Crise corona

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Johannes Mossman

Le coronavirus :
L'humanité à la croisée des chemins

Comment le monde se réorganise dans l'ombre de la crise

- Original en allemand   
- traduction F. Germani v.03 - 18/05/2020
- v.03 - 18/05/2020 en version pdf pour impression A4 ou livret A5
- Notes et références (sur le web allemand)
- Commentaires du traducteur


Le Covid-19 est bien plus qu'un problème médical. La crise du coronavirus marque la fin de l'ancien ordre mondial et le début d'une nouvelle ère de l’humanité. Les systèmes des sociétés sont en train d'être réalignés, leurs valeurs redéfinies. Mais tandis que le célèbre diplomate américain Henry Kissinger exhorte le gouvernement américain à se mettre dans la meilleure position possible pour la "nouvelle ère",(1) l'Europe reste sous le charme du virus et ignore les événements plus profonds qui se cachent derrière les événements extérieurs - en faveur d'une prise de pouvoir silencieuse par une nouvelle idéologie trans-humaniste.

La fin de la Seconde Guerre mondiale a marqué le début d'un nouvel ordre mondial. L'économie de marché néolibérale est née, les États-Unis ont pris leur place en tant que « police mondiale » et la « guerre froide » est devenue le cadre idéologique de la politique mondiale. Sous la devise « plus jamais la guerre », de nombreux États ont ancré dans leur constitution des droits de liberté d'une grande portée. L'Europe unie est née. Une entreprise a ensuite façonné les 40 dernières années de cette ère comme aucune autre : Microsoft. Aujourd'hui, Bill Gates est l'acteur le plus important de l'industrie des vaccins. La semaine dernière, il a appelé le virus de la corona « Pandémie I » et a proclamé le début d'une nouvelle ère de l’humanité. Dans les « Gates Notes », il explique : « Melinda et moi avons grandi en sachant que la Seconde Guerre mondiale était le moment décisif pour la génération de nos parents. De même, la pandémie de Covid - la première pandémie moderne - définira cette ère » (2) Bill Gates a-t-il raison à ce sujet, la crise du Coronavirus est-elle aussi formatrice pour l'avenir que la Seconde Guerre mondiale l'a été pour le passé ? Et si oui, quel est l'ordre mondial qui émerge actuellement, quelle idéologie déterminera la politique mondiale, quelles étoiles nous guideront ? Une recherche de traces dans les événements précipités des derniers mois.

1. Les dommages collatéraux
De nombreux gouvernements ont pris des mesures drastiques pour combattre le coronavirus.
Des droits fondamentaux ont été suspendus, les contacts interdits, les entreprises fermées. En conséquence, le Fonds monétaire international s'attend à la « plus grande crise économique depuis 90 ans », tandis que d'autres parlent de « l'effondrement de l'économie mondiale » et d'un « effondrement des systèmes sociaux » (3). À cause de cela, le continent africain se tient devant une famine catastrophique sans précédent.
820 millions d’humains souffrent déjà de la faim aujourd'hui. Les organisations d’aide tentent désespérément de faire comprendre que bien plus d’humains mourront des conséquences des mesures-corona européennes que du virus. (4) La situation dans certains pays asiatiques, comme le Bangladesh, est aussi dramatique. « On estime que plus de 10 millions de personnes dépendent des revenus des femmes qui travaillent sur les machines à coudre. Elles travaillent pour toutes les grandes marques de mode, de C&A à H&M, Gap ou Zara. La couture représente près de 90 % des recettes d'exportation du Bangladesh. Mais quand, selon le Fonds monétaire international, le commerce mondial se contracte de 14 % par rapport aux prévisions de l'année dernière, [...] des millions de couturières en Asie le ressentent directement : elles n'ont plus d'argent pour acheter de la nourriture pour leurs enfants [...] La dépendance du Bangladesh est le pire, mais les pays environnants en souffrent aussi. » (5) Avec un salaire annuel moyen de 85 euros, la fermeture de l'économie européenne est une condamnation à mort. « Près de 900 millions de pièces de vêtements d'une valeur de près de 3 milliards de dollars ont été décommandées à la fin du mois de mars. Plus d'un million de travailleuses ont perdu leur emploi ou sont en congé ». (6)
Il n'est quand même aussi pas encore certain que le nombre de personnes qui seront effectivement sauvées par les mesures-corona dans les pays riches soit supérieur au nombre d’humains qui mourront de leurs conséquences. La subordination de toute la vie de l’économie, du droit et de la culture du point de vue de l'approvisionnement optimal en appareils respiratoires pour les groupes à risque laisse hors d’attention le fait que tous les systèmes sociaux en tant que tels sont des « mesures de maintien de la vie » et qu’à cause de cela, dans beaucoup d’autres, leur altération par la fixation sur le coronavirus provoque la maladie et la mort de manière inobservée actuellement. Ainsi le directeur de l'hôpital de Hambourg, Stefan Blankenberg, rapporte : « Nous avons des annulations de patients pour des interventions qui sont urgentes à nos yeux. Nous voyons ici beaucoup moins de personnes qui viennent nous voir avec une crise cardiaque. Nous recevons aussi des informations des urgences selon lesquelles de moins en moins de patients viennent à nous pour des crises cardiaques ou aussi des accidents vasculaires cérébraux… Des patients nous ont déjà appelés pour annuler leurs rendez-vous pour des opérations parce qu'ils craignent d'être infectés par le coronavirus… Les conséquences médicales sont dramatiques, même si je n'aime pas utiliser ce mot. Mais 25 % des patients atteints d’infarctus qui ne viennent pas à la clinique meurent chez eux. Les 75 % restants risquent purement et simplement une réduction de la capacité de pompage de leur cœur… Nous savons simplement que le risque de mourir d'une insuffisance cardiovasculaire due à un retard de chirurgie est au moins aussi grand que le risque de la maladie due au Covid-19 elle-même » (7). À l'heure actuelle, presque tous les hôpitaux d'Europe et des États-Unis font état de faits similaires. (8) C'est quand même seulement une petite partie du problème. Personne ne peut actuellement prévoir ce que l'interdiction des groupes d'entraide pour les toxicomanes, l'isolement des personnes souffrant de démence grave ou la ruine existentielle de nombreux travailleurs indépendants exigeront en fin de compte comme sacrifice.

2. Les techniques de propagande de droit public
Dans le même temps, tant la dangerosité initialement alléguée du virus que l'efficacité des contre-mesures semble plus que douteuse au vu des faits qui se précisent progressivement. Mais un discours public est quand même, après comme avant, à peine possible. La presse a réussi mieux que jamais à associer les opinions dissidentes à de fausses nouvelles (Fakes-News), à des théories de conspiration ou même au radicalisme de droite, et à imposer à la société un coup d’œil en tunnel au bout duquel scintillent les images effrayantes de patients branchés à des appareils respiratoires. Les médias ont assimilé les personnes « testées positivement » et « infectées » et ont calculé un « taux de mortalité » imaginaire à partir de cette impulsion irréfléchie inadmissible en virologie. Les indications prématurées d'experts, comme celles du célèbre épidémiologiste et professeur de Stanford John Ioannidis, concernant des erreurs de calcul et l'absence de base scientifique pour les dispositions sur le coronavirus ont été soit étouffées soit tournées en ridicule. (9)
 
Ces méthodes sont familières à tous ceux qui ont déjà eu affaire à des techniques de propagande dans les sciences historiques, politiques ou des médias. Des exemples particulièrement impressionnants de techniques de propagande habilement appliquées sont actuellement fournis par les « reportages » des sociétés de radiodiffusion publiques. Ainsi, le « ARD-Faktenfinder » (le vérificateur de faits de l’ARD) se lamente : « Le milliardaire Bill Gates a été érigé en bouc émissaire mondial pendant la pandémie » - et il décrit le travail de lobbying du géant de la technologie comme suit : « Les Gates se sont réunis à maintes reprises avec la chancelière Angela Merkel au cours des dernières années, et ont fait campagne au sein du bureau de la chancelière pour que des efforts plus importants soient déployés dans ce domaine. Devant des intimes, Gates a dit une fois qu'il ne connaissait pratiquement personne d'autre en politique qui s'intéressait autant à ce sujet que la scientifique Merkel. Au bureau de la chancellerie on dit que l’estime est réciproque » (10) L'union de confiance entre le plus puissant dirigeant d'entreprise du monde et la chancelière serait maintenant poussée sous un mauvais jour par des « activistes de droite » : « L'engagement et les avertissements de l'ancien patron de Microsoft sont quand même étalés et interprétés entre-temps comme un plan perfide : Gates voudrait diriger le monde, surveiller les gens ou serait même derrière la pandémie pour vendre des vaccins - ce ne sont là que quelques-unes des allégations qui circulent en masse. La plupart de ces légendes proviennent des États-Unis - répandues par des militants de droite, des médias et des réseaux comme "QAnon" - et sont aussi diffusées maintenant en Allemagne. L'AfD, par exemple, met en garde contre une « surveillance corona… » (11)
Cette astuce est bien connue et facile à comprendre pour l'expert. Personne ne prétend qu'il n'y aurait pas de théories de conspiration grossières ou de diffamation par les radicaux de droite. Toutefois, compte tenu de l'étalage de pouvoir sans précédent d'un seul patron de l’économie, cela vaut au mieux une note marginale. Le problème n'est pas que l'ARD thématise des théories de conspiration de droite, mais qu'elle choisit ces dernières pour illustrer la critique du rôle de Bill Gates dans cette crise. Cela pour effet que, par la suite, chaque fois que quelqu'un prononce les mots « Bill Gates » et « Corona » dans un contexte critique, l'association « théoricien de la conspiration » est suscitée.

Avec les « avertissements » de Bill Gates, qui selon l'ARD sont « vilipendés » par les théoriciens de la conjuration radicaux de droite, il s’agit en fait d’un jeu de stratégie mis à exécution par La Fondation Bill & Melinda Gates en collaboration avec le Forum économique mondial et le Centre Johns Hopkins un mois avant le déclenchement de la pandémie de coronavirus. (12) Dans la simulation, la propagation d'un virus transmis de la chauve-souris à l'homme suit le cours de la pandémie de corona ultérieure et entraîne les mêmes conséquences économiques et les mêmes réactions politiques que celles que nous vivons en fait actuellement. Au lieu de laisser les questions sur ce sujet aux radicaux de droite, l'ARD aurait au moins dû publier le passage suivant du document : « Les gouvernements doivent travailler avec les entreprises de médias traditionnels et sociaux pour rechercher et développer des approches rapides pour lutter contre la désinformation. Il faut pour cela développer la capacité à inonder les médias d'informations rapides, précises et consistantes [...] Les entreprises de médias devraient s'engager de leur côté à ce que les informations pertinentes soient priorisées et les fausses réprimées, y compris par l'utilisation de la technologie » (13).

L’entraînement de l'opinion publique à une manière de voir déterminée a une méthode. Qui ne le remarque pas, doit avoir dormi pendant les cours d'allemand et d'histoire et troqué les études sur les médias contre la consommation de médias. Avec quelle conscience les techniques de propagande sont utilisées, s'il s'agit même d'une « conspiration », est cependant une autre question qui sera abordée plus loin. En tout cas, il est important de remarquer que Covid-19 est un virus encore largement inexploré, qui met la vie en danger. C'est une question de science. Cependant, le travail scientifique exige qu'opinion et opinion se confrontent de manière également justifiée. Quelle opinion l’emporte alors, seule l’évidence de ses preuves permet d’en décider. À cause de cela, la science existe seulement aussi longtemps qu'il n’est permis à aucune opinion d’être qualifiée d'« officielle ». Si cependant une opinion est d’abord « officielle », elle ne doit plus sa force d’impact à la seule force de ses preuves. Compte tenu de la propagation du virus, il est urgent de libérer l'espace public des débats des restrictions imposées par des perspectives qui se sont déjà concrétisées en « opinion officielle » et de défendre le terrain indépendant de la science contre toute influence politique et économique. Il est triste que Bill Gates soit menacé par les radicaux de droite. Cependant, à l'heure actuelle, des centaines de milliers de vies humaines sont menacées par le coronavirus. Cela exige des réactions objectives fondées sur des connaissances scientifiques. Les médias devraient donc avoir pour premier devoir d'examiner de manière critique les éventuels intérêts économiques du nouveau « partenaire » du gouvernement fédéral ou son influence sur l'OMS et l'interprétation du coronavirus. Le fait que cela reste actuellement à peu près totalement de côté pourrait être une première indication du caractère du début de la « nouvelle ère » que, selon Bill Gates, la « Pandémie I» a maintenant sonnée.

3. Offensive sur le système de santé
Il y a quelques années, les choses étaient encore différentes. En 2015, le syndicat des enseignants (GEW) a souligné que Bill Gates avait lancé le « Pacte numérique » adopté par le gouvernement allemand et mettait en garde contre le fait qu'il « influençait le contenu et les conditions cadres de l'éducation ». (14) De nombreux médias ont également fait des reportages critiques sur la nouvelle activité principale du deuxième être humain le plus riche du monde : le développement et la distribution de vaccins à l'échelle nationale. En janvier 2019 encore, la SWR rapportait : « Les grands donateurs tels que le fondateur de Microsoft, Gates, imposent leur programme à l'OMS : plus d'engagement contre les maladies infectieuses, moins d'engagement en faveur des systèmes de santé dans les pays pauvres et des causes sociales de la maladie… Selon sa déclaration d'impôts pour 2015, la Fondation Gates détient des actions Coca-Cola d'une valeur de 500 millions de dollars… À cela s’ajoutent des participations dans les entreprises alimentaires PepsiCo, Unilever, Kraft-Heinz, Mondelez et Tyson Foods ; dans les entreprises d'alcool Anheuser-Busch et Pernod ; dans les entreprises pharmaceutiques GlaxoSmithKline, Novartis, Roche, Sanofi, Gilead et Pfizer… Pour la Fondation Gates, cela signifie que plus les entreprises susmentionnées font des bénéfices, plus elles peuvent consacrer d'argent à l'OMS. Pour l'OMS, cela signifie que toute action contre les activités néfastes des industries des boissons sucrées, de l'alcool et des produits pharmaceutiques empêcherait la Fondation Gates de générer des dons pour l'OMS. En bref, l'Organisation mondiale de la santé se trouve dans un conflit d'intérêts classique… Les grandes entreprises pharmaceutiques et alimentaires exploitent sans scrupule ce conflit d'intérêts, explique l'expert indien en santé Arun Sengupta. Et celui-ci souligne : « C'est d’une attaque contre le système des Nations unies dans son ensemble qu’il s’agit. Ce système, qui est géré par les États membres pour améliorer l'action gouvernementale dans le monde entier, on veut le remplacer par un système dans lequel les fondations et les entreprises privées jouent un rôle important. » (15)
L'OMS n'est pas une institution scientifique indépendante, mais une instance internationale. Ses moyens financiers reposent pour moitié sur des subventions des États membres et pour moitié sur des contributions de l’économie privée. Le plus grand donateur est la Fondation Bill & Melinda Gates. Quiconque se présente à la présidence de l'OMS, doit d'abord « s'allier » à Gates, comme le rapporte (17) Politico, l'un des « médias les plus importants de l'establishment politique de Washington » (16)

Début mars, l'OMS a déclaré que le coronavirus était une pandémie. En ce qui concerne la genèse ultérieure de « l'opinion publique » sur le coronavirus, il faut noter que la politique a suivi les médias, et non l'inverse. Aussi le document du ministère de l'intérieur qui a fait l'objet d'une fuite, selon lequel, entre autres, il devait être fait peur aux enfants et des sentiments de culpabilité inculqués (18), ne faisait que suivre les événements réels. La peur était là depuis longtemps. Il aurait été de la tâche de la politique de laisser le public participer au débat scientifique et ainsi de contrecarrer l'incertitude. Au lieu de cela, les gouvernements ont surfé sur la vague de la pandémie de peur. Jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait d'où, par exemple, l'Agence fédérale pour les maladies infectieuses (Institut Robert Koch) tire son expertise. On peut supposer que cette autorité est conseillée par des épidémiologistes compétents. Mais qui sont-ils ? Le public aurait dû les connaître et apprendre comment ils pensent. Et ils auraient dû être mis en contact avec des épidémiologistes de renom issus d'instituts de recherche indépendants. Cependant, lorsque le professeur Sucharit Bhakdi, qui était jusqu'alors considéré comme l'un des épidémiologistes les plus renommés et qui menait des recherches sur le sujet depuis plus de 30 ans, a exigé un tel débat et a fait remarquer que le chef de l'Institut Robert Koch perçu publiquement comme médecin, était un vétérinaire, il a été descendu dans toutes les règles de l’art. (19) À la place d’un débat transparent à hauteur de vue intervient l’autoritaire « Vérification de faits ». Lorsque alors le professeur Klaus Püschel, médecin légiste à Hambourg, eut autopsié plus d'une centaine de prétendus décès par corona et a constaté que les faits ne correspondaient pas ceux du « Vérificateur des faits » de l'ARD, l'antenne a au moins invité Püschel pour une interview. Le présentateur a commencé l'interview par la question : « Minimisez-vous le danger du corona ? » et l'a terminée en demandant que le médecin légiste reconnaisse l'autorité scientifique illimitée de l'autorité fédérale. (20)

4. Les intérêts économiques
Face à la menace d'un nouveau type de virus, toute la vie est maintenant attirée dans le beau nouveau monde numérique de Bill Gates & Co. Les entreprises numériques connaissent une poussée de croissance inimaginable. En même temps, ces mêmes entreprises s'occupent aussi de la guérison de l'humanité. Bill Gates, qui détient des participations dans sept sociétés produisant des vaccins contre le corona, annonce dans une interview à l'ARD : « Nous finirons par administrer le vaccin qui sera développé à 7 milliards d’humains ». (21) C'est la quasi-totalité de la population mondiale. Et Gates ne dit pas « nous planifions » ou « nous voulons », mais justement « nous ferons ». Le correspondant de l'ARD n'est pas déconcerté par cette certitude. Il ne demande pas non plus comment 7 milliards d’humains pourraient être vaccinés sans obligation de le faire. Peut-être pressent-il la réponse. Parce que l'économie mondiale ne survivra pas à un deuxième confinement. Il est également peu probable que les responsables condamnent rétrospectivement leurs ordonnances et décrets-corona. Il est presque impossible de déclarer rétrospectivement que des coupes aussi importantes dans la vie des citoyens sont infondées et d'en accepter la responsabilité. Il reste seulement la fuite en avant : Pièce par pièce, l'Institut Robert Koch reprendra les faits que les critiques ont signalés au préalable, mais les présentera en partie comme de « nouvelles connaissances », en partie comme des preuves de l'efficacité des mesures. Mais cela signifie que si l'on veut éviter l'inévitable confinement à l'avenir, tout le monde devra avaler le vaccin de Bill Gates. Selon cette logique, ce ne sont pas les apologistes de la peur qui mettent en danger l'économie, mais ceux qui voient le virus de manière plus objective et remettent en question les réactions exagérées. Par conséquent, il n'est peut-être même pas nécessaire de rendre la vaccination obligatoire par la loi - il suffit que les entreprises l'exigent de leurs employés devant la peur d'un confinement.

Dans ce contexte, le jeu de simulation de la Fondation Bill & Melinda Gates de novembre 2019, dont les médias « officiels » ne veulent pas discuter davantage au motif que les radicaux de droite le connaissent aussi, est à nouveau intéressant. La Fondation Gates tire notamment de la simulation 7 recommandations à la politique dont en particulier le développement, l'achat et la distribution nationale de vaccins. Toutefois, la justification donnée dans la préface des recommandations est d'ordre économique : « La prochaine pandémie lourde ne provoquera pas seulement de grandes maladies et des décès, mais aura également de graves conséquences économiques et sociales qui peuvent contribuer de manière significative aux effets et aux souffrances au niveau mondial. Pour prévenir ces conséquences ou y répondre au fur et à mesure qu'elles se produisent, une coopération sans précédent entre les gouvernements, les organisations internationales et le secteur privé est nécessaire ». (22)
Néanmoins, on devrait être prudent à mettre immédiatement en relation une menaçante et éventuelle obligation de vaccination avec des intérêts économiques. Après tout, dans le cas de la grippe porcine, il a suffi de persuader les gouvernements d'acheter les produits, qui ont ensuite été inutilisés et détruits à nouveau. Une obligation à la vaccination ne fut pas nécessaire pour servir des intérêts économiques.

Pour l'instant, il est donc plus important de noter que l'engagement des gouvernements fédéraux à contribuer à l'Alliance mondiale pour les vaccins et l'immunisation (GAVI – Alliance du vaccin) a pris fin cette année et est maintenant renégocié sous l'impact de la crise du Corona.(23) Cette alliance, un « partenariat » entre l'OMS, les gouvernements et les entreprises pharmaceutiques, a été initiée par Bill Gates en 2000 et regroupe la demande mondiale de vaccins. Plus de 40 % du volume mondial de vaccins est acheté par GAVI à des prix fixes négociés au préalable avec l'industrie pharmaceutique. En 2015, le gouvernement allemand avait initialement promis de porter ses contributions à 600 millions d'euros par an d'ici 2020.(24) Cela ne sera maintenant plus suffisant. Le 15 avril de cette année, sous le coup de la crise du corona, le gouvernement fédéral et les gouvernements des États ont décidé d'élargir le « partenariat » avec Bill Gates & Co. Le gouvernement fédéral déclare : « Le gouvernement fédéral soutient les entreprises allemandes et les organisations internationales pour faire avancer le plus rapidement possible le développement des vaccins. Un vaccin est la clé du retour à une vie quotidienne normale. Dès qu'un vaccin est disponible, des doses suffisantes de vaccin pour l'ensemble de la population doivent aussi se tenir à disposition le plus vite possible » (25)

La pandémie II viendra. Et les conséquences économiques les ordonnances et décrets-corona prouvent qu'il est impossible de réagir une seconde fois de cette manière à un virus. M. Gates l'avait prévu et a donc parlé d'un « système » qu'il faudrait créer pour se défendre contre les maladies virales. Les pierres angulaires sont les « partenariats » entre l'industrie pharmaceutique et les gouvernements, la collecte de données et le « traçage », et le soutien militaire au personnel médical.(26) Et lorsque Bill Gates ajoute que la mise en place de ce système est la condition préalable pour pouvoir à nouveau avoir des rencontres interpersonnelles raisonnablement normales au printemps 2021 (sic !), il est plus qu'étrange qu'à l'heure actuelle, seuls les « théoriciens de la conspiration » semblent avoir un problème avec cela. Pourquoi le plan-corona du technocrate le plus influent et du plus grand donateur de l'OMS n'est-il pas discuté de manière critique dans les médias ? Les « théoriciens de la conspiration » ont-ils peut-être raison ? Les gouvernements, l'industrie numérique, les entreprises pharmaceutiques et les médias ont-ils conspiré contre l'humanité pour abolir les droits fondamentaux, étouffer la rencontre interpersonnelle en tant que cellule germinale de la liberté, attirer toute vie dans l'« espace » numérique contrôlable et préparer une vaccination forcée de la population mondiale avec une substance active encore inconnue ?

5. Les réflexes moraux
Les entreprises numériques et pharmaceutiques ont toujours eu une influence sur la législation et l'opinion publique. Avec la mise en place de « partenariats public-privé » comme le GAVI, cette prise d’influence a atteint une nouvelle dimension. Néanmoins, la conformité des intérêts, des politiques et des rapports des entreprises ne peut s'expliquer par ces seuls événements.

Le fait qu'un système commun soit discernable dans les actions des différents joueurs est plutôt dû au fait qu'elles sont logiques sous la condition de certaines affirmations de base quant à la conception du monde et compte tenu de la menace que représente un nouveau type de virus. Il est indéniable que celui-ci peut devenir très dangereux, en particulier pour les personnes âgées souffrant de graves affections préexistantes. Pour ces humains, ralentir le taux de nouvelles infections et assurer une capacité respiratoire suffisante peut au moins prolonger leur vie. Parce qu'il a un œil sur la vie de certaines personnes et qu'il connaît en même temps la faisabilité technique de leur sauvetage, le médecin est obligé d'agir. Par conséquent, de son point de vue, il ne peut y avoir de débat. La vie de la personne concrète à laquelle il a affaire représente pour lui la plus grande valeur possible. La politique ne peut donc que viser à préserver cette vie, de sorte que les droits fondamentaux, le développement économique et la liberté culturelle lui sont subordonnés. La référence au fait que davantage de personnes vont mourir à la suite du confinement, ou que la crainte de surcharger le service de santé remet en question la marchandisation du service de santé qui a eu lieu il y a quelques années, semble abstraite et froide d'un point de vue médical. Pour comprendre cela, le médecin devrait se libérer de l'impératif moral directement ressenti et examiner à distance les liens entre la vie de droit, de l’économie et de la culture. Mais ce n'est pas sa tâche.

Cependant, un tel examen serait la tâche de la politique et de la société dans son ensemble. Mais avec les images des malades et des défunts qui défilent chaque jour sur les écrans, la société a été incluse dans la perspective médicale. Elle était quasiment là en direct. Ce rétrécissement du champ de vision peut à son tour avoir été forcé par certains groupes d'intérêt, mais il découle essentiellement de la nature des médias utilisés. Aussi, quand on montre quelque peu des cercueils dans lesquels il n'y a en fait aucuns morts-corona, une telle illustration d'événements sensationnels est absolument normale. Les humains veulent pouvoir « voir » le danger. Mais les corrélations sociétales peuvent seulement être élucidées en pensant. C'est très loin. Ce que nous « voyons », cependant, nous atteint immédiatement. Et nous voulons pouvoir orienter nos actions en fonction de nos perceptions supposées concrètes. Les partisans des ordonnances et décrets-corona ne peuvent rien faire contre le fait qu'ils ont aussi des effets qui vont au-delà des objectifs que les médecins peuvent leur associer. La famine en Afrique, par exemple, peut être un « effet secondaire » des ordonnances, mais ce n'est certainement pas leur intention. C'est la faute de l'économie mondiale, dont ils ont appris qu'elle est guidée par une « main invisible ».
Avec cela, les partisans des ordonnances et décrets-corona sont moralement du côté sûr, du moins tant qu'ils ne permettent pas des perspectives qui pourraient élargir le champ de vision vers la perception des personnes qui y sont économiquement liées. S'ils devaient mettre en balance les victimes du virus et les victimes des contre-mesures, ils perdraient leur équilibre intérieur. Au lieu de suivre un impératif moral, ils devraient développer une fantaisie morale sans aucun soutien sociétal. Vue psychologiquement, la répression du débat sert donc à préserver l'intégrité du Je et son assurance morale. Les médias, les politiciens et les « boss » de grands groupes sont simplement les complices de cet instinct primitivement humain d’autoconservation. C’est la véritable conspiration.

6. Le renversement des valeurs
Le critique des mesures-corona, en revanche, se tient à des postes perdus. Il aimerait tordre et tourner ses arguments à sa guise, le partisan sent à bon droit : le critique connaît une valeur plus élevée que le maintient ou la prolongation de la vie des personnes infectées. Aussi quand il porte à la discussion des voies alternatives pour la protection de groupes à risque, cela reste quand même un fait qu'il n'est finalement pas prêt à tout sacrifier pour eux. Cela semble méprisant pour le genre humain. Au nom de la liberté, des millions de personnes ont été tuées au cours des dernières décennies, le système de santé a été alourdi par les fumeurs et les buveurs et des millions sont morts de faim. Sur quoi donc la certitude morale des partisans des mesures se fonde-t-elle ? Ils renvoient au dilemme moral qui menacerait sans les règlements-corona. Quand notamment plus d’appareils respiratoires seraient nécessaires que ne seraient disponibles, on devrait se demander : à qui est permis de vivre, et qui devons-nous laisser mourir ? Le fait que notre compréhension du droit nous interdise de poser cette question est la raison décisive pour la destruction durable de la vie économique et sociale par les règlements-corona. Et, évidemment, personne ne veut devoir répondre à cette question. En cela, ce qui sera occulté, c'est qu'une gigantesque redistribution des valeurs économiques était nécessaire pour créer ces conditions techniques qui, pour une petite partie de l'humanité, ont absolument rendu possible au départ une question de cette sorte. Dans quelques rares pays de ce monde, la vie humaine peut être allongée toujours plus longtemps grâce à des outils toujours nouveaux, tandis que dans d'autres pays, des millions de bébés sont en ce moment même menacés de mort par famine. Et la cause pour cela est actuellement les ordonnances et décrets-corona des pays riches. Parce qu'ils ferment leurs économies, l'économie d'exportation déjà faible de nombreux pays pauvres s'effondre en ce moment. Les millions de travailleurs touchés manquent non seulement de papier toilette, mais aussi de leurs repas quotidiens. Si le coronavirus se répand maintenant aussi dans ces pays, ces millions d’humains affaiblis par la faim seront à compter tous ensemble au groupe à risque.
Le médecin qui traite le vieil Européen à ventiler ne doit pas se préoccuper de ce contexte. Il est de son devoir de sauver la vie de son patient. Il doit, bien sûr, faire face à un dilemme moral s'il doit distribuer les appareils respiratoires disponibles en nombre limité. Il est donc compréhensible qu'il demande à l'État de subordonner toute la vie économique et sociale à l'intérêt de disposer d’appareils respiratoires en une disponibilité suffisante. Ce n'est pas sa faute si avec cela il ouvre une addition qui est encore plus cruelle. Il n'en sait rien. Comment le devrait-il ? Bien avant la pandémie de la peur, l'économie mondiale était devenue un espace de chiffres abstraits d'où les contacts interpersonnels étaient éliminés. Néanmoins, sa morale repose sur la même formule qui sous-tend toute la morale contemporaine. Cette formule est : s'efforcer d'atteindre le plus grand bonheur possible pour la plus grande partie possible de l'humanité.
Aujourd'hui, la recherche plus ou moins consciente du plus grand bonheur possible pour la plus grande partie de l'humanité détermine quelles impulsions sont considérées comme bonnes et quelles actions valent pour sociales. La formule définit le bien comme un bien-être physique et met en balance ce « bonheur » avec le nombre de personnes qui peuvent le partager. Plus des humains y ont part, plus le bonheur est faible, mais plus le bonheur est grand, moins d’humains sont heureux. Nous ne pouvons donc pas sauver tout le monde ! C'est le compte mondial, pour lequel le dilemme moral du médecin se comporte seulement comme un sous-compte. La croissance démographique, le taux de natalité et l'immigration sont mis en relation avec le niveau de « santé » atteignable. Le nouveau biologisme n'est cependant pas un racisme philosophique, mais l'expression d'une attitude internationale. Mais parce qu'il s'agit de biologisme, c'est-à-dire qu'il considère l'humanité comme la somme des corps physiques et met ainsi le bien-être physique au premier plan, il s'agit néanmoins en pratique de racisme structurel. Les nations riches, qui pouvaient auparavant « gagner » une espérance de vie disproportionnée, notamment aux dépens de l'Afrique, se désengagent de l'économie mondiale pour protéger leurs vieux déjà malades auparavant, en laissant hors d’attention que, d’un point de vue économique, l'humanité est un seul corps.

7. La vie éternelle
Bill Gates ne veut pas le mal, mais le bien selon notre morale contemporaine. Il veut le plus grand bonheur possible pour la plus grande partie de l'humanité. Et il n'est pas seul. La Silicon Valley, qui comprend les cinq plus puissantes entreprises du monde, travaille avec un zèle missionnaire pour sauver la plus grande partie possible de l'humanité de la maladie, de la vieillesse et de la mort. Toutes les grandes entreprises numériques exploitent des laboratoires de recherche, et certains des fondateurs de ces entreprises font même don de la totalité de leurs actifs pour retarder ou prévenir le vieillissement. Le patron de Paypal, Peter Thiel, explique : « La grande tâche inachevée du monde moderne est de transformer la mort d'un fait de la vie en un problème à résoudre - un problème que j'espère contribuer à résoudre de toutes les manières possibles »(27). Le magazine Focuss informe sur la « nouvelle religion » : « Jusqu'à présent, il était généralement admis que nous devons tous mourir. Les religions promettent une continuation dans le ciel ou une chance de renaissance comme substitut à la vie sur terre. Mais la foi réconfortante ne suffit plus pour beaucoup aujourd'hui. En particulier autour de la Silicon Valley, une nouvelle religion s'est développée qui renonce à Dieu et vénère au contraire les possibilités des biotechnologies. Le transhumanisme ou la superbiologie, comme on appelle ces mouvements, est le fait des visionnaires de l'industrie de l'Internet. Ils croient que l'on peut tout acheter, même la vie éternelle... Le fondateur de Google et président d'Alphabet, Sergey Brin, 45 ans, informaticien d'origine russe, fixa la direction. « Je n'ai pas l'intention de mourir », a-t-il déclaré, en investissant dans Calico. Sa richesse privée est estimée à 47,8 milliards de dollars. Avec lui est aussi le fondateur de Google, Larry Page, 45 ans, entre-temps PDG d'Alphabet, il possède 49 milliards de dollars. Et les autres superstars de l'industrie sont également réticentes à mourir. Le patron d'Amazon, Jeff Bezos, 54 ans, le patron de Tesla, Elon Musk, 47 ans, et le patron d'Oracle, Larry Ellison, 74 ans, ont également investi dans la recherche sur l'immortalité […]
Le représentant le plus célèbre de la Faction-Robo-Cop est Ray Kurzweil, ingénieur en chef de Google. Kurzweil a 70 ans, mais semble beaucoup plus jeune. Il attribue cela au fait qu'il avale environ 90 pilules par jour. Parmi elles, la metformine pour ses problèmes de diabète, les acides gras oméga-3 pour le cœur, le Q10 pour la peau, la lécithine pour le cerveau. Mais en réalité, il croit que le corps n'est qu'un obstacle à l'immortalité. À terme, des nanorobots de la taille d'une cellule sanguine patrouilleront dans nos veines, répareront tous les dommages causés par le vieillissement et connecteront notre cerveau sans fil au nuage. « Alors », dit Kurzweil, « nous n'aurons plus besoin du corps, il est un anachronisme. » Nous continuons à exister dématérialisés. Si d’un corps devait quand même encore être besoin, on se loue un robot humanoïde, comme on se prend aujourd'hui une auto chez Drive Now ou Car2Go... ». (28)
La Silicon Valley travaille à la réalisation de deux grands objectifs d’humanité : 1. rendre superflue la rencontre interpersonnelle au moyen d’une technique correspondante (« numérisation ») et 2. l'allongement de l'espérance de vie des corps désormais isolés grâce à leur optimisation technique. Depuis la crise-corona, chaque humain peut faire l’expérience à son propre corps comment les deux domaines de travail de la Silicon Valley, se recoupent. La vie sociale se transforme d'un coup en une copie exacte de la mentalité (Mind-Sets) des technocrates. Cependant, cet accord ne s'appuie pas sur une conspiration, mais sur le fait que l'humanité forme une communauté religieuse avec les technocrates. La « nouvelle religion » est la 6e religion mondiale. Car l'humanité veut venir à bout de deux grandes énigmes de la vie : la vie sociale d'un côté, la mort de l'autre côté. Et les cinq groupes les plus puissants du monde se sont consacrés à la solution technique de ces deux problèmes. De cette façon, ils captent les pulsions primaires de l'humanité plus jeune. C'est le lien secret entre eux et le peuple, le fondement moral-spirituel sur lequel les valeurs des sociétés autrefois « libérales-démocratiques » pourront maintenant être renversées. La peur de la mort des technocrates est aussi contagieuse que leur offre de nous libérer des enchevêtrements des relations interpersonnelles et de rendre le corps invulnérable.

8. L'origine de l’intelligence
Bill Gates aimerait être un manipulateur et stratège génial. Mais son pouvoir réel ne repose pas sur une « conspiration », mais sur le fait qu'il veut le bien, en ce sens que l'attitude matérialiste du présent doit s'y efforcer. Même la méthode illustrée ci-dessus dans l'exemple de l'enquêteur de l'ARD, qui utilise le reportage sélectif et la distorsion de la critique pour consolider certains modèles d'interprétation de la critique future, ne doit pas être venue en l’état par des accords conscients. Il est possible que Bill Gates, dans le cadre de son interview exclusive, ait formulé des demandes correspondantes, que l'auteur soit membre des réseaux pertinents ou que le directeur en chef fasse des spécifications en prévision de l'obéissance. Il est cependant plus probable que l’écrivaillon soit un humain en quête d'harmonie. Peut-être aime-t-il l'idée de Gates et Merkel assis ensemble et planifiant le sauvetage du monde, alors que d'autres interprétations des événements le rendent nerveux. Il est également possible que d'autres personnes de son environnement ressentent la même chose. Ils ont alors un intérêt naturel à maintenir l'état émotionnel qui leur convient. En conséquence, leurs actions semblent être coordonnées, bien que personne n'ait formulé un « plan ». Cela signifie que, seulement parce que quelque chose a de la méthode, le cerveau n’a pas nécessairement besoin d’y avoir été impliqué. Cela montre toutefois l'erreur réelle des théoriciens de la conspiration. Ceux-ci reconnaissent souvent, à juste titre, de la méthode dans la façon et la manière dont par certaines personnes ou institutions les faits seront déformés. Et parce que cela a de la méthode, ils pensent que ça se passe consciemment. D'où devrait sinon aussi venir sinon l'intelligence, si pas des cerveaux humains ?

Par les règlements-corona des faits ont été créés. Et en tant que tels, ils mènent une vie propre, indépendante des objectifs humains qui aimeraient leur être associés. Les faits déploient leurs effets dans toutes les directions. La conscience humaine filtre à partir de ce spectre d'effets seulement ce avec quoi elle relie justement ses objectifs. Les partisans relient avec les mesures, le but de ralentir la dissémination du virus et ainsi de parer à une surcharge des hôpitaux. Les critiques se plaignent que les mesures ne seraient pas appropriées aux buts en termes de lutte contre le virus. Ceux qui y rattachent que l'abolition partielle des droits de l'humain et l’obtention d'une panique mondiale seraient les véritables objectifs de ces mesures ne sont pas peu nombreux. Un peu de connaissance de l'histoire suffit pour reconnaître la justification de ce point de vue et ne pas l'exclure de la discussion dès le départ. Toutes les manière de voir ont leur justification. Néanmoins, tous, qu'ils soient non critiques ou critiques, ne font qu'effleurer
la surface de l'événement. Les couches plus profondes deviennent visibles seulement lorsque tous les concepts humains de finalité, et donc aussi la question de la justesse ou de la fausseté des mesures, sont complètement ignorés pour une fois et qu'au lieu de cela les faits qui sont apparus soient considérés comme tels. Qu'est-ce qui s’est transformé dans la vie des humains et quelles conséquences cela a-t-il pour le développement supplémentaire de l'humanité ?

9. La genèse d'une idéologie
Les gens vivent dans la crainte que dans la rencontre d’humain à humain, les plus petites particules représentées matériellement puissent sauter d'un corps à l'autre. Comme je l'ai dit, il n'est pas important ici, dans un premier temps, de savoir si cette préoccupation est justifiée ou non, mais seulement qu'elle existe. Dans presque tous les pays du monde, les gens sont donc invités à ne pas se rencontrer et, lorsque cela est incontournable, à garder leurs distances ou à porter des masques de protection. De cette façon, la conscience est dirigée vers l'aspect purement matériel de la rencontre. L'autre personne est avant tout perçue comme un corps dans l'espace et le temps. Mais on fait aussi l'expérience de sa propre corporéité de manière plus consciente. Beaucoup ont peur de l'infection et du risque de décès qui y est associé. On peut observer comment les séquences de mouvements suivent cette peur, par exemple lorsque quelqu'un tousse bruyamment dans le métro. Dans ces moments-là, les actions sont contrôlées par l'impulsion de type réflexe pour assurer sa propre survie, c'est-à-dire par la peur. Mais la peur est la forme la plus originelle de l'égoïsme. Au moment du sentiment de peur, la conscience est limitée par son propre corps, qui doit être préservé. L'âme se contracte, s’accroche au corps, pour ainsi dire. En outre, les personnes qui sont aujourd'hui isolées cherchent des moyens techniques pour compenser la perte de l'aspect purement physique de la rencontre, c'est-à-dire pour recevoir des signaux acoustiques et optiques par vidéoconférence et autres. Ces exercices compensatoires renforcent la concentration sur l'aspect purement matériel de la rencontre interpersonnelle. Cela signifie que : les mesures peuvent être bonnes ou mauvaises, mais en termes d'éducation populaire, elles provoquent avant tout un rétrécissement de la conscience à l'aspect physique-corporel de l'existence.
Dans le monde entier, le moment de la rencontre dans l'espace et le temps est perdu et remplacé par un « réseau numérique ». Les individus isolés les uns des autres forment nécessairement un concept abstrait de communauté. L'autre personne n'est plus expérimentée dans la rencontre, mais est pensée. « Nous tous », dit-on, nous devons nous serrer les coudes pour ralentir la propagation du virus et protéger les « groupes à risque ». Mais qui sont ces « tous », qui est « nous » ? Nous comptons : tant de personnes sont mortes, tant d'autres pourraient être sauvées. Dans cette perspective, « communauté » équivaut à « masse », c'est-à-dire une somme de corps physiques. Le social est ce qui soutient la vie en tant que telle. Celui qui, par contre, cherche la rencontre, agit de façon asociale, car il pourrait mettre en danger la vie humaine avec elle. Par les mesures-corona mondiales, un concept de communauté défini comme la somme des corps humains devient ainsi une conscience collective de soi, la « société » est de plus en plus comprise en termes biologiques. Cependant, le nouveau biologisme diffère de celui des nationaux-socialistes. Les nazis ont réduit la compréhension de soi de la communauté à des caractéristiques biologiques en reflétant la conscience de soi dans la peur de l'autre « race » détestée. Le nouveau biologisme fait référence à la race humaine en tant que telle. Il n'est pas fondé sur la crainte d'une contamination génétique par une « conspiration juive mondiale », mais sur le réflexe d'une menace immédiate de la vie en tant que telle. Bill Gates explique : « La pandémie de coronavirus oppose l'humanité entière au virus… C'est comme une guerre mondiale, sauf que dans ce cas nous sommes tous du même côté. » (29)
Du point de vue de la psychologie des masses, la même perspective que celle qui a été inaugurée pour la première fois par la crise climatique est consolidée ainsi : Le but suprême de la communauté est la préservation de la vie humaine en tant que telle.

10. La résistance
Des voix critiques considèrent l'accoutumance du peuple à une suspension partielle des droits de l'humain comme un exercice visant à préparer les futures structures de pouvoir. Cependant, une approche plus phénoménologique, comme celle qui a été tentée ci-dessus, révèle que les effets d’éducation populaires des réglements-Corona vont beaucoup plus loin. Les faits créés forment dans le subconscient une base de conception du monde pour un renversement complet des valeurs. Tout comme la numérisation et le développement de vaccins sont étroitement liés dans l'œuvre de Bill Gates, l'isolement des personnes est intérieurement lié au développement d'un sentiment de communauté réduit à la vision matérielle et physique du monde qui en découle. La liberté et la démocratie ne sont pas des valeurs autonomes dans le système de cette vision du monde, mais elles obtiennent leur fonction par celle-là même. Ainsi, il est possible que personne ne doive plus être forcé, mais le citoyen immature abolit lui-même sa liberté et se coud lui-même, à la maison, le symbole du statut de sujet, le fermoir de la bouche. Mais comme ce comportement est convaincant non pas en théorie mais par le biais des faits créés, il ne suffit pas de le combattre théoriquement et de brandir les idéaux de liberté et de démocratie. Il est beaucoup plus important, à l'avenir, de créer des faits qui contrecarrent l'idéologisation de la société. Où se trouve donc dans la vie en commun humaine quelque chose qui pourrait être saisi et renforcé comme pôle opposé ou antithèse à la « nouvelle religion » de la Silicon Valley ?

Dans la rencontre concrète d’humain à humain, le biologisme sur lequel la Silicon Valley veut se construire est chaque fois surmonté. Car lorsque les gens se font face dans l'espace et le temps, le Je, qui s'assimile au corps, connaît à chaque fois une incertitude existentielle. Ce qui est inconsciemment compté comme le Je isolé, les particularités physiques, les dispositions psychologiques, la somme des pensées et des sentiments, tout cela est mis en mouvement dans la rencontre et vécu davantage comme une coquille, comme un support pour un être supérieur vers lequel il pointe et qui agit à travers lui. Mais du Je, qui se révèle ainsi, on ne peut pas croire qu’il puisse être présent dans l'espace et le temps. Finalement, il est subjectivement vécu comme une totalité qui ne coïncide justement pas avec tel ou tel attribut par lequel il s'exprime. Le fait que le Je devrait être présent plusieurs fois et avec cela dénombrable contredit toutes les règles de la logique. La vraie rencontre en chair et en os est donc un paradoxe qui émeut intérieurement les personnes présentes et qui révèle l’énigme de l'être humain. Et c'est sur cette expérience que repose le sentiment de la dignité de l'être humain au sens des droits de l'humain.

Dans la simulation de rencontre humaine par le biais des médias numériques, cette expérience ne se produit pas. Chaque participant n'est qu'un simple spectateur, aussi quand il « interagit ». Certes, je peux me dire : il y a aussi un être humain assis à l'autre bout du câble enfoncé dans les océans. Mais c'est seulement une pensée. La structure interne de ma conscience de soi habituelle n'en est pas ébranlée, je ne viens pas en mouvement par l’âme et l’esprit . Mais j'ai des pensées, peut-être même plus aiguës que si l'autre me touchait intérieurement par sa présence. Et c'est l'autre facette de la même corrélation : dans l'isolement, l'esprit apparaît comme intellect. J'essaie de régler les relations avec mes semblables intellectuellement. J'écris un courrier électronique aussi précis et habile que possible. L'autre répond par un message de colère. J'essaie de dissiper le malentendu. Mais c'est de pire en pire ! Peut-être que je regarde à nouveau mon premier courriel et que je remarque qu'il contenait certainement un aiguillon qui pouvait blesser l'autre. Mais en même temps, je pense : et même si c'est le cas, c'est juste une petite chose sur laquelle l'autre n'a quand même pas à réagir ainsi. Maintenant, dans la rencontre réelle dans l'espace et le temps, le même aiguillon n'aurait probablement pas piqué ! Et si bien même, il n'aurait pas causé de si longues complications. J'aurais probablement formé l'aiguillon différemment dès le début. Sous l'impression de la personne présente, j'aurais vécu l'impulsion immédiate de donner encore une fois une autre tournure à mes paroles. Devant l'écran, c'est impossible, car là, chaque être humain est en vérité seul avec soi. La colère, l'amour-propre, le besoin de se mettre en avant, la haine - ces forces ne connaissent aucune correction par la présence réelle de l'autre dans l'isolement. Et ces forces sont en vérité le sous-sol inconscient sur lequel germe maintenant l'intellectualité. De cette intellectualité, dans la société numérisée, et dans une mesure accrue maintenant par le confinement, se forme le concept de communauté. Mais c’est une maladie qui s'est répandue bien avant le coronavirus, à savoir celle que nous vivons comme la polarisation croissante de la société, car chacun peut s'enfermer dans la bulle d'information qui est taillée pour lui. Aucune conversation n'est possible entre les soi-disant « vérificateurs des faits » et les « théoriciens de la conspiration », car la « société de l'information » générée numériquement n'élargit pas du tout la vue, mais la restreint plutôt à ce qui est accessible à ses propres inclinations. L'être humain est, dans une certaine mesure, refoulé spirituellement au système de réflexes corporels-physiques, pour lequel, à nouveau, la médecine matérialiste aimerait toujours plus prolonger la vie.

11. La décision
Aussi peu que la communauté est une somme de corps, aussi peu est déjà esprit ce que le Je isolé peut penser. Bien plus, l'esprit se développe d’humain à humain à travers la rencontre matérielle concrète. Et ce qui y vit spirituellement entre les humains présents est le début de la vie sociale. L'être humain universel que chacun de nous est, se réalise seulement dans la rencontre. Il est plus que la somme de ses parties. La vie sociale est ainsi l'exact opposé du concept de communauté que la pandémie de peur implique et dont le présumé « social » est actuellement dérivé. Une somme de porcs est un troupeau, une communauté de porcs. Une somme d’humains, par contre, n'est encore aucune communauté d’humains, mais à nouveau un troupeau. Ce qui relie les humains à une communauté, ce ne sont pas leurs caractéristiques physiques. L'aspect spécifiquement humain de la communauté se forme bien plus, en tant que création originellement humaine, en premier dans la rencontre interhumaine. Mais elle ne se forme justement pas non plus lorsque les humains ne se font pas face en tant que corps matériel, mais confèrent, par exemple, par vidéo.

Les vidéoconférences peuvent être très pratiques, mais elles ne peuvent jamais remplacer la rencontre d’humain à humain dans le temps et l'espace. Il y a environ 20 ans, ce problème perça déjà une fois dans la conscience publique. Il disparut alors de nouveau de nos pensées et de nos sensations. Compte tenu des vues sur les possibilités de « rencontre » de plus en plus virtuelles, la question a été posée à l'époque : qu'est-ce qui distingue l'être humain virtuel de l'être humain réel en chair et en os ? Quelle est la différence entre une rencontre réelle et sa simulation parfaite ? En bref : qu'est-ce que vraiment la « présence », qu'y a-t-il encore d'autre dans l'espace en dehors la matière qui affecte mes sens ? Entre-temps, nous nous sommes habitués au beau nouveau monde. Les frontières entre humain et machine s'estompent. Et le problème fondamental de l'humanité nouvelle/récente a presque été oublié. Mais maintenant, la numérisation progresse à pas de géant. Et c'est précisément à ce moment que le coronavirus nous confronte à la question presque oubliée : quelle est la valeur des rencontres réelles dans l'espace et le temps ? Si, comme le pense le biologisme, l'être humain présent se différencie seulement de l'être virtuel par l’agencement de la matière qui affecte les sens, les deux ne seront déjà bientôt plus à différencier.

Celui qui veut faire de l'humanité un troupeau de mammifères doit chercher à empêcher les rencontres individuelles. Il doit définir la communauté comme la somme des corps physiques et le social comme respect de règles pour la protection de ces corps. Mais alors, le concept de démocratie perd son contenu réel, car une sensation saine de la justice peut seulement se développer au vis-à-vis d’un réel, physiquement présent. Si on veut donc gagner quelque chose de positif de la crise, alors c'est ceci : elle est l'unique et peut-être la dernière chance de l'humanité de s'éveiller à la réalité spirituelle de l'autre humain et à l'intérêt de la rencontre avec lui dans le temps et dans l'espace.

Bill Gates est un véritable représentant de l'humanité. Il a offert à l'humanité d'incroyables possibilités techniques. Il pense quand même sur le monde comme on doit justement penser de sa perspective : comme s'il s'agissait de la programmation d'un système d'exploitation. Et quand Bill Gates veut maintenant sauver le genre humain de l'extinction, nous devons inversement sauver l'humanité de sa réduction au concept de genre. Covid-19 ne sera pas le dernier virus qui menace la vie de l’humain. Il viendra un avenir dans lequel chaque rencontre authentique cache un risque. Nous devons alors nous décider : voulons-nous préserver l’espérance de vie des corps humains au prix que bientôt aucun humain n'habitera ces corps, ou voulons-nous préserver l'être humain et pour cela accepter la maladie et la mort comme un fait de la vie ? Demandé autrement : quels sont en fait le sens et l'objectif d'une communauté humaine ?

Johannes Mosmann, 1er mai 2020

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Commentaires du traducteur

Le présent texte tente donc une approche phénoménologique de la "crise" en cours sur la base d'un travail de tri-articulation de longue date. Il essaye d'en dégager un sens.
Son auteur, quarantenaire, associé de l'institut, vivant à Berlin, est maintenant en quelque sorte l'économe de la 2e école Waldorf interculturelle en Allemagne, qu'ils ont contribué à créer voici encore peu d'années.
Le texte peut sembler se finir sur un aspect quasi "philosophique", voire "théologique". Surtout, pour un lecteur qui baigne dans le rationalisme laïcisant d'une vie publique qui attendant encore énormément des structures d’État centralisées de notre beau pays. Et où, au fond, cette impulsion de tri-articulation est jusqu'à présent encore affaire privée d'individus isolés.
Cela ne sonnera probablement pas comme ça chez lui. L’État fédéral a, malgré tout, laissé possible des gestions moins mortifères de la pandémie actuelle. Et où la tri-articulation à sa place dans les recherches de la société civile.
Et encore moins auprès de ceux qui ont déjà pu, par un travail plus personnel, s'approfondir plus avant dans l'apport à la pensée "politique" (ou aussi de science sociale) que nous nous efforçons encore bien imparfaitement de rendre accessible ici.
Une telle synthèse, si elle en est rendue possible, ne peut bien entendu pas, en même temps, indiquer les moyens institutionnels auxquels il faudrait pouvoir tendre dans le sens évoqué. Le présent texte est déjà bien assez long comme ça.
Car l'affaire, n'est justement pas à envisager pouvoir la régler seul, à l'échelon individuel. Ce sont bien a des façons de faire propres à créer des institutions adéquates que R. Steiner travaillait particulièrement entre Mai 1917 et l'automne 1922 avant d'être contraint, dans un certain sens, à se retirer de la sphère publique politique, à celle spirituelle, plus privée, de refondation de la Société anthroposophique. L'invitation à se saisir cependant de sa propre volonté, elle demeure... peut-être même avec un peu de méthode et de constance. Surtout si l'on aimerait revenir dans la sphère éminemment publique de la vie démocratique. Afin de, par exemple être en mesure d'expliquer correctement à ses concitoyens, jusqu'à quels types de  mesures l'appareil du pouvoir d’État serait légitime ou pas, d'agir sur les citoyens face à une pandémie ? Or, sur une telle question, j'attends toujours un essai !
On ne fabrique pas les tuyaux au moment de l'incendie.
Nous restons à votre disposition pour en parler.

F. Germani, www.triarticulation.fr et .org, couriel : francois (at) tri-articulation.fr,  tel : +33 950 263 598 9h-13h 16h-21h
activités francophones de l'Institut pour une tri-articulation de l'organisme social.
 8 mai 2020 revu 9/05/2020 7:10

Notes et liens :

(1)    https://www.wsj.com/articles/the-coronavirus-pandemic-will-forever-alter-the-world-order-11585953005

(2)    https://www.gatesnotes.com/Health/Pandemic-Innovation

(3)    https://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/weltwirtschaftskrise-iwf-rechnet-wegen-corona-pandemie-mit-schwerster-kriseseit-der-grossen-depression-a-7ef62a83-683f-4bbe-b529-7b10a3e0c844

(4)    https://www.welt.de/wirtschaft/article207092745/Corona-Pandemie-Rezession-beschert-der-Welt-die-noch-groessereKatastrophe.html
Siehe auch:
https://de.euronews.com/2020/04/22/un-warnen-welt-droht-wegen-corona-eine-hungerpandemi e-von-bi bli schen-ausma-en

(5)    Frankfurter Woche vom 17.04., S. 37

(6)   Ibid.

(7)    https://www.uke.de/kliniken-institute/zentren/universitäres-herzzentrum-(uhz)/über-das-zentrum/newspresseberi chte/i ndex. htm l

(8)   https://www.hessenschau.de/panorama/corona-angst-herzinfarkt-patienten-trauen-sich-nicht-zum-arzt, weniger-notfaellecorona-krise-100. html


(9)   https://www.statnews.com/2020/03/17/a-fiasco-in-the-making-as-the-coronavirus-pandemic-takes-hold-we-are-makingdeci sions-wi thout-reliable-data /

(10) https://www.tagesschau.de/faktenfinder/feindbild-gates-101.html

(11) Ibid.


(12) https://www.centerforhealthsecurity.org/event201/
Comparer aussi jeu de simulation de juin 2019 : 
https://www.msn.com/dede/nachrichten/wissenschaft/ bi ll-gates-sagt-dass-eine-krankheit-i m-anmarsch-ist-die-i n-sechs-monaten-30-mi llionenmenschen-töten-wi rd/ar-AABN8d5?li=BBqg6Q9&fdhead=CS-I NT- EXP-C

(13) https://www.centerforhealthsecurity.org/event201/recommendations.html

(14) https://www.gew.de/index.php? eID=dumpFile&t=f&f=91790&token=76e262551195777636f30dc9c5d78ceccf8db8bf&sdownload=&n=DigitalI ndustrieBB-2019-A4- web. pdf

(15) https://www.swr.de/swr2/programm/download-swr-14102.pdf

(16) https://de.wikipedia.org/wiki/Politico

(17) https://www.politico.eu/article/bill-gates-who-most-powerful-doctor/

(18) https://www.focus.de/politik/deutschland/aus-dem-innenministerium-wie-sag-ichs-den-leuten-internes-papier-empfiehlt-dendeutschen-angst-zu-machen_id_ 11851227. html

(19) https://swprs.files.wordpress.com/2020/03/sucharit-bhakdi-letter-merkel.pdf
Voir aussi :
https://www.youtube.com/watch?
v=dwJSNPz_8uk

(20) https://www.youtube.com/watch?v=170lOpoIu-k

(21) https://www.tagesschau.de/ausland/gates-corona-101.html

(22) https://www.centerforhealthsecurity.org/event201/recommendations.html

(23) https://www.wallstreet-online.de/nachricht/12437126-roundup-2-impfallianz-gavi-regeln-zugang-corona-impfstoff

(24) https://www.bundesregierung.de/breg-de/aktuelles/impfschutz-fuer-300-millionen-kinder-434580

(25) https://www.bundesregierung.de/breg-de/aktuelles/bund-laender-beschluss-1744224

(26) https://www.ted.com/talks/bill_gates_the_next_outbreak_we_re_not_ready?
Comparer aussi :
https://www.vox.com/coronaviruscovid
19 /2020 /4 /27/21236270/ bi ll-gates-coronavi rus-covid-19-plan-vacci nes-conspi racies-podcast

(27) https://t3n.de/news/silicon-valley-tod-ueberwinden-638284/

(28) https://www.focus.de/magazin/archiv/wissen-im-silicon-valley-suchen-milliardaere-nach-dem-heiligen-gral-derunsterblichkeit-fuehrt-sie-dieser-nacktmull-zum-ewigen-leben_id_9961897. Html

(29) https://www.gatesnotes.com/Health/Pandemic-Innovation