revenu de base et tri-articulation
Institut pour une triarticulation sociale

 

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Une série au sujet du revenu de base                               précédent - prochain article

 Johannes Mosmann

 Le revenu de base arrive avec ses questions

Le revenu de base : pathologie et effet d’un mouvement social — II

 

 

 

Dans la partie I de cette série (voir DIE DREI 1-2/2018) fut fondé pourquoi un revenu de base inconditionnel ne pourra pas être appuyé par l’hypothèse que des machines placeraient les êtres humains libres du travail. La contrainte au travail est fondée dans la nature de l’économie mondiale de division du travail et ne peut donc pas en être secouée. A côté de cela, il y a des dépendances de formes juridiques qui entraînent que la « plus value » résultant de la division du travail progressant s’écoule de manière croissante vers un petit groupe de personnes. Le mouvement pour le revenu de base aimerait en fait répartir ce revenu, mais il perd de vue, à cette occasion, l’importance du travail matériel. La partie II démontre comment des questions posées de manière erronées conduisent une économicisation de la vie de l’esprit — au lieu de la clarification des rapports entre vie de l’esprit et vie de l’économie — comme un point tournant et un point d’angle de l’évolution future de la société.

 Comme exposé dans la première partie de cette série, tout revenu a pour condition le travail d’autres êtres humains. Celui qui exige malgré tout un revenu de base « inconditionnelle », introduit en vérité une condition supplémentaire : que les autres doivent travailler pour soi, sans que soi-même on doive nécessairement travailler pour les autres. On remarque seulement pas le geste anti-social de cette exigence parce qu’on reporte la responsabilité sociale sur un « nous » diffus : nous, en tant que « société », nous devrions quand-même enfin produire la grande noblesse de cœur de garantir un revenu de base à l’individu. Oui, mais qui est « la société » vue économiquement ? Chaque être humain particulier travaillant! Chaque individu devrait d’après cela travailler inconditionnellement pour l’autre, c’est-à-dire sans réclamer de contre prestation. La question se pose donc de savoir pourquoi les partisans d’un revenu de base inconditionnel ne commencent pas simplement à travailler inconditionnellement pour leurs semblables ? La réponse est : parce qu’ils devraient exiger un revenu, comme cela va de soi, en contrepartie de la mise à disposition d’un tel revenu de base et donc le travail de leurs semblables — sans revenu, ils ne pourraient finalement pas travailler.

Celui qui est à présent pris de vertige, a correctement compris les pensées ci-dessus ; c’est un circuit complet. Le grand service rendu par le mouvement pour le revenu de base, c’est d’avoir amené en mouvement le concept de salaire relié au passé [tout travail mérite salaire, ndtDK] et d’avoir orienté la conscience publique sur l’aspect relié à l’avenir du revenu : un revenu rend un travail possible. Mais l’inverse est aussi correct : un travail rend possible un revenu. Ces deux aspects ne se laissent pas tirer à la loterie, mais sont deux aspects du même contexte : le contexte de l’économie mondiale de division du travail. C’est dans le rapport de tension entre ces deux côtés, entre production et consommation, qu’a d’abord lieu le « nous » au sens économique. La « solution » de la question sociale, pour autant qu’elle est de nature économique, repose dans la mise en accord/la coordination de ces deux côté l’un sur l’autre. Ce pendant est décrit en science économique comme le « problème du pilotage » : dans quels domaines, quel revenu devront être formés à un moment donné, afin que ces travaux soient possibles qui produisent ces biens qui représentent notre revenu ? Si un revenu est réparti selon le principe de l’arrosoir, indépendamment de ce qui rend à chaque fois possible un travail, et qu’inversement les exigences envers un revenu ne s’expriment plus dans les prix des produits du travail, alors, dans une économie de division du travail, le revenu se dissout en tant que tel (cela sera à traiter dans une autre partie de cette série).

 Le pilotage du travail en tant que question sociale

Le pilotage du travail est un « problème » parce que dans une économie de division du travail, certes chaque être humain est enchaîné aux autres au moyen du travail et de la consommation, mais il ne possède aucune perception immédiate de ces entrelacs. Comment se laisse donc résoudre, dans une économie mondiale de division du travail, le « problème du pilotage » ainsi désigné, à savoir comment peuvent s’articuler les rapports de valeurs mesurés à la consommation, et sous quelles conditions préalables le travail peut-il atteindre ces rapports de valeurs ? C’est ainsi qu’a à s’interroger celui qui veut agir à l’encontre de la nécessité et rendre possible un revenu pour tous. A la place de cela, le mouvement pour le revenu de base inconditionnel pose la question : « Que ferais-tu, si étais veillé à ton revenu ? » Avec cela, sera en premier supposé que pourrait être « veillé » pour le revenu en ce que l’état réglerait quelque chose mensuellement à chaque citoyen ; et deuxièmement, que ce que l’on ferait alors « volontiers soi-même » serait pertinant d’une façon quelconque. Que l’on affirme cette dernière chose, est l’argument de vente décisif pour l’entreprise revenu de base.

Avec cela on remplace la question sociale par une question purement personnelle. Sascha Liebermann, co-fondateur d’une initiative portant le titre qui en dit long de : « Liberté au lieu du plein emploi », spécule sur les conséquences possibles d’un revenu de base inconditionnel : « Alors il y a les autres, qui font aujourd’hui quelque chose, avec quoi ils ne s’identifient pas. Ceux-ci tomberaient, je pense, dans une crise sérieuse, parce qu’une béquille leur serait alors supprimée. Ils peuvent dire aujourd’hui, quand ils exercent une activité rémunérée, je fais en tout cas quelque chose qui a du sens, car je contribue aux ressources fiscales. » (1) Avec un revenu inconditionnel de base, ces êtres humains devraient maintenant « inventer eux-mêmes » ce qui ferait sens.

 Le sens du travail

Ce cheminement de la pensée est, dans son étrangeté à la vie, caractéristique pour tout le mouvement. On acceptera tout d’abord ainsi que la valeur du travail « stupide » consisterait en une contribution à la ressource fiscale. De fait pourtant, la valeur du travail stupide comme a été montrée ici, dans son résultat immédiat, nommément dans la mise à disposition de biens de consommation, qui représentent notre revenu réel. C’est tout de suite le sens et la valeur du travail « stupide ». C’est en premier de cette création de valeur que pourra alors à nouveau être dérivé un impôt. Que Liebermann tienne ce qui est dérivé, l’impôt, pour la chose elle-même, est sa première erreur. La deuxième suit aussitôt : en concédant que l’être humain, avec un revenu de base inconditionnel, ne se maintiendrait plus à ce travail « stupide », il fournit lui-même, sans le remarquer, un argument contre le revenu de base : si l’être humain, notamment avec un revenu de base, abandonnait de fait ces travaux-là, alors son allocation fondrait de cela et il n’aurait plus du tout de revenu. La dépendance du revenu de base vis-à-vis du travail n’est pas du tout théorique, encore une fois, mais c’est une dépendance réelle : aucun travail « stupide » = aucunes marchandises = aucun revenu. Il est vrai que Liebermann ressent qu’aujourd’hui de très nombreux êtres humains sont poussés à des travaux « stupides » qui ne satisfont aucun besoin réel et avec cela sont véritablement insensés. Mais cela repose, comme on l’a déjà montré dans le fait que l’économie mondiale de division du travail ne peut pas résoudre son problème de pilotage. Mais Liebermann ne demande pas, mais suppose simplement — et c’est là sa troisième erreur : l’être humain justement « découvrirait lui-même » quel travail est sensé. Mais comment devrait-il donc pouvoir découvrir cela ? Dans les conditions préalables posées par Liebermann d’un revenu de base inconditionnel cela irait seulement quand l’être humain pourrait découvrir lui-même le sens de son travail — ce qui est pourtant impossible comme expliqué dans la première partie.

Au contraire de la question purement personnelle du mouvement pour un revenu de base, la question sociale résonne : comment les conditions pourront-elles être créées dans lesquelles l’individu peut tirer du contexte social le sens de son travail ? Comment pouvons-nous trouver en autrui le sens de notre travail, dont le besoin est servi avec cela ? Quelles institutions sont nécessaires afin que nous, les êtres humains de par la Terre, puissions solidairement porter le travail humain, lequel (après déduction du travail des machines) est la condition nécessaire pour notre revenu à tous ? Nous sommes facilement des frères en esprit, lorsqu’il semble que nos propres intérêts de consommation sont servis — devenir frères de chair, aussi quand cela va contre les intérêts propres, c’est l’exigence du temps présent.

 L’économicisation de la vie de l’esprit

Une tout autre chose est la question, comment la vie spirituelle — qui englobe ces « activités créatrices et curatives » (2) aussi mentionnées par Philip Kovce — pourrait se placer par rapport à la vie de l’économie. Il vaut ici de faire attention qu’en principe, toute vie spirituelle est renvoyée au domaine économique pour pouvoir co-consommer, sans devoir directement collaborer. Ce que des élèves, chercheurs et artistes, consomment de marchandises doit se trouver à leur disposition, sans qu’inversement ils collaborent immédiatement à la production mondiale des marchandises. La subsistance pour la vie de l’esprit est donc un luxe, vu économiquement, auquel ne correspond aucune sorte de bénéfice/produit/rendement. Seulement là où cela sera démêlé, la vie de l’esprit pourra être portée avec une manière de penser sociale, à savoir ainsi qu’aucune intention de valorisation ne sera rattachée à l’afflux des moyens. En considération de la question sociale, telle qu’elle se pose pour le domaine économique, cela signifie : on ne peut pas compter avec des élèves, artistes, chercheurs et autres, dans cette relation. Avec cela il ne faut pas disconvenir que précisément les productions spirituelles de l’humanité sont d’une valeur extraordinaire pour l’économie. Pourtant ces productions spirituelles s’enracinent dans l’individualité humaine d’une façon telle qu’on ne peut pas compter sur elles comme on compte sur la valeur d’une marchandise. Relativement à la vie de l’esprit, devra beaucoup plus être produit le courage de porter ensemble toutes les impondérabilités qui résultent du libre déploiement de l’individualité humaine — tout de suite alors cela pourra être directement fécond aussi pour l’économie. Cela est toutefois seulement possible quand le travail dirigée immédiatement sur la production des biens de consommation sera très strictement différencié du travail spirituel, donc des activités artistiques-créatives, de la recherche, de la formation et ainsi de suite.

En traitant de manière égale la production de marchandises et le travail spirituel, le mouvement pour le revenu de base « économise » la vie de l’esprit et perd avec cela la possibilité de donner à celle-ci un sens social. La « liberté » est pour les partisans  du mouvement quand l’état me garanti que je suis autorisé(e) à consommer les productions de mes semblables sans devoir me poser la question de quelle manière je m’y implique moi-même, de sorte que je peux « librement » décider si je collabore à la mise à disposition des marchandises que je consomme ou veut de préférence être poète. L’un rebouche les rues, l’autre écrit un poème et ainsi, dans les représentations des partisans  du revenu de base, chacun fournirait justement sa contribution « individuelle ». C’est là une totale inversion de la liberté humaine.

 Le retroussement de la liberté

La liberté est tout d’abord la question purement personnelle de savoir si, par exemple, je peux former mes manières de voir indépendamment de l’influence étatique ou économique, si je peux me rendre intérieurement libre vis-à-vis de « l’opinion publique ». Cette liberté intérieure pourra seulement être conçue/saisie par la vie sociale extérieure comme négative, en ce que l’on décide, par exemple, de ne rien faire sur le domaine de la vie sociale sur ces questions sur lesquelles chacun doit décider pour soi. Cela signifie : le concept de la liberté se retrousse aussitôt sur lui-même [comme un gant, ndtDK] dès que l’on dirige le regard au-delà de sa propre vie intérieure sur la vie sociale extérieure. Dans le contexte social, la liberté ne signifie pas de vivre sa liberté propre aux coûts de la liberté de mes semblables, mais la construction sur la liberté de l’autre. Pour le rapport à la vie économique extérieure, cela signifie : se rendre dépendant de la libre reconnaissance de ses semblables. Cela ne signifie pas promouvoir les prestations de mon semblable par contrainte fiscale que j’empoche afin qu’on puisse ainsi attirer leur force de travail, sans être renvoyé dans le même temps à leur esprit. Dans une société libre, personne ne possède le droit de forcer/contraindre ses semblables au financement des productions de son propre esprit. Celui qui se voit comme un travailleur de l’esprit, doit donc gagner l’intérêt de ses semblables — ou bien justement collaborer. Celui qui aurait une fois le plaisir douteux d’étudier une spécialité de science spirituelle telle que la germanistique, reconnaît à cet endroit un second aspect de la question sociale formulée plus haut. Des milliers et des milliers d’étudiants passent leur temps à composer des devoirs à la maison qui ne les intéressent ni eux ni quelqu’un sinon. Mais cela est seulement un des innombrables exemples d’infécondité de la vie de l’esprit actuelle. Et cette infécondité repose pour l’essentiel dans le fait que notre vie de l’esprit ne doit pas interroger les êtres humains, mais peut s’extorquer son existence, en ce qu’elle écume les prestations des êtres humains qui travaillent corporellement par les impôts.

 Le point tournant et le point d’angle sociétaux

Or celui qui observe la position actuelle de la vie de l’esprit par rapport à la vie de l’économie, ne peut arriver à autre chose que reconnaître largement cette vie de l’esprit comme un pique-assiette du travail physique d’autres êtres humains. Quand donc d’un côté, la vie de l’esprit, à partir d’un vue économique, est d’abord un déficit, parce que le travail au sens spirituel est porté par le travail au sens économique, ainsi de l’autre côté, devra être envisagé de manière acérée sur quelle voie les moyens affluent exactement dans la vie de l’esprit, afin que celle-ci puisse se structurer de manière féconde. Le lieu d’intersection entre vie de l’économie et vie de l’esprit est un point tournant et angulaire de chaque évolution sociétale. Une telle vie de l’esprit peut seulement se développer fructueusement chez laquelle le travailleur spirituel ne veut pas seulement avoir sa liberté pour lui-même, mais chez laquelle dans le même temps, la liberté de ses semblables est la voie sur laquelle il recouvre son revenu à partir de la vie de l’économie, mais cela signifie : quand les moyens ne seront plus à l’avenir écumés par l’état en étant qu’impôts et redistribué, mais librement offerts — non par des consortiums, mais par chaque être humain particulier.

Quant à savoir si l’on aura des paiements directs, un bon/chèque-formation ou bien si l’on pense à quelque chose d’autre, est secondaire. Ce qui est décisif c’est que l’esprit doit se refléter dans le libre jugement des êtres humains, à partir desquels il veut vivre. C’est le management de la qualité auquel tout spirituel est en vérité renvoyé. Lorsque les partisans du revenu de base dérivent de la représentation que des machines épargneraient du travail humain, que les êtres humains qui se retrouveraient ainsi sans travail seraient dès lors appelés à des « activités créatives et curatives », ceci est carrément une atteinte aux/diffamation des activités spirituelles. En vérité aucun être humain n’est un artiste du fait qu’il se tient lui-même pour tel ; personne n’est un enseignant s’il n’est pas estimé comme tel par des enfants, des parents et des collègues ; personne n’est un chercheur s’il n’apporte pas avec soi des facultés totalement déterminées et ainsi de suite. Lorsque par exemple, sur la base du Hartz IV, des « éducateurs » se voient occupés dans des maternelles, dont la seule et unique qualification consiste dans le fait de ne pas avoir trouvé de travail dans la profession qu’ils ont étudiée, c’est là un méfait accompli sur des enfants. On n’est pas appelés à des « activité créatives et curatives » du fait qu’un contribuable anonyme a garanti un revenu à quelqu’un, mais au contraire seulement du fait que l’on conquiert la reconnaissance immédiate des êtres humains concrets sur lesquels on veut appliquer ses facultés. C’est en premier quand la liberté sera d’abord comprise dans ce sens comme liberté de l’autre et  se relie au concept de responsabilité qu’elle devient alors un moyen de configuration sociale.

 Chaque être humain un artiste ?

En particulier les promoteurs anthroposophes du mouvement pour le revenu de base se réfèrent volontiers à Joseph Beuys et à sa sentence : « Chaque être humain est un artiste ». Mais quand le mot « artiste » sera interprété comme « artiste de profession » au sens de la division du travail, cette sentence signifie l’anéantissement de l’art. Selon la pratique de la vie — ainsi l’a compris Beuys — il est seulement une indication à la nature plus haute de l’être humain.(3) Celui qui saisit notamment des yeux cette nature plus haute, devra admettre que tout travail au sens économique est unilatéral. Par la spécialisation de l’économie de division du travail, aucun être humain ne peut déployer sa pleine dignité humaine à l’intérieur de son temps de travail. Ce devenir unilatéral est justifié seulement parce qu’il est nécessaire pour la mise à disposition des marchandises. Si ezn dehors de cela la nature plus haute de l’être humain devait parvenir à son droit, la communauté doit limiter le temps durant lequel l’individu sert la vie de l’économie et porter solidairement le travail « inférieur ». Dans une limitation du temps de travail chaque être humain peut trouver le temps, à côté du travail, de suivre ses impulsions purement humaines. Mais cela est à nouveau seulement possible quand personne n’a le droit de se nommer lui-même comme artiste professionnel. Il exige alors notamment rien d’autre que d’autres — qui sont donc moins artistes — prennent en charge le travail « inférieur » correspondant au sien.

Il ne s’ensuit pas que dans une société de liberté il n’y ait pas d’artistes professionnels, mais au contraire seulement que le revenu indispensable ne pourra pas être mis à disposition par la contrainte fiscale. Sur le domaine spirituel, la question sociale a avec cela une autre teneur que sur celui de la vie de l’économie. En considération de ceci a été formulé plus haut la question : Comment des conditions peuvent être créées dans lesquelles l’individu peut retirer le sens de son travail du contexte social ? En considération de la vie de l’esprit devra maintenant être formulée ainsi : Comment formons-nous des formes de relation d’individu à individu, par lesquelles nous puissions mutuellement nous connaître dans nos impulsions spirituelles et nous reconnaître, ainsi que l’individu découvre la position qui lui correspond réellement dans le contexte social ?

Die Drei 3/2018.

(Traduction Daniel Kmiecik, revue par FG)

 

(1) La voix du peuple : « As quoi travaillerais-tu, si était veillé à ton revenu » suivre 13 - www.youtube.com/watch?v=iIoGEY0POyE

(2) Philip Kovce : « Juste seulement comme droit fondamental » - www. neues-deutschland.de/artikel/1068180.bedingungloses-grundeinkommen-gerecht-nur-als-grundrecht. Html

(3) Dans Friedhelm Mennekes : „Beuys au Christ – Une position en discussion“ (Stuttgart 1989) Joseph Beuys se distance de cette façon de voir : „Oui maintenant, l’artiste m’est devenu entièrement suspect, avant tout parce que pour ainsi dire il se réduit, se sent relevé dans le vieux système : l’artiste doit être peintre ou sculpteur ou danseur ou poête ou une quelconque chose que les gens nomment « culturel ». Je ne pense absolument pas cela. Ce chemin : chaque humain un artiste, demande beaucoup plus de l’humain que cela, que finalement des artistes peuvent atteindre, quand ils peignent de magnifiques tableaux. […] Le décisif, c’est, disons une fois, de tirer le concept « artiste » sur chaque humain, sur son travail tout bonnement/par exellence. Et alors se montre que le chemin par l’ainsi nommé « art » n’est pas le plus couronné de succès pour l’ART. […] Un homme qui évacue des ordures peut accomplir cela au sens d’un art anthropologique plutôt qu’un peintre. » (p. 50)