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Institut pour une triarticulation sociale
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Rudolf Steiner

Loi sociologique fondamentale
Partie 1 - 16 juillet 1898

Magazin für Literatur, 67.Jg., Nr .28,16.Juli1898
Rudolf Steiner Oeuvres complètes 031 247-250

Trad. FG, v.3 10/07/2017 - Accès à l'original allemand

La question sociale

[450/01] Ce n'est pas facile aujourd'hui de parler sur la « question sociale ». Beaucoup porte à influencer actuellement notre jugement de la manière la plus défavorable. Aucune chose n'a été plus embrouillée que celle-ci par « faveur et haine des partis ». Les avis abrupts se font face comme sur peu de domaines. Que ne sera pas avancé ? Et comme bientôt on remarque, beaucoup d'avis se présentant, qu'ils proviennent d'esprits qui se promènent par le monde avec les plus grandes œillères possible.

[[450/02] Mais je ne peux pas une fois tenir pour les pires, les obstacles qui seront posés dans le chemin d'un jugement souhaitable par les passions de partis. Par eux seront quand même seulement irrités ceux qui se tiennent à l'intérieur des appareils de parti. Qui se tient au-delà de ces appareils a toujours la possibilité de former un jugement personnel. Un obstacle bien plus significatif me semble reposer en ce qu'a nos têtes pensantes, nos porteurs de culture formés scientifiquement ne veulent absolument pas réussir à trouver un chemin plus sûr, une manière méthodique, pour prendre en main cette question.

[450/03] Toujours et toujours de nouveau, je viens à cette conviction quand je lis sur la question sociale des écrits d'auteurs qui sont à prendre au sérieux à cause de leur formation scientifique. J'ai remarqué que dans ce domaine la façon de penser que nos chercheurs se sont appropriée sous l'influence du darwinisme n'agit pour l'instant pas encore salutairement. Qu'on ne me comprenne pas mal, je vois qu'avec la manière de penser darwinienne, un des plus grands progrès que l'humanité a pu faire est accompli. Et je crois que le darwinisme doit agir salutairement sur tous les domaines de la pensée humaine, quand il sera utilisé correctement, c.-à-d. d'après son esprit. Moi-même j'ai, dans ma « Philosophie de la liberté», livré un livre, qui d'après mon opinion, est écrit entièrement dans le sens du darwinisme. Cela m'a été tout particulièrement lors de la conception de ce livre. J'ai réfléchi sur les questions les plus intimes de la vie humaine de l'esprit. En cela je ne me suis pas du tout soucié du darwinisme. Et lorsque mon édifice de pensées fut terminé alors m'est montée la représentation : tu as donc livré une contribution au darwinisme.

[450/04] Maintenant je trouve que notamment les sociologues ne le font pas ainsi. Ils demandent d'abord chez les chercheurs de la nature pensant selon Darwin : comment le faites-vous ? Et alors, ils transfèrent leurs méthodes sur leur domaine. Ils commettent en cela une grande faute. Les lois de la nature qui règnent dans la nature organique, ils les transportent simplement sur le domaine de la vie humaine de l'esprit ; il devrait valoir pour l'évolution humaine exactement la même chose que ce qui est à observer à l'animal. Maintenant dans cette conception repose sans doute un noyau sain. Une légité (NDT je reprends la proposition de Mme Bideau pour ne pas utiliser législation qui en matière de tri-articulation pourrait induire des confusions) de même sorte est certainement à trouver dans le monde entier. Mais il n'est absolument pas nécessaire qu'à cause de cela aussi les mêmes lois se manifestent sur tous les domaines. Les lois que les darwinistes ont trouvées agissent sur le règne animal et végétal. Dans le règne de l'humain nous avons à chercher après des lois qui seront pensées dans l'esprit du darwiniste - mais qui sont ainsi justement spécifiquement propres comme les lois d'évolution organiques des règnes naturels cités. Nous avons à chercher des lois propres à l'évolution de l'humanité, quand aussi celles-ci seront pensées dans l'esprit du darwinisme. Un simple transfert des lois du darwinisme sur l'évolution de l'humanité ne pourra conduire à des façons de voir satisfaisantes.
[450/05] Cela m'est de nouveau particulièrement venu à la lecture du livre pour lequel j'écris ces pensées : « La question sociale à la lumière de la philosophie » du Dr. Ludwig Stein (éditions de Ferdinand Enke, Stuttgart 1897). La manière de regarder de l'auteur sera absolument dominée par l'intention de traiter la question sociale dans un sens qui domine dans la science de la nature darwiniste. « Ce que Buckle devant une vie d'humain a fourni pour un concept de causalité dans l'histoire, qu'il soutient notamment par la statistique montante, laquelle prouve son inconditionnelle validité pour l'ensemble de la vie humaine, cela doit aujourd'hui se passer pour l'évolution, après que nous ayons récolté les conquêtes de Darwin et de ses successeurs » (p.43). Partant de cette tendance, Ludwig Stein étudie comment les différentes formes par lesquelles la vie des humains sera régie se sont développées. Et il cherche à montrer qu'en cela « adaptation » et « lutte pour l'être-là » (NDT « Dasein », je renonce à traduire par « existence » pour des raisons de contexte philosophique) jouent le même rôle que dans l'évolution animale. Je veux pour l'instant saisir une de ces formes pour rendre parlante la manière d'observer de Stein : la religieuse. L'humain se trouve au milieu de différentes puissances de la nature. Celles-ci interviennent dans sa vie. Elles peuvent lui devenir utiles ou dommageables.
Elles peuvent lui devenir utiles quand il trouve des moyens par lesquels il peut utiliser les puissances de la nature dans le sens où elles servent à son être-là. L'humain invente des outils et des institutions pour se mettre les puissances de la nature à son service. Cela signifie, il cherche à adapter celles-ci à son environnement. Il peut être fait beaucoup d'essais qui s'avèrent comme erronés. Mais parmi d'innombrables seront toujours de tels qui atteindront le correct. Ceux-ci restent les vainqueurs. Ils se maintiennent. Les tentatives erronées disparaissent. L'utile se maintient dans la « lutte pour l'être-là ». Parmi les puissances de la nature, l'humain trouve aussi des invisibles à côté des visibles. À côté des purement naturelles, il les nomme puissances divines. Il veut aussi s'adapter celles-ci. Il invente la religion avec le service sacrificiel et croit par là mouvoir les puissances divines afin qu'elles œuvrent à son utilité. Stein regarde de la même manière le mariage, la propriété, l'état, la langue, le droit. Toutes ces formes sont apparues par adaptation de l'humain à son environnement ; et les formes actuelles du mariage, de la propriété, etc. se sont maintenues à cause de ce qu'elles se sont avérées les plus utiles dans la lutte de l'humain pour l'être-là.

[450/06] On voit, Stein cherche simplement à transférer le darwinisme sur le domaine humain.

[450/07] Je montrerai dans un article suivant, le livre cité à la main, où conduit un tel transfert.