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Collection: 03 - Vie spirituelle libre
Sujet: Transfert du capital par agent cadeau
 
Les références Rudolf Steiner Oeuvres complètes GA340 089-093 (1979) 29/07/1922
Traducteur: Jean-Lambert Des Arts et Jean-Marie Jenni Editeur: EAR
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Sujet: Transfert du capital par agent cadeau
 
Les références Rudolf Steiner Oeuvres complètes GA340 089-093 (1979) 29/07/1922
Traducteur: Jean-Lambert Des Arts et Jean-Marie Jenni Editeur: EAR

06014 - , je vais vous illustrer d'un tout autre point de vue le fait qu'il y a des consommateurs purs dans le processus économique. Nous pouvons garnir ce cercle-là (dessin 4), qui peut devenir très riche d'en­seignements, de toutes sortes de propriétés possibles, et la question se posera pourtant, comment pourrons-nous loger dans ce cercle chacun des événements du processus économique, car il est précisément le cycle de notre économie ? Or il y a, sur le marché un fait qui se produit immédiatement lors d'une vente ou d'un achat quand je paie comptant. Que je paie avec de l'argent ou que je pratique le troc en donnant en échange une mar­chandise acceptée par le vendeur, cela n'a aucune im­portance. Ce qui importe, c'est avant tout le fait de payer immédiatement, de payer, tout simplement. Et maintenant, il nous faut, à cet endroit du dessin 4 pas­ser du regard habituel, trivial, à un regard conforme à l'économie. Car les différents concepts interfèrent con­tinuellement les uns dans les autres, et la vision d'ensemble résulte du jeu réciproque des différents facteurs. Vous pouvez dire : on pourrait concevoir que l'usage s'établisse de ne plus payer comptant. On ne paierait qu'après, disons un mois ou un délai convenu. Oui, il s'agit de voir que nous aurions alors un concept totalement faux : en disant que je reçois aujourd'hui un habit que je ne paie qu'après un mois. Réellement, je ne paie après un mois non seulement le prix du costume, mais encore quelque chose d'autre : je paie ce qui, éventuellement se serait produit dans l'intervalle, une augmentation ou une réduction des prix, je paie alors quelque chose d'immatériel. Le concept du paiement au comptant doit exister, il l'est d'ailleurs pour les achats ordinaires. Ainsi un bien devient une marchandise lorsqu'il est payé immédiatement. C'est notamment le cas des produits transformés de la nature. Là je paie, le paiement joue le rôle essentiel. Ce paiement doit être effectué et je dois ouvrir ma bourse et en sortir l'argent ; et la valeur est déterminée à ce moment ou lorsque j'effectue l'échange d'une marchandise contre une autre. Là on paie. Voilà pour le premier point : il faut que le paiement soit effectué.

06015 - Le second point est celui sur lequel j'ai attiré votre attention hier en mentionnant qu'il joue un rôle sem­blable au paiement. C'est le prêt. Il n'interfère en au­cune façon avec le paiement ; c'est un fait tout différent qui pourtant est là. Lorsqu'on me prête de l'argent je peux appliquer mon esprit à ce capital. Je deviens dé­biteur ; mais je deviens aussi producteur. Là le prêt joue un rôle très réel dans l'économie. Il doit être possible, si je suis doué de facultés créatrices, que je reçoive, d'une provenance quelconque, un capital en prêt pour mes réalisations. Je dois donc pouvoir le recevoir et pour cela il doit exister du capital de prêt. Au paiement on doit donc ajouter le prêt (dessin 4). Avec cela nous avons deux facteurs d'une très grande importance dans le processus économique : le paiement et le prêt.

06016 - Et maintenant, par une simple déduction, nous pouvons réellement trouver le troisième facteur, nous devons seulement le vérifier là, sur le dessin 4 ; à aucun moment vous n'aurez pu avoir de doute sur ce qu'est ce troisième facteur. Après les deux premiers qui sont payer et prêter, voici donner. Payer, prêter et donner, telle est la trinité de concepts qui doivent entrer dans toute économie saine. Nous avons une certaine réti­cence à considérer le don comme un facteur économi­que ; mais si le don n'existait pas, le processus écono­mique ne pourrait tout simplement pas se poursuivre. Imaginez, par exemple, ce qu'il adviendrait des enfants si on ne leur donnait rien ! Nous ne cessons de faire des dons aux enfants et, dans le processus pensé en son entier et devant se poursuivre, le don est tout simple­ment là. Il est donc parfaitement injustifié de ne pas intégrer dans le processus économique les valeurs fai­sant l'objet de transfert sous la forme de dons. J'insiste particulièrement sur cette catégorie de transfert — au véritable scandale de beaucoup de personnes — dans mon ouvrage Éléments fondamentaux pour la solution du problème social, à laquelle pourraient appartenir les moyens de production dont le transfert devrait s'apparenter à la donation à celui qui est capable de poursuivre judicieusement leur mise en oeuvre. Il est bien certain qu'il faudra veiller à ce que ces donations n'aient pas lieu dans la confusion, mais au sens de l'économie, il s'agit bien de donations. De telles dona­tions sont tout à fait indispensables.

06017 - Plus vous y réfléchirez, plus vous trouverez que la trinité : paiement, prêt et don est une nécessité écono­mique. Vous vous direz que si elle n'était pas présente dans chaque cas où le processus économique est en­gagé, on aboutirait à une situation absurde.

06018 - On peut la combattre momentanément ; mais les connaissances en économie sont aujourd'hui encore très rudimentaires et, précisément ceux qui veulent l'enseigner, devraient l'admettre et réaliser, avant toute chose, que l'on est peu enclin à envisager le véritable contexte économique. Je pourrais dire que cela saute aux yeux. Cela saute tellement aux yeux que vous pou­vez curieusement lire aujourd'hui dans les Basler Nach­richten une considération sur l'absence d'intérêt, autant chez les dirigeants que les particuliers, pour le dévelop­pement de la pensée en économie. Je ne crois pas que des sujets qui ne sautent pas aux yeux aujourd'hui puis­sent être précisément discutés dans les Basler Nachrich­ten ! C'est une évidence. Et il est néanmoins intéressant qu'on en ait parlé de cette manière ; l'article est intéres­sant du fait que pour une fois l'absolue impuissance en économie se trouve sous le feu des projecteurs et qu'il y est demandé un changement et que les gouvernements et les particuliers devraient enfin commencer à raison­ner autrement. Mais son raisonnement s'arrête là. Quant à cette autre manière de raisonner, les Basler Na­chrichten n'en soufflent mot. Ce qui est d'ailleurs aussi très intéressant.

06019 - Or, on peut créer des perturbations dans le proces­sus économique si l'on ne met pas en une juste relation les trois éléments de cette trinité. Il y a aujourd'hui des personnes qui s'enthousiasment tout particulièrement en faveur d'une forte taxation des successions, lesquel­les sont évidemment aussi des donations. Ce prélève­ment n'a pas une importance particulière en économie. Il ne dévalorise en rien l'héritage, dont la valeur V est décomposée en deux, V1 et V2. Si l'on donne la valeur V2 à une autre personne, ne laissant que la valeur V1 à l'héritier, cela veut dire que la valeur V intéresse deux personnes. Il s'agit de savoir si celui qui a reçu la valeur V2 est aussi capable de gérer celle-ci que celui qui aurait reçu à la fois les valeurs V2 et Vl. Chacun pourra déci­der à son gré si un seul propriétaire capable exploitera l'ensemble de l'héritage avec plus de succès ou s'il est préférable de remettre une partie seulement à l'héritier et l'autre à l'État avec lequel il doit collaborer.

06020 - De telles choses nous détournent singulièrement de la pensée économique pure ; car elles sont produites par le ressentir, elles émanent de sentiments. Il est un fait que l'on envie les riches héritiers. Il se peut que de tels sentiments soient fondés, mais on ne peut pas en parler isolément dans un raisonnement économique. Ce qui importe c'est le contenu de la pensée économique ; c'est cette pensée qui doit guider les événements. Ainsi vous pouvez imaginer un organisme social malade à la suite d'une interaction inorganique entre le paiement, le prêt et le don, du fait que l'on s'oppose à l'un ou à l'autre de ces facteurs, ou qu'on favorise l'un au détri­ment de l'autre. Or, ces trois éléments agissent ensem­ble quoiqu'on en veuille. Si d'un côté vous ne faites que supprimer la donation, vous ne faites que transférer14. Et la question de savoir si l'on doit transférer une do­nation n'est pas décisive, il faut plutôt savoir si le trans­fert a des effets favorables ; car choisir si un héritage doit être recueilli individuellement ou partagé avec l'État est une question qui doit être d'abord décidée dans le cadre économique. Il importe de savoir si l'une des solutions est meilleure que l'autre.