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De la vie invisible de l'économie et son devenir historique

Stephan Eisenhut in die Drei 11/2011

Traduction F.G. au 7/12/2015 - ( 0 )
Avertissement du traducteur:
particulièrement dans le présent texte,
l'auteur distingue deux formes de la raison.
En allemand "Verstand" qu'il caractérise comme plutôt séparante, extérieure,analytique
et "Vernunft" que je caracteriserai comme plutôt liante, plus intérieure, synthétique.


Une société marquée par une économie déchaînée est malade, comme ne le montrent pas seulement les émeutes à Londres. Mais un assainissement ne se laisse atteindre ni par l'organisation de mesures étatiques, ni par un cadre réglementaire libéral. Les forces qui provoquent la santé dans la vie sociale devront être trouvées dans une région tout à fait différente, qui n'est tout d'abord pas accessible à la pensée habituelle. Steiner montre un chemin qui conduit tout d'abord vers l'intérieur, et en cela élève l'apparemment plus extérieur dans la façon de voir intérieure. Ce chemin construit sur l'activité interne accrue de la pensée humaine.- Avec cette contribution Stephan Eisenhut continue ses considérations sur le cours d'économie nationale de Rudolf Steiner en regard de la situation actuelle.

 

Big Bang à Londres

Après les émeutes en Grande-Bretagne en août le premier ministre britannique David Cameron déclara que des parties de la société britannique ne sont pas seulement cassées, mais seraient clairement malades. Il croit reconnaître les causes de cette maladie dans une « culture de la paresse, de l'irresponsabilité et de l'égoïsme » tout comme dans « la pure criminalité » et des « normes morales tordues » d'arsouilleurs et non dans les tensions entre les citoyens de différentes origines ou le programme d'économies du gouvernement. Certes Cameron admet aussi, « que toutes les couches de la société porteraient une partie de la faute »( 2 ), et son « ministre des affaires sociales Ian Duncan Smith a même tiré une ligne des > banquiers sans morale < (en raison des bonus élevés) par-dessus les > politiciens sans morale <( à cause des accusations de fraude) à la mob de pillage moralement insouciante, qui était maintenant en route la nuit dans les rues commerciales anglaises »( 3 ), mais on ne voulait pas remettre en question les bases du capitalisme financier fortement établies à Londres par Margaret Thatcher dans les années quatre-vingt.

En octobre 1986, Margaret Thatcher a quasi transformé Londres avec un seul trait de plume, par lequel la branche financière britannique a été libéralisée selon les points de vue des penseurs néolibéraux

en une zone offshore géante ( 4 ). Cette libéralisation provoqua certes que de nombreuses banques britanniques aient été vendues à l'étranger – avant tout à des investisseurs américains. Mais elle a engagé justement par là un développement, ce qui a fait de Londres la principale place financière du monde. La City de Londres et le Canary Wharf ( 5 ) devinrent une plate-forme pour les banquiers d'investissement et les gestionnaires de hedge funds du monde entier, qui d'ici peuvent coordonner le pillage financier mondial insouciant et non dérangé par les besoins de réglementation des gouvernements de leur patrie. D'aucune mesure des dernières décennies l'Angleterre a plus bénéficié que de cet événement rentré dans l'histoire comme « Big Bang ».
Fin des années 1970, la Grande-Bretagne était « l'homme malade de l'Europe ». Le produit intérieur brut était même à ce moment sous celui de la RDA, et tout comme en celle-ci l'économie se trouvait dans une sorte de mainmise du socialisme. En Angleterre, les syndicats, par crainte pour leurs places de travail, empêchaient toute innovation technologique et tentaient en même temps d'imposer des augmentations de salaire excessives par des grèves. Cela conduisit à ce que les machines ne marchaient que trois jours dans la semaine dans les usines, parce qu'en raison de grèves, il n'y avait pas assez de charbon pour pouvoir fabriquer du courant ( 6 ). Contre ces contextes, Margaret Thatcher est entrée en campagne en 1979, et a attaqué avec une main de fer. En cela elle suivait « l'avis de l'économiste et lauréat du prix Nobel, Friedrich August von Hayek, vénéré par elle, d'exercer une pression rigoureuse sur l'industrie de l'Angleterre et de mettre un terme au > méli-mélo < (Hayek) entre les secteurs étatisés et privés au profit du secteur privé » ( 7 ). La nationalisation des industries clés (charbon, acier, chemins de fer), imposée en 1945 par le gouvernement travailliste, a été progressivement inversée par le gouvernement Thatcher et le pouvoir des syndicats brisé. Le succès de ces mesures ne tarde pas à venir : le secteur financier devint le principal facteur de l'économie britannique, tandis que la production économique réelle a reculé de plus en plus. L'industrie réalisait au milieu des années quatre-vingt, encore plus de 25 pour cent du PIB de la Grande-Bretagne et représentait plus de 30 pour cent de toutes les places de travail. Au début de la crise financière de 2007, plus de 20 pour cent des Britanniques travaillaient dans des domaines qui ont à faire directement au secteur financier. Plus de 30 pour cent sont actifs dans des branches du secteur des services, qui dépendent immédiatement de la « City », tandis que dans l'industrie et la construction seulement encore sont à peine occupés 15 pour cent ( 8 ).

David Cameron se gardera avec cela de tuer la vache à lait de l'économie britannique et de soumettre le secteur financier à une réglementation excessive, bien que cette exigence sera toujours plus souvent soulevée du côté des Européens continentaux.

Qu'est-ce qui distingue vraiment l'action d'un gestionnaire de Hedgefonds qui spécule sur la hausse du prix des céréales, et par là contribue au renchérissement des céréales en Afrique, de celui du pillard, qui utilise au moment de l'émeute l'avantage de la situation et vole l'écran à large bande tant attendu ? Seulement que le premier s'approprie légalement ce que d'autres êtres humains ont réalisé, tandis que le second effectue une telle appropriation de toute évidence illégalement. En outre, à l' action de gestionnaire de Hedgefonds sera attribuée par les gens de l'économie, sur un fond libéral, une fonction importante de contrôle économique. Croit-on vraiment encore à cela que les lois du marché peuvent tenir en échec les désirs des acteurs économiques individuels ? L'expérience montre en tout cas que les désirs, avant tout des acteurs sur les marchés financiers, deviennent moteur d'une activité économique toujours plus chaotique.

Une question irrésolue : des peuples différemments dotés dans une économie se globalisant

David Cameron n'a certainement pas tort quand il décrit une partie de la société britannique comme malade. Cependant, pas seulement des parties des Britanniques, mais de grandes parties de l'ensemble de la société humaine sont malades en ce sens. La question décisive est : quelle est la cause de cette maladie ? Et : comment cette maladie est-elle à guérir ?
La première considération sur la composition du cours d'économie nationale a montré que Rudolf Steiner pose la question de la formation de capital et sa valorisation au centre de l'ensemble de ses exposés. De la prise en compte de cette question dépend que le processus économique puisse se former sainement ou pas. Dans la première conférence Rudolf Steiner décrit la 1re guerre mondiale comme une « maladie qui pénétra là, quand on regarde la question du côté économique» ( 9 ). L'émergence de la guerre, donc le déclenchement de la maladie, semble avec cela un peu avoir à faire avec la question du capital non maîtrisé. Mais la chose est complexe, car là aussi les différentes dispositions des peuples jouent un rôle.

Steiner accentue toujours de nouveau la différence entre les âmes de peuple britannique et allemande ( 10 ). Les dispositions des deux peuples représentent à certains égards une polarité. Pendant que les Britanniques sont prédestinés à dominer l'espace physique extérieur à la mesure du pouvoir -. une tâche qu'ils partagent de plus en plus avec les Américains depuis le XXe siècle, - les peuples parlant l'allemand ont la tâche de saisir spirituellement l'espace intérieur psychique. Cependant que chez les Britanniques, cette tâche vit dans l'instinct, les Allemands doivent être conscients de leur tâche, cela signifie la saisir comme acte libre, individuel. Si cela ne se passe pas, et les forces sont unilatéralement orientées à la place dans la conception de la vie extérieure, les tempéraments contradictoires de ces peuples doivent toujours plus s'aiguiser et finalement, dégénérer en conflits qui ont été « résolus » dans le passé sur le plan militaire et seront actuellement déplacées sur les marchés de capitaux.
En ce sens, Steiner décrit dans la première conférence l'opposition qui a émergé au cours du 19e siècle entre la vie de l'économie anglaise et allemande. Il caractérise cette évolution d'abord historiquement. Parce que l'Angleterre était la puissance commerciale dirigeante, beaucoup plus de capital formé dans le commerce se tenait disponible à l'économie privée, lequel pouvait être orienté dans de grands projets industriels. L'industrialisation n'a pas été planifiée par les instances étatiques, mais s'est développée dans l'économie britannique comme un événement naturel. L'Angleterre est donc, selon le tempérament esquissé précédemment, entrée tout à fait « instinctivement » dans le capitalisme moderne.

L'évolution s'est déroulée très différemment en Allemagne. Dans le premier tiers du 19ᵉ siècle les États allemands étaient toujours encore des États agricoles, qui étaient déterminés par des structures économiques qui proviennent en grande partie du Moyen Âge. Mais les êtres humains ont remarqué alors, « que là doit venir quelque chose, que ce qui existe, cela ne convient plus » ( 11 ). Il est apparu un fort mouvement politique qui travailla vers une libéralisation de la vie de l'économie et a atteint un certain paroxysme dans la révolution allemande de 1848 / 4. Dans le dernier tiers du 19e siècle, soit pendant la période de l'Empire, les forces libérales sont à nouveau repoussées, et cela vient à la coopération de la bourgeoisie avec l'État autoritaire, monarchique et bureaucratique. Sous Bismarck, celui-ci se développe en un état social moderne et interventionniste, qui consolide l'économie par le biais des moyens du pouvoir politique.

L'économie allemande devenant toujours plus puissante, à qui s'ouvrait de plus en plus les marchés du monde, a dû être vécue comme une menace du côté britannique. Mais il manquait aux cercles dirigeants en Allemagne le flair pour ce que cela signifie de pénétrer de cette manière dans l'économie mondiale. On se comporta, comme si on pouvait conduire une vie de l'économie de plus en plus tressée mondialement comme une économie privée, et négliger que les conditions nouvellement apparues posaient une question économique qu'il valait de résoudre. La question de comment doit se façonner une vie de l'économie en réseau à l'échelle mondiale, de sorte que les peuples différents disposés puissent s'en sortir ensemble paisiblement, Steiner la pose essentiellement à la vie de l'esprit de l'Europe centrale. Et dans la non-capacité-à-saisir cette question, il voit la culpabilité réelle de l'Europe centrale pour la guerre mondiale.

 

"Le droit est une aide dans la nécessité": l'égarement des socialistes de chaire


Dans les universités allemandes, s'était établi dans la seconde moitié du 19ᵉ siècle - comme une sorte de contrepartie à État autoritaire monarchique - une économie nationale qui était volontiers ridiculisée par ses adversaires libéraux comme du « socialisme académique ». Les socialistes de chaire étaient des professeurs qui promouvaient des réformes sociales vers le bas du haut du pupitre par une sorte de bon humanisme bourgeois, en particulier dans le but d'adoucir la misère sociale de la classe ouvrière. Cette orientation se décrit elle-même comme « école historique de l'économie nationale », car en opposition à l'économie classique venant d'Angleterre, elle ne voulait pas postuler des lois universelles sur les déroulements économiques, mais visait à saisir leurs lois individuelles de développement par l'étude de l'histoire des différentes économies nationales. Sur la base de ces résultats, elles espéraient être en mesure de pouvoir façonner les institutions sociales de sorte que pour une part, elles deviennent justes au caractère du peuple, mais d'autre part aussi œuvrent à un équilibre, où le principe de l'intérêt personnel ne favorise plus la communauté, mais lui nuit. L'État devrait donc intervenir partout où la concurrence ne produit pas les résultats escomptés – aussi bien éthiques qu'économiques. Par exemple, Gustav Schmoller (1838-1917) place des préceptes moraux en plus du principe de la liberté. Quand ne peut être fait usage de la liberté individuelle sans violer les préceptes moraux, alors l’État doit créer des lois qui imposent leur arrêt en cas de nécessité ( 12 ). « La loi est une aide dans la nécessité lorsque l'esprit du peuple moral libre ne suffit pas » ( 13 ).

Le penseur libéral mentionné ci-dessus Friedrich August von Hayek, dans son œuvre publiée en 1944 The Road to Serfdom avait de cette attitude d'esprit examiné les concepts abstraits comme des faits et fait l'état instrument de ses représentations collectivistes, tiré une ligne directe au national-socialisme. Aussi Steiner indique toujours le funeste quand le socialisme doit être réalisé par l'état politique. Toutefois, il part de ce qu'à la base des concepts est une réalité spirituelle, et il voit le problème dans le fait que la pensée passive, unilatéralement orientée aux faits externes ne peut pas trouver l'accès à cette réalité spirituelle : «  de tels petits bourgeois comme, disons, Lujo Brentano ou comme Schmoller ou comme Roscher, ils n'arrivent pas du tout à muter la pensée en activité, mais ils pensent qu'on doit étudier les phénomènes comme aussi le naturaliste le fait. Un tel être humain laisse se dérouler les phénomènes et les étudie. Il étudie simplement l'évolution historique de l'humanité, peut-être encore l'évolution historique des représentations des êtres humains au sujet sur leur économie » ( 14 ).

Justement, Steiner voit une nécessité vitale pour les citoyens d'Europe centrale, de surmonter la passivité de la pensée. L'Européen du centre peut se lier à l'âme de son peuple seulement dans une pensée active, conduite par le Je. L'état social et interventionniste monarchique autoritaire, qui veut être à la fois éducateur et économiste, lui est pour ainsi dire l'expression extérieure du fait que cela ne pouvait se passer. C'est le problème des Européens du centre qu'ils doivent chercher activement leur relation à l'esprit du peuple, tandis que les peuples environnants vivent tout naturellement dans cette relation. De cette perspective, tout de suite le national-socialisme doit être conçu avec sa folie de race comme une nouvelle escalade de cette question non résolue. Car aussi après la 1re guerre mondiale, une vie de l'esprit qui reposait sur une pensée passive a continué d'être cultivée en Allemagne. Ce n'est donc pas surprenant que ce qui ne pouvait être saisi sur le plan psychospirituel ait été toujours plus projeté sur le plan physique dans la chimère nationaliste des nationaux-socialistes.


De l'observation extérieure vers l'intérieure

Dans le cours d'économie nationale, Rudolf Steiner développe une façon de voir le processus d'économie populaire, qui peut être trouvée seulement dans l'activité intérieure de la pensée. Il se rattache ainsi consciemment à ce qui s'est développé comme une pensée d'Europe centrale à l'époque de Goethe, mais qui s'est perdu toujours plus, mais de plus en plus dans les temps suivants. Par conséquent, il oriente dans la première conférence le regard de ses auditeurs sur la façon de penser qui s'est imposée dans les temps récents. Ainsi le scientifique moderne, qui étudie seulement superficiellement les phénomènes ne pourrait pas comprendre comment la conscience pensante apparaît dans le cerveau. Il lui manquait les pensées correctes, à la formation desquelles il est lui-même activement associé.
L'économie politique actuelle connaît toutefois seulement l'observation extérieure. Un penseur socialiste regarde plus de la perspective économique d'ensemble et en forme des concepts sur ce chemin, qui en règle générale vont sur l'intervention étatique dans les processus économiques. Un économiste libéral s'intéresse plus à la façon dont des actions individuelles apparaissent des ordonnances spontanées et comment l'État peut créer les conditions-cadres appropriées à cet effet. Sur la façon comment les concepts doivent être formés à l'intérieur, les deux conceptions n'accordent pas une grande attention. Mais c'est précisément là que Steiner voit une tâche majeure. Il accentue décidément dans la première conférence que les concepts économiques, on ne peut « jamais développer adossés à la réalité extérieure ». On devrait « toujours les développer adossé au processus d'économie populaire » ( 15 ). Si on prend en plus l'exemple de la cornue ( 16 ) de la quatrième conférence, ce qui a déjà été abordé dans la première considération, alors la tâche devient clairement de développer une vision intérieure du processus d'économie populaire.
Dans la première conférence tombe, après une brève référence à l'idée de tri-articulation, la phrase : « Je veux aujourd'hui caractériser seulement extérieurement ». Mais avec cela il décrit immédiatement la position qualitative qu'occupe cette conférence dans la composition globale. Il caractérise d'ailleurs ici les processus historiques et les attitudes de pensée sur le fond d'une conceptualité développée spirituellement, mais quand même d'abord seulement extérieurement. La conceptualisation, qui devrait conduire à la façon de voir le processus d'économie populaire, commence en fait dans la deuxième conférence. Cela a des raisons de composition. Car Steiner veut conduire par étapes ses auditeurs d'une observation extérieure des processus à une contemplation intérieure, dans laquelle l'esprit peut se prononcer lui-même. À partir de cette expérience pourront en premier seulement être trouvées sur les images-concept par lesquelles les processus externes deviennent compréhensibles.
Dans l'observation extérieure l'entendement/la raison séparant les choses sera active, qui veut amener les choses au repos, de sorte qu'il puisse les analyser et expliquer. Aussi un concept formé selon la science de l'esprit menace de se solidifier, lorsqu'il est tiré à l'observation extérieure. On peut reconduire l'opposition de l'Angleterre et de l'Allemagne, comme se passant initialement, à l'efficacité différenciée des âmes de peuple. Si cela reste à une observation purement extérieure, alors le concept de l'âme de peuple devient un simple dogme. Car la réalité de l'âme de peuple est accessible ni à observation externe, ni se laisse trouver dans le concept solidifié. Cela se comporte exactement comme cela avec le processus économique populaire. La pensée elle-même doit être amenée en mouvement si elle veut le saisir. La deuxième conférence place son centre de gravité sur cet aspect. Si on constate maintenant que dans la présentation se tenant à côté, la sixième conférence se tenant en vis-à-vis traite des facteurs mettant en mouvement du processus économique populaire, alors on peut comprendre le motif de mouvement comme un premier niveau de l'intériorisation.
Une deuxième étape de l’intériorisation sera déroulée dans les conférences trois et cinq. Ici, nous butons sur les problèmes déjà esquissés dans la première considération, qui sont liés avec la nature du désir humain - l'emploi rémunéré et l'accumulation de capital. Le troisième et le plus haut niveau de l'intériorisation ont lieu là où dans la quatrième conférence, l'esprit, qui est seulement accessible à la raison (Vernunft)( 17 ), sera vécu comme la force formatrice. Polairement à cela, conformément à l'observation extérieure, la septième conférence traite des facteurs de calme du processus économique populaire ( 18 ).

Avec le langage de la composition Rudolf Steiner indique ici sur l'être d'ensemble de l'être humain et une possibilité d'évolution qui ne peut être atteinte que grâce à une activité augmentée de la pensée. Et seulement dans cela il voit les véritables forces de guérison pour l'organisme social. Car s'il réussit a plus d'êtres humains de surmonter l'unilatéralité de la pure activité rationnelle de la pensée, d'autant plus grande sera la force de façonnement que peut avoir l'esprit libre pour l'organisme social. Il se montrera que l'esprit qui sera saisi de la capacité de la raison (Vernunft), aura aussi un effet d'harmonisation sur la nature de désir de l'être humain, pendant que l'Esprit qui est planté dans des concepts rationnels morts et veut seulement organiser, ne peut pas du tout maîtriser ceux-ci. Ou bien dit autrement : une pensée qui se déroule seulement en concepts abstraits doit nécessairement faire de la nature de désir le facteur déterminant du processus économique populaire, pendant qu'une pensée qui peut éprouver les processus en mobilité intérieure fera un spirituel réel facteur façonnant du processus économique. Si le processus économique populaire se forme sainement ou malade, dépend d'après cela, de la mesure dans laquelle les êtres humains peuvent saisir un tel spirituel réel.

On pourrait répondre que dans la quatrième conférence, la formation de capital sera toujours décrite comme une conséquence de l'esprit d'organisation de l'être humain. Mais l'organiser est surtout encore une activité de la raison/entendement (Verstand). Mais dans la quatrième conférence, il ne s'agit pas seulement de la formation du capital, mais avec la question de la valeur du capital , le regard sera orienté sur son utilisation. Et cela est une question de la raison (Vernunft). C'est précisément le problème des Allemands, qu'ils ont pour ainsi dire l'organiser « dans le sang », et donc font avancer toujours plus loin la formation de capital. En cela ce serait leur tâche de développer une vie de l'esprit, ce qui peut impliquer les forces organisatrices dans un contexte global sensé. Au lieu de la destruction insensée de capital, qui sera exercée partout aujourd'hui, pourrait venir une consommation productive du capital.

Le domaine de l'économie humaine

Le regard sur la composition des sept premières conférences du cours d'économie nationale a montré que Steiner déplace le domaine de l'économie humaine sur une scène qui n'est pas accessible à l'observation extérieure. Extérieurement, on ne peut que rencontrer des phénomènes qui renvoient sur ce domaine. Steiner délimite ce domaine encore plus loin à la fin de la première conférence, en ce qu'il le compare avec le spectre de la lumière.

Le spectre de la lumière est transféré à ses terminaisons à des effets non visibles. Du côté où le rouge sera augmenté, apparaissent les effets de chaleur (rayonnement infrarouge), tandis que du côté sur lequel le violet sera augmenté peuvent être perçus des effets chimiques (lumière ultraviolette).

Maintenant Steiner développe une sorte de spectre du territoire économique. Le domaine visible du spectre de la lumière, il le compare avec le domaine de l'économie humaine. Le domaine dans lequel la lumière passe dans les effets thermiques, il le compare avec une sorte d'économie de la nature/naturelle, comme aussi les animaux la pratiquent. Ceux-ci prennent ce que la nature donne, et donc se fournissent eux-mêmes et leurs jeunes. Le domaine dans lequel la lumière passe dans les effets chimiques, il le compare avec l'efficacité moderne du capital.


La chose étonnante est que Steiner ne classe pas l'agriculture dans l'économie humaine. Toutefois, celle-ci s'élève dedans, justement ainsi comme les matières premières seront tirées dans le domaine économique. Cela signifie : elle prend ce qui lui vient. Maintenant Steiner explique plus loin qu'on pourrait sur le territoire de l'économie naturelle penser seulement correctement avec l'entendement « que l'on a été habitué à utiliser dans la science des temps modernes » ( 19 ). La pensée intellectuelle est accessible, quand on doit cultiver l'avoine et l'orge, et comment on peut promouvoir correctement des matières premières. Mais elle ne peut pas former les pensées dont on a besoin pour saisir le domaine de l'économie humaine ( 20 ), car là tout est en circulation constante. Cela signifie, il compare le domaine de l'économie naturelle, dans laquelle l'être humain se meut comme par évidence avec sa conscience ordinaire, avec la partie non visible du spectre lumineux, tandis qu'il compare la partie visible du même avec le champ tout d'abord invisible de l'économie humaine. Invisible parce que la conscience pensant en concepts purement intellectuels ne peut pas pénétrer dans ce domaine dans lequel le processus économique populaire doit être regardé.
Tout comme l'économie humaine à l'un des pôles dépasse dans l'économie naturelle, ainsi elle dépasse à l'autre pôle dans le territoire de l'efficacité du capital. Ici aussi, nous trouvons une indication remarquable : dans ce domaine, le capital s'est de plus en plus détaché et rendu indépendant de la direction par des personnalités individuelles au cours du 19e siècle. Les « masses de capitaux » ont travaillé ici « en tant que telles ». En d'autres termes : Il œuvre ici un esprit, mais cet esprit ne sera pas saisi par les êtres humains.

Nous trouvons avec cela trois domaines de l'économique, ce à quoi Steiner décrit seulement celui du milieu comme le véritablement humain. Dans le domaine de l'économie naturelle, les choses se présentent en apparence à l'extérieur, tandis que dans le domaine de l'économie de l'esprit, l'Esprit qui agit en tant que tel dans les masses de capitaux, cherche à se cacher. Le domaine de l'économie humaine par contre se joue dans l'espace de l'âme, car la pensée humaine doit d'abord vaincre si elle veut intervenir consciemment dans ce façonnement.

La Terre comme organisme économique

En juillet 1922, lorsque Rudolf Steiner a tenu le cours d'économie nationale, l'inflation n'avait de loin pas atteint son apogée en Allemagne. Néanmoins, la dévaluation de l'argent était déjà un thème central journalier. Steiner vient à en parler à la fin de la première conférence et donne comme raison de ce problème, « que la dévaluation de la monnaie est déterminée par l'ancienne délimitation de l’État ». On devrait comprendre que la « vieille délimitation de l’État [intervient] dans le processus d'économie populaire, mais on doit en premier comprendre l'organisme social ». Les économistes nationaux, en commençant par Adam Smith, saisissaient la région, qui est couverte par un État comme un organisme. Mais une seule région état ne se laisse pas comparer à une cellule particulière. Seule « toute la terre pensée comme un organisme économique est l'organisme social ». Steiner indique le problème existant encore jusqu'à aujourd'hui que l'administration de l'argent sera en fait considéré comme une tâche souveraine de l'État et non comme une question purement économique. Une monnaie nationale a son domaine de validité dans le territoire correspondant. - Aujourd'hui, cela vaut comme un problème central que l'euro est une monnaie communautaire à différents États, qui chaque fois exécutent une politique fiscale propre. Par conséquent, il y a de vigoureux efforts - en particulier français et allemand - pour introduire un gouvernement économique unitaire en Europe. Cela signifie qu'on essaye de ramener le territoire politique en harmonie avec le domaine monétaire. Cette conception rappelle fatalement au scénario d'une dictature économique paneuropéenne qu'Hayek conçu en 1942 en vue du culte techniciste de l'organisation des nationaux-socialistes : « L'Allemagne isolerait économiquement les pays soumis vers l'extérieur, contrôlerait complètement le commerce extérieur (...) et par l'organisation centrale de toutes les activités économiques et la création d'un mark européen comme monnaie instaurerait une domination de contrainte servant les seuls intérêts allemands » ( 21 ). Seulement qu'aujourd'hui sera essayé d'intégrer l'Allemagne en Europe ainsi que sa puissance économique puisse être neutralisée. Les pays de la périphérie ont en tout temps la possibilité de passer outre à la puissance économique de l'Allemagne dans les instances politiques.

Donc, aussi Hayek voit la nécessité, de détacher la région de la monnaie de la région de l'état politique, car sinon il mute en un instrument de direction économique collectiviste des intérêts de groupes nationaux étatiques. Mais il peut mettre à partir de sa pensée rationnelle uniquement placée sur des ordonnancements spontanés, qui apparaissent lorsque l'acteur économique individuel interprète de sa perspective subjective, les signaux de prix du marché, et d'après cela, aménage ses actions. Les États ont la tâche de créer le cadre d'ordre libéral correspondant, mais ils n'auraient pas le droit d'exercer leur propre planification économique. Le succès apparut sous son mentorat spirituel, la libéralisation du secteur financier britannique fut, comme montré initialement, que les masses de capitaux internationalisés seront, principalement de l'Angleterre, positionnées contre tout ce qui résiste aux intérêts de valorisation du capital.

Le problème du libéralisme de Hayek est qu'il ne peut développer aucune façon de voir de l'esprit. C'est pourquoi maints adeptes de sa théorie, pensant honnêtement, s'étonnent sur les nombreux faux amis - de Pinochet au mouvement Tea Party américain -, qui se servent de ses pensées. L'idéologie libérale s'adapte merveilleusement pour des courants d'extrême droite afin de cacher leurs propres intentions totalitaires.

Steiner rend clair que quand les êtres humains n'apprennent pas à reconnaître le spirituel comme réalité agissante, aucune solution du problème social n’est possible. Pour cela ses analyses et ses considérations de conception pour la vie économique et politique sont étonnamment semblables en de nombreux points particuliers à celles de Hayek. Seulement des façonnements d'après de tels points de vue libéraux en premier d'abord ne pourront être bénéfiques que s'ils proviennent de l'esprit expérimenté vivant et non de l'abstraction. Alors se formeront ensuite des ordonnances qui ne sont pas planifiées, mais aussi pas, comme dans l'ordre spontané de Hayek, juste la somme des actions arbitraires des individus. Ce chemin pourra seulement être parcouru dans le renoncement complet à la violence externe. Il tire sa puissance d'agir uniquement à partir de la puissance de rayonnement du Je humain qui se sent relié à l'esprit du peuple centre européen ( 22 ).
La conséquence de ce chemin est que le monopole de pouvoir étatique est repoussé complètement sur la zone des questions réelles de droit et se retire du domaine de l'éducation et la vie de l'économie. Alors, les particularités nationales peuvent prêter à la vie de l'esprit son caractère particulier dans les différentes régions. Elles ont le droit de s'exercer également dans le façonnement particulier du droit constitutionnel d'un territoire/domaine d’État. Mais elles n'abuseront pas de l’État comme un moyen de pouvoir pour imposer des intérêts de groupes nationaux contre d'autres. L'émergence d'un gouvernement économique européen doit, dans cette perspective, être considérée comme une escalade supplémentaire du problème non résolu qui est décrit en entrée.

 

Note sur l'auteur :
STEPHAN EISENHUT, né en 1964
à Coblence, étude de l'économie politique à Freiburg en Breisgau, travail de recherche sur le thème « Les bases de science de l'esprit de la science sociale chez Rudolf Steiner », formation comme enseignant à Mannheim, 1997-2000. Professeur à l'École Rudolf Steiner Mittelrhein, depuis 2001 gérant de la société de publication Mercurial mbH. - Adresse: c / o Société de publication mercurial mbH, Alt-Niederursel 45, 60439 Francfort, E-mail: gf @ mercurial.de.

Notes :
( 0 ) - original allemand : http://diedrei.org/tl_files/hefte/2011/Heft11_2011/Eisenhut11-11.pdf
version française en ligne : www.triarticulation.fr/Institut/FG/Articles/SE02.html
( 1 ) La première partie est intitulée Une vue du processus économique est parue dans DIE DREI 10/2011, pp 11- 23,. - Rudolf Steiner : Cours économique national (Dornach 1922 ; GA 340), Dornach 2002 (ci-après : CE).
( 2 ) http://www.sueddeut-sche.de/politik/nach-kra-wallen-in-england-cameron-setzt-auf-umfassende-hae-rte-1.1131379
( 3 )http://www.faz.net/arti-kel/C30089/nach-den-pluen-derungskrawallen-britische-kontraste-30485488.html
( 4 ) Les centres offshore sont » des places dans le secteur bancaire international, qui sont situées en dehors des compétences de régulation des banques centrales nationales. Aux caractéristiques de marchés offshores comptent généralement des conditions fiscales favorables et une supervision bancaire inexistante ou libérale et une infrastructure d'information sophistiquée. Parmi les centres offshore établis comptent entre autres Londres et Luxembourg ". Voir : http: // www. wirtschaftslexikon24.net/d/ mer marchés / offshoremaerkte.htm
( 5 ) Canary Wharf est le centre financier dans l'est de Londres.
( 6 ) Cf. John F. Jungclaussen : Le nouvel Empire. Londres est le centre financier du monde, loin devant New York et Francfort. Pas même, la récente crise ne change rien. Dans: Die Zeit (Le temps) 27.09.2007 (. N ° 40).
( 7 )Angleterre : slutte jusqu'au couteau, dans : Der Spiegel, 29/1984 ; http: // www.spiegel.de/spiegel/ impression / d-13509159.html
( 8 ) Voir. John F. Jungclaussen, entre autres
( 9 ) CE, p. 13
( 10 ) Cf. Rudolf Steiner De temps porteurs de destin (Berlin 1914 GA 64)., Dornach 1959, p 134 ss. Steiner utilise là les mots « d'âme du peuple » et « d'esprit du peuple » comme synonymes.
( 11 ) Rudolf Steiner: Cours d'économie nationale (Dornach 1922, GA 340), Dornach 1979 p.11.
( 12 ) Voir Sibylle Hofer Liberté sans frontières ? : discussions théoriques de droit privé au 19ᵉ siècle, Tübingen 2001, p.89.
( 13 ) Gustav Schmoller : La question des travailleurs, 1864/1865, l'article I-III, annuaires prussiens, Vol 14, et vol 15, p 420, cité par Hofer, p.88.
( 14 ) Rudolf Steiner : Les revendications sociales de base de notre temps dans une situation du temps modifiée (Dornach 1918, GA 186), Dornach 1990, p 204e
( 15 ) CE, p. 21
( 16 ) Steiner a utilisé là, l'exemple du chimiste qui observe un processus chimique qui a lieu dans une cornue de l'extérieur. Ce qui serait possible là n'irait pas dans le processus économique. Il devrait bien plus être vécu comme si on était assis soi-même dans la cornue.
( 17 ) Contrairement aux concepts de repos et de mouvement, Steiner utilise les concepts de raison (Vernunft) et désir eux-mêmes pas dans les conférences caractérisées, mais en premier à un autre endroit (par exemple désirer à p. 84 : « Et ce bénéfice, il n'est pas quelque chose de purement abstrait ; ce gain dont dépend que le désir économique immédiat de l'être humain et doit en dépendre ». Et la raison (Vernunft) à la page 178 : « La réalité se venge, en ce qu'elle montre cette vengeance dans les fluctuations des prix qui sont tout simplement là dans le processus économique, dont nous ne venons pas du tout à bout avec notre raison (Vernunft), mais que nous devrions justement atteindre avec la raison (Vernunft) »).
( 18 ) La septième conférence commence regardant rétrospectivement sur la sixième conférence, avec la phrase : « Nous nous somme maintenant rendu clair comment l'économie populaire globale se déroule ainsi que les facteurs propulsant, comme facteurs mettant en mouvement sont à l'intérieur : achat respectivement vente, crédit et don » et formule un peu plus tard le motif pour une observation supplémentaire : « Regardons une fois sous la condition que dans le mouvement économique populaire, le don, l'achat et le crédit sont à l'intérieur, j'aimerais dire, les plus importants facteurs de paix de notre économie populaire » (mis en avant par SE).
( 19 ) CE, p. 19
( 20 ) CE, p. 19
( 21 ) Hansjörg Hennecke: Friedrich von Hayek Août, Düsseldorf 2000, p 160. Le biographe Hayek conférence ici un texte inédit Hayek.
( 22 ) Comment le libre lien avec une force spirituelle peut repousser la force extérieure, montre l'exemple du Mahatma Gandhi, qui a causé la fin de la domination coloniale britannique de cette manière en 1947. Cf .: Eva-Maria Begeer-Clare : L'alchimie de la souffrance -. Mahatma Gandhi - une vie de la puissance de résurrection du Je, dans DIE DREI 10/2011, p.35.