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Sur la composition du Cours d’économie nationale (1) ..........> retour au menu de la série

Une façon de voir le processus économique
Stephan Eisenhut in die Drei 10/2011

trad. F. Germani v.1 au 25/10/2015 - ( 0 )

J'ai une fois eu mon plaisir particulier lorsqu’un de nos amis doués artistiquement a dit qu'on pourrait transformer certains de mes cycles de conférences en une symphonie purement par leur structure interne. Une telle chose repose aussi effectivement par leur structure à la base de certains cycles. (...) Cela est possible pour la raison que les conférences de sciences de l’esprit n’agissent pas tyranniquement, mais doivent éveiller la volonté de l’humain.


Rudolf Steiner ( 1 )

 

La vie économique avec ses excès et ses crises est toujours plus insondable. En cela, elle concerne tout le monde. Avec le début de cette série d'articles, l'auteur saisit les pensées développées en 1922 par Rudolf Steiner sur l'économie nationale, et arriver ainsi à une vision du processus d'économie populaire(NDT1)qui fait paraître l'actualité sous un jour nouveau. À cette occasion il s'agit moins d'autres contenus que de développer une autre forme de la pensée. De la conception en images, telle qu'elle résulte de la composition du cours d'économie nationale, peut se produire des impulsions à l'action témoignant de la présence de l'esprit, qui conduisent à des conditions saines – humainement dignes.

 

La crise économique mondiale actuelle est une crise de l'esprit organisant. La capacité des humains à organiser des processus économiques a conduit d'un côté à une énorme accumulation de capital. Mais cet esprit d'organisation, s'avère d'autre part totalement incapable à venir à bout/assumer ces formations de capital afin qu'elles puissent être mise au service des humains. Même dans les pays occidentaux aisés la surproduction économique et la richesse démesurée se heurtent toujours immédiatement à la pauvreté et à l'absence de perspectives spirituelles. Par les émeutes à Londres et dans d'autres grandes villes anglaises, la misère qu'a créée le système économique et financier moderne est seulement amenée à une expression extérieure. Mais aucune idée ne semble disponible sur la façon dont ce système pourrait être mené dans une nouvelle organisation.

Lorsque Rudolf Steiner s'est tourné vers le public en 1919 avec l'idée de triarticulation de l'organisme sociale, il a rendu toujours de nouveau clair - et il adressait cela avant tout à ses propres rangs – qu'il ne s'agissait pas seulement de penser autre chose, mais de penser autrement. Mais son rappel à l'ordre en grande partie non entendu se perdit au loin. Ses pensées ont été accueillies avec la tête par des intéressés, mais pas portées à la façon intérieure de voir. On peut trouver de bonnes raisons pour lesquelles le mouvement de tri-articultion a échoué à des conditions extérieures. Mais la raison plus profonde est bien à voir dans le fait que le sol correct n'avait pas été préparé ( 2 ) dans la vie des pensées de l'être humain.

À l'été 1922, après que le mouvement ait depuis longtemps échoué, Rudolf Steiner a tenu encore, une dernière fois, un cours de 14 jours devant un petit nombre d'étudiants de l'économie politique et quelques personnalités choisies. ( 3 ) On peut voir ce cours comme une sorte d'héritage, car en lui les forces fondamentales de la vie de l'économie moderne seront éclairées de sorte que peut se présenter une façon de voir le processus économique. Mais cette façon de voir intervient alors en premier quand celui qui veut l'acquérir oppose une autre force par la volonté libre à la force qui veut propulser ses concepts en une forme figée, morte. Il s'agit donc d'un certain type d'activité, que doit pratiquer celui qui veut former cette façon de voir - intérieure. Si les contenus que Rudolf Steiner développe dans ce cours, sont accueillis avec la manière de penser habituelle, ils sont alors soit contraints en théories ou rejetés comme incompréhensibles.

Mais Rudolf Steiner donne une grande aide par la façon dont il construit ses pensées à celui qui veut s’élaborer cette façon de voir le processus d'économie populaire. Généralement on attend d'une conférence scientifique ou d'un livre qu'une idée soit développée après l'autre avec une certaine logique. Chez Rudolf Steiner c'est différent. Il brosse un tableau avec des pensées. Et il exige du lecteur que ce qu'il peut d'abord seulement accueillir l'un après l'autre se transforme toujours plus en une juxtaposition, comme c'est propre à l'image. Ce n'est pas tout à fait une tâche peu exigeante pour un texte qui comprend plus de 200 pages.Qui se laisse tout de même embarquer remarquera que sur ce chemin il s'immerge avec la conscience dans les forces globales qui façonnent la vie sociale et développe exactement par cela un sentiment pour celles-là mêmes. Cette faculté de ressentir est la base pour un futur façonnement social. D'autant plus d'humains développent ces sentiments, d'autant plus sainement peuvent se former les institutions sociales qui apparaissent dans la périphérie de ces humains. L'organisme social ne peut pas être conçu sur la base d'une grise théorie.

Une aide à l'élaboration des concepts-image du cours d'économie nationale est la connaissance de sa composition. Qui remarque qu'un motif de pensée sera développé à un point précis dans le texte, parce que la formation d'image l'exige, apprend à regarder le texte autrement. Les contenus particuliers se mettent en retrait, et la qualité qui est propre à ces contenus commence à parler. L'observateur s'élève par cela de la logique des pensées à la logique d'image. Au plan de la logique d'image, il ne s'agit plus de savoir si une pensée est purement correcte logiquement, mais de la façon dont elle œuvre sur l'observateur. Cela ne signifie naturellement pas que sur ce plan soit donné l'espace pour tout le possible, mais seulement que la logique de la pensée se retire derrière cet effet d'image. Il peut même arriver que la logique d'une pensée ne se révèle que par le sens de l'effet de l'image.

Il devrait être fait ici une tentative d'esquisser la construction interne du cours d'économie nationale dans une série d'articles et de la placer en relation à des événements contemporains. Par nature, une esquisse peut seulement donner une orientation et nécessite de celui qui veut la comprendre, qu'il regarde actif lui-même l'image, qui sera esquissée dans sa structure. Elle ne remplace en aucun cas l'original. Les considérations qui suivent sont sur ce point juste destinées à l'incitation à l'étude.

La structure en image du cours d'économie nationale

Le cours d'économie nationale comprend deux séries de chacune sept conférences, mais cependant la quatrième conférence forme quelque chose comme un centre pour l'ensemble du cours. Le graphique se tenant alentour montre comme cela est pensé : les quatre premières conférences considèrent la question de la formation de valeur d'économie du peuple sous le point de vue de la construction de valeur, à partir de la cinquième conférence s'ajoutent les points de vue de consommation/utilisation des valeurs. Mais la formation de capital n'est pas seulement formant valeurs, mais avant tout son utilisation correcte.

 Dans la quatrième conférence ne sera donc pas seulement éclairée la genèse du capital, mais aussi transférée aussitôt dans la question de son utilisation. Si on suit la construction des sept premières conférences, ainsi on peut reconnaître un mouvement de pensée, qui prend son origine à partir de pures conditions périphériques terrestres dans lesquels les contradictions de la vie s'affrontent, reconnaît l'esprit comme l'élément central de la vie transformant et dynamisant et de là conduit de nouveau aux conditions terrestres en ce qu'elle pose les grandes questions du façonnement économique. Ce n'est pas un hasard si cette quatrième conférence se termine avec la question de la santé du processus d'économie du peuple et que la onzième conférence commence par un motif de maladie : la question des raisons pour lesquelles la Première Guerre mondiale a duré beaucoup plus longtemps que les économistes de jadis ne s'y étaient attendus. Car quand l'utilisation/consommation de capital ne peut être réalisée, le capital formé n'a aussi aucune valeur sociale/sociétale positive, mais devient une force négative suscitant des conditions sociales de maladie.

La construction des conférences 8 à 14 est tout autre. Ici la considération ne nous conduit pas de la périphérie vers le centre et de nouveau retour, mais regarde dans une certaine mesure de la perspective sur le processus économique que doit adopter l'être humain particulier. Car le point de vue de l'individu dans la vie de l'économie en est toujours un périphérique. La question difficile est de savoir comment les points de vue du centre peuvent œuvrer comme formateurs à la périphérie, sans qu'ils agissent en tyrannisant. Les conférences 8 à 14 oscillent dans une certaine mesure autour d'un axe qui illustre ces rapports terrestres. Dans les conférences 9 et 13 des événements/incidents sont thématisés, qui ne peuvent pas amener directement leur valeur à expression dans le processus économique, mais en sorte (comme par ex. l'effet de la formation des facultés : le bon docteur rend l'artisan plus rapidement sain que le mauvais). La 11e conférence thématise des forces qui veulent tirer dans une certaine mesure tout le processus dans l'abîme, quand toujours de nouveau du côté de l'esprit des impulsions constructives seront prises en charge/saisies. La question du façonnement de l'argent traverse toute cette seconde partie. Car d'après Rudolf Steiner peut seulement être répondu à la question la plus importante de l'économie du peuple, la question après le prix correct, quand le processus de l'argent sera formé ainsi qu'il ne déforme/frelate pas la formation de prix. Ainsi, la structure d'image est esquissée à traits grossiers, et pourra être commencé avec la contemplation/l'observation des conférences particulières.

Les facteurs fondamentaux formants valeur

D'abord, le point de vue devrait être orienté sur la quatrième conférence comme le centre de l'ensemble du cours. En celle-ci sera étudiée la force qui fait naître la division/le partage du travail de la vie de l'économie. La troisième conférence précédente décrit l'effet de la division/du partage du travail, alors que la quatrième conférence en caractérise la cause - c'est l'esprit humain -. Le cours des pensées peut être résumé comme suit : le point de départ de toute activité économique humaine est le travail qui sera appliqué à la nature. Cela produit une valeur économique, en cela qu'il transforme la nature de telle sorte qu'un produit apparaît. L'agriculteur cultive le sol, sème et récolte, et apporte ses produits sur le marché. Le produit ne deviendra une marchandise que par là qu'il sera produit pour l'échange, c'est-à-dire pour les besoins d'autres. Dans des formes primitives d'économie, la nature est traitée principalement pour l'usage propre/personnel/particulier. N'est échangé que ce qui peut être produit par-dessus le besoin propre/particulier.

Dans mesure où l'esprit humain intervient pour organiser le travail de manière plus efficiente, cela change. Des machines seront inventées qui permettent qu'un produit puisse être fabriqué à une fraction de la quantité de travail qui serait nécessaire sans l'utilisation de ce moyen de production. Rudolf Steiner décrit comme un capitaliste celui qui a développé un moyen de production, et intervient dans un sens tout à fait positif. Le moyen de production est le capital avec lequel, sera organisé le travail à partir de maintenant. Le recours au capital réel provoque qu'avec le même investissement matériel sera plus produit que ce n'est possible à ceux qui doivent travailler sans ce capital. Des excédents apparaissent qui deviennent capital-argent. L'esprit inventif repousse/refoule le travail à la nature, en ce qu'il améliore les conditions de production. Par cela il est un facteur formateur de valeur.

Cependant la valeur qui sera créée par l'épargne de travail, a une autre qualité, que la valeur directe qui sera appliquée immédiatement sur la nature ou la nature élargie, les moyens de production. La
production de la valeur 1 – travail déployé sur la nature - doit toujours être présente, quand quelque chose devrait être produit. Valeur 2 - esprit, qui organise le travail - crée par contre des espaces libres par cela que le travail matériel nécessaire peut être effectué mieux et plus rapidement. L'expression extérieure de cet espace libre
est l'excédent d'argent qui sera dégagé et qui se fait d'abord liasses dans les mains des « capitalistes ». L'argent, lequel sera formé dans tel processus de partage/de division du travail, Rudolf Steiner le décrit comme « esprit réalisé ».( 4 )

La valeur d'économie populaire du capital-argent

Steiner se pose maintenant la question de la valeur d'économie politique du capital-argent. Avec cela nous sommes arrivés au point de retournement (NDT Umstülpungspunkt) de la quatrième conférence. Car le « capitaliste » arrive par les conditions de vie un jour ou l'autre à un point où il ne peut plus lui-même valoriser l'excédent apparaissant, car il va bien au-delà de ses propres besoins de consommation. Il doit transférer ce surplus de quelque façon à un autre être humain. Par ce qu'il lui prête de l'argent, il lui donne l'occasion de construire une entreprise économique. Dans la main des capitalistes, le capital-argent a maintenant une faible valeur, dans les mains de celui qui possède la faculté de créer une nouvelle entreprise, il a par contre une haute valeur, aussi loin que cette entreprise réalise des prestations vis-à-vis desquelles se tiennent des besoins réels. L'emprunt est dans la vie de l'économie moderne de division du travail, le chemin sur lequel surviennent les transformations et nouvelles organisations. Théoriquement, peut être dit que plus sera emprunté, plus l'économie sera restructurée et la productivité améliorée.

Cependant à l'intérieur de conditions de vie concrètes les possibilités d’accroissement de productivité et le développement de nouveaux produits arrivent tôt ou tard à une frontière. La question après la valeur du capital est pour cela plus compliquée. Elle ne pourra pas purement être déterminée de la perspective du crédit.
Il est surprenant que Rudolf Steiner dans la quatrième conférence détermine tout de suite le concept de l'argent de la perspective du crédit : « L'argent n'est rien d'autre que l'expression extérieure de la valeur qui est générée économiquement par la division du travail et qui sera transférée de l’un à l'autre ».( 5 )
Ordinairement les économistes définissent l'argent de la perspective de l'acheter, puis passent alors à l'emprunter. Rudolf Steiner fait cela autrement. Cela a une raison bien précise. À des endroits ultérieurs, à savoir dans la dixième conférence, nous trouverons aussi une détermination de l'argent du point de vue de l'acheter. Cependant, l'échange de valeurs au moyen de l'argent – acheter ne signifie rien d'autre - n'est absolument pas l'aspect qui caractérise la vie de l'économie moderne de division du travail de par son essence même, mais justement une forme qui était déjà disponible dans des stades antérieurs de développement de la vie de l'économie. Ce qui détermine la vie de l'économie moderne est sa dynamique. L'esprit humain veut toujours de nouveau la réorganiser de sorte que du nouveau puisse apparaître. L'argent est en cela le moyen pour l'esprit d'intervenir organisant dans la vie de l'économie. Et il en va précisément de cet aspect dans la quatrième conférence.

Devant cet arrière fond conceptuel Rudolf Steiner décrit le développement de la vie de l'économie moderne : « nous voyons donc se présenter le capitalisme dans la suite de la division du travail, et certes assez tôt, se présenter l'économie monétaire ». ( 6 ) Dans le cours d'économie nationale Steiner décrit – cela aussi est quelque chose d'inhabituel du point de vue de l'économie conventionnelle - avec « économie de l'argent », une vie de l'économie dans laquelle le prêt est devenu déterminant pour ses processus de conception/façonnement. Une économie de troc/d'échange ne devient pas de cette manière de voir, économie de l'argent, parce qu'elle utilise de l'argent pour permettre l'échange. ( 7 ) Une telle économie d'échange-argent peut être considéré comme une forme de transition à l'économie de l'argent réel.

Le problème de la science économique actuelle est qu'elle cherche à saisir des processus de crédit avec des concepts qui ont été dérivés de processus d'achat. C'est donc correct que, dans une économie d'échange monétaire, l'argent est juste un produit, qui sera institué comme marchandise d'échange universelle. ( 8 ) Aussi longtemps qu'une telle marchandise est un média d'échange, elle ne sera pas amenée à sa consommation, mais circule. Mais celui qui échange sa marchandise contre la marchandise d'échange reconnue universellement sait que cet argent a également sa propre valeur de marchandise. Dans une économie d'échange monétaire, l'argent n'est pas « esprit réalisé », comme Rudolf Steiner le développe dans la quatrième conférence, mais il a un caractère de marchandise. Dans l'économie monétaire sera maintenant tenté aujourd'hui de traiter le capital-argent également comme une marchandise. Celui qui veut donner du crédit, ne prête pas vraiment de l'argent, mais il vend de l'argent pour une période de temps et réclame pour cela l'intérêt pour prix d'achat. 
L'économie populaire actuelle considère donc le capital qui sera prêté, tout comme chaque autre bien qui peut être prêté sans reconnaître une différence qualitative entre les deux. On croit qu'on pourrait prêter le capital exactement ainsi qu'une entreprise de location de voitures prête des voitures pendant un certain temps contre un loyer. Ainsi que la voiture, comme bien de location chez l'entreprise de location est bien évidemment une marchandise, l'argent prêté dans une économie moderne de la division du travail n'a jamais la permission/le droit d'être marchandise. Au loueur de voitures, des prestations réelles, fournies matériellement, seront dédommagés avec le loyer : la mise à disposition de la voiture, les coûts de maintenance, et parce que la voiture est consommée par l'usage, l'amortissement, etc. À celui qui prête du capital, ne sera par contre dédommagée aucune prestation matérielle, car le capital résulte juste des prestations matérielles épargnées. Qui peut développer une façon de voir du processus d'économique populaire, reconnaît la différence fondamentale entre le prêt de biens et le prêt de capital.

La méconnaissance de cette différence a conduit de plus anciennes théories d'économie nationale à définir la valeur du capital en tant que « force de travail sauvegardée ». Cela signifie qu'on tentait de déterminer cette valeur par des processus passés. Steiner détermine la valeur du capital à partir de l'avenir. Quand est une fois créé un potentiel de production spécifique, alors est apparu un espace libre pour de nouvelles activités ; à partir de maintenant du travail sera durablement épargné vis-à-vis de l'état ancien. Le capital-argent qui doit se former est le miroir de l'espace libre créé. La question est de savoir si cet espace peut être saisi spirituellement ou non. À cause de cela il s'agit de dans quelles mains tombe le capital-argent : dans celles d'une tête folle ou d'un humain capable ». ( 9 )

Vue d'une approche purement économique avec l'argent de prêt, qui résulte de l'excédent, est donné tout d'abord la possibilité de continuer à changer le potentiel de production existant de sorte que pourra être soit produit plus ou produit du nouveau avec le même investissement. Mais la question centrale est de savoir si cette augmentation de la production, ou la production de nouvelles choses est réellement justifiée par les besoins des humains ? Quand le capital sera considéré comme une marchandise, alors il peut seulement s'agir de créer des opportunités d'investissement/de placements rentables pour cet argent, indépendamment du sens d'économie populaire de ce placement. Il sera agit sans une façon de voir du processus d'économie populaire et il n'y a aussi aucune volonté de développer une telle façon de voir. L'augmentation de la production ou la production de tout à fait nouveaux, résulte alors toujours moins des besoins des êtres humains pour ces produits, mais de la nécessité de pouvoir placer du capital d'argent rentable. L'économie doit alors nécessairement toujours continuer à croître, si cette facture devait monter. En médecine, la croissance incontrôlée des cellules dans un organisme est communément connue comme cancer. Dans la pratique de l'économie d'aujourd'hui on tient cela pour un état sain.

Santé et maladie du processus d'économie populaire

Il a déjà été mentionné que dans la troisième conférence, Rudolf Steiner a décrit l'effet de la division du travail : plus la division du travail progresse, moins il est sensé que chacun travaille pour lui-même. La forme d'économie produisant des marchandises force dans une certaine mesure sur ce point à l'altruisme. Maintenant, Rudolf Steiner montre que par l'emploi rémunéré sera de nouveau porté le principe de l'auto-suffisance dans une économie de division/partage du travail, qui est en fait repose sur le principe de l'approvisionnement par l'étranger (NDT : « Fremdversorgung » le simple principe d'être approvisionné par autrui et pas par soi-même). Le salarié ne vend pas ses produits, mais immédiatement son travail à l'entrepreneur. Ce par quoi ses produits reçoivent une valeur ne l'intéresse pas plus largement. À qui il met son travail à disposition est la chose de l'entrepreneur et il sera payé par celui-ci. Le travailleur salarié ne travaille ainsi pas à partir d'un besoin social, mais il a pour ainsi dire intérêts à ce que s'accumule autant de travail que possible et améliorer par cela ses perspectives de revenu.

La cinquième conférence fait à nouveau pour motif principal la question de la façon dont le capital peut être conduit à une utilisation adéquate. Il montre - aussi paradoxal que cela puisse paraître au premier abord - que, d'un point de vue d'économique populaire, l'utilisation/la consommation correcte des valeurs est en tout cas formatrice de valeur. Car la construction de valeur a seulement un sens quand les valeurs seront également conduites à une consommation/utilisation adéquate. Dans la quatrième conférence, Rudolf Steiner a montré que le capital quand il sera volatilisé par une andouille n'a absolument aucune valeur, pendant qu'il reçoit une haute valeur quand il arrive à une personne qui l'utilise pour développer quelque chose. Le capital doit dans une certaine mesure être aspiré par l'esprit pour de tels besoins de développement. Par cela est produite une tension formatrice de valeur. De la perspective de la construction des valeurs Steiner vient à l'image de pensées du mouvement de formation de valeur qui atteint son sommet dans la formation de capital. Le processus d'économie populaire sera perturbé quand mouvement de formation de valeur et tension de formation de valeur ne viennent pas dans une compensation correcte. Mais exactement cela est un problème central de la vie de l'économie moderne. Il tiendra à des institutions de droit, qui empêchent que le capital puisse être correctement aspiré par l'esprit. Les gestionnaires/administrateurs du capital seront pour ainsi dire incités à chercher des opportunités d'investissement de capitaux « sûres », tels que le sol. Les prix de ces objets de placement seront propulsés vers en haut sur ce chemin. Celui qui possède du sol et veut vendre arrive de cette façon à du capital-argent sans avoir à construire une prestation réelle. Celui qui n'a pas du tout besoin de son capital et qui veut seulement l'investir pour des raisons de multiplication de l'argent a trouvé dans le sol acquis un substitut à l'argent. Celui qui a besoin de sol/terre pour pouvoir construire des prestations économiques reste sur le bord de la route. Rudolf Steiner décrit ce processus comme une stagnation du capital : « L'une des plus graves stagnations dans le processus d'économie du peuple est celui où le capital se lie simplement avec la nature, où donc (...) le capital vient en situation de s'emparer de la nature plutôt que de se perdre dans la nature » ( 10 ).

Aussi bien la troisième que la cinquième conférence décrivent des processus qui perturbent le processus économique et déclenchent ainsi des processus de maladie. Le travailleur salarié a intérêt que soit disponible assez de travail matériel et qu'avec ses chances d'acquisition augmentent. Le capitaliste a intérêt de multiplier son capital autant que possible, ou au moins le maintenir. Les deux manières de voir découlent d'une manière de voir subjective, limitée, qui ne considère que les intérêts personnels. Maintenant, à la fin de la quatrième conférence, Rudolf Steiner développe une équation singulière de la façon de voir le processus d'économie du peuple. Il regarde la formation de valeur 1, dans laquelle la nature sera saisie par le travail humain, et la formation de valeur 2, que provoque la division du travail en ce que l'esprit organise le travail, et montre alors qu'on peut décrire la relation entre ces deux formations de valeur les unes aux autres par une division. La valeur 2, qui est créé par l'organisation du travail a donc une qualité de partage et doit donc se tenir au dénominateur. La valeur 1, qui apparaît quand la nature est saisie par le travail humain appartient au numérateur. Mais si, selon Steiner, l'Esprit organise le travail, ainsi l'argent s'introduit dans le processus économique populaire. Ce en quoi ici il ne considère pas l'argent comme « ce que nous comptons dans la caisse, mais comme que ce qui sera saisi par l'esprit de l'humain », donc le capital d'argent dont il a dit auparavant qu'il reçoit sa valeur seulement dans ce que l'esprit humain en fait. Et quand dans le processus d'économie populaire, la nature serait transformée par le travail humain, alors apparaîtrait la marchandise. On pourrait en tout cas exprimer dans une division le rapport de la « marchandise disponible dans l'organisme économique et l'argent disponible dans l'organisme économique populaire », ainsi que la formule apparaît :

. . . . . . .Valeur 1 . .marchandise
Santé = --------- = ---------------
. . . .Valeur 2 . . . .argent


La santé du processus d'économie populaire consisterait en l'interaction de ces facteurs. Steiner rend lui-même attentif là-dessus que la façon dont il fait dériver cette formule est quelque peu inhabituelle (« Nous ne sommes pas habitués à ce que des formules mathématiques seront construites ainsi »). On ne pourrait justement pas juger le processus d'économie du peuple comme un chimiste qui observe de l'extérieur de sa cornue, mais on devrait la « remplir ainsi qu'un être, qui disons, serait dans la cornue. (... ) Cet être qui là dans la cornue ( qui sera chauffée ; remarque de S.E.) (...) que je veux comparer avec nous... ce devrait être un être qui fait avec la chaleur, bout avec ». Qui amène sa pensée en mouvement de cette manière, et par là plonge dans le processus lui-même, il peut éprouver ce qui partage et ce qui compte comme qualité. La formule est donc une description en une forme mathématique des qualités du processus d'économie populaire vivable intérieurement. Le sens de la description se ferme de ce fait aussitôt qu'on tente de quantifier extérieurement les grandeurs nommées.

Une compréhension pour ce que Rudolf Steiner pense ici peut aussi apparaître lorsqu'on regarde cette formule des aspects des troisième et cinquième conférences identifiés ci-dessus. Si la valeur 1 est déterminée par le motif d'acquisition qui n'a qu'un intérêt à ce que suffisamment de travail matériel soit disponible, alors cela conduit en règle générale à surproduction ( 11 ) ou sous-production ( 12 ) de marchandises. Si la formation de valeur est déterminée par motifs de maintien ou de multiplication subjectifs du capital , alors cela mène à des congestions de capital. Ainsi, qu'on pourrait aussi écrire :

. . . . . . . . . . sur- ou sous-production de marchandises
Maladie = -------------------------------------------------
. . . . . . . . . .Embouteillage de capital

La santé peut seulement se présenter quand de la raison (Vernunft) rentre dans le processus d'économie du peuple. Mais cette raison (Vernunft) n'a naturellement pas la permission d'être une abstraite qui est prescrite d'en haut. Elle doit être présente dans le processus lui-même. Le socialisme veut apporter la raison (Vernunft) dans le processus d'économie du peuple, mais il ne connaît celle-ci que sous sa forme abstraite. Et celle-ci peut seulement agir manipulant de l'extérieur et avec l'aide de l'élément étatique. Le libéralisme veut débrancher la raison (Vernunft) du processus d'économie populaire, parce qu'il a seulement appris à la connaître comme quelque chose qui tente d'intervenir dans les processus de l'extérieur. Ceci est à juste titre considéré comme tyrannique. Mais c'est pourquoi il doit rendre les désirs moteurs du développement économique. Steiner veut apporter la raison (Vernunft) dans le processus d'économie populaire. Mais pour cela il y a besoin d'humains qui ne pensent pas seulement autre chose, mais pensent autrement. L'autre pensée peut être développée, quand on apprend à comprendre les pensées-images que Steiner façonne.

Le façonnement des pensées-images de la quatrième conférence montre la sphère de la raison (Vernunft) vivante dans laquelle l'humain peut s'élever par la vie de ses pensées. Le façonnement des troisième et cinquième conférences montre la sphère des désirs de l'humain, qui peut seulement être transformé par les forces qui peuvent seulement être trouvées dans la sphère de la raison (Vernunft).

Notes :
( 0 ) - Original allemand : http://diedrei.org/tl_files/hefte/2011/Heft10_2011/Eisenhut10-11.pdf
version française en ligne : www.triarticulation.fr/Institut/FG/Articles/SE01.html
( 1 ) - 1 Rudolf Steiner: Science de l'éducation - Méthodique-didactique (Stuttgart 1919; GA
294), Dornach 1992, S. 47 (3.Vortrag, 23.8.1919).
( NDT1 ) - « volkwirtchaftlich » littéralement : « peuple économiquement », les lexiques, l'usage traduit en général « politique ». RS utilise aussi le terme usuel à l'époque d'« économie nationale ». Cependant, le propos de RS revient à donner une tout autre signification aux notions de peuple et de nationalité, spirituellement et politiquement tout en montrant leur inadéquation en ce qui concerne l'économie qu'il considère comme englobant la terre entière. C'est pourquoi j'utiliserai aussi parfois économie du peuple, ou populaire. Une façon de rappeler qu'il s'agit bien de tendre à la remettre entre les mains de ceux qui la font.)
( 2 ) - Voir aussi : Stephan Eisenhut : La tâche de la science sociale anthroposophique, dans Anthroposophie, Michaeli 2011
( 3 ) - Rudolf Steiner : Cours d'économie nationale (Dornach 1922, GA 340), Dornach, 2002 (ci-après : NOK).
( 4 )- Voir NOK, p.59
( 5 ) - NOK p.57 Cette détermination de l'argent, autorise toutefois aussi la perspective du donner. Dans la quatrième conférence Steiner regarde tout d'abord sur l'argent de la perspective du prêter . Mais la perspective du donner est déjà constituée et sera développée dans des conférences ultérieures.
( 6 ) - NOK pages 57 s
( 7 ) - Sous « économie de l'argent » on comprend ordinairement une vie de l'économie qui a introduit l'argent en tant qu'intermédiaire d'échange. Dans des conférences et écrits précédents Rudolf Steiner utilise même le mot dans ce sens. Dans le cours d'économie nationale, il le place cependant dans un autre contexte. Rien ne change qualitativement à un processus d'échange lorsque s'introduit l'argent comme un moyen d'échange. Le changement qualitatif se produit uniquement avec l'emprunt. C'est pourquoi Rudolf Steiner peut aussi établir dans la 8e conférence : « Notre science de l'économie du peuple s'est développée ainsi qu'elle n'a pas participé dans ses façons de voir à ce qui s'est passé de l'économie d'échange à l'économie monétaire et à l'économie des facultés. Elle traite dans ses concepts toujours encore alentour dans l'économie d'échange et regarde toujours l'argent encore ainsi comme si c'était juste une sorte de suppléant pour l'échange. " (P. 124)
( 8 ) - Steiner prend dans la 10e conférence des pois comme exemple pour une marchandise qui sera faite pour marchandise de troc
( 9 ) - « Pensez-vous, il y a encore tant de travail sauvegardé dans le capital : une tête folle vient là-dessus et qui gaspille tout, alors vous avez un autre processus que celui où un humain intelligent vient qui engage un processus fécond » (NOK p 60). Ainsi qu’« Il serait beaucoup plus important sur les billets de banque, qui seront prêtés à l'homme qui entreprend quelque chose, au moment où il transférer ces billets de banque dans l'utilisation, d'écrire dessus, si l'homme est un génie en matière économique, ou si c'est un idiot, car de l'art et la manière dont il se comporte avec cela, dépend maintenant la valeur de cet argent de prêt dans la situation d'économie du peuple » (NOK, p 176).
( 10 ) - NOK page 74
( 11 ) - Quand, par ex. de nouvelles technologies sont utilisées, mais que pour raisons politiques sera veillé à ce que l'emploi reste élevé.
( 12 ) - Quand, par ex. l'utilisation de nouvelles technologies sera évitée juste pour maintenir des places de travail.