structures sociales sont toujours des sentiments et des attitudes du penser déterminés. La doctrine sociale catholique a été créée par une reprise du penser conceptuel réaliste d’un Thomas d’Aquin. Une mentalité nominaliste moderne repose à la base du protestantisme, d’où ont pris aussi source le penser scientifique moderne de science de la nature et le capitalisme. Que ce soient finalement les attitudes du penser qui fondent les structures sociales, c’est ce qu’a ressenti d’une manière très pénétrante le philosophe Karl R. Popper, qui dans son ouvrage La société ouverte et ses ennemis, ramena l’origine des systèmes totalitaires, comme le national-socialisme, à l’attitude du penser du réalisme, alors qu’il voyait dans un « nominalisme méthodologique » les fondements d’une société moderne et ouverte ( 34 ) . Avec cela, il avait aussi classé, sans le déclarer nonobstant, la doctrine sociale catholique dans les courants de penser totalitaires, ce qui n’est pas totalement faux, car celle-ci cherche après une structure sociale ontologiquement fondée, à savoir, une structure qui s’enracine dans une fondement d'être divin. Néanmoins celle-ci ne peut se justifier qu’avec des concepts de la raison analytique. Mais le savoir de la raison analytique reçoit un caractère totalitaire lorsqu’il devient savoir d’action. Celui-ci fait d’autant plus saillie qu’il se munira davantage de l’autorité divine. Toutefois les penseurs catholiques ressentent tout de suite que si l’individu ne doit pas pleinement sombrer dans l’isolement, un contexte supra-ordonné doit être expérimentable qui peut fonder la communauté. Ce qui fonde ce contexte, ne sera pas recherché dans le penser, mais dans le sentir. La conséquence en est une désagrégation de penser, sentir et vouloir. La raison analytique [Verstand] se représente des structures de même essence qu’elle, à savoir ordonnées sur un centre. La volonté s'applique à la mesure du pouvoir et la religion se soucie de la « consécration » du-même. Il en naît des structures politiques dans le social qui sont ordonnées sur un centre de pouvoir, ce à quoi aussi le principe de subsidiarité ne change rien. Car celui-ci fonde purement et simplement des structures intermédiaires corporatives, qui en elles-mêmes sont orientés à nouveau sur des centres de pouvoir subordonnés. Ainsi se forme une hiérarchie des institutions, au sommet desquelles se dresse l’État.

Le succès du nominalisme se fonde sur le fait qu’il s’ouvre entièrement aux circonstances terrestres. Il cherche des méthodes pour expliquer rationnellement celles-ci. en cela, il renonce à des questions ontologiques du Quoi, qui devraient expliquer l’être des choses. La science moderne de la nature, selon Popper, est devenue grande parce qu'elle a posé la question du Comment( 35 ). Celui qui sait comment fonctionne quelque chose peut l'avoir en main dans la vie. Le succès des élites financières occidentales repose carrément sur le fait que celles-ci savent comment les marchés fonctionnent et qu’elles sont donc en situation de créer des conditions, qui amènent de l’eau à leurs moulins à elles. Pourtant les bases de la communauté humaine seront visiblement détruites sur ce chemin.
Rudolf Steiner se rattache à l’expérience de liberté du nominalisme et il montre en partant de là un chemin qui transforme le penser de manière telle qu’il peut accepter en lui un spirituel en tant qu’expérience du réel. Dans cette mesure, il parle d’un « réalisme perfectionné » qui devrait surgir à côté du nominalisme ( 36 ). Ce « réalisme perfectionné » est en tout cas une force formant structure dans la vie sociale, qui est d’autant plus agissante que les êtres humains la forment individuellement. Au contraire de la doctrine sociale catholique, cette énergie ne fonde aucuns centres de pouvoir institutionnels, auxquels sera attribue une valeur en soi, mais elle agit de manière que le spirituel dans l’être humain puisse être vécu. Un spirituel vécu ainsi l'autre être humain agit formant communauté. Les êtres humains se lient sur ces chemins avec de réelles forces spirituelles, dont l’expression extérieure est la forme du contexte social des êtres humains( 37 ). En premier dans un tel milieu peut réussir la formation d’associations dans la vie de l'économie. Dit avec les paroles de Goethe : « Médite  Quoi, plus encore médite Comment( 38 ). » La science de l'esprit anthroposophique est un chemin, sur lequel ce spirituel peut apprendre à voir de nouveau et peut être amené en lien avec les conditions de la terrestre.

Die Drei n°2/2013.
(Traduction Daniel Kmiecik revue FG)

 

Notes :
( 0 ) Original allemand : http://diedrei.org/tl_files/hefte/2013/Heft2_2013/Noek0213.pdf
version française en ligne : www.triarticulation.fr/Institut/FG/Articles/SE07.html
( 1 ) une numérotation sera désormais renoncé à l’intérieur de cette série, car l’impression ne devrait pas naître que tous les autres articles devraient être lus tout d’abord. Comme pour la contemplation d’image ou de peinture, peut être commencé par divers points de vue, cela est aussi possible dans cette sote de contemplation. Il s’agit maintenant de la quatrième considération sur la 3ème conférence du Cours d’économie nationale de Rudolf Steiner –1922 ; GA 340), Dornach 2002 (en abréviation ; CEN, dans ce qui suit).
( 2 ) http://www.bbc.co.uk/news/magazine-18789154
( 3 ) C’est avant tout Joseph Kleutgen SJ [SJ = Société de Jésus, ndtDK] (1811-1883) qui en proposa les fondements philosophiques, le père de la « nouvelle scolastique ». La doctrine sociale catholique fut édifiée en particulier par Heinrich Pesch SJ (1854-1926), Gustav Gundlach SJ (1892-1963) et Oswald von Nell-Breuning SJ (1890-1991).
( 4 ) ORDO est le nom d’un annuaire qui fut fondé en 1948 par l’économiste, Walter Eucken et le spécialiste en science politique, Franz Böhm. Tous deux étaient membres de « l’Église confessionnelle » et du cercle Bonhoeffer (voir à ce sujet : Traugott Roser : Protestantisme et économie sociale de marché, Münster 1998, p.3). L’annuaire est resté jusqu’à aujourd’hui le lieu central du débat scientifique de l’Ordolibéralisme. Dans l’annuaire ORDO, le concept d’économie sociale de marché fut théoriquement développé.
( 5 ) Michel Albert : Capitalisme contre capitalisme, Francfort 1992, p.216.
( 6 ) Ebenda.
( 7 ) Michel Albert, né en 1930, économiste et journaliste français, était actif dans l’économie des assurances et conseiller en activité de la Banque de France. En outre, membre de la fondation papale Centesimus Annus Pro Pontifice dont l’objectif est de mieux faire connaître la doctrine sociale catholique, en particulier l’encyclique « Centesimus Annus » (source Wikipedia).
( 8 ) À l’endroit cité précédemment, p.217.
( 9 ) Le conseil des expert avait encore mis en garde expressément Helmut Kohl, en février 1990, contre une réalisation rapide de l’union monétaire et au lieu de cela, il avait conseillé une compensation progressive par étapes, (voir Lettre du conseil économique d’experts du 9.2.1990, au Chancelier de la Fédération, imprimé 11/8472 du Bundestag allemand, Bonn 1990, pp.306 et suiv.) Cette façon de procéder eût cependant signifié une croissance commune relativement plus lente et eût repoussé à plus tard [aux calendes grecques ?, ndtDK] essentiellement la réunification politique.
( 10 ) L’influence de la doctrine sociale catholique dans les deux Allemagnes, mais en particulier celle de l’union monétaire européenne est à peine perceptible aujourd’hui. En général, des développements erronés sont ramenés globalement au « néolibéralisme », ce par quoi on vise d’une manière très indifférencié l’activité du capitalisme anglo-américain.
( 11 ) Albert honore expressément dans ce contexte l’ordolibéralisme, qu’il interprète, il est vrai, d’une manière très catholique. Voir, Michel Albert, À l’endroit cité précédemment, pp. 120 & 126.
( 12 ) À l’endroit cité précédemment, p.126.
( 13 ) À l’endroit cité précédemment, p.187.
( 14 ) À l’endroit cité précédemment, pp.197 et suiv.
( 15 ) Par exemple, Hans-Werner Sinn, Joachim Starbatty et Stefan Homburg. Ces trois économistes appartiennent aux 276 cosignataires germanophones de l’appel de Walter Krämer au sujet de la crise bancaire (http://www.statistik.uni-dortmund.de/kraemer.html), qui se tourne véhémentement contre la socialisation des dettes pratiquée par le sauvetage bancaire. Ce ne sont pas les contribuables qui doivent porter les risques, mais au contraire, les créanciers qui disposent aussi des fortunes nécessaires.
( 16 ) http://www.spiegel.de/spiegel/a-695153.html
( 17 ) Voir Stephan Eisenhut : Dépasser le travail rémunéré, dans Die Drei n°4/2012, pp.21 et suiv.
( 18 ) Voir Stehan Eisenhut : Escalavage moderne et christianisme, dans Die Drei n° 6/2012, pp.27 et suiv.
( 19 ) Voir Stephan Heisenhut : Surmonter l’égoïsme économique en tant que problème de conduite [des affaires, ndtDK], dans Die Drei, n°10/2012, pp.45 et suiv.
( 20 ) Voir CEN, p.49.
( 21 ) C’est ainsi que l’agriculture industrialisée passe aujourd’hui pour le plus grand pollueur de l’environnement.
( 22 ) À l’endroit cité précédemment, p.50.
( 23 ) Parle aussi aujourd’hui, à vrai dire, en faveur de la réduction la plus forte possible du commerce intermédiaire, le fait qu’ensuite l’enchaînement de la création de valeur peut être mieux dominé du regard. Par de nombreux commerces intermédiaires, on voile souvent de quel domaine proviennent par exemple des matières premières. Cela permet que, par exemple, le Congo est jusqu’à présent un fournisseur principale de minerai de tantale, quoiqu’il y soit obtenu sur place dans les pires conditions inhumaines. Les producteurs de biens électroniques qui ont besoin de cette matière première peuvent ainsi alléguer qu’ils ne sont pas en situation de remonter à l’origine de leur matière première.
( 24 ) À l’endroit cité précédemment, p.50.
( 25 ) Voir Stephan Heisenhut : Surmonter l’égoïsme économique en tant que problème de conduite [des affaires, ndtDK], dans Die Drei, n°10/2012, pp.48 et suiv.
( 26 ) Ce phénomène d’équilibre fut expliqué par le philosophe et économiste anglais David Hume (1711-1776). Il forme la base de ce que qu’on appelle la théorie de la quantité d’argent. Toujours est-il qu’ici il ne s’agit que du phénomène et non pas de la théorie, qui a été édifie dessus.
( 27 ) Il compare le « prix moyen », qui est formé par le commerce intermédiaire, au point zéro du thermomètre. Voir CEP, p.49.
( 28 ) La crise d’endettement actuelle est à son origine une crise de bilan de paiement. Par des mesures et institutions politiques, on empêche que les bilans de paiement des divers pays en arrivent à une équilibre réel. L’une de ces institutions est le système de compensation Target 2 de la BCE dont les soldes atteignent carrément des niveaux explosifs depuis 2007. Dans l’espace de l’Euro, des pays au bilan de paiement négatif peuvent compenser celui-ci en imprimant des billets de banque. Il en résulte dans la BCE un solde Target 2 négatif. En correspondance, chez ceux avec un bilan de paiement excédentaire, un solde Target 2 positif. Cela permet aux pays excédentaires comme déficitaires, même s’ils ne peuvent pas emprunter d’argent sur les marchés de capitaux, de maintenir largement un déséquilibre de commerce extérieur. Le pays déficitaire a la possibilité d’obtenir une garantie de crédit sur la création d’argent. Voir à ce sujet : Hans Werner Sinn : La crise du bilan de paiement européen, dans Ifo Schnelldienst 16/2011. Voir aussi ma considération sur la 5ème conférence du CEP (Die Drei 1/2012). En raison de sa complexité l’aspect de théorie monétaire ne peut pas être détaillé ici. Mais il sera éclairé de nouveau à partir de divers points de vue dans les considérations suivantes.
( 29 ) Voir CEN, p.35.
( 30 ) À l’endroit cité précédemment.
( 31 ) Johannes Mosmann, dans son essai Comment le travail humain peut découvrir sa détermination (Die Drei, n°6/2010, p.39) a très joliment élaboré la différence entre un organe de décision et un organe de perception. Les associations sont des organes de perception pour les processus d’économique politique. Les décisions individuelles reposent dans la responsabilité de l’individu. Pourtant les décisions des individus peuvent échoir autrement, si l’ensemble du processus d’économie politique peut être plus globalement dominé du regard. Des intérêts égoïstes de groupes ou d’individus peuvent s’y déployer particulièrement, là où règne l’obscurité. Si les participants à l’économie reçoivent de la part des associations la possibilité de percevoir les répercussions actuelles de tels efforts égoïstes, alors ils peuvent contre-braquer à temps au moyen de leurs décisions individuelles.
( 32 ) La monnaie commune était censée devenir la locomotive censée tirer rapidement les pays isolés vers l’union politique.
( 33 ) La monnaie commune devait être le couronnement de l’Union politique, après que d’abord des conditions cadres politiques et économiques réellement comparables eussent été créées.
( 34 ) Voir Karl Popper : La société ouverte et ses ennemisLa magie de Platon (vol.1 ; 1945), Munich 1975, en particulier pp.83 et suiv.
( 35 ) À l’endroit cité précédemment, pp.85 et suiv.
( 36 ) Voir Rudolf Steiner : Maximes anthroposophiques (1924/25 ; GA 26), Dornach 1956, pp.246 et suiv.
( 37 ) Rudolf Steiner parle sans cesse de l’importance des Hiérarchies en relation avec la question sociale. Ainsi montre-t-il, par exemple dans Transformations spirituelles et sociales dans l’évolution de l’humanité, (1920 ; GA 196 ; Dornach 1992), p.204, la manière dont les Hiérarchies spirituelles agissent dans la corporéité de l’être humain. Il s’agit pour Steiner de l’évolution d’une vie de l’esprit qui ne veut pas découvrir les entités divines et spirituelles, comme dans l’Orient antique, dans un roi-Dieu sous forme humaine, mais au contraire veut les rencontrer comme des entités réelles et spirituelles parmi les êtres humains visibles sur la Terre » (p.261).
( 38 ) Johann Wolfgang Goethe : Faust, II, acte 2 (Homunkulus à Wagner).

Note de Daniel Kmiecik:
( a ) Cela dépend de l’imprécision germanique !, car il y a deux significations plus précises au terme choisi par Stephan Eisenhut :de Zwischenhandel : 1. au sens de Transithandel : commerce de transit ; 2. au sens de Produktionssverbindungshandel : soit commerce interindustriel des biens de productions, compte tenu cependant du contexte je pencherais plutôt pour 2, mais par précaution et pour respecter l’imprécision germanique, j’en resterai au terme global de « commerce intermédiaire ».